Eoliennes aériennes

J'ignorais que cela existait : la société canadienne Magenn s'apprête à commercialiser des éoliennes qui flottent au dessus du sol. L'éolienne est en fait un gros ballon gonflé à l'hélium et comportant des pales dont la rotation est convertie en énergie, tout en assurant la stabilité en l'air.

magenn.jpg

Les premières versions sont prévues pour une altitude de 50 à 100 mètres, mais d'autres plus puissantes pourraient monter jusqu'à 300 mètres.

Je ne sais pas si l'efficacité énergétique est aussi intéressante que l'annonce le constructeur, mais la solution est en tout cas innovante et ses atouts bien réels : gain de place, moins de bruit, plus esthétique, possibilité d'emporter son éolienne en cas de déménagement...

Trouvé via WorldChanging, qui recense d'ailleurs plusieurs projets similaires.

(Image : © Magenn)

30 janvier 2006 à 14:11 - par Cyril Fievet - dans technologie
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Sony arrête Aibo

La nouvelle génère de nombreux articles de presse et des centaines de billets sur les blogs : Sony va stopper la production de ses robots-chiens Aibo. C'est une annonce importante, qui suscite pas mal d'émotion. On parle de "la mort d'Aibo", "euthanasié par Sony". Et certains y voient la fin du modèle de robot de compagnie ou de divertissement, au profit de robots plus utilitaires.

Prudence, tout de même, car tous ces articles sont principalement basés sur une seule et même source : quatre lignes publiées dans le rapport d'activité financière de Sony...

"Le développement de nouveaux produits pour Aibo a déjà cessé et la production devrait être stoppée d'ici à la fin de l'année fiscale 2005. Le service après-vente sera toutefois maintenu. Il n'y aura pas non plus de nouveau développement pour Qrio. La R&D dans le domaine de l'Intelligence Artificielle qui a été développée pour les unités Aibo et Qrio se poursuivra et sera déployée dans une large gamme de produits électroniques."

La gamme Aibo ne sera pas poursuivie, tandis que le robot humanoïde Qrio, qui n'a jamais été un produit commercial mais une simple vitrine technologique, ne donnera pas lieu à des évolutions ultérieures. C'est étonnant, et cela provient sans doute d'un impératif de rentabilité à court terme pour Sony, qui a vu son leadership sérieusement entamé dans plusieurs secteurs. Mais ça ne veut pas dire pour autant que Sony sera totalement absent du marché de la robotique et des produits basés sur l'IA dans les années à venir...

28 janvier 2006 à 09:50 - par Cyril Fievet - dans robots
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Le calme avant la tempête

A partir de ce soir, Netizen sera distribué, d'abord à Paris lors de la soirée de lancement, puis dans toute la France, puis dans la plupart des pays francophones (Suisse, Belgique, Québec, Maghreb...). Le premier magazine consacré aux blogs et à la prise de parole des individus sur le Web sera né.

Deux éléments essentiels - et bien distincts - participeront à sceller l'avenir du projet : les réactions exprimées sur le Web d'un côté, les ventes en kiosques de l'autre.

Des dizaines de réactions, critiques, commentaires en tous genres vont sans doute fuser. A dire vrai, je m'attend à une avalanche de réactions, forcément contrastées. Certains vont probablement détester, d'autres, nombreux j'espère, vont adorer. Côté blogueurs, certains seront flattés de figurer dans ce premier numéro, d'autres seront furieux de ne pas y être. Beaucoup jugeront la forme et le fond, trouveront les articles trop courts ou trop longs, aimeront le style ou en conseilleront d'autres. Beaucoup de lecteurs y apprendront et y comprendront des choses, d'autres pas.

J'attend ces réactions, avec une gourmandise teintée d'impatience (et d'un peu angoisse, je l'avoue). Ces retours seront sans doute difficiles à suivre, à analyser, à synthétiser. Mais j'en serai un lecteur avide et passionné. Il est très difficile de porter un regard objectif sur son propre travail. Je peux juste dire qu'environ 10% du magazine ne me plaît pas et me paraît améliorable, sur le fond et/ou sur la forme. Le reste est conforme à l'idée que je m'en faisais, à ce que je voulais en faire. Le résultat global est même mieux que ce que j'imaginais, par la magie du travail d'équipe, une équipe - admirable - qui s'est constituée autour d'un projet un peu fou.

