Nanotechnologies : le risque de l'indifférence
publié le 11 novembre 2005 à 14:01 - par Cyril Fievet
dans
nanotechnologie
Laurent me signale avec gentillesse un article dans Libération relatif aux nanotechnologies. Plus précisément, l'article, intitulé "Dans le «nanomonde», tout est petit sauf les risques", traite des risques inhérents à la généralisation des nanoparticules, en matière de santé publique.
L'article est juste, bien documenté et intéressant. Il est aussi très légitime et rappelle, en vertu du principe de précaution, que les applications industrielles des nanotechnologies ne sauraient faire l'impasse d'études approfondies démontrant leur innocuité.
Toutefois, l'article de Libé appelle quelques remarques.
D'abord, il me paraît très dommage, dans un article portant sur les nanoparticules et en particulier les nanotubes de carbone, cités six fois, de ne pas évoquer certaines de leurs applications. Notamment, a contrario des risques soulignés par Libé, leurs applications dans le domaine médical. Pas plus tard qu'il y a trois jours, Wired se faisait ainsi l'écho de recherches menées à L'Université du Delaware, et basées sur des nanotubes de carbone pour traiter des cellules cancéreuses, de façon particulièrement innovante. Comme le souligne Wired, d'autres laboratoires américains travaillent d'ailleurs depuis plusieurs années sur différentes formes de traitement du cancer, également basées sur des nanotubes. On peut donc souligner, comme le fait Libération, que l'inhalation fortuite de nanotubes pourrait causer des dégâts dans les poumons, mais il aurait été légitime de mentionner que ces mêmes nanotubes constituent peut-être l'une des voies les plus prometteuses en matière de lutte contre le cancer.
Par ailleurs, plus globalement, le moteur de recherche du site de Libération nous apprend que le mot "nanotechnologie" n'a été cité par le journal que trois fois depuis le début de l'année 2005. S'agissant de la principale révolution industrielle des prochaines décennies, ce "score" est pour le moins effarant. Et il l'est bien davantage lorsqu'on constate que l'article sus-cité est en réalité le premier article "de fond" consacré aux nanotechnologies par Libération en 2005. Un article qui comporte huit fois le mot "risque", au moins une fois par paragraphe...
Je vois pour ma part un autre risque dans tout cela : celui de passer complètement à côté de cette révolution scientifique, économique et industrielle que constituent les nanotechnologies.
Ceci étant dit en toute amitié pour mes confrères de Libération, journal que je lis et apprécie par ailleurs.
Depuis que le journal appartient aux Rotschilds, il court de plus en plus après le spectaculaire et l'audimat. Pas étonnant alors qu'il surf ainsi sur les "grandes peurs" liées aux applications scientifiques.
par Aurecante le 12 novembre 2005 à 14:27
Bonjour,
Effectivement !
Je suis votre optique sur les applications en nanotechnologie, et d'ailleurs mon ambition est de banaliser le sujet (via votre nanoblog, qui est clair et précis sur les sciences et mon site web, ouvert depuis peu)
Cependant, je pense qu'il faut comme le souligne Libération, appliquer un principe de précaution non restrictif mais immédiat, directement sur les paillasses des chercheurs, en vue d'analyser les nanotechnologies créées et leurs implication sur le corps humain et animal. Tel les shampooing, tester leurs implcations sur le corps, et leur neutralité sur notre biologie.
par ts404 le 12 novembre 2005 à 22:14
Lire Libé hier et s'arrêter sur l'article évoqué là...
Découvrir aujourd'hui cette réaction constructive ici...
