Ping-Pong Robot

amicus3000.jpgQuestion : qu'est-ce qui coûte le prix de quatre tables de ping-pong (ou d'une centaine de raquettes) et permet - peut-être - de s'améliorer au tennis de table ?

Facile. C'est le "Amicus 3000 Robot", un engin qui envoie automatiquement des balles de ping-pong. L'appareil, qui peut être entièrement paramétré (vitesse, rythme, angle...), coûte 2.300 $ et s'installe à un bout de la table (le joueur étant à l'autre bout, en principe).
Les spécifications précisent que ce pongiste automatique peut atteindre le rythme de 100 balles envoyées par minute. Terrible.

30 novembre 2004 à 16:38 - par Cyril Fievet - dans gadgets
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PeerImpact

PeerImpact est un nouveau service de P2P qui démarrera au premier trimestre 2005. Contrairement aux autres services d'échanges de fichiers, il est parfaitement légal, et les trois principales majors, Sony-BMG, Universal et Warner ont d'ailleurs indiqué que leurs catalogues seraient disponibles sur cette plate-forme.
L'industrie du disque aurait-elle (enfin) compris que le P2P n'est pas une technologie nuisible et forcément illégale, mais une opportunité potentielle ?

(Via Indicare)

- par Cyril Fievet - dans musique
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Make Love Not Spam

Excellente initiative de Lycos, qui propose un économiseur d'écran original (disponible sur Mac et PC), destiné à lutter contre le spam. Le principe est tout simple : quand vous n'utilisez pas votre ordinateur, l'économiseur se lance et bombarde de requêtes factices des sites Web réputés pour pratiquer le spam. Si la chose connaît un vrai succès, les sites concernés seront vraisemblablement très pénalisés par cette augmentation de trafic inutile (et potentiellement énorme).

Cela rejoint une initiative (à l'état de projet) que nous voulions lancer avec quelques collègues, pour faire "la Fête au Spam". Et je suis persuadé depuis longtemps que le seul vrai remède à ce fléau se trouve forcément dans une réponse concertée des utilisateurs qui en subissent quotidiennement les effets.

(Via Macbidouille)

UPDATE 1/12/2004 : Slashdot revèle que le site Make Love Not Spam a subi une attaque de la part de pirates, rendant impossible le téléchargement du logiciel. J'ignore si c'est vrai, mais le site ne répond plus aujourd'hui. Pas mal de commentaires aussi sur Slashdot, quant au bien-fondé de la démarche initiée par Lycos.

29 novembre 2004 à 18:22 - par Cyril Fievet - dans internet
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Grande-Bretagne : cap sur l'innovation

Le gouvernement anglais vient d'annoncer le lancement d'une sorte de concours national, destiné à favoriser la recherche et le développement, et favoriser l'émergence de technologies innovantes. L'initiative est dotée d'un fond de 80 millions de £, soit 114 millions d'euros, qui "récompenseront" les projets les plus innovants dans plusieurs domaines jugés majeurs, notamment la nanotechnologie, le pervasive computing ou les matérieux intelligents.

Cette annonce fait suite à la présentation du plan quinquennal du Ministère de l'Industrie et du Commerce (Department of Trade and Industry). Ce plan, dont je recommande vivement la lecture, même en diagonale, s'intitule "Créer de la richesse à partir de la connaissance". Il expose clairement que l'innovation est le point clé pour l'avenir, à tel point que les auteurs du plan estiment que le nom du ministère pourrait devenir "Department of Technology and Innovation"... En chiffres, plus de la moitié du budget alloué à ce ministère, soit 4,7 milliards d'euros, seront allouées sur cinq ans à la science et à l'innovation, en particulier dans le domaine des nanotechnologies et des biotechnologies.

(Via Howard Lovy)

- par Cyril Fievet - dans science
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Internet, Acte II

De retour de Montpellier, où j'ai assisté aux Journées internationales de l'IDATE. Globalement passionnant. Pas vraiment de scoop ou d'annonces majeures. Mais le simple fait de se poser dans une salle pour écouter de nombreux acteurs majeurs exposer leur façon de voir l'évolution du marché et leur positionnement n'est pas inutile de temps en temps.

Au total, j'ai assisté à plusieurs dizaines de conférences et tables rondes (et encore, j'en ai raté quelques unes - il faut bien bosser de temps en temps). Beaucoup de matière, donc, qu'il va falloir digérer...

J'ai pu discuter longuement avec Marc Lefour (Vice-Président de In-Fusio), passionnant et éclairant quant au modèle gagnant de cette magnifique entreprise française, spécialisée dans les jeux pour mobiles. J'ai également interviewé Niklas Zennström (PDG de Skype, et accessoirement cofondateur de Kazaa). Plutôt impressionnant, malgré son look d'étudiant-entrepreneur et ses faux airs de Bill Gates. Son intervention, autant pragmatique que provocatrice, n'est pas passée inaperçue. Venir expliquer, dans une salle remplie de responsables de la plupart des opérateurs de télécoms européens, que "plus personne ne paiera pour téléphoner" ne manque pas de sel. Skype affiche aujourd'hui des taux de croissance incroyables (100.000 nouveaux utilisateurs chaque jour !), et je crois bien qu'on peut lui prédire sans se tromper un très très bel avenir...

Sinon, Pierre Bellanger, PDG de Skyrock, a fait une intervention admirable (que j'ai blogué ici), montrant comment téléphonie mobile et blogging sont en train de transformer le rôle - et la nature - des médias traditionnels. Le discours rejoint parfaitement celui de Dan Gillmor dans son livre "We the media" (que j'ai lu et que je dois bloguer, très bientôt).