Sur le deuxième aspect (les ventes en kiosques), pour l'instant, tout est envisageable. Nous vivons ces derniers petits moments de flottement, terriblement excitants, où le champ des possibles est au plus vaste, dans l'attente des premiers sondages et retours des kiosquiers. On peut estimer que notre objectif de 15 à 20.000 ventes sera atteint, nous avons tout fait pour que ce soit le cas et c'est réaliste. Ou alors, on peut flipper en pensant que les ventes plafonneront à moins de 5.000 exemplaires. Ou joyeusement délirer en évoquant - pourquoi pas ? - la barre des 50.000 exemplaires. Tout est possible, comme dit l'autre. En tout cas pour l'instant.

Cette après-midi, je navigue entre satisfaction et inquiétude, entre plaisir et fatigue, entre doute et conviction. Et je savoure ces derniers moments d'incertitude et de silence.

25 janvier 2006 à 15:48 - par Cyril Fievet - dans perso
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Sur les sites de France Télévision

Merci à Anne pour le sujet et l'interview consacrés à Netizen et à mon parcours, qui viennent d'être publiés sur les sites de France 2 et de France 3.

23 janvier 2006 à 11:10 - par Cyril Fievet - dans perso
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Affaire Garfieldd : semaine clé

Les jours qui viennent seront capitaux dans l'affaire du proviseur révoqué à cause de son blog. Ils pourraient même marquer une date historique dans le développement des blogs en France. Si toutefois le ministre Gilles de Robien revenait sur la sanction infligée au proviseur, comme le laisse supposer le court communiqué publié en fin de semaine dernière, cela constituerait une reconnaissance de ce qui est exprimé avec force sur les blogs depuis plus d'une semaine.

Quelques articles de presse ont commencé à relever, parfois trop timidement mais sûrement, que cette affaire se caractérise notamment par la "mobilisation de la blogosphère". Non seulement cette mobilisation est d'une ampleur inédite, mais elle me paraît plus importante que les autres initiatives menées sur Internet. Le fait que plus de 250 blogueurs consacrent chacun un billet à Garfieldd, le plus souvent pour le soutenir et marquer leur indignation devant la sanction à son encontre, a beaucoup plus de sens - et de poids - qu'une pétition signée par 2.200 personnes, ou qu'un Google Bombing.

Cette mobilisation se caractérise par sa spontanéité. Ces billets émanent de simples citoyens qui ne font que témoigner, s'étonner. Il ne s'agit nullement d'une "solidarité des blogueurs" comme on a pu le dire, mais de simples citoyens qui s'élèvent contre une sanction qu'ils jugent injustifiée.

L'administration doit entendre cela. Ne pas le faire serait prendre le risque de voir se creuser encore le décalage évident entre la société française et ses dirigeants, entre les citoyens et l'Autorité.

Certes, l'affaire Garfieldd peut paraître mineure, comparée à d'autres sujets importants. Mais elle a désormais valeur de symbole. Il m'arrive d'exprimer des doutes quant au caractère bénéfique des blogs, ou aux risques qu'ils peuvent présenter. Mais si vous voulez comprendre ce que les blogs peuvent avoir de meilleur, de plus essentiel, il faut lire tous les billets publiés sur cette affaire, ou au moins essayer. Prenez la liste étonnante constituée par Laurent. Piochez au hasard, lisez l'un après l'autre ces billets. Les citoyens qui s'y expriment le font sans violence, sans excès, avec la seule force de leurs mots et le plus souvent en bonne intelligence. On touche là du doigt l'essence même de ce qui fait l'intérêt du blog.

22 janvier 2006 à 09:04 - par Cyril Fievet - dans internet
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Industriel

Piston d'imprimerie
Imprimerie Rockson, Rognac, France

17 janvier 2006 à 22:31 - par Cyril Fievet - dans divers
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Fatigue

Netizen #1 est quasiment bouclé. Ce ne fût pas de la tarte, comme on dit. Et vu que cela s'ajoute à la finalisation d'un livre sur lequel je suis terriblement à la bourre, et à deux ou trois autres activités, j'avoue en avoir un peu trop dans mon assiette.

