Définition d'un journaliste
Ivan Levaï, vidéoblogué hier par Loïc, décrivant à brûle-pourpoint son idée du journalisme :
"Un journaliste, c'est quelqu'un qui essaie de mettre de la cohérence dans le désordre du monde et d'approcher autant que possible la vérité".
Belle définition.
27 novembre 2005 à 11:01 - par Cyril Fievet - dans
medias
permalien
- réactions (18)
- trackbacks (0)
Catalogue FNAC : pas de sciences à Noël
Reçu cette semaine le catalogue de Noël de la FNAC. Beau catalogue de 100 pages, passant en revue une multitude de cadeaux possibles, qu'il s'agisse de livres, CD ou produits électroniques.
Mais dans le cas des livres, la sélection du catalogue pour la rubrique intitulée "Science & Vie" me fait frémir. Seule et unique page consacrée aux sciences, sur les 20 pages dévolues aux livres, on pourrait s'attendre à une brillante sélection, pour grands et petits. On aurait pu espérer une liste démonstrative, instructive, mettant en lumière des sujets phares pour l'avenir, développant le goût pour l'innovation, célébrant les plus belles réalisations scientifiques, soulignant l'importance des enjeux de société qui s'annoncent... Que nenni.
Cette sélection est toute autre et se limite à sept ouvrages :
. Un livre illustré sur les chats *et* le Larousse des félins
. Un livre consacré aux cochons, un autre dédié aux arbres
. Un hommage aux écuyers du Cadre Noir de Saumur
. Deux livres érotiques, l'un dédié au pénis, l'autre aux fleurs érotiques
Et c'est tout. Voilà donc la liste des meilleurs ouvrages de l'année dans le domaine de la science, recommandés par le plus grand libraire de France à ses clients. Consternant.
Je ne critique bien sûr par les ouvrages en question, probablement tous formidables. Mais je vois hélas dans cette sélection une illustration tragique de l'idée que l'on se fait des sciences, de la technologie et de l'innovation dans ce pays.
- par Cyril Fievet - dans
coup de gueule / science
permalien
- réactions (10)
- trackbacks (0)
Les blogs en action
Plusieurs anecdotes ces derniers jours me confortent dans l'idée que le blog est décidément un outil à part, source de changements profonds.
En août dernier, j'avais publié un billet intitulé "Globat sucks", critiquant vertement la société américaine qui hébergeait mon blog à l'époque, Globat. J'ai reçu cette semaine un email en anglais d'une responsable de cette société, me demandant de lui détailler les raisons de mon amertume. Même si cela survient longtemps après, la démarche est tout à leur honneur et montre que les entreprises (même les grosses) sont de plus en plus à l'écoute de ce qui se dit sur les blogs (mêmes les petits, en français de surcroît).
Dans un autre domaine, j'avais publié en juin un long billet relatif à un discours "historique" donné par Steve Jobs, que j'avais partiellement traduit en français pour l'occasion. Via les commentaires de mon blog, Satomi, une traductrice japonaise vivant aux Etats-Unis, m'informait hier qu'elle recensait toutes les traductions de ce fameux discours. A ma grande surprise, j'ai ainsi découvert que d'autres blogueurs ont eux aussi traduit ce texte - au moins en huit langues, dont l'allemand, l'italien, le coréen, le portugais... Outre le fait qu'il me permette de discuter avec des gens partout dans le monde, le blog a cette capacité étonnante à connecter entre eux des gens qui ne se rencontreront jamais, mais partagent les mêmes centres d'intérêt.
Enfin, au delà de mon modeste blog, j'aimerais revenir sur un épisode frappant qui s'est déroulé ces derniers jours : le fameux commentaire laissé par Nicolas Sarkozy sur le blog de Matthieu Kassovitz. Certains y ont vu une nouvelle forme de propagande (ou au moins de communication politique savamment orchestrée) et beaucoup en profitent pour débattre sur les actions ou la personnalité du Ministre de l'Intérieur. Là n'est pas le sujet et ceux qui ne voient dans tout cela qu'un contre exemple de l'usage des blogs se trompent. Cette anecdote est importante. Même si le blog concerné est celui d'une personnalité (un cinéaste engagé), c'est la première fois qu'un ministre prend la peine de publier un commentaire sur un blog. A mon avis, c'est plus important que si ce ministre avait lui-même ouvert un blog, car cela témoigne du fait qu'un nouveau mode d'échange et de débat, direct et transversal, est en train de se mettre en place, y compris chez les acteurs de la vie publique.
