Caricatures sataniques, citations
publié le 5 février 2006 à 11:35 - par Cyril Fievet
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société
Un extrait du communiqué de Reporters sans frontières, s'élevant contre l'arrestation de deux rédacteurs en chef arabes qui avaient tenté de publier les caricatures dans leurs journaux respectifs, en Jordanie :
"Nous demandons la libération immédiate de Jihad Momani, a déclaré Reporters sans frontières. Nous nous étions déjà élevés contre le limogeage de ce rédacteur en chef, mais son arrestation est totalement inacceptable. Il n’a fait qu’exercer son métier en choisissant de publier, comme des dizaines d’autres médias dans le monde, des caricatures controversées. Rien ne justifie qu’il paye ainsi de sa liberté un choix éditorial. [...] Le Maroc et la Tunisie ont également pris des mesures pour interdire la distribution de journaux étrangers. Nous sommes inquiets de ces violations de la liberté de la presse de plus en plus nombreuses. Où va-t-on s’arrêter ?"
L'AFP cite quant à elle le roi de Jordanie :
Le roi Abdallah II de Jordanie a affirmé vendredi que "l'insulte" au prophète de l'islam était un "crime injustifiable". C'est "un crime que ne peut justifier le prétexte de la liberté d'expression", a affirmé le roi, descendant direct du prophète Mahomet.
Sinon, j'avais oublié de mentionner hier le billet de Dominique Strauss-Kahn, sobre et exemplaire :
"J'estime que la démocratie et la laïcité sont des espaces de liberté que nous devons défendre. Liberté de croyance - ou de non croyance -, de religion, et évidemment liberté de la presse. Les caricatures font partie d'une tradition de libre expression ; elles peuvent choquer, mais elles s'inscrivent dans cette liberté."
Le Parti Socialiste est d'ailleurs particulièrement clair et uni (pour une fois...) sur ce sujet, et c'est tout à son honneur. Le bref communiqué de Anne Hidalgo, Secrétaire nationale du PS à la Culture et aux médias est parfait :
"Le Parti socialiste estime pour sa part, que la vivacité d’un tel débat, à propos du journal France-Soir, ne devrait pas susciter autant d’intolérance. Il réaffirme son soutien à tous les journalistes qui sont, dans l’exercice de leur profession l’objet de pression et de menaces et à ce titre, condamne avec fermeté le licenciement du Président et directeur général d’un grand quotidien populaire français pour publication de caricatures.
La liberté d’expression, la liberté de la presse, sont des garanties de notre propre liberté et de la démocratie."
Mais la palme revient à Jean Glavany (député PS des Hautes-Pyrénées), dont je fais volontiers miens chacun des mots :
"Certains disent qu’ils défendent la liberté de pensée et la liberté de la presse, mais qu’en même temps, il faut que chacun soit respectueux et veille à ne pas blesser les autres. Je suis d’accord. Mais on ne peut pas mettre les deux sujets sur le même plan. Il y en a un qui ne se discute pas, c’est la liberté. On peut en appeler à la responsabilité des caricaturistes, mais la liberté d’expression est beaucoup trop précieuse pour être remise en cause ou même amendée à l’occasion de ce genre d’événements. Les limites en sont fixées par la loi de la République, et c’est tout. [...]
Ce genre de crise doit être un encouragement pour les Français, et leurs responsables politiques en particulier, de défendre les valeurs qui sont celles de la République : la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. Ce sont des valeurs universelles, il faut en faire la pédagogie auprès de nos amis musulmans, en leur disant que la liberté de caricature suppose qu’on accepte d’être critiqués, même durement. C’est un genre artistique, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, mais qui est l’expression d’une liberté et cette liberté-là, on ne peut absolument pas la remettre en cause. [...]
Il faut faire passer le message que la laïcité, c’est le vivre ensemble avec nos différences, dans le respect de ces différences, sans jamais qu’aucune d’entre elles ne dicte sa loi. Ceux qui veulent interdire une expression artistique – la caricature - au nom d’une différence ne s’inscrivent pas dans un cadre laïque. La laicité implique qu’on puisse être critique à l’égard de la religion catholique, du Pape ou du chef de l’État français."