Le plus fatigant n'est pas forcément le travail que ce type d'entreprises représente, mais tout ce que cela induit en marge, de façon indirecte. Je ne me plains pas, je suis très chanceux en fait. J'ai la chance inouïe de faire ce que j'aime faire, de participer à des projets innovants et ambitieux, de travailler avec des gens remarquables. Et je sais, a fortiori en France, que le simple fait de devenir un peu "visible" ou de faire des choses, d'entreprendre, expose à la critique, fondée ou non.

Mais, tout de même, il est pénible de devoir se coltiner à longueur de journées les abrutis, anonymes le plus souvent, qui semblent pouvoir consacrer une énergie démesurée à vous descendre, à vous mépriser, à vous injurier.

L'affaire du déjeuner chez le ministre est intéressante. Une soixantaine de commentaires à mon billet, la plupart me traînant dans la boue, simplement pour avoir "osé" prendre part à ce déjeuner et l'avoir raconté. Passé l'étonnement initial, je me réjouis de ces commentaires. L'absence de profondeur, d'intelligence, d'esprit d'analyse dont beaucoup d'entre eux témoignent sont en fait bénéfiques. Il me plaît d'avoir, sur mon blog, ces témoignages de la bêtise humaine. Je me gausse de lire dans quatre d'entre eux des références à un "dîner" chez le ministre, semblant démontrer que leurs auteurs n'ont pas pris la peine de lire la première ligne du billet qu'ils commentent. Et l'absence quasi totale de substance me confirme que le débat sur les droits d'auteur n'est ni technique ni économique, mais purement idéologique.

Quand on fait ce que je fais (publier, beaucoup, entreprendre, un peu), les attaques fusent de tous côtés. Insidieuses souvent. Sur tel blog, un rigolo va prétendre que Pointblog le censure et qu'il lui est interdit depuis toujours d'y poster des commentaires. Alors qu'une recherche dans la base du site indique clairement que le personnage en question a déjà posté plusieurs commentaires, qui figurent sur le site en bonne place. Se justifier, veiller, surveiller, se défendre, démontrer.

Ailleurs, on vient de me reprocher de "déformer la réalité de la blogosphère". Fichtre. J'ignorais posséder un tel pouvoir. Serais-je un super-héros mutant qui s'ignore ?

Je pourrais aussi faire une longue liste des noms d'oiseau dont on m'a affublé ces derniers mois. Je ne relèverai que le "gros con" dont on m'a qualifié chez Tristan Nitot il y a quelques jours. Cela ne vient pas de Tristan, bien sûr, mais d'un anonyme, c'est tellement plus simple (et cela doit contribuer à faire progresser le débat, j'imagine). Me faire traiter de con passe encore. Mais de "gros", chez Nitot en plus, faut pas pousser.

Dans ce fatras pavés de mauvaises intentions, il me revient cette citation, de Guitry je crois, que je fais volontiers mienne en la paraphrasant :

"Si tous les imbéciles qui disent du mal de moi savaient ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage."

Bref, tout cela est à la fois étrange et terriblement prévisible. Encore une fois, je ne me plains pas et je reçois aussi, fort heureusement, suffisamment de marques d'estime et d'encouragements pour ne pas me formaliser outre mesure de ces attaques permanentes.

Malgré tout, en lisant cela, en constatant ce manque d'esprit d'analyse, cette absence de débat constructif, ces jalousies, ces petitesses, cette mauvaise foi quasi soviétique par endroits, un doute m'étreint. Et si, finalement, le blog conduisait à ne pas faire émerger le meilleur mais le pire ? Et si, contrairement à ce que j'ai toujours cru - ou voulu croire - le blog n'était-il qu'un puissant vecteur de la pensée unique ? Et si, au fond, il était déjà trop tard pour en faire l'outil bénéfique au débat démocratique et citoyen que beaucoup attendent ? Et si les blogs ne faisaient que reproduire les mêmes schémas, les mêmes systèmes, qu'ils sont en principe censés aider à combattre ? Mais non, il ne peut en être ainsi, ça n'est pas possible. Ce doit juste être la fatigue.

15 janvier 2006 à 14:52 - par Cyril Fievet - dans perso
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Le Monde de l'Intelligence, #2

lmi_2.jpgLe deuxième numéro du magazine Le Monde de l'Intelligence (janvier/février) sort en kiosques aujourd'hui.