Côté déceptions, j'avoue avoir été surpris par la fadeur de l'intervention du Directeur des opérations en Europe de Google. Expliquer à un parterre de spécialistes de l'Internet les principaux services proposés par Google ne me semblait pas nécessaire, et je m'attendais à un peu plus de profondeur...

Mais le plus troublant a probablement été l'intervention de Nicolas Seydoux, Président de Gaumont. Bombardé "représentant du cinéma mondial", et s'adressant à la salle en ponctuant son intervention de "Nous, le cinéma" et "Vous, l'Internet", le Président n'a fait que renforcer les clivages. Il a également lourdement insisté sur le fait qu'il était hors de question d'envisager des services de diffusion de films à la demande tant que l'Internet ne sera pas sécurisé, et qu'on ne pourra garantir que l'échange illicite de fichiers gratuits y est proscrit. Je ne crois pas que l'on puisse séparer ainsi les industries, d'un côté le cinéma, de l'autre Internet (et je pense même qu'il est dangereux de le faire). Mais surtout, expliquer ce que "veut l'industrie du cinéma", c'est bien, mais ce serait plus utile - et plus urgent, je crois - de se demander ce que veulent les consommateurs et les internautes.

28 novembre 2004 à 12:50 - par Cyril Fievet - dans internet
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A Montpellier

Je serai demain (et pour toute la semaine) à Montpellier, à la conférence internationale organisée par l'IDATE. Ces journées, intitulées "Internet : acte II" paraissent plutôt alléchantes, denses, avec beaucoup d'intervenants de très haut niveau et en prime un "Forum international des jeux vidéo". Je ne sais pas si j'aurai beaucoup le temps de bloguer (et si je le fais, ce sera peut-être plutôt sur InternetActu.net).

23 novembre 2004 à 13:35 - par Cyril Fievet - dans internet
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KHR-3, le "Asimo coréen"

Selon cet article du Korea Times, la recherche coréenne va présenter très prochainement, en décembre, le robot humanoïde KHR-3. Ce prototype, développé par le KAIST (Korea Advanced Institute of Science and Technology), est présenté comme le concurrent direct du robot japonais Asimo (Honda).

Khr2

Le KHR-3 est le successeur - on s'en serait douté - des KHR-1 et KHR-2 (ci-dessus). C'est un robot bipède de 1,20 m de haut, pour 55 Kg, qui peut tenir une heure avec les batteries qu'il embarque, et comporte 41 moteurs. Il peut saisir les objets grâce à des mains à cinq doigts mécaniques, et s'adapter au terrain sur lequel il évolue (il peut par exemple apprendre à monter les marches des escaliers).

En dehors de la description du robot, l'article m'a également frappé par le fait que la machine est perçue comme un symbole dans la bataille technologique que se livrent la Corée du Sud et le Japon. Les chercheurs coréens admettent d'ailleurs volontiers qu'ils sont en retard, mais semblent néanmoins confiants :

"Pour comprendre le développement des robots humanoïdes, il faut séparer les deux aspects du problème que sont la mécanique et l'intelligence. D'un point de vue mécanique, nous avons un retard de deux à trois ans par rapport au Japon, mais en terme d'intelligence nous sommes presque à égalité", estime Oh Sang-Rok, chef du projet.

- par Cyril Fievet - dans robots
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Chère Anne

(je reproduis ici un email que j'ai adressé vendredi dernier à Anne Imbert)


Chère Anne,

Je me permets de vous faire part d'une petite opération qui s'est déroulée ces derniers jours dans le monde des blogs, et qui vous concerne.

Plusieurs blogueurs - dont je fais partie - ont en effet estimé que votre article récent consacré aux blogs donnait une vision pour le moins tronquée de ce que sont réellement les blogs.

Ces blogueurs ont décidé d'une petite plaisanterie collective, sans grande ambition, mais destinée à montrer que les blogs peuvent avoir une "petite influence" dans certains domaines.

L'opération a consisté à influer de façon artificielle sur les résultats fournis par Google lors d'une recherche sur votre nom, Anne Imbert. Le but était d'associer votre nom à une page Web donnée, en l'occurrence une page de l'encyclopédie libre Wikipedia donnant une définition factuelle du mot "blog".

Dans le jargon, ce type d'opération s'appelle "Google Bomb", et vise à lier artificiellement des mots à une page Web, même (et surtout) si cette page Web ne contient pas les mots recherchés. Elle a parfaitement fonctionné :

. Avant le démarrage de l'opération, une recherche Google sur l'expression "Anne Imbert" conduisait dans les tous premiers résultats à des liens vers des pages en rapport direct avec votre activité, notamment sur BatiWeb. (capture écran du 11/11/2004)

. Deux jours plus tard, et alors que la Google Bomb n'était suivie que par une poignée de blogueurs, le premier résultat fourni par Google était déjà la page Wikipedia.

. Aujourd'hui, la même recherche conduit à une page sur laquelle *tous* les liens pointent soit vers Wikipedia, soit vers des blogs ayant participé à la "Google Bomb". (capture écran du 19/11/2004)


Il va de soi que tout ceci est temporaire : Google reclasse en permanence et de façon dynamique ses index, et il probable que les résultats reviendront prochainement "à la normale".

Que peut-on conclure de cette petite facétie ?

