Deux ou trois choses (vraiment) mobiles
publié le 23 septembre 2004 à 21:01 - par Cyril Fievet
dans
technologie
Je me suis bien amusé à cette (belle) Fête de la mobilité.
En résumé, ce qui m'a le plus frappé est la fameuse convergence, dont on entend parler depuis maintenant une bonne dizaine d'années, et qui devient enfin une réalité, presque palpable. En fait de convergence, il s'agit parfois d'une véritable "interpénétration" des différentes technologies et usages. Pour les opérateurs de téléphonie mobile, il n'y a presque plus de différence entre GPRS, UMTS et Wi-Fi, en tout cas en terme d'usages, et ils le montrent avec des produits concrets (chez SFR, la carte GPRS/3G, adoptée par 100.000 utilisateurs ; chez Orange, la carte GPRS/3G/Wi-Fi, dont la commercialisation vient de démarrer - 200 euros). Dans les deux cas, l'utilisateur se connecte sans fil et à haut débit, sans réellement savoir ce qu'il utilise (s'il est près d'un hotspot, ce sera du Wi-Fi, s'il est dans un train, ce sera du GPRS, etc.). On passe d'un réseau à l'autre, l'important étant d'être connecté, comme l'explique Abdelkrim Benamar.
Mais cette convergence s'exprime aussi de multiples autres façons, comme dans un appareil photo numérique qui envoie (presque instantanément) des photos numériques haute résolution via sa carte Wi-Fi embarquée. Ou dans la notion de "peer-to-peer" entre téléphones mobiles (cf. ci-dessous). Ou dans la notion de présence connectée (mariage de téléphonie mobile et de messagerie instantanée : votre mobile informe vos correspondants que vous êtes joignable, en temps réel, comme les logiciels de type Yahoo Messenger). Du reste, comme l'a bien expliqué Ericsson, on réfléchit à la gestion des "appels entrants", au sens large : un appel peut être de tout type, et parvenir par le biais d'un réseau quelconque ; on peut le prendre en mode téléphonie classique (voix), en mode visiophonie, en push-to-talk (façon talkie-walkie), le transformer en discussion autour d'un document (genre tableau blanc partagé), ou l'enrichir de liens hypertextes vers le Web, le tout avec un terminal unique. Et cette fois, il semble que les trois opérateurs aient décidé de faire des efforts pour parler d'une même voix et, surtout, faire en sorte que le roaming s'effectue bien, quel que soit le réseau et quel que soit l'opérateur (l'association Wireless Link, créée dans ce but par Orange, SFR et Bouygtel, vient d'ailleurs de s'enrichir de quatre nouveaux membres, et de devenir plus visiblement active - l'ouverture du site Web de l'association est imminente, semble-t-il).
A part ça, j'ai retenu les choses suivantes, en vrac :
. La téléphonie de 3ème génération (ou "3G") fonctionne. Ce n'est pas un scoop, mais c'était la première fois que je testais en conditions réelles. Ce fût ma première visiophonie via un téléphone mobile, avec l'assistance de la charmante responsable du stand Orange. L'image est un peu brouillée, mais ça marche : avec un téléphone de la taille d'un mobile classique, on se voit et on s'entend. J'ignore pourquoi certains en doutent, mais j'ai du mal à ne pas y voir la killer application qui va tuer le GSM. Sur le même service, j'ai testé aussi la télévision sur mobile. Franchement bluffant. Image miniature mais impeccable et son au moins équivalent à celui d'une radio. La mauvaise nouvelle, c'est que les services 3G vont être chers, au moins au début. Selon la responsable du stand, il faut s'attendre pour le grand public à des tarifs comparables à ceux pratiqués pour les entreprises, soit de l'ordre de 50 euros/mois, pour 10 heures d'utilisation (de services données 3G, donc la voix n'est pas comptabilisée dans les 10 heures). Pas donné. Mais bon, la 3G, c'est l'avenir, c'est demain (lancement SFR et Orange en octobre-novembre, en principe), et ça fera de jolis cadeaux de Noël.