Je l'ai rapidement parcouru et je peux déjà dire qu'il est encore plus riche et mieux "fini" que le précédent. J'ai hâte d'avoir un peu de temps pour m'y plonger, notamment dans les articles sur les neurosciences...

Pour ceux que ça intéresse, je publie dans ce numéro un gros dossier sur la robotique humanoïde (14 pages), qui passe en revue les différents aspects du sujet : robots domestiques, recherche, avenir... Il comporte deux interviews de roboticiens étrangers (Canada et Japon) qui me semblent plutôt intéressantes.

12 janvier 2006 à 16:12 - par Cyril Fievet - dans medias / robots
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Le commentaire de Fabrice

Fabrice était l'un des invités au "fameux" déjeuner ministériel évoqué précédemment. Il vient de m'envoyer par email un commentaire qu'il n'est pas parvenu à poster sur nanoblog (j'ignore pourquoi), répondant à certaines réactions postées sur mon blog. S'agissant je crois du seul invité qui ne s'est pas encore exprimé, il me semble naturel de lui accorder un billet, d'autant qu'il ne dispose pas de blog. Je reproduis ci-dessous l'intégralité de son commentaire :

Bonjour tout le monde!

Je suis l'un des participants à ce fameux déjeuner et j'ai très envie, après la célèbre tache de vin de Loïc (j'avoue que ça m'a bien fait rire), de venir faire tache d'huile sur ce blog.

Pour être franc avec vous je découvre l'univers des blogs depuis peu, étant à la fois dj/ producteur/ label manager/ éditeur/ animateur d'émissions radio et plein d'autres choses encore liées à la musique... bref pas trop le temps de bloguer!

Autant vous le dire tout d'entrée, j'ai été très surpris d'avoir été invité à ce déjeuner. Pourquoi l'ais-je été? Je n'en sais rien. A part m'être exprimé sur le sujet sur mon site, qui est certes bien référençé, et avoir invité les internautes à participer au débat, je n'ai rien fait de plus que la plupart d'entre vous n'ont déjà fait. Alors considérons que j'ai simplement gagné à la loterie ministérielle. En tout cas Julie saches que je n'ai couché avec personne (je n'ai pas les mêmes penchants sexuels que le ministre!), il n'y a pas eu de copinage ni de promotion canapé.

Je n'avais visiblement pas non plus les mêmes préoccupations que mes voisins (je regrette l'absence de voisines): Je n'étais pas là pour inciter le ministre à consulter plus souvent les éditeurs de logiciels libres (qui d'ailleurs pour certains comme "Firefox" vont encore jeter un pavé dans la mare avec l'arrivée de la fonction "All Peers" qui va concurrencer le P2P), ni même pour défendre les MP3 blogs avec la vision utopique qu'on peut balancer des titres entiers sur le net sans l'avis de leurs propriétaires parce qu'on estime que ça leur fait de la promo! Je n'étais pas là non plus pour défendre le monde informatique en général, à coups de grandes envolées verbales et interminables puisque privé de mon clavier à table!

Non, j'espérai simplement pouvoir rentrer dans un débat plus approfondi sur la license globale à laquelle comme Cyril je suis opposé (pour l'instant en tout cas), je souhaitai que l'on parle des DRMs et DRMs ouverts (libres), de l'interopérabilité, des mesures d'audience sur le net... bref j'esperai trouver des réponses à mes interrogations et inquiétudes concernant la juste rémunération des artistes et la survie des producteurs/ éditeurs indépendants face au P2P, qui pour moi, n'est rien d'autre que du pillage organisé de répertoire et une entrave grave au développement des modèles existants.

Et lorsque j'ai vu que le débat tournait finalement à la camaraderie, je me suis résigné, après que le ministre m'ait répondu très rapidement concernant la license globale: "ca va être vite balayé...", à me réconforter sur mon foie gras et sur cet excellent Saint-Emilion.

Ceci dit je tiens rapidement à apporter quelques réponses, en vrac, à ce que je viens de lire: Il n'y a pas eu de copinage, ni de coucheries, personne n'avait la prétention de représenter la "blogosphère", il n'y avait aucune tension entre les participants (beaucoup de cartes de visites se sont échangées très spontanément), et le ministre était sincère dans sa démarche, qui n'était certes rien d'autres qu'une opération de reconquête et de séduction non pas auprès d'"élus" (que certains redescendent sur terre), mais auprès de représentants d'un monde qu'il affectionne tout particulièrement , celui très sympathique mais néanmoins influant des blogueurs, ayant été lui même un blogueur acharné dans le passé.