La première chose est sans doute que les blogueurs sont particulièrement réactifs. Vous l'ignorez peut-être, mais dans les jours qui ont suivi sa publication, votre article a donné lieu à de multiples commentaires, et a suscité un débat passionné dans la blogosphère. On notera d'ailleurs que, contrairement à une idée reçue, l'idée de la "Google Bomb" n'a pas fait l'unanimité parmi les blogueurs, loin s'en faut. On a même vu apparaître des tentatives de "contre-bombe", destinées à modifier le classement des résultats Google dans l'autre sens, sans succès semble-t-il.

La deuxième chose, qui est à mon avis la plus importante, est la capacité des blogs à exercer collectivement une influence sur quelque chose. En l'occurrence, la portée de cette influence était limitée. Mais le modèle est parfaitement reproductible, et c'est du reste ce qui se passe en permanence dans la blogosphère. Celle-ci permet de mesurer l'évolution de tendances, concernant par exemple la popularité d'un livre, d'un produit ou d'une personnalité et, plus globalement, d'observer l'évolution d'une échelle de valeur originale, déduite de l'intérêt des blogueurs pour tel ou tel type d'information. Il existe de multiples outils mesurant ces tendances, notamment aux Etats-Unis. Et même si un blogueur n'a que peu de poids à titre individuel, il participe d'un tout plus global qui, lui, peut exprimer des opinions avec force. Il convient du reste de noter que dans l'affaire qui vous concerne, seuls une dizaine de blogueurs francophones ont participé.

Sur le fond, cette plaisanterie - dénuée de toute méchanceté, soyez-en assurée - visait avant tout, humblement, à vous conduire à reconsidérer votre position.

Les blogueurs ne sont pas des "pirates". Ils ne prétendent pas non plus, dans leur immense majorité, être des journalistes. Etant moi-même journaliste (encarté), je comprend vos réticences. Et les difficultés, contraintes et vertus du journalisme méritent d'être rappelées. Mais il est un point clé qu'il faut également souligner : les blogueurs ne constituent pas un genre "à part", pas plus qu'ils ne sont une catégorie socioprofessionnelle ou une communauté fermée. Au contraire, les blogueurs sont des citoyens comme les autres, qui ont simplement choisi de s'exprimer en ligne de façon régulière. Il existe toutes sortes de blogs, sur tous les thèmes imaginables, certains excellents, d'autres très mauvais, et il existe des blogueurs de tous âges et de toutes nationalités.

Le phénomène est donc riche et complexe et il nous appartient - à nous journalistes au premier chef - d'essayer de le comprendre en profondeur.

Bien cordialement

***

Anne m'a répondu ce matin, et je l'en remercie. Voici sa réponse (publiée ici avec son accord) :

Dans le monde du journalisme, la liberté d'expression est un sujet sur lequel nous sommes tous particulièrement concernés. Les seules remarques que je peux continuer à faire, et qui me confirme dans mon opinion, c'est:

1) le départ de cette "plaisanterie" est venue d'un vendeur de logiciel (ou est la défense d'idée et celle d'interet économique)
2) elle est pour moi assimilable à une forme de "dictature intellectuelle" car si on ne pense pas comme vous, (alors que vous le dites vous même, vous êtes une petite minorité), vous attaquez !
3) je n'ai pas de problème d'image ni d'égo, mon travail est reconnu dans mon secteur, et que mon nom soit associé à une autre page ne me pose pas de problème. pour trouver cette bombe, il faut vouloir chercher Anne Imbert ! et qui le fait ???

Relativisons tout cela ! les journalistes que nous sommes n'ont qu'un rôle celui de rendre intelligent nos lecteurs en leur donnant les clefs de la compréhension d'un problème et ensuite de faire naitre la polémique. Et vu la réaction de la presse papier (article dans la tribune, dans le télérama de la semaine prochaine, etc) qui m'ont défendu, j'arrive à trouver très drôle que cette bombe se soit finalement retournée contre les bloggeurs. En effet, ils ont tous réagis à cette attaque sur le seul point que vous aviez oublié "notre liberté de penser différement" ! certains ne sont pas d'accord avec moi, et me l'ont écrit, mais en revanche, ils sont unanimes et n'ont pas accepté votre réaction !

Cordialement

22 novembre 2004 à 22:00 - par Cyril Fievet - dans courrier / internet
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Darwin incompris

Un sondage Gallup aux Etats-Unis démontre que les théories de l'évolution de Darwin sont encore largement inconnues ou non acceptées par bon nombre d'américains :

"Seuls 35% des américains sont d'accord pour dire que la théorie scientifique de l'évolution des espèces est 'prouvée', tandis que 39% pensent que non, et 30% estiment qu'ils n'en savent pas assez sur la question pour se prononcer"

Consternant. Mais il y a pire :

"45% des américains pensent que dieu a créé l'homme sous sa forme actuelle il y a 10.000 ans"

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas lu un sondage aussi déprimant.

(Via Waxy)

- par Cyril Fievet - dans science
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A Toulouse

Je serai demain à la Fnac de Toulouse, pour parler des blogs (et accessoirement dédicacer Blog Story). Que vous soyez blogueur ou non, n'hésitez pas à passer pour papoter ! A noter que Thomas Gee sera également de la partie (et je m'en réjouis).

(samedi 20/11, de 14h30 à 17h30, Fnac Micro Jeanne d'Arc, Toulouse)

19 novembre 2004 à 12:39 - par Cyril Fievet - dans perso
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I am not Andy !

Curieuse histoire. Un certaine Andy publie un blog appelé "The Magic Circle Jerk", consacré à la magie (à ce que j'en ai compris). Andy n'est pas son vrai nom, et il ne souhaite pas révéler son identité. Mais l'un de ses lecteurs croit avoir débusqué le blogueur. Et il pense que c'est moi.