A lire et à relire, sans modération.
Et pour replacer tout ça dans un contexte plus large, puisque tel semble être le souhait de certains, je ne résiste pas à l'envie de rappeler à nos mémoires des paroles plus anciennes :
"La croyance en Dieu fait et doit faire presque autant de fanatiques que de croyants. Partout où l'on admet un Dieu, il y a un culte; partout où il y a un culte, l'ordre naturel des devoirs moraux est renversé, et la morale corrompue. Tôt ou tard, il vient un moment où la notion qui a empêché de voler un écu fait égorger cent mille hommes."
Denis Diderot - 6 octobre 1765
"Mon plus grand chagrin est qu'il n'existe réellement pas de Dieu et de me voir privé, par là, du plaisir de l'insulter plus positivement."
Marquis de Sade - 1797
Merci. On ne se connait pas mais tu deviens mon Maître a Penser :-)
par Marc le 5 février 2006 à 14:32
Merci. On ne se connait pas mais tu deviens mon Maître a Penser :-)
par Marc le 5 février 2006 à 14:32
D'abord merci Cyril pour ce suivi info. Vraiment génial. Ensuite je me demande bien comment vont réagir ceux que les caricatures irritent dès lors qu'elles sont clonées à l'infini dans la blogosphère. Vont-ils lancer une "e-fatwa" ? ;)
par Tristan le 5 février 2006 à 17:01
Merci ! Il n'y a effectivement pas un mot à retirer des propos de J. Glavany. Tout cela permet et doit permettre de réaffirmer les fondamentaux de notre république, la Laïcité en premier. Avec cette histoire, on mesure combien il y a de pain sur la planche !
par Alexis le 5 février 2006 à 18:31
Je trouve stupide d'en rajouter et question liberté de presse, qui a parlé de Mazarine alors que toute la place parisienne était au pouvoir, qui a attaqué Pierre Péan lorsqu'il a dénoncé les malversations du Monde.
Non, je ne rentre pas dans cette comédie, cette imposture. Ces caricatures sentent l'anti-islamisme et font écho à l'antimémitisme des annés 30. Que tu te sois fourvoyé ne m'étonne guère, Cyril, mais la gauche, les grands kadors et DSK. Non, je ne rentre pas dans cette logique imbécile qui ne fait pas progresser la liberté. On ne s'élève pas en humiliant les autres.
par Fulcanelli le 5 février 2006 à 21:46
Ce qui m'étonne, c'est que des gens comme DSK, oont pu en leur temps stigmatiser Dieudonné quand il a fait son sketch (des plus maladroits) sur un rabbin loubavitch extrémiste en disant que c'était de l'anti-sémitisme.
Que l'on défende la liberté d'expression, c'est entendu, et que l'on condamne toute dérive extrémiste visant à l'empêcher, soit, c'ets nécessaire, et pas seulement vis-à-vis d'une telle affaire (cf. les analyse de Chomsky sur la question de la censure indirecte des pouvoirs privés dans la fabrique de l'opinion publique), mais alors qu'il n'y ait pas deux poids deux mesures, c'est ce qui est le plus exaspérant à constater pour ma part dans tout cela.
Je vois dans la blogosphère les mêmes qui hurlent au loup quand Chavez, par maladresse réelle il me semble, laisse échapper une phrase qui pourrait prêter à confusion, tel Tristan par exemple réagissant à mon article sur Agoravox, et de l'autre se prêter à ce jeu de confusions autour de la signature.
Il y a là un problème. Soit, on défend la radicalité d'une démocratie médiatique sans parti pris, soit on tend vers une juridicisation de l'expression.