De plus, on peut sérieusement s'interroger sur les conséquences de cette nouvelle transversalité, notamment pour les médias. On a vu de grands journaux, le Figaro ou le Nouvel Obs par exemple, publier des articles sur cette affaire, en se contentant de citer des extraits du billet initial du blog de Kassovitz et des commentaires qu'il a suscité. Les blogs, devenus sources d'information et suscitant un débat dont les médias ne sont plus que des observateurs passifs. Sans généraliser à outrance (mais on pourrait rapprocher cela de l'annonce du retour de Zidane, sur son propre site Web, il y a quelques mois), il y a sans doute là les fondements d'une véritable remise en question du rôle tenu par les journalistes et les médias.
24 novembre 2005 à 09:21 - par Cyril Fievet - dans
internet / medias
permalien
- réactions (8)
- trackbacks (0)
Moby en concert à Bercy
J'ai assisté hier au concert de Moby à Bercy. Ne l'ayant jamais vu en concert, mais aimant bien ses premiers albums (sans être un fan invétéré), j'étais un peu curieux, voire inquiet, de découvrir ce que cela pouvait donner en live.
Je n'ai pas été déçu, loin de là. Concert long et survitaminé, musiciens hors pair, éclairages simples mais magnifiques... Un réjouissant moment, plein d'énergie et de créativité et dont on sort les oreilles pleines d'une musique profondément revisitée, plus volontiers en mode rock que façon techno/synthé.
Curieusement, en cherchant a posteriori des opinions sur le concert, je suis tombé sur un article du Monde, suite au passage de Moby à Lille lors de la même tournée, et l'opinion de la journaliste est toute autre :
Un spectacle à l'américaine. C'est là que le bât blesse. Déjà pompeuse, mais gentiment passe-partout sur disque, sa musique devient en concert un monstre de boursouflure. Une vieille habitude. Lors de sa tournée "Play", Moby avait déjà ajouté de lourdes nappes synthétiques à un album plutôt simple. Ce soir, le principe reste le même : la surenchère. Et les montées en puissance (sonores ou lumineuses) de s'enchaîner, mécaniquement. Hyper-actif, Moby parcourt la scène de long en large, comme pour combler un vide, tandis que sa choriste, qui assure l'essentiel des voix, s'époumone toujours plus fort.
Outre le fait que la choriste en question, incroyable, assure une partie importante du spectacle, j'ai franchement l'impression de ne pas avoir assisté au même concert que celui décrit ici. Aucune surenchère, ni de grand "show à l'américaine" façon U2, mais plutôt une formation minimale de cinq musiciens, habités par leur musique. Bref, tous les goûts sont dans la nature...
Les photos étaient (en principe et hélas) interdites à Bercy, mais les amateurs apprécieront celles, très belles, faites par Isabelle lors du passage de Moby à Montréal il y a quelques mois.
22 novembre 2005 à 13:04 - par Cyril Fievet - dans
musique
permalien
- réactions (9)
- trackbacks (0)
Robots, genèse d'un peuple artificiel
Le moins que l'on puisse dire de "Robots, genèse d'un peuple artificiel" est qu'il s'agit d'un livre imposant. Près de deux kg pour 544 pages, entièrement dédiées à toutes les formes de robots présents ou ayant marqué leur époque. Une somme comme il n'en existait aucune sur le thème des robots.
Deux ou trois choses m'ont déplu dans le livre. L'organisation des chapitres est parfois confuse et le lecteur pourra se sentir noyé sous l'avalanche de textes et d'images qui s'accumulent sur les pages. Le texte est inégal et aurait mérité par endroits de délaisser la simple énumération pour approfondir certains points clés, notamment dans les rapports humains/robots, qui ne sont parfois que superficiellement traités.