...

Tout cela est un peu ubuesque, et me voilà assistant à un dialogue surréaliste (et volontiers agressif), entre deux individus dont j'ignore tout (et qui de toutes façons utilisent des pseudos), sur un blog dont j'ignorais jusqu'à l'existence il y a encore quelques heures, mais qui cite désormais des extraits de mon site perso, donnant l'impression à quelques autres milliers d'individus que je tiens un blog sur un sujet qui m'est totalement étranger, et ce depuis plus d'un an.

La blogosphère est décidément bizarre, parfois.

A ceux qui en doutent : JE NE SUIS PAS ANDY, et ANDY N'EST PAS MOI
(et si je voulais un jour faire un blog anonyme - ce qui est peu probable - il ne serait sans doute pas consacré à la magie).

Juste une mention spéciale pour nos amis américains :

Hi Glenn. I am not Andy. I don't know who Andy is (and believe me, I really don't care). I don't know who you are, either. What I do know is that many people could think you're a terrible moron if you don't stop pretending that I am Andy. And you're not a moron, are you?

(Merci à Jean-Baptiste pour l'info)

18 novembre 2004 à 00:10 - par Cyril Fievet - dans divers
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Tatouage publicitaire

Isabelle relève avec justesse cette récente - et troublante - initiative : une entreprise recherche des volontaires pour se faire tatouer sur le corps des logos et autres messages publicitaires.

L'entreprise, TatAD, explique que le procédé constitue une nouvelle forme de marketing (ça c'est sûr) conduisant à un modèle économique non moins innovant : pour la première fois, des gens seront payés pour être tatoués.

La démarche va probablement faire couler pas mal d'encre (bon, bon, mauvais jeu de mot...) et fournir pas mal d'arguments aux détracteurs habituels de la publicité et du marketing.

Cc Tattoo

Pourtant, ce principe de payer des individus - ou de louer leur peau, si l'on veut - pour faire la promotion d'une entreprise ou d'un produit amène pas mal d'interrogations intéressantes, me semble-t-il :

. Le procédé paraît de prime abord choquant. Certains y verront même sans doute une nouvelle forme de prostitution. Mais n'est-ce pas déjà le cas avec bon nombre de publicités traditionnelles ? Lorsqu'un top model ou une star du foot sont utilisés pour faire la promotion d'un produit ou d'une marque, n'associent-ils pas étroitement leur image - et même leur personne - à la marque en question ?

. Le "No Logo" a beaucoup de partisans. Mais ce mouvement "anti-marques" ne vient que lutter contre un autre, largement plus vaste, qui conduit des millions de gens à arborer fièrement les marques qu'ils ont choisi. Qu'il s'agisse du crocodile Lacoste, de la vague Nike, ou de la pomme Apple, les marques constituent pour beaucoup de gens, à commencer par les adolescents, une partie importante - voire essentielle - de leur identité. On peut le regretter, mais c'est un fait. Ne faut-il pas alors voir une certaine logique, et même une forme d'aboutissement, dans le tatouage de logo ?

. La publicité, en s'immisçant sur le support le plus intime et le plus personnel qui puisse exister, va faire bondir ses opposants. Mais cela ne correspond-t-il pas à une forme de réappropriation de la publicité par l'individu ? Après tout, nous acceptons que tout ce que nous consommons soit utilisé à des fins publicitaires. Pourquoi pas nous ? Et pourquoi ne pas en faire une source de revenus ? En 22 jours, 243 volontaires se sont déjà enregistrés auprès de TatAD pour être les premiers à se faire tatouer, avec à la clé des contrats qui se chiffreront probablement en milliers de $.

. Comment vont réagir les anti-pubs ? Las des gribouillages dans les couloirs du métro, vont-ils agresser les tatoués et biffer leur peau au marqueur ? Et les gouvernements ? Vont-ils interdire le procédé, touchant ainsi à une autre liberté individuelle, qui autorisait jusqu'à présent chacun d'entre nous à faire ce qu'il voulait de sa peau ?

Bref, le tatouage publicitaire est choquant. Mais les questions qu'il soulève méritent d'être posées.

(L'image ci-dessus n'est pas liée à la démarche TatAD. Il s'agit d'une photo représentant le logo des licences libres "Creative Commons", qu'une personne a choisi de se faire tatouer sur le corps. Cette image appartient à Kathryn et est elle-même en reproduction libre, à des fins non commerciales).

16 novembre 2004 à 14:29 - par Cyril Fievet - dans société
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Cafards robotisés

Le Register revient sur la démonstration des InsBot, des robots miniatures et autonomes destinés à simuler le comportement de cafards. Ces recherches s'inscrivent dans le cadre d'un programme européen baptisé Leurre. Les scientifiques ont d'ores et déjà démontré que les machines - dotées des odeurs spécifiques des cafards - pouvaient se faire "accepter" par les insectes, dont elles simulent les mouvements et le comportement.

Insbot

Mais le plus étonnant est peut-être la suite que laisse présager ces recherches. D'abord les scientifiques envisagent d'utiiser les robots pour tester s'il est possible d'influencer les (vrais) cafards, c'est-à-dire modifier leur comportement par l'introduction "d'intrus robotisés" au sein du groupe.

Et le procédé pourrait aussi conduire à des "tueurs de cafards" d'un genre nouveau, comme le résume le Register :

La prochaine étape pourrait être de fabriquer des robots de la taille d'une boite d'allumettes, équipés de lasers et de capteurs infrarouges. [...] "Il est plausible et réaliste d'imaginer que dans 5 ou 10 ans, les gens achèteront des robots pour se débarrasser des cafards dont ils sont infestés", estime le professeur Jean-Louis Deneubourg.