Je tiens cependant à souligner que l'équipe de ses conseillers était présente au grand complet, très attentive et visiblement calée sur le sujet, et ces conseillers n'ont pas hésité à nous laisser leurs cartes de visite et incité la plupart d'entre nous à mûrir la réflexion en leur faisant remonter des idées, des critiques. Je leur ai d'ailleurs conseillé de mettre en place un forum sur le site du ministère afin que que toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés puissent être entendu. On m'a dit que ce serait mis en place.

Dernière chose pour revenir sur un sujet évoqué plus haut: Oui le téléchargement est moins cher que le prix du CD, sauf evidemment pour certains produits comme les compilations de titres issus de back catalogues qui ont déjà été exploités. Un CD album coûte en moyenne 15 à 20 €, il comporte rarement 15 à 20 titres.

Bonne année et à bientôt j'espère.
Fafa Monteco
Hypnotic Music - fafamonteco [AT] hypnoticmusic [POINT] com


Remarques :

. l'encadré qui précède n'est pas un texte de Cyril Fiévet, mais de Fabrice Monteco ;

. je ne le publie pas parce que je suis d'accord avec tout ce qu'il dit, mais parce qu'il est légitime et naturel de lui laisser la parole, et parce que cela me fait plaisir de le faire ;

. Fabrice exprime un avis et en tant que tel, il se respecte ; merci de rester courtois dans vos commentaires.

11 janvier 2006 à 19:56 - par Cyril Fievet - dans internet / musique
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Au Ministère de la Culture

J'étais tout à l'heure invité à déjeuner au Ministère de la Culture, à l'initiative du ministre Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) qui accueillait une dizaine de blogueurs pour discuter du texte de loi sur les droits d'auteurs (DADVSI).

Une initiative pour le moins originale, voire inédite en France, qui fait suite à la déferlante (souvent négative) soulevée par le texte de loi dans la blogosphère.

rddv_1.jpg

Etaient présents à ce déjeuner, notamment, Thomas Clément, Loïc Le Meur, Tristan Nitot, Vincent Glad, Bertrand Lemaire (journaliste qui tient un blog sur le site du Monde Informatique), Fabrice (DJ), ainsi que le ministre et ses conseillers (désolé, pas noté tous les noms).

Petit résumé de ce mini-événement.

L'ambiance
Conviviale, simple et agréable. Le ton était franc et direct et pas le moins du monde "langue de bois". RDDV m'a semblé bien connaître Internet et le sujet en question (ses conseillers aussi, a fortiori), et défendre ses convictions avec passion et sincérité.

Ce que j'ai retenu, côté Ministère
On reconnaissant volontiers avoir "sous-estimé l'ampleur du débat, l'un des premiers sur Internet, suscité par le texte de loi". Le ministre a déploré "avoir eu du mal à se faire comprendre" et soulignait qu'il était "très paradoxal qu'on le prenne pour un liberticide" sur un texte qui vise avant tout à rester "totalement respectueux des libertés individuelles" et "réconcilier les internautes et les créateurs". Il insistait aussi sur la mauvaise presse, pavée de procès d'intervention et de caricatures, dont il a fait l'objet.

Ce que j'ai retenu, côté blogueurs
Vincent Glad a je crois marqué des points en défendant le rôle positif joué par les MP3Blogs, devenus "les nouveaux petits disquaires de proximité". Le ministre ne semblait pas contraire au principe de cette nouvelle forme de promotion des artistes, même si elle inclut la reprise d'extraits musicaux, et lançait : "plus il y aura de nouveaux blogs, mieux se portera la création".
Tristan Nitot, ravi d'apprendre que les 14.000 employés du Ministère utilisent le navigateur libre Firefox, soulevait avec justesse le risque de mainmise des grands éditeurs dans un monde de musique DRMisée.
Fabrice, opposé (comme moi) au principe de licence globale, rappelait qu'il serait intéressant d'étudier la possibilité d'un DRM libre, comme celui élaboré par Sun.
Bertrand Lemaire insistait sur le fait que le piratage n'est pas lié à la recherche de gratuité et soulevait le problème de pérennité posé par la musique protégée par DRM (un Bertrand qui ne m'avait pas convaincu sur son blog et m'a, là, un peu gonflé, soit dit au passage de façon très amicale).
Loïc, trop occupé à renverser ses verres de vin sur la belle nappe blanche de la somptueuse salle à manger ministérielle, tentait d'expliquer, de façon un peu confuse, qu'il aimerait pouvoir utiliser de la musique dans ses podcasts (ce à quoi on peut lui recommander de visiter, par exemple, Musique-Libre.org, qui s'y prête bien).