Mais ce ne sont là que des points de détail, au regard du travail accompli pour mener à bien cet ouvrage colossal, qui s'impose de fait comme livre de référence sur le sujet. Le livre comporte plus de mille images, dont certaines rares (voire inédites). Cette profusion d'images, hors norme, place d'emblée le livre dans la catégorie incontournable : s'il existe une image d'un robot intéressant, pour une raison ou pour une autre, il y a de grandes chances qu'elle soit dans le livre. De même, tous les aspects du sujet sont traités (y compris l'art robotique, ce qui est rare dans les livres consacrés aux robots), et ce avec force références, explications et détails, et dans un style très accessible.
En outre, l'ouvrage, qui s'apparente autant à une encyclopédie qu'à un beau livre, comporte également de nombreuses interviews de personnalités (roboticiens ou personnalités diverses), souvent passionnantes et contribuant à la richesse de l'ensemble.
Bref, je recommande fortement ce livre qui, malgré un prix élevé (45 euros en France), mérite vraiment qu'on s'y plonge, et peut d'ailleurs faire un bon cadeau de Noël, instructif, original et beau.
Robots, genèse d'un peuple artificiel
Daniel Ichbiah
Ed. Minerva
(NB : je connais personnellement plusieurs des personnes ayant mené à bien cet ouvrage)
20 novembre 2005 à 17:33 - par Cyril Fievet - dans
livres / robots
permalien
- réactions (2)
- trackbacks (0)
Big Ad

Un excellent film publicitaire pour une marque de bière australienne. A voir deux fois (au moins) : pour les images d'abord, puis pour les légendes.
Très "marketing viral" (la preuve). Très "second degré" (le sujet de la pub est autant la pub elle-même que le produit). Et très australien. J'adore.
(Trouvé sur Digg)
13 novembre 2005 à 10:55 - par Cyril Fievet - dans
divers
permalien
- réactions (4)
- trackbacks (2)
Nanotechnologies : le risque de l'indifférence
Laurent me signale avec gentillesse un article dans Libération relatif aux nanotechnologies. Plus précisément, l'article, intitulé "Dans le «nanomonde», tout est petit sauf les risques", traite des risques inhérents à la généralisation des nanoparticules, en matière de santé publique.
L'article est juste, bien documenté et intéressant. Il est aussi très légitime et rappelle, en vertu du principe de précaution, que les applications industrielles des nanotechnologies ne sauraient faire l'impasse d'études approfondies démontrant leur innocuité.
Toutefois, l'article de Libé appelle quelques remarques.
D'abord, il me paraît très dommage, dans un article portant sur les nanoparticules et en particulier les nanotubes de carbone, cités six fois, de ne pas évoquer certaines de leurs applications. Notamment, a contrario des risques soulignés par Libé, leurs applications dans le domaine médical. Pas plus tard qu'il y a trois jours, Wired se faisait ainsi l'écho de recherches menées à L'Université du Delaware, et basées sur des nanotubes de carbone pour traiter des cellules cancéreuses, de façon particulièrement innovante. Comme le souligne Wired, d'autres laboratoires américains travaillent d'ailleurs depuis plusieurs années sur différentes formes de traitement du cancer, également basées sur des nanotubes. On peut donc souligner, comme le fait Libération, que l'inhalation fortuite de nanotubes pourrait causer des dégâts dans les poumons, mais il aurait été légitime de mentionner que ces mêmes nanotubes constituent peut-être l'une des voies les plus prometteuses en matière de lutte contre le cancer.
Par ailleurs, plus globalement, le moteur de recherche du site de Libération nous apprend que le mot "nanotechnologie" n'a été cité par le journal que trois fois depuis le début de l'année 2005. S'agissant de la principale révolution industrielle des prochaines décennies, ce "score" est pour le moins effarant. Et il l'est bien davantage lorsqu'on constate que l'article sus-cité est en réalité le premier article "de fond" consacré aux nanotechnologies par Libération en 2005. Un article qui comporte huit fois le mot "risque", au moins une fois par paragraphe...
Je vois pour ma part un autre risque dans tout cela : celui de passer complètement à côté de cette révolution scientifique, économique et industrielle que constituent les nanotechnologies.