(Vie Artificielle a regroupé pas mal d'infos sur le projet)

15 novembre 2004 à 14:58 - par Cyril Fievet - dans robots
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De la régulation à la censure

Très bon billet de Jeff Jarvis, au sujet d'un show télévisé jugé indécent par la FCC (l'autorité de régulation aux US). L'organisme avait infligé une amende de 1,2 millions de $ à la chaîne qui diffusait le show, Fox.

Officiellement, la FCC avait déclaré avoir reçu 159 plaintes de téléspectateurs. En fait, après enquête du blogueur, il s'avère que le nombre de plaintes étaient de... 23, et que la plupart d'entre elles étaient de simples copies. Au total, la décision de la FCC reposait sur les plaintes de trois personnes.

Et Jeff Jarvis de conclure :

"Qui va décider ce qu'on a le droit de dire et d'entendre dans ce pays ? Cinq personnes à la FCC ? Les trois personnes qui sont derrière ce coup religieux ? Ou bien nous tous ?

- par Cyril Fievet - dans medias
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Internet en France

Ca fait plaisir de lire ces chiffres dans Libé :

En France, Internet représente désormais 22 % de la consommation totale des médias, contre 10 % l'an passé. Une sacrée envolée du temps passé en ligne, qui place le Web juste derrière la radio (29 %) et nettement devant les journaux (9 %) et les magazines (9 %). La télé reste le média le plus consommé (32 %).

- par Cyril Fievet - dans internet
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Cher Karl

(Karl est à ma connaissance le premier blogueur à avoir exprimé une opinion largement négative au sujet de "Blog Story". Son blog ne permettant pas de laisser de commentaire (décidément...), je le fais par courrier-blogué interposé.)


Cher Karl, donc,

Il me faut avouer que ton billet relatif à "Blog Story" ne m'a pas tellement surpris. J'ai cru noter de ta part, depuis la sortie du livre, plusieurs tentatives pour en critiquer la démarche, ou minimiser sa portée (si tant est que ce livre puisse en avoir une). Et il me semble de plus en plus clair que nous ne nous rejoignons que rarement, sur plusieurs sujets de fond.

Si les éloges font toujours plaisir, une critique négative de la part d'un lecteur ne laisse jamais indifférent et comme tu le vois, je n'hésite pas à en faire publicité ici. Ne pas avoir apprécié "Blog Story" est ton droit le plus strict, et c'est tout à ton honneur d'avoir choisi d'écrire au sujet du livre plutôt que d'en occulter l'existence.

Permets moi toutefois d'apporter quelques commentaires à ta critique :

"J'ai profité d'une escapade à Rouen pour feuilleter pendant 30 minutes le livre de Cyril Fievet et Emily Turrettini, Blog Story."

Je dois bien avouer qu'il m'est très désagréable de penser qu'un lecteur puisse se faire en 30 minutes une opinion d'un livre de 310 pages que nous avons mis plusieurs mois à écrire. Disons que cela fait partie de l'ingratitude du travail d'auteur. Permets-moi d'espérer qu'une lecture plus approfondie t'aurait davantage convaincu.

"le livre est mal écrit dans sa prose"

Oui, c'est l'un de mes problèmes. J'aimerai avoir le talent d'un Montherland ou d'un Flaubert. Mais ce n'est pas le cas. Le talent stylistique ne s'apprend pas, comme tu le sais. C'est la raison pour laquelle, dans mes écrits, je privilégie le fond sur la forme.

"Je regrette l'orientation très chef d'entreprises, dents blanches, bronzage 'pizbin'. Cela donne envie de vômir parfois."

Je regrette pour ma part, sincèrement, que "Blog Story" ait pu susciter chez toi une envie de vomir. A ma connaissance, tu es le seul lecteur dans ce cas. Si les symptômes persistaient, je ne saurais trop te recommander de consulter ton praticien, mais également de cesser de lire d'autres livres en rapport avec le sujet. Car, que tu le veuille on non, le blogging n'est plus l'apanage de quelques pionniers formant un "club" très select, mais bien un phénomène planétaire auquel tout le monde peut (et va, je crois) participer.
J'ignore à quoi tu fais réellement allusion avec les "dents blanches" et le "bronzage", mais j'imagine que c'est une attaque à peine déguisée contre Loïc Le Meur. J'ai bien l'impression aussi que ce que tu vomis réellement, ce sont les chefs d'entreprise en général. C'est sans doute l'une des différences essentielles entre nous deux.

"Dans ma lecture rapide, j'ai relevé deux énormes coquilles"

Ah, voyons cela.

"En page 78, il est dit que les carnets Web ont émergé au Japon en 2003. Faux."

Ce n'est pas tout à fait ce qui est dit page 78. Nous disons juste que les outils de blogging (au sens habituel du terme) en version japonaise ont été introduits en 2003, et qu'ils ont connu un fort succès. Il existait très probablement d'autres outils auparavant, au Japon et ailleurs, pour s'exprimer sur le Web. Mais personne n'appelait ça des blogs. Pas plus que les pages perso qui fleurissaient en France il y a quelques années, et dont certaines s'apparentaient bien à des blogs. Mais là encore, tu sembles attaquer Typepad qui, ne t'en déplaise, semble s'imposer comme un des leaders sur le marché des outils de blogs.