Mes interventions
J'ai pour ma part résumé le problème du DADVSI à un problème de communication : texte peu lisible, voire incompréhensible, qui prêtait le flanc à la critique, même caricaturale et injustifiée. Le ministre et son équipe m'ont eu l'air très conscients de cela.
J'ai également mis sur le tapis l'épisode de la présence à l'Assemblée Nationale de sociétés commerciales faisant la démonstration de plates-formes de téléchargement légal. Ma question semble avoir énervé le ministre (et ce n'était pas le but), qui parlait de la "saloperie politique" dont il fût victime dans cette affaire. Vu que je ne cherchais pas à provoquer, et que cet épisode m'avait paru, là aussi, outrancièrement gonflé, cela m'a conforté dans l'idée qu'il s'agissait juste d'une maladresse, ou à tout le moins d'une mauvaise communication.
J'ai également abordé le prix de la musique, dont je reste persuadé qu'il est beaucoup trop élevé et explique une bonne part de l'intérêt des internautes pour le piratage. Je crois avoir marqué un point, car RDDV semble parfaitement d'accord et confirmait que, selon lui, "le prix de la musique doit baisser". Il rappelait d'ailleurs que c'est déjà le cas sur les plates-formes légales (contrairement à des idées reçues et tenaces, la musique téléchargée *est* moins chère que sur CD, c'est un fait, je le repète). Mais ce n'est pas suffisant et le ministre soulignait que "nous ne sommes pas encore parvenus à un point d'équilibre dans ce domaine". Tant mieux.
Enfin, en matière de cinéma, j'ai soutenu la thèse selon laquelle la chronologie des médias ne pouvait pas être maintenue, et que le seul moyen de lutter contre le piratage était d'avoir une sortie des films simultanée et multi-support (en salles, en téléchargement, en DVD). Là par contre, je me suis un peu fait ramassé. Possible que je me sois mal exprimé, passant (bêtement) pour un ultra du P2P sauvage et libre. Mais je reste persuadé que le piratage de musique et de films résultent de motivations distinctes et que ce problème de temporalité est un aspect clé, expliquant une bonne part du piratage de films. La chronologie des médias est un carcan qui empêchera toujours d'apporter des solutions à ce problème.

Ce que je retiens de tout ça :

. L'initiative de ce déjeuner est vraiment à saluer, et j'en remercie vivement celles et ceux qui l'ont rendu possible. Bien sûr, certains y verront une simple opération de séduction et de communication à destination des blogueurs et des internautes. Mais, eu égard au caractère louable de la démarche, ce serait bien dommage de bouder ce qu'elle pourrait apporter de bénéfique (il est question de nouvelles rencontres similaires).

. Le texte du DADVSI - et certains de ses amendements - ne constituent pas une si mauvaise option qu'on a bien voulu le dire, ce qui confirme en grande partie ce que j'en pense depuis le début.

. Il n'a jamais été dans les intentions de RDDV "d'interdire le logiciel libre" ou de "remettre en cause le principe de copie privée", comme on l'a parfois lu. Rien, ou presque, ne justifiait les cris d'orfraie poussés par certains, comme je le regrettais moi-même sur ce blog il y a 15 jours.

. La licence globale, adoptée à la va-vite ce soir de 23 décembre, va être remise en cause (et c'est tant mieux), en principe début février.

Pour ceux que cela intéresse, je me permets de lister mes autres billets sur le sujet :
. En finir avec la chronologie des médias
. P2P : l'Adami a encore frappé
. Les blogs sont-ils solubles dans le DADVSI ?
. La cacophonie DADVSI
. Licence globale, la mauvaise idée

A suivre aussi, le billet de Tristan, en cours de rédaction.