Ceci étant dit en toute amitié pour mes confrères de Libération, journal que je lis et apprécie par ailleurs.
11 novembre 2005 à 14:01 - par Cyril Fievet - dans
nanotechnologie
permalien
- réactions (11)
- trackbacks (0)
Le Monde de l'Intelligence
Je suis ravi d'annoncer ici la sortie - aujourd'hui en kiosques - d'un nouveau magazine : Le Monde de l'Intelligence, auquel je contribue.

Edité par une jeune entreprise dont c'est le premier titre, le magazine adopte un angle aussi original que pertinent : traiter de "l'intelligence", aussi bien au plan des neurosciences que des sciences cognitives ou de l'Intelligence Artificielle. Le pari est ambitieux, d'autant qu'il s'agit d'une publication accessible à tout public, qui vise à vulgariser des sujets complexes, tout en restant plaisante à lire. L'initiative a beaucoup de sens, je crois, en établissant de façon claire (mais transversale) que l'un des principaux défis de plusieurs disciplines scientifiques se résume à la compréhension du cerveau humain.
Pour ma part, j'interviens dans le magazine sur ce qui concerne l'IA ou la robotique. Je publie trois articles relativement longs dans ce premier numéro, dont l'interview de Jeff Hawkins (dont j'avais chroniqué le dernier livre ici) et du français Alain Cardon.
Tous mes voeux de succès accompagnent ce lancement !
Merci à Gilles et à Maxence de m'avoir permis de participer à cette belle aventure.
10 novembre 2005 à 11:55 - par Cyril Fievet - dans
medias
permalien
- réactions (10)
- trackbacks (0)
Intelligence Artificielle Humaine
Amazon a sorti il y a quelques jours un nouveau service assez étonnant, qui consiste à faire appel à des humains pour effectuer des tâches que les ordinateurs ne parviennent que difficilement à mener à bien.
Le service s'appelle "Mechanical Turk", en référence à l'automate inventé à la fin du 18e siècle, se présentant comme un joueur d'échec mécanique capable de battre de forts joueurs. La machine était en réalité une supercherie : un joueur humain était caché à l'intérieur et pilotait les déplacements de l'automate. Une façon pour Amazon de souligner que derrière l'apparence de l'intelligence mécanique se trouve l'intelligence humaine, et le service est d'ailleurs qualifié "d'Intelligence Artificielle Artificielle".
Concrètement, le but est de proposer aux internautes des tâches diverses, répétitives mais simples pour un humain. Par exemple, indiquer la présence d'un objet donné dans une image. Ou choisir dans une série de photos d'immeubles celle qui montre le plus clairement la façade d'un commerce donné.
Mieux, ce service n'est pas seulement accessible sur le site officiel du "Mechanical Turk", mais tout le monde peut y faire appel : via une interface ad hoc, une entreprise peut ainsi utiliser la puissance combinée de nombreux internautes - et de leur intelligence.
En outre, le dispositif intègre un mode de rémunération. Chaque tâche a son prix, payé aux internautes qui l'accomplissent. Les tâches listées actuellement sont assorties d'un prix qui peut paraître faible : en général 0,03$ par tâche. Mais il est beaucoup de pays dans lesquels, rapporté au salaire horaire moyen, ce prix est loin d'être négligeable.
Peut-être un bon exemple d'intelligence collective en action avec, en prime, un modèle économique à l'appui.
(Via Kurzweil AI)
9 novembre 2005 à 10:28 - par Cyril Fievet - dans
internet
permalien
- réactions (2)
- trackbacks (0)
Sur Europe 1
Je serai tout à l'heure en direct sur Europe 1, dans le 18-20h ("A l'air libre", animée par Pierre-Louis Basse), qui va consacrer une vingtaine de minutes au phénomène des blogs. Le sénateur Alain Lambert devrait également intervenir.
Au passage, j'en profite pour m'excuser auprès de mes confrères journalistes dont j'ai décliné récemment les invitations à m'exprimer sur les blogs (une dizaine de demandes dans les huit derniers jours...). Comme je l'ai déjà dit ici, je ne veux - et ne peux - pas intervenir en permanence. Il y a d'ailleurs d'autres blogueurs (et d'autres représentants de Pointblog, aussi) qui mériteraient d'être interrogés. Merci de votre compréhension.