Ca, c'est du nano-bonheur !
par LChe le 13 novembre 2005 à 12:46
Du nouveau, 38.4 millions de dollars investis dans les nanotechnologies afin de mesurer l'impact biologique de l'utilisation des nanotechnlogies sur le corps humain et animal.
par ts404 le 13 novembre 2005 à 16:54
Libé me déçoit aussi, surtout depuis que Serge July a pété les plombs un certain lendemain de scrutin et s'est mis à insulter ses lecteurs... Après il ne faut pas qu'ils s'étonnent s'ils ont 10% de chiffre en moins...
par Gatsu le 15 novembre 2005 à 17:31
on peut aussi construire des nanotubes de vénus à mars pour y décharger la pression atmosphérique.
par eek le 22 novembre 2005 à 14:17
Tout d'abord, merci pour ce site. Je suis moi même très interéssé par les nouvelles technologies, principalement l'IA et les nanotechnologies.
Concernant cet article, Je suis en accord avec ton point de vue. On présente les "contre" mais on néglige les "pour", je ne trouve pas cela très honnête.
Malheureusement, ce genre d'"erreur" engendre un sentiment de crainte parmi les "non-initiés" au technologies.
On craint souvent les OGM, les Nanotechnologies et d'autres recherches par le biais de rumeurs, et donc d'informations incomplètes.
Les nanotechnologies peuvent polluer nos rivières, c'est évident, et important de s'en préoccuper dès à présent. Cependant, nous pourrions rappeler que des études récentes ont démontrés que la pilule contraceptive se retrouve dans nos eaux fluviales, et ont un impact sur la fécondité des poissons.
Je n'ai pas envie d'entrer dans un débat, mais il est regrettable que l'article ne s'est pas intitulé : "Dans le «nanomonde», tout est petit sauf les risques et les gains" (gains technologiques et .... financiers ;) )
par Miloz le 24 novembre 2005 à 00:39
A mon avis, y'a bien d'autres choses avant la pillule qui nuisent à la reproduction des poissons dans les rivières ! :-)
La nanotechnologie semble être la nouvelle religion de ce début de millénaire. Elle sera la solution à tous nos problèmes. Hors la nanotechnologie, point de salut !
Comme toute religion, les fidèles sont pour la plupart dans l'impossibilité de vérifier le bien fondé de ce que les initiés leur disent. Nous sommes bien dans le domaine de la foi. Il faut croire à l'invisible, à l'invérifiable, voire à la pure spéculation en ce qui concerne les applications futures.
par Guy le 15 février 2006 à 23:05
si vous avez des documents sur l'option de nanotechnologie SVP donner moi puisque je suis une étudiante dans cette option
par mahroug rabiaa le 14 juin 2006 à 09:37
il y a aussi la possibilité de choisir quel avenir "nano" nous voulons au lieu que d'autres le fasses à notre place...
par pinch le 14 juin 2006 à 15:24
A l'ouest, rien de nouveau. Les medias sont là pour vendre du papier et la peur ça fait vendre. Cela dit il n'y a qu'eux qui participent à cela. Pour avoir participer il y a 2 ans à un congrès régional scientifique qui a abordé le thème des nanotechnologies, le thème du débat était le suivant: doit on avoir peur des nanotechnologies?
Et bien tout le débat à tourner autour de la microélectronique qu'on va nous mettre partout et qui va nous espionnez etc etc. Pas un mot sur la nanotechnologie qui guérit ou autre alors que si on regarde la littérature scientifique , cette partie représente l'essentiel des publications. Et pour l'instant, pas de mort à l'horizon alors qu'on utilise les nanoparticules d'oxydes de fer de façon régulière pour l'analyse en IRM. Alors dangereux??
Quand je vois que des centaines de connos vont manifester à grenoble contre les dangers des nanotechnologies et l'installation de minatech qui fait essentiellement de la microélectronique... moi ça me fait bondir.
Tu m'étonnes john que les USA y soit en avance, chaque fois qu'on fait quelque chose qui change et que par essence même le pékin moyen ne connais pas, il ya des manifs et des principe de précaution qui nous rabattent les oreils, c'est pas demain la veille que la recherche française va pouvoir avancée. Je dis pas qui faut polluer la planète et faire ce qu'on veut à l'américaine mais qu'au moins, on fasse confiance à notre recherche et qu'on arrête de manifester contre n'importe quoi.
par PJ le 7 septembre 2006 à 16:08