(Nota Bene. Comme le reste de mon blog, ce billet ne relève pas d'un travail de journaliste : j'ai assisté - à titre individuel - à un déjeuner et j'en relate certains points qui m'ont frappé, de façon rapide, informelle et personnelle ; merci de le considérer comme tel, en particulier pour ce qui concerne les citations que je retranscris, de façon plus ou moins précise)

rddv_3.jpgrddv_4.jpg
Avant, après... Merci Loïc ;-)

6 janvier 2006 à 17:38 - par Cyril Fievet - dans internet / musique / perso
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Licence globale, la mauvaise idée

Brillante tribune de Denis Olivennes, PDG de la FNAC, dans Libération, qui s'en prend avec virulence au principe de licence globale pour la musique, adopté fin décembre (et susceptible d'être remis en cause ce mois-ci) :

Au nom de quoi faudrait-il autoriser pour la seule musique une consommation illimitée mais un paiement forfaitaire, puisque telle est votre proposition ? Les auteurs-compositeurs n'auraient-ils pas le droit, comme les boulangers, les journalistes, les médecins, les électriciens, les joueurs de football, etc., etc., bref, tous les producteurs de biens ou services matériels ou immatériels, à une rémunération juste et individuelle pour leur travail ?

Même si certains de ses propos sont un peu outranciers et font peu de cas de la dimension sociale (bien réelle) du P2P, il résume plutôt bien ce que je pense de cette gigantesque connerie drôle d'idée que constitue ce principe de licence globale. Pour rappel, ce principe va reposer sur l'augmentation du prix de l'accès à Internet afin de rémunérer forfaitairement les artistes et autres ayants-droits.

Les arguments de bon sens à l'encontre d'un tel principe sont si nombreux qu'on ne sait pas par où commencer (Olivennes les résume bien pour la plupart)...

Pour faire bref, je me contenterais de quelques questions :

1. Créer une taxe supplémentaire, a fortiori si elle porte sur le coût d'accès à Internet, est-elle une bonne chose pour la démocratisation du réseau dans notre pays ?

2. Pour ceux qui achètent leur musique sur des plates-formes de téléchargement légales, ce qui est mon cas, cela ne reviendra-t-il pas à payer deux fois sa musique ?

3. Sur quelle base la somme forfaitaire accumulée va-t-elle être répartie entre les ayants-droits ?

4. Si cette répartition est fonction du nombre de fichiers téléchargés par les internautes (ce qui semblerait naturel), cela n'impose-t-il pas la mise en place d'un dispositif de surveillance très précis, sur le micro-ordinateur de chaque internaute ?

5. En toute logique, une telle mesure appliquée aux fichiers musicaux devrait l'être à tous les autres fichiers, en particulier aux films. Est-ce bien raisonnable ?


Je ne défend pas ici les marchands, les défenseurs obtus du copyright ou les grandes majors qui se sont engraissées avec les CD des années durant. Mais en même temps, le concept de licence globale me paraît être une aberration, qui fleure bon la démagogie politique et/ou l'incompréhension de la part des députés sur le sujet.

Le problème est pourtant simple. Le seul moyen de lutter contre le piratage est de développer des offres attractives qui lui feront concurrence. Il n'y a que deux choses à faire :

1. Baisser le prix de la musique au format téléchargé (si une chanson coûtait 5 à 10 centimes d'euros, qui prendrait la peine d'aller la chercher sur des réseaux P2P ?)

2. Améliorer l'accès, l'ergonomie et la souplesse des plates-formes légales

4 janvier 2006 à 01:23 - par Cyril Fievet - dans musique
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1st Ave Machine

1stAveMachine.jpg

Merci à l'irremplaçable Chryde de m'indiquer cette incroyable vidéo. Il s'agit d'un montage présentant des scènes de rues dans lesquelles s'intègrent des robots (imaginaires) de toutes formes et de toutes tailles. Certains sont humanoïdes, d'autres sur roulettes ou capables de se transformer.

Vraiment superbement bien fait et plus réaliste que beaucoup d'oeuvres de fiction. Le film est réalisé par 1st Ave Machine, un studio de création graphique et d'effets visuels, dont le site officiel est (forcément) très beau aussi.