Pour ma part, j'ai choisi, je défends absolument la libeté d'expression, mais pose la question d'une responsabilité éthique, qui ne peut ignorer que certaines déclarations déckencheront peut-être des réactions de certaines communautés.
par philippe boisnard le 6 février 2006 à 05:06
>> Philippe, je ne me noie pas dans des abysses de réflexions. Je pense pour ma part que c'est plutôt toi qui te perd en comparant ce qui n'est pas comparable. Si Dieudo fait ses caricatures oiseuses, il a un espace démocratique, ici, pour les exprimer. Libre à chacun de se retourner vers les tribunaux. C'est ça une vraie démocratie, tout le monde peut s'exprimer.
Du côté radical, il y a des appels au meurtre, des incendies d'amabassades... pour moi l'urgence éthique est là.
par Tristan MF le 6 février 2006 à 14:33
salut j'ai lu la partie concernant les caricatures dans ton blog
vous avez evoqué le probleme liberté et le respet de l'autre
on peut se poser la question meme sur la presse :est -elle vraiment libre 100% pour editer n'imoprte quel sujet dans ce monde sans reserve
dans ce monde je pense qu'il ya une multitude de cultures ...
la liberté fait partie de la democratie oui mais le respet de la relegions fait aussi partie de la democratie
dans ce blog ou je t'ecris et j'ai toute la liberté d'ecrire ce que je veux de dire des mots vulgaires (je m'excuse je dis n'importe quoi)
mais sache bien que je serai autant libre que je soit ça me permet pas d'insulter les autres
si on veut parler de prophete mohammed
on peut revenir à son histoire vrai comment est sa vie ses comportments avant de le juger juger de telle façon
je te propose un site www.islamonline.net si tu veux jetter un coups d'oeil sur ....
par hamidi le 7 février 2006 à 19:49
@ Hamidi : La presse n'est pas "libre à 100%". Ce qu'elle peut on non faire est régie, en France en particulier, par des lois républicaines. L'histoire du prophète n'est pas le sujet, je me garderais bien de "juger sa vie et ses comportements" comme vous le suggérez. Ca n'est nullement l'objet du débat.
par Cyril Fiévet le 7 février 2006 à 21:55
arrêtons de tordre cette libérté d'expression il va rien en rester pardi c'est drôle mais les plus animés pour la libérté d'e^pression son les plus ardent défenseurs en temps réel de pourfendre ce principe et je trouve que Dieudonné est la quintescence de cette libértéb séléctive quoi qu'on dise il à été insulté et salit et empêcher de travailler non pasn parce que il est noir ,non pas parce que il a critiqué l'islam mais non il à critiqué le sionisme arrogant et ses défenseurs de la libérté se sont acharnés sur lui de Paris à Bruxelles en passant par le Canada 'alors cessez vos insultes à la vrai libérté quiu est d'être libre avant tout ,certains tu leur dioraios que leur cravate est pas à in il de dévorerai alors laissons les autres exprimer leur émotions
par chaib le 12 février 2006 à 11:40
Bonjour,
Paraît que dieu a créé l'homme à son image? Ben, pas beau le cromagnon lol!
Tout aurait commencé par Adam et Eve dit-on ? Si oui,leurs enfants ont donc forniqué entre eux ! Beurkkkkkkk
Mais c'est l'histoire de l'oeuf et de la poule car, si dieu a créé l'homme, qui a créé dieu, sinon l'homme pour expliquer son existence sur terre !
Devant tant de conneries, j'ai choisi d'être ATHEE, de manger de bonnes charcuteries
accompagnées d'un bon vin, de rire devant les caricatures quelles qu'elles soient !
En résumé aucun religieux ne m'imposera le sectarisme propre à chaque religion ni me comporter lâchement comme certains politiques pour qui,la liberté d'expression et les droits de l'Homme s'arrêtent là où commence l'ARGENT !
Si celà choque et bien, tant pis car c'est celà la liberté d'expression !!!!!!!!!
par Philippe le 16 février 2006 à 10:54
Désolés de vous avoir ainsi… offensé !
Finalement, c’est peut être aux musulmans de s’excuser de ne pas avoir été assez «modernes» et assez respectueux de la «liberté d’expression» après la publication de 12 caricatures injurieuses pour les musulmans et le Prophète de l’islam, Mohammed (QSSSL), au terme d’un «concours» organisé par un quotidien danois.