. Côté Wi-Fi, Rafi Haladjian, créateur de Ozone (un fournisseur d'accès pas vraiment comme les autres), y est allé de sa petite provoc, en expliquant benoîtement qu'il ne comprenait pas "l'intérêt de payer 5 euros pour envoyer un mail à partir d'un hotspot Wi-Fi". C'est pas faux, même si j'ai un peu oublié mes rêves de vivre un jour dans un pays où des points d'accès Wi-Fi gratuits et opérationnels seraient nombreux (de ce point de vue, c'est de l'autre côté de l'Atlantique que ça se passe). L'offre Ozone repose sur des réseaux Mesh/Wi-Fi, et concerne principalement les 13ème, 11ème et 20ème arrondissements de Paris, pour l'instant). Elle est encore gratuite, mais une offre commerciale sera bientôt lancée (18 euros/mois). Par ailleurs, la RATP (plus exactement sa filiale Télécité/Naxos) a aussi annoncé que 6 gares/stations de métro/RER seraient équipées en Wi-Fi avant la fin de l'année.
. Pour ce qui est des mobiles, la démo de "Bluejacking" était assez parlante. Pour ceux qui n'ont pas suivi, le bluejacking (ou "Toothing", la subtilité entre les deux m'a échappé) consiste à faire parler des téléphones mobiles via Bluetooth. Mobiluck a développé un logiciel pour ça, déjà utilisé par 100.000 personnes (!) dans 160 pays (!). Là aussi, ce sont des usages franchement nouveaux, d'autant qu'on court-circuite les opérateurs de téléphonie (les informations ne transitent par sur un réseau GSM ou autre, mais bien de téléphone à téléphone), ce qui, dans le cas de l'envoi de SMS, n'est pas anodin. Vous me direz qu'envoyez des SMS à des gens qui sont - portée Bluetooth oblige - à une quinzaine de mètres de vous n'est pas forcément passionnant, mais il y a d'autres usages. Par exemple la possibilité de décrire son profil dans le téléphone, et de préciser ses préférences sexuelles et ce qu'on attend d'une éventuelle rencontre. Le mobile détecte en permanence les autres mobiles (au moins ceux équipés de Bluetooth, mais surtout ceux qui disposent du même logiciel) et avertit automatiquement de la présence, à proximité immédiate, d'utilisateurs correspondant au profil recherché. La suite est prévisible : on se "branche", si je puis dire, ou au moins on s'invite à un "chat sur mobile" et (beaucoup) plus si affinités (autres que Bluethesques). La drague assistée par mobile : carton assuré lors des prochaines free parties, à mon avis (Bluefucking, anyone?).
. Côté blogging, environ 800 moblogs ont été créés chez Bouygues Telecom depuis le lancement du service, en deux mois. Je n'ai pas beaucoup d'éléments de comparaison, mais ça me semble beaucoup. On trouve d'ailleurs plein d'autres services intéressants, comme du "Wiki mobile" (mais j'ai raté la démo de Pierre, sorry), beaucoup de géolocalisation, quelques centaines de sites i-mode en français (je ne connaissais pas i-gloo, sympa) et j'en passe. Loïc a aussi blogué et moblogué en live, mais j'ai blogué ça ailleurs.
. Sinon, l'atelier que j'animais sur RFID s'est plutôt bien passé je crois. Difficile à bloguer, mais au moins une certitude : RFID a d'innombrables applications, et devrait rapidement se généraliser (sans qu'on s'en rende forcément compte). Je me suis presque laissé convaincre de l'intérêt d'avoir un lecteur de puces RFID intégré dans mon mobile, pour "cliquer" sur les objets, c'est-à-dire obtenir des informations complémentaires sur tous les objets "rfid-isés" qui m'entourent. C'est dire.
Pour le Bluejacking, le projet UMBRELLA.net s'y rapproche énormément :
http://www.canardwifi.com/index.php?2004/09/23/709-umbrellanet-les-parapluies-communiquent-sans-fil
par Thomas GEE le 24 septembre 2004 à 10:02
Visiophone
Contre :
Déjà lancé dans les années 80, sans succès. Trop tôt?
Pour :
Un ami en stage de 6 mois à Mura (un village isolé dans Hokkaïdo, l'île principal la moins technologique du Japon) m'a dis qu'ils étaient tous au visiophone.
par David Cédric Latapie le 28 septembre 2004 à 13:53