"La seconde coquille en page 170 est encore plus savoureuse. Les réunions de Yulblog à Montréal ont commencé en… octobre 2003"

Je m'étonne franchement de ta lecture. La page 170 comporte la phrase "A Montreal, les rencontres de blogueurs ont lieu tous les premiers mercredi du mois depuis octobre 2003". Cela ne signifie nullement que Yulblog a démarré en 2003, et je n'ignore pas, merci, que la démarche avait été initiée auparavant. Simplement, mais corriges-moi si je me trompe, les réunions de blogueurs ne sont devenues mensuelles qu'en octobre 2003 (et se déroulaient irrégulièrement auparavant). Ce qui est exactement ce qui est écrit.

Les deux "énormes" coquilles que tu crois avoir relevées n'en sont donc pas réellement. Malgré notre attention et de multiples relectures, des coquilles peuvent toujours se glisser dans un texte qui comporte des centaines de dates et d'URL. Mais l'excès de zèle, qui conduit un lecteur à chercher avec avidité des coquilles aussi insignifiantes soient-elles, conduit parfois à une forme de désinformation.


Globalement, j'aurais adoré lire une (bonne) critique négative de ta part, qui soit argumentée, passionnée et justifiée. Mais en l'état ton billet me paraît juste être d'une surprenante médiocrité.

Amicalement

14 novembre 2004 à 17:49 - par Cyril Fievet - dans courrier / perso
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Illusion d'optique

Contrairement à ce que votre cerveau va vous faire croire, cette superbe image n'est pas une animation. Tous les disques qui la composent sont parfaitement immobiles. Il suffit de fixer l'un des points noirs pendant quelques secondes pour s'en convaincre.

(Via Metafilter)

- par Cyril Fievet - dans divers
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Et de six pour Pixar

indestructibles_bo.jpg

Quelques jours après la sortie de "The Incredibles" ("Les indestructibles") aux Etats-Unis, le film est d'ores et déjà rentable. Le 6e film d'animation de Pixar a déjà généré - en huit jours ! - plus de 100 millions de dollars de recettes, alors qu'il a coûté 92 millions. Impressionnant. Le cours de l'action Pixar a d'ailleurs atteint son record historique avant-hier.

- par Cyril Fievet - dans cinema
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Le Top 50 de la recherche scientifique

Le Scientific American vient d'honorer les 50 chercheurs les plus prometteurs cette année, dans tous les domaines. La liste, décrivant leurs travaux et ce qu'ils pourraient apporter s'ils aboutissaient, est passionnante à parcourir. Elle comporte notamment de nombreux projets dans le domaine des nanotechnologies.
J'y ai relevé :
. Nantero : l'une des entreprises leaders en matière de nanotechnologie, qui pourrait commercialiser dès l'année prochaine des NRAM, c'est-à-dire de nouvelles générations de mémoires RAM, rapides et non volatiles, basées sur des nanotubes de carbones ;
. Ehud Shapiro, au Weizmann Institute for Sciences en Israël, qui a élaboré un prototype "d'ordinateur ADN" pouvant diagnostiquer un cancer, et libérer un morceau d'ADN pour traiter les cellules affectées ;
. Ou encore le Institute for OneWorld Health, premier laboratoire pharmaceutique à but non lucratif.

13 novembre 2004 à 12:40 - par Cyril Fievet - dans science
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Glowria cartonne

Mihai, le patron de Glowria, fête le 1er anniversaire de son entreprise, et publie sur son blog quelques résultats impressionnants :

Glowria a aujourd'hui 14.000 abonnés actifs, et on vient de battre deux records en deux mois. D'abord, on a expédié plus de 100.000 DVD à nos abonnés en octobre, ce qui équivaut au nombre de DVD vendus en un mois par Amazon.fr. C'est 5 fois plus que notre mois de janvier. Ensuite, on a reçu les résultats de Médiametrie pour septembre : glowria est la 2ème audience cinéma/vidéo en France, juste derrière Allociné, avec plus de 400.000 visiteurs uniques par mois (on était en 4ème position en juillet).

Le business repose sur de la location de DVD, envoyés à domicile. Visiblement, c'est promis à un bel avenir. Bravo !

- par Cyril Fievet - dans cinema
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Google Bombing

C'est la première fois que je participe à une bombe Google. Celle-ci est nouvelle est concerne Anne Imbert. Anne Imbert ne semble en effet pas bien connaître les blogs, et c'est dommage. Il faut aider Anne Imbert à comprendre le fonctionnement des blogs, des blogueurs, du blogging et de la blogosphère.

Si vous êtes un blogueur, vous avez le droit de jouer aussi : il suffit de mettre un lien comme celui-ci :

Anne Imbert

quelque part sur votre blog.

Si ça ne vous semble pas très clair, vous pouvez aussi lire ce billet ou vous renseigner sur les bombes Google.

12 novembre 2004 à 18:11 - par Cyril Fievet - dans internet
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Amazon fait son cinéma

Il y a quelques jours, Amazon (en version US) a démarré une initiative pour le moins étonnante : la diffusion de courts-métrages originaux.

La démarche, "Amazon Theater", est surprenante, venant d'une entreprise positionnée depuis l'origine comme un simple distributeur, via une vaste boutique en ligne. Non seulement les court-métrages (des fictions dramatiques) sont produits et diffusés en exclusivité sur Amazon, mais ils sont aussi dirigés par des réalisateurs reconnus, travaillant sous contrat pour la maison de production de Ridley Scott, RSA. Parmi eux se trouvent par exemple Tony Scott (le frère de Ridley) qui, sans être un cador de Hollywood, n'en a pas moins produit quelques poids lourds du box-office, comme "Top Gun" ou plus récemment "Enemy of the State" et "Man on Fire". Amazon semble donc entrer dans une logique nouvelle, et même s'il ne s'agit pour l'instant que de courts-métrages, vouloir devenir davantage qu'une simple boutique.