A lire et à entendre les commentaires de certains hommes politiques occidentaux, observateurs, journalistes et patrons de presse à propos des réactions dans les pays musulmans contre ces caricatures, il semble bien qu’il nous est demandé à nous, musulmans, de présenter nos excuses au «monde civilisé» qui, de toute évidence, a été offensé et offusqué par notre réaction «barbare et archaïque» ainsi que par notre «profonde ignorance» des principes de la «liberté d’expression» en vigueur dans l’Occident avancé et émancipé.
Si nous avons bien compris la leçon : exprimer son racisme, stigmatiser, insulter, blesser et inciter à la haine de près d’un milliard et demi d’êtres humains dans ce qui constitue les fondements mêmes de leurs références identitaires et de leurs croyances, en représentant leur Prophète coiffé d’un turban en forme de bombe, cela s’appelle dans le jargon d’une certaine presse occidentale de la «Liberté d’expression». Et crier sa condamnation d’une stigmatisation perfide et d’insultes gratuites, cela s’appelle de «l’intégrisme». Et au bout du compte, c’est «la sacro-sainte liberté d’expression» qui se retrouve subitement, par on ne sait trop quels artifices, «menacée par les fous d’Allah».
A ce niveau de l’appréciation des événements, il n’y a aucun dialogue possible avec ceux qui considèrent qu’insulter plus d’un milliard de musulmans (et d’ailleurs, seraient-ils à ce point tous fous? Seraient-ils à ce point tous dans l’erreur? Autant qu’ils le sont? Et depuis aussi longtemps?) constitue «un droit inaliénable» qui fait partie de leur «liberté d’expression». Un principe «sacré et fondamental», érigé en «une croyance indiscutable» pour laquelle «il ne saurait être question de transiger» quoique ce soit. Pour laquelle «l’on est prêt à se sacrifier» afin d’en assurer la défense et la sauvegarde face aux «forces obscurantistes» (sic! Ça ne serait pas là un discours déjà entendu quelques part?)!
Non, il n’y a effectivement aucun dialogue possible avec ceux qui dénaturent la problématique en orientant le débat, notamment vers l’idée de «l’interdiction faite aux musulmans» de représenter les prophètes et de l’opposer au concept de la «liberté d’expression». Pourquoi se voiler la face et se dissimuler derrière ce glissement méthodologique, inédit et pernicieux, qui veut entretenir une confusion des genres en comparant l’incomparable? Vouloir absolument confronter des principes issus de croyances purement religieuses et ceux inspirés de corpus philosophiques temporels et séculiers, est à bien des égards une entreprise étrangement saugrenue. Une telle démarche demeure intellectuellement aberrante et politiquement douteuse, dans sa forme comme dans son fond.
N’aurait-il pas été plus constructif, plus productif et plus judicieux d’admettre que les thèmes des caricatures portent d’abord atteinte à l’image de tout un pan de l’humanité, jeté en pâture et désigné comme étant «terroriste» par essence, bien avant de constituer une véritable offense aux symboles identitaires de même qu’un outrage aux croyances de tous les musulmans du monde, du fidèle le plus «mou» à «l’intégriste» le plus fou?
A défaut de pouvoir dialoguer, il est par contre possible de rappeler à certains médias occidentaux, épris de «liberté», que leur pratique de la «liberté d’expression» n’est pas aussi totale qu’ils le prétendent, et que bien des tabous subsistent et ne peuvent êtres abordés sous peine de disparaître complètement de la scène médiatique.
Il existe une infinité de sujets que les médias occidentaux ne peuvent aborder, ni permettre à ceux qui osent défier l’ordre établi d’y exprimer une opinion.
Dans un article, publié le 4 février 2006 dans The Independent, signé par le journaliste britannique M. Robert Fisk, il est rappelé que la liberté d’expression n’est pas illimitée en Occident.
Intitulé «Ne soyez pas dupes, ceci n'est pas une question de l'Islam contre la laïcité», l’article explique aux lecteurs britanniques la gravité d’avoir caricaturé le Prophète de l’Islam, et démontre le degré d’hypocrisie des médias occidentaux qui se sont offusqués de la réaction des musulmans contre les caricatures.