3 janvier 2006 à 11:22 - par Cyril Fievet - dans robots
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Retour sur 2005

envoye_special_1.jpgSi vous êtes fan des bilans et autres rétrospectives de l'année, je vous recommande le magazine Envoyé Spécial, transposition imprimée de l'émission TV du même nom. Le magazine passe en revue les faits marquants de 2005, sobrement mais utilement. C'est précis, factuel et illustré de très bonnes photos.

La chronologie des événements marquants (bien équilibrée, je trouve) est alternée avec des doubles pages retraçant les grands reportages diffusés à la télévision par Envoyé Spécial. L'occasion pour les reporters qui ont effectué ces sujets de raconter, à la première personne, ce qu'ils ont vécu et ressenti sur place. C'est parfois très intéressant, et du reste, pas très éloigné de la logique de blog, d'autant que les journalistes sont présentés avec leur bio détaillée.

Une réussite donc, pour ce premier numéro d'un magazine trimestriel (NB : je suis cité brièvement dans ce numéro, qui revient sur le sujet TV consacré au phénomène des blogs, diffusé en juin 2005).

Sur le fond, comme le rappelait Libération hier, l'année 2005 a probablement atteint des sommets de morosité :

Nous revisitons plus modestement dans les pages qui suivent une année qui a vu le modèle d'intégration français mis à mal, la nostalgie emplir écrans et musées, les JO nous échapper, l'Europe nous diviser comme jamais et l'Elysée décliner à vitesse accélérée, la dette nous écraser, les délocalisations nous affoler, la presse écrite douter et la pandémie menacer.

Je ne crois pas, hélas, que tout cela soit dû à 2005. Le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus complexe, de plus en plus dur, de plus en plus tourmenté. La France est aussi à l'image de cela. En vertu d'un long déclin dont il serait difficile de dater l'origine, les français doutent, se plaignent, en ont marre de beaucoup de choses.

J'ai toujours considéré que la dialectique optimisme/pessimisme était trop primaire pour être vraiment intéressante. Je ne suis pas optimiste, par principe. Mais, en même temps, je ne crois pas à la fatalité.

Même si vivre en France aujourd'hui est souvent pénible, même si les élections présidentielles de 2007 s'annoncent mal et paraissent, pour l'instant au moins, peu enthousiasmantes, et même si on peut raisonnablement être inquiet de l'évolution (ou de l'immobilisme) de ce pays, il me semble qu'on peut encore y changer des choses.

On peut créer, inventer, innover, trouver des solutions. De vastes changements sont toujours possibles, mais supposent de se tourner vers l'avenir, pas vers le passé comme on le fait trop souvent dans ce pays. Nous pouvons toujours "cultiver notre jardin" et y faire pousser de belles choses. Il faut juste un peu plus d'énergie - et d'envie - qu'auparavant.

1 janvier 2006 à 11:48 - par Cyril Fievet - dans medias / société
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Bonne année

A mes proches, mes amis, ceux que j'aime et qui m'aiment...
A ceux qui m'accompagnent dans une aventure aussi difficile qu'excitante...
A toutes les personnes que j'ai découvertes et rencontrées cette année, notamment au travers de leurs blogs, que je lis avec avidité et passion depuis des mois...
A ceux qui me font l'honneur de lire ce blog régulièrement, parfois sans me le dire, parfois en me gratifiant de leurs lumineux commentaires...
A ceux qui me lisent quotidiennement tout en me détestant et me le faisant régulièrement savoir (un des grands mystères du blogging)...
A tous ceux qui m'écrivent et auxquels je n'ai pas le temps de répondre...
Aux lecteurs occasionnels de ce blog, même ceux parvenus ici par mégarde, via d'improbables mots clés que j'aurais malgré moi utilisés sur ce blog...

...à toutes et à tous, je vous souhaite une excellente année 2006 !

Je vous souhaite en particulier que cette année soit dévolue au plaisir, à votre plaisir.

Et comme il me déplairait de terminer ces voeux de façon trop conventionnelle, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager ceux-ci, dont j'ignore l'origine (reçus par email) et dont, j'espère, vous me pardonnerez la vulgarité, tant ils résument bien ce que je veux vous souhaiter :

"Que les puces d'un millier de chiens galeux infestent le cul de celui qui vous gâchera une seule seconde de votre année 2006, et que les bras de cet abruti deviennent trop courts pour qu'il ne puisse jamais se le gratter…"

- par Cyril Fievet - dans perso
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