Pourtant, à y regarder de plus près, la démarche n'est pas si éloignée que ça de la mission première de boutique en ligne. En fait, la page sur laquelle le court-métrage est présentée permet de visionner le film gratuitement. Mais elle permet aussi de consulter une longue liste des produits qui apparaissent dans le film, et qu'on peut bien sûr acheter en quelques clics. Le court-métrage intitulé "Portrait" propose ainsi d'acheter la jupe, les chaussures ou le téléphone mobile de l'héroïne, sans parler d'une impressionnante liste de produits de beauté qu'elle est censée utiliser...

Tout cela est donc troublant. D'un côté, on peut se féliciter de l'apparition d'une nouvelle forme de création artistique, inédite pour un acteur majeur d'Internet. De l'autre, il faut bien admettre que tout cela constitue avant tout une nouvelle forme de marketing, sophistiquée mais pas forcément plaisante. La démarche rejoint - ou plutôt poursuit - la logique de "placement d'image", très utilisée au cinéma (notamment par Apple, ou notamment dans la série "James Bond"), selon laquelle un annonceur paie pour que ses produits figurent en bonne place dans certaines scènes du film.

Mais à partir du moment où les films, même s'il s'agit d'oeuvres bien réelles, ne sont que des prétextes à commercialiser des produits, cela me semble devenir (beaucoup) plus gênant.

11 novembre 2004 à 19:56 - par Cyril Fievet - dans divers
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Les 100 meilleurs discours américains

Le site American Rhetoric propose une liste des 100 discours qui ont marqué l'histoire des Etats-Unis, parmi lesquels figurent quelques trésors ("I have a dream", "Ich bin ein Berliner", pour citer les plus connus). Tous - ou presque - sont accessibles librement et peuvent être écoutés, d'un seul clic. Une admirable initiative, démocratique et porteuse de sens. Mon iPod va adorer.

(Via Matt)

10 novembre 2004 à 19:30 - par Cyril Fievet - dans société
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Merci Matoo

Je me demande si cette critique de Blog Story par Matoo (que j'ai dû croiser une fois lors d'un Paris-Carnet) n'est pas ma préférée de toutes. Merci en tout cas.

- par Cyril Fievet - dans perso
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Les robots au pilon

Je viens d'apprendre par l'un de mes éditeur - Presses Universitaire de France - que mon livre "Les robots" est un cuisant échec commercial. Comme l'écrit l'une des responsables de la collection "Que sais-je ?", dans laquelle l'ouvrage a été publié :

"le public curieux que nous avons sur d'autres titres de la collection n'a pas été attiré par ce thème"

Concrètement, à peine un peu plus d'un quart du tirage initial a été vendu. Soit moins de 1.500 exemplaires vendus, en deux ans.

puf_rob.gif

Et pour la première fois, je sens s'abattre sur moi le spectre terrifiant du "pilon". Pour ceux qui l'ignorent, le contrat d'édition qui lie un auteur à son éditeur prévoit qu'en cas de mévente (c'est-à-dire si le total des exemplaires vendus au delà d'une certaine date n'atteint pas un seuil donné), le stock est "pilonné". Un terme curieux - ô combien traumatisant pour un auteur - et qui signifie, plus simplement, qu'on détruit des centaines ou des milliers de livres.

Certes, je ne m'attendais pas - même en publiant dans une prestigieuse collection comme "Que sais-je ?", à faire d'un ouvrage généraliste sur les robots un best-seller. L'ambition - présenter un panorama synthétique de l'univers des robots à un public néophyte - était modeste. Et même si tout le tirage était épuisé, cela ne correspondrait qu'à un public limité.

Mais ce résultat est troublant, notamment dans les conclusions que l'on peut en tirer, selon des points de vue différents.

Pour un éditeur, il revient à considérer qu'il n'y a pas de public en France pour des ouvrages consacrés à la robotique ou aux robots. La France présente d'ailleurs, de longue date, une incongruité dans ce domaine, et cela ne risque pas de changer. Partout dans le monde, la littérature consacrée aux robots est vaste et diversifiée. Sauf en France. Quelques chiffres témoignent bien de cela. Une recherche portant sur le mot "robotique" sur Amazon France (livres en français) conduit à 77 résultats. Le mot "robot" conduit à 172 résultats. Les mêmes recherches sur la version américaine de Amazon conduisent à... 15.320 résultats pour "robotics" et 28.787 pour "robot" (!). Et plus de 2.000 de ces livres en anglais sont commercialisés sur Amazon France.

Pour un auteur, ou un simple observateur du marché de la robotique, ce constat conduit à admettre que le public français ne s'intéresse pas à l'émergence de machines de nouvelle génération, qui vont pourtant se répandre au sein des foyers. Et plus généralement, à admettre que le public français ne s'intéresse pas à l'innovation, quelle qu'elle soit. Qu'il s'agisse d'Internet, des blogs, de robots ou de nanotechnologie, la France est toujours en retard d'un train. Au mieux, la France est un pays de suiveurs. Au pire, et c'est ce qui va très probablement se passer pour les deux prochaines révolutions industrielles - robotique et nanotechnologie - la France manquera les trains qui pourraient la conduire à une nouvelle prospérité.