Pour lui, les caricatures «n’avaient d’autre but que de provoquer» et qu’elles étaient «si outrageuses, qu’elles ont provoqué une réaction».
L’auteur rappelle aussi comment, il n’y a que «plus d’une décennie» à peine, un film de Martin Scorsese («La dernière tentation du Christ») avait choqué les chrétiens du monde entier et provoqué une vague de réprobation au point où des salles de cinéma ont été incendiées à Paris (01 mort officiellement) et dans d’autres villes du monde.
A propos de la leçon de «liberté d’expression» donnée au monde musulman, Robert Fisk se dit étonné de la réaction de l’Union Européenne qui «clame pompeusement qu’elle ne peut contrôler la liberté d’expression et la liberté de la presse».
Pour les besoins de la démonstration, Robert Fisk va plus loin en expliquant que les journaux auraient été traités d’anti-sémites si les caricatures montraient un rabbin avec une kippa en forme de bombe sur la tête.
«En outre, explique-t-il encore, dans quelques nations européennes – comme en France (loi Gayssot, ndlr), en Allemagne et en Autriche - il est interdit, de par la loi, de nier certains génocides. En France, par exemple, il est illégal, sous peine de sanctions pénales, de dire que l'holocauste juif ou arménien ne se sont pas produits».
Robert Fisk estime en conclusion que «les pays occidentaux ne peuvent pas continuer à exercer des restrictions politiques pour prévenir des écrits révisionnistes relatifs à l’holocauste, et évoquer en même temps la laïcité lorsque les musulmans s’opposent à nos provocantes et insultantes images du Prophète».
En effet, de quelle «liberté d’expression» s’agit-il quand des chercheurs et des historiens sont systématiquement poursuivis en justice lorsqu’ils tentent de vérifier l’authenticité de certains aspects entourant tout ce qui a été dit à propos de l’holocauste ?
Ce qui demeure par contre certain, c’est que le journal danois qui a publié les caricatures, ainsi que d’autres de ses confrères européens qui l’ont relayé par «esprit de solidarité», se sont payés un sacré coup de pub qui leur a permis, par la même occasion, d’augmenter exponentiellement leurs ventes et leurs bénéfices. Comme cela a été le cas pour Charlie Hebdo qui a vu ses ventes atteindre les 500 000 exemplaires (du jamais vu dans l’histoire de cet hebdomadaire!) grâce au seul numéro consacré à ces fameuses caricatures. Quel bel esprit d’opportunisme et de mercantilisme de la part de ces néo-défenseurs et nobles chantres d’une «liberté d’expression» à géométrie variable!
Pour le directeur de Charlie Hebdo, M. Philippe Val, «la reproduction de ces dessins avait pour but de manifester notre solidarité au directeur limogé du journal France-Soir» qui s’était, lui aussi, empressé d’exprimer sa «solidarité» avec le journal danois dans l’espoir de tenter, un tant soit peu, de se sortir du marasme financier dans lequel baigne depuis un certain temps déjà le France-Soir.
Casser du musulman de nos jours est devenu banal et normal. C’est dans l’air du temps … Mais pour les plus malins, il s’agit là d’un bon filon; un créneau hautement lucratif. Ça peut en effet rapporter gros, à tous les coups, et à peu de frais! Au mieux, ce sont les retombées financières qui s’en trouvent ainsi grandement améliorées; Au pire, c’est la notoriété et les projecteurs d’une pub assurée et entièrement gratuite! Sans mentionner le capital politique que ça peut permettre d’engranger dans un contexte où la peur et le sentiment d’insécurité généralisés sont insidieusement et savamment entretenus… Que du bénéfice net en somme, et sur tous les plans!!! Pourquoi alors s’en priver ?
Il va sans dire que M. Val nie, bien entendu, toute provocation. Pour lui, la provocation «a commencé bien avant la publication de ces fameux dessins, c’est-à-dire lors des attentats de New York en septembre 2001 puis ceux de Madrid ainsi que ceux qui ont eu lieu dans d’autres villes du monde».