8 novembre 2005 à 18:28 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (8)
- trackbacks (1)
Flock
J'ai pris un peu de temps aujourd'hui pour tester un nouveau navigateur Web : Flock, sorti il y a quelques semaines et encore en version beta. L'outil me fait une très bonne impression : élégant, rapide et très intelligemment fait.
Flock se distingue des autres navigateurs par l'intégration de l'accès à d'autres outils, qu'il s'agisse d'outils pour bloguer ou pour partager des signets ou des photos. Je n'ai pas encore testé toutes ses options, mais ça m'a l'air de très bien fonctionner et c'est sans doute, pour beaucoup de gens, une étape supplémentaire vers plus de simplicité : il devient par exemple facile de mettre à jour son blog tout en restant dans son navigateur Web, et sans rien ajouter au navigateur.
Mais même sans ces fonctions qui intéresseront surtout des utilisateurs avancés, le navigateur est bien en soi. Il comporte quelques petites innovations qui peuvent s'avérer très utiles, comme une "étagère" (une fenêtre permettant de stocker par simple glisser-déposer des éléments trouvés sur le Web, qu'il s'agisse d'images ou de morceaux de texte), ou comme la possibilité de composer un mail sur un outil tiers d'un simple clic. Il mémorise aussi de façon automatique les sites les plus fréquemment visités, ce qui n'est pas idiot.
Bref, Flock me paraît un bon challenger d'autres navigateurs sur Mac, y compris Safari, qui a la fâcheuse tendance à ramer au bout d'un certain temps d'utilisation (d'ailleurs, contrairement à Safari, Flock permet d'accéder à Netvibes, ce qui est aussi une bonne chose).
- par Cyril Fievet - dans
internet
permalien
- réactions (7)
- trackbacks (1)
Chess Boxing
Je découvre l'existence de cette discipline étonnante, qui consiste à alterner des combats de boxe et des parties d'échecs, jusqu'à ce que l'un des adversaires soit KO ou... échec et mat.

C'est Cyril Cavalié, un ami photographe, qui m'a fait découvrir la chose, via un reportage en forme de blog qu'il vient de créer sur le sujet. Les photos sont superbes et, en plus, constituent une sorte d'avant-première puisque le reportage va être publié prochainement dans plusieurs magazines à fort tirage. Bravo !
(Photo : © Cyril Cavalié)
7 novembre 2005 à 11:29 - par Cyril Fievet - dans
divers
permalien
- réactions (3)
- trackbacks (0)
Dopage génétique
Le nouveau cheval de bataille de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) est le dopage génétique, qui consiste pour un athlète à modifier son patrimoine génétique pour augmenter ses performances. Un séminaire international sera consacré au sujet en décembre et le Président de l'Agence expliquait avant-hier dans un communiqué :
"Le dopage génétique représente une menace sérieuse pour l'intégrité du sport et la santé des athlètes. En tant qu'organisation responsable de la promotion, de la coordination et de la supervision de la lutte antidopage globale dans le sport, l'AMA utilise une part significative de ses ressources pour les recherches qui nous permettront de détecter le dopage génétique afin de démasquer les tricheurs, garantir l'égalité des chances et protéger la sécurité des athlètes."
Le sujet paraît d'actualité, puisqu'il est aussi traité par le Département d'état des Etats-Unis, dans un dossier spécial consacré aux "promesses des biotechnologies". On y trouve un très bon article de synthèse sur le sujet, intitulé "La course contre le dopage génétique", écrit par le Directeur de l'Institut de Sciences Géniques de l'Université Duke.
Curieusement, bien que l'article explique les risques inhérents à l'utilisation d'ADN tiers par les athlètes, le ton est nettement moins tranché que celui de l'Agence Mondiale Antidopage :
"Certains arguent que le meilleur moyen de contrôler le dopage génétique serait de le légaliser. Après tout, disent-ils, si le golfeur Tiger Woods peut se faire opérer les yeux au laser pour améliorer sa vue, donc sa pratique du golf, pourquoi un cycliste n'aurait pas le droit de modifier ses gènes ? De plus, en poursuivant cette argumentation, le fait de légaliser et de réguler le dopage génétique permettrait d'imposer des normes de sécurité. Mais le dopage génétique violerait-il l'esprit du sport ? Jusqu'à présent, la réponse officielle est oui."