Beaucoup de gens tentent d'alerter l'opinion publique - ou les élites gouvernantes - de ce qui risque de nous arriver si nous continuons à craindre la technologie, à négliger de colossaux marchés émergents, et à ignorer que seule l'innovation crée de la valeur. Jean-Michel Billaut, qui fustige le dramatique "esprit français" à longueur de blog, Jean-Paul Baquiast ou d'autres (dont moi-même, plus modestement), tentent en vain depuis de nombreuses années d'éclairer sur des sujets essentiels et largement sous-estimés, incompris ou ignorés.

Mais jouer les cassandres est fatiguant, à la longue. Et au bout du compte, on finit par se demander si le jeu en vaut bien la chandelle.

9 novembre 2004 à 15:12 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / robots
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Back To Blogging

Bon, désolé pour cette petite interruption. Le fait de tenir un blog peut induire une double frustration. Se forcer à bloguer quand on en pas le temps ou l'énergie conduit à considérer son blog comme un travail, et ce n'est pas très plaisant. D'un autre côté, ne pas bloguer quand on a un blog est également pénible. Les billets non écrits s'accumulent dans la tête, s'additionnant à tout le reste, et retardent encore l'envie de "s'y remettre"...

Bref.

Comme beaucoup d'autres, j'ai passé ces derniers jours pétrifié par le résultat des élections US. Le sentiment de déception et d'amertume qui s'exprime largement sur le Web aujourd'hui est à la hauteur de la passion suscitée par cette élection. L'élection de Bush pour un nouveau mandat est une calamité. Mais pour autant, gardons-nous de donner libre cours à l'anti-américanisme primaire, stupide, et solidement ancré dans la culture française. Bush a été élu par la moitié de l'Amérique. L'autre moitié a, plus que jamais, besoin de support. N'assimilons pas Bush et son administration à l'Amérique toute entière, car elle vaut bien plus que cela.

Pour ceux qui en doutent, je vous invite à consulter cet étonnante initiative, "Sorry Everybody", qui permet aux américains de s'excuser pour le résultat de l'élection. Il en résulte une galerie de portraits qui exprime - en image - ce que ressent 49% du pays.

sorryworld.jpg

On lira aussi ce billet de Jason Kottke, qui explique très bien à mon avis le résultat de l'élection. Il note en particulier le poids important joué par le lobby catholique, fustige le clivage démocrate/républicain, et se livre au passage à une troublante auto-critique :

"Ce n'est pas la moitié du pays qui est stupide. C'est nous tous qui sommes stupides. Nous nous forçons plusieurs fois par jour à faire des choses qui ne servent pas nos intérêts au mieux. Nous travaillons trop. Nous buvons, mangeons, consommons des médicaments ou fumons d'une façon qui réduit notre espérance de vie. Nous faisons un usage déraisonnable des crédits. Nous nous enfermons dans des relations émotionnellement ou physiquement abusives. Nous laissons la télévision éduquer nos enfants. Nous sommes volontiers brutaux ou méchants avec les gens que nous n'aimons pas ou avec lesquels nous ne sommes pas d'accord. Nous apprenons la science dans la Bible. Nous demeurons silencieux quand parler pourrait aider les autres. Nous avons peur du futur. Nous avons peur de la mort. Et nous sommes paresseux quant à nos croyances et à nos convictions. Nous laissons les partis républicains et démocrates nous dicter leur vision politique de l'Amérique en utilisant des leviers émotionnels. Nous sommes tous fautifs."

Beaucoup de blogueurs sont déçus, et on les comprend. Je crois pourtant qu'ils n'ont rien à se reprocher. Tout au plus, l'élection a montré que les blogueurs les plus actifs aujourd'hui ne sont pas représentatifs - même aux Etats-Unis - de l'ensemble de la population d'un pays. Ca n'enlève rien au fait qu'ils ont joué un rôle, et montré qu'ils pouvaient être complémentaires des médias traditionnels.

En parlant de blogs, je continue à passer un temps considérable à donner des interviews ou des conférences sur le sujet. La bonne nouvelle est que le sujet intéresse de plus en plus de gens en France. La mauvaise nouvelle est de constater combien ce sujet est méconnu, que ce soit par des journalistes ou des chefs d'entreprise. Beaucoup des gens que je rencontre ont découvert le mot "blog" via Blog Story. C'était un peu le but, et je devrais trouver cela gratifiant. Mais ça me semble plutôt consternant. On peut perdre cela de vue quand on fréquente de trop près la blogosphère, et qu'on consacre une large partie de son temps libre à alimenter son blog et à discuter avec d'autres blogueurs. Mais la réalité est bel et bien que la plupart des décideurs dans ce pays n'ont pas la moindre idée de ce que sont les blogs, ni - a fortiori - de ce qu'ils peuvent apporter ou changer.

Une raison supplémentaire pour remercier encore tous les journalistes qui ont choisi de parler de Blog Story : Christophe (Metro), Frédéric (Journal du Net), David (Le Temps), Robin (Courrier Cadres), George (La vie numérique), David (Canal+/iTélé), Jérôme (France Infos), Christophe (Abondance) et Grégoire (Capital) (désolé si j'en oublie !).

Je rappelle qu'une page wiki hébergée sur CraoWiki (merci encore Christophe !) permet de consulter - et de publier - des critiques ou articles en rapport avec le livre.

- par Cyril Fievet - dans perso
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Je vote pour Kerry

Grâce à cette initiative de Technorati, qui teste le vote par blog interposé : I support Kerry.

(Via Miss-Information)

2 novembre 2004 à 15:46 - par Cyril Fievet - dans internet
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