Et si l’on remontait un peu plus loin dans le temps M. Val? Les croisades, la reconquista, la colonisation, la dépossession, l’exploitation, l’humiliation, la discrimination, la torture, les viols, les exécutions, les massacres, la Palestine, l’Irak, le pétrole …etc… ?
L’étonnant dans cette affaire c’est que ce sont ces mêmes défenseurs d’une «liberté d’expression», pourtant intouchable et immuable, qui n’ont pas hésité à se porter en tête de peloton pour provoquer un lynchage médiatique en règle contre des gens comme l’Abbé Pierre (1996) et Dieudonné (un humoriste français, désormais quasiment interdit de presse et de télévision) après un sketch dans lequel il a «osé» caricaturer (sic) un colon juif extrémiste.
Même la politique génocidaire de Sharon contre les palestiniens n’est pas critiquable de nos jours. Et les résistants, parmi la population palestinienne occupée, qui osent dire leur opposition à cette politique sont systématiquement catégorisés comme étant de «dangereux terroristes» à liquider sans le moindre scrupule (Cheikh Yacine, un vieillard aveugle et tétraplégique, en chaise roulante, visé et abattu par un … missile (!!!) de l’armée israélienne).
Au moment où le racisme anti-musulman devient ouvertement «honorable» et l’islamophobie un fait confortablement installé dans les consciences (à l’exemple des textes incendiaires de l’écrivaine italienne Oriana Falaci et de tant bien d’autres encore), il est interdit de critiquer le sionisme et la politique d’Israël, sous peine d’être accusé de judéophobie ou d’anti-sémitisme, ce qui a d’ailleurs valu à la chaîne Al-Manar du Hezbollah libanais d’être bannie de diffusion en Europe.
Par contre, diffuser les images de l’assassinat en direct d’un enfant palestinien, comme l’a fait France 2 durant la 2e Intifada en montrant le petit Mohamed Dourra, âgé à peine de 10 ans, mourir en direct sous les balles de soldats israéliens, c’est faire de la «désinformation» car le cameraman français se «devait de faire la part des choses» et de prendre en compte la «détresse» du pauvre soldat israélien avant qu’il n’abatte l’enfant !
Interdire la diffusion d’un documentaire sur le massacre commis par l’armée israélienne dans le camp de Jénine en Palestine occupée c’est faire preuve d’une «grande lucidité» et de «responsabilité éditoriale».
Interdire la publication du rapport de l’Union Européenne «lourdes critiques contre l’activité coloniale israélienne à Jérusalem-Est et tout autour de la ville», c’est aussi faire preuve d’une grande «objectivité» dans le traitement du conflit du Moyen-Orient.
etc.… etc… etc… .
C’est cela la «liberté d’expression», drapée des valeurs et du sceau de «l’universel», que l’Occident tient absolument à nous inculquer et avec laquelle nous devons faire. Et ça sera ainsi, car c’est la loi du plus fort… jusqu’à ce qu’il en soit autrement.
En attendant, nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses… il ne faut pas trop nous en vouloir, soyez indulgents avec nous car nous sommes si incultes et si archaïques… veuillez nous pardonner nos écarts… et croyez bien que nous sommes désolés de vous avoir ainsi… offensé !!!
Cordialement,
Zlabia.
par zlabia le 22 février 2006 à 03:43
Bien dit Zlabia
Il est vai que l'occident montre une information plutôt dirigée vers le lucratif.
Il est sûr que les journaux ont fait une gaffe en ne respectant pas l'Islam mais tout n'est pas aussi noir que ce que tu dit.
En fait c'est un débat autour du respect d'autruit l'occident insulte l'orient et l'orient insulte l'occident en retour et ainsi de suite...
Il est certain que l'on vera une montée à la guerre si un des 2 camps ne cede pas et que ces 2 camps ne savent pas faire de consessions.
Cordialement
Nico
par Nico le 2 mars 2006 à 12:21