En outre, on note un vrai désaccord quant à la possibilité de détecter facilement un tel dopage, via des tests adaptés : l'AMA estime qu'il est tout à fait possible de détecter un dopage génétique avec un laboratoire classique, tandis que l'article américain soutient le contraire, expliquant que des prélèvement musculaires suivis d'analyses génétiques poussées seraient nécessaires pour détecter un dopage qui, en pratique, serait largement indécelable.
La question est donc complexe, mais vraiment intéressante. Seule certitude : le dopage génétique sera prochainement une réalité.
6 novembre 2005 à 21:27 - par Cyril Fievet - dans
transhumanisme
permalien
- réactions (8)
- trackbacks (1)
Des écrans qu'on imprime
La société anglaise Cambridge Display Technology vient de faire une démonstration de la production d'écrans à matrices actives de 14" d'un genre nouveau. Non seulement ces écrans sont basés sur la technologie OLED (des surfaces organiques dont les points s'éclairent pour former une image lorsqu'il sont soumis à un courant électrique), mais ils ont surtout été produits par une "imprimante".

Via une technique de type "impression à jet d'encre", des millions de minuscules gouttes de polymères sont apposées sur une surface conductrice, pour composer un écran fonctionnel.
Outre le fait que les écrans OLED vont remplacer (plus vite qu'on ne le croit, à mon avis) la plupart des écrans que nous utilisons actuellement (notamment les LCD), cette démonstration laisse présager d'une évolution majeure : la production industrialisée d'écrans de toute taille, éventuellement imprimés par "rouleaux". Je me demande si l'on verra un jour, dans 10 ou 20 ans, des "distributeurs d'écrans" imprimés sur mesure et connectables aux appareils que l'on utilise...
(Image CDT)
- par Cyril Fievet - dans
technologie
permalien
- réactions (5)
- trackbacks (0)
Idées de France
Ma longue pause bloguesque (aujourd'hui terminée) m'a presque fait rater le lancement de "Idées de France", un vaste site bilingue réalisé en France, consacré à tous les sujets ou presque, et principalement destiné à un public étranger.
Comme l'indique sa présentation, "le site est produit dans le cadre d’une convention avec le ministère des affaires étrangères français, mais il dispose de sa propre ligne éditoriale". Plus précisément, le site est produit par Canal France International, filiale d'Arte et de France Télévisions. On y retrouve, aux commandes, Alain le Diberder, ancien de Canal + et pionnier en son temps d'Internet, des jeux vidéos et de la cyberculture.
Bien qu'un peu "intellectualisante", la démarche a le mérite d'être ambitieuse et le résultat est déjà bon : dossiers intéressants, revue de presse courte mais bien faite, présentation sobre mais plaisante. Le tout portant sur les débats d'idées et destiné à redonner à la France des lettres de noblesse qu'elle a sans doute perdu au plan international, en terme de rayonnement culturel et intellectuel.
A noter une des rubriques qui m'a frappé sur le site : "En vue", qui se présente comme un classement des personnalités les plus populaires sur le Web non francophone. Bien que la méthode de calcul ne soit pas détaillée, on précise que le classement tient compte de plusieurs moteurs de recherche, mais aussi de deux moteurs de recherche dans les blogs. La chose est donc originale mais, surtout, produit des résultats étonnants : Jacques Chirac est la personnalité la plus en vue, mais la suite du classement est plus surprenante, Michel Foucault ou Jean-Paul Sartre devançant très largement des Villepin ou Sarkozy, ce dernier étant d'ailleurs coiffé au poteau de la popularité en ligne par... Brigitte Bardot. De quoi bien relativiser l'importance des vicissitudes de la vie politique française actuelle.
3 novembre 2005 à 20:27 - par Cyril Fievet - dans
medias
permalien
- réactions (3)
- trackbacks (1)
