Nano-expat
publié le 12 février 2006 à 09:04 - par Cyril Fievet
dans
nanotechnologie
Un lecteur anonyme a posté hier ce commentaire, sur un billet que j'avais publié il y a longtemps et dans lequel je m'inquiétais du devenir des nanotechnologies en France :
Je suis bien d'accord que l'âge des nanotechnologies ne se fera pas en Europe, encore moins en France.
Pour ma part, titulaire d'un des trois DESS de nanotechnologies qui existe en France, je n'ai rien trouvé. Pourtant, j'ai épuisé les 4 "grands pôles" de Nano du pays mais rien.
Deux courriers aux USA & deux réponses positives.
Actuellement, je prépare mon départ. Bon courage à vous les nanotechnologues du pays !
Pas très surprenant. Juste attristant.
Après l'immigration choisie, voilà un nouveau concept, celui d'émigration choisie, merci la France !
par Fulcanelli le 12 février 2006 à 15:52
Egalement à la recherche d'un emploi dans ce secteur à la sortie de mon DESS Nano j'ai rien trouvé depuis un an.
Quand je lis dans la presse que ce secteur est prometteur, revolutionnaire et ... donc créateur d'emploi. Je me demande des fois si on parle de la même chose. Aujourd'hui, pour beneficier d'une aide publique tout entrepreneur met le terme magique "nano" & mais en réalité il est à l'ordre du mm au mieux au micro. Problème d'échelle!?
J'ai écris à toutes les starts up du domaine. Jusqu'à présent j'ai même pensé à me réorienter et faire un autre bac+5 mais finalement en lisant la réaction de ce lecteur; je me suis dit qu'il faut tenter à l'étranger. Car ma passion c'est la nanotechnologies. Mon monde c'est le nanomonde. Aller scrupter & comprendre l'infiniment petit c'est un rêve qui m'a toujours habité et je compte le réaliser .... même très loin de mon pays... car dans mon pays la nanotechnologie est le parent pauvre du ... nanoemploies & un nanodébat pour les politiques malgré l'envol des autres nations.
par zo le 13 février 2006 à 06:14
Bonjour
C'est ça, cassez vous. Bon débarras.
http://cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=842
Cordialement.
par Stef le 14 février 2006 à 01:41
Je me retrouve dans ce constat, et je rajouterai qu'il existe également une discrimination envers nous les jeunes. Par contre partir demande des fonds non négligeables ce qui rend un départ quasi-impossible...
par Volodimer Nicholas le 14 février 2006 à 08:40
Malheureusement il n'y a pas que le secteur des nanotechnologies sinistre en france mais une bonne partie de la R&D.... Je suis chercheur dans les biopolymeres et expatrie depuis presque 6 ans.
Je suis revenu en France il y a tres peu de temps pour travailler en interim apres 5 ans aux USA et angleterre et on en est toujours au meme point: pas assez d'argent investi pour la R&D et une demotivation dangereuse des etudiants en science. Je ne parle meme pas de la suprematie des ecoles d'ingenieurs, je n'ai rien contre eux mais le diplome de docteur est largement sous evalue. Si les US ne vous attire pas (je comprends tout a fait...) l'angleterre est beaucoup plus dynamique en R&D et ici pas de competition avec les inge.Bref n'hesitez pas a franchir le pas si vous voulez rester dans votre domaine et travailler avec des moyens
Laurent
par Laurent le 14 février 2006 à 10:33
Bonjour,
Je réagis par rapport au billet de Stef. C'est vraiment dommage que l'on réagisse ainsi!
Lorsque l'on a son portable et que l'on passe des coups de fils c'est merci les nanotech, qu'on a une image nette dans les télés merci les nanotech, que l'on peut rétirer ou payer avec sa carte CB, merci les nanotech. J'ai été lire ton lien. Je dirais tout simplement toutes les nanotechnologies ne sont pas Forcément pour des fins militaires. La recherche également des nouvelles méthodes de traitement contre les cancers, contre le diabète, chercher des alternatives aux dialyse etc.
Franck
par Franck le 14 février 2006 à 12:04
Franck, si certains réagissent comme Stef, c'est précisément à cause du genre de discours que tu tiens. Non, les nanotech n'ont rien à voir avec les portables, la télé ou les cartes bleu. Il s'agit là de micro-électronique, et je connais plus d'un scientifique agacé par cette manie de tout mélanger. Pour l'instant, les nanosciences en sont encore très largement au stade de la recherche (très) fondamentale. Il s'agit de comprendre le fonctionnement et les éventuelles nouvelles propriétés d'objets de taille nanométrique. Et on est très loin des applications couramment évoquées par les médias (nano-robots, nano-usines, ...). En fait, on ne sait même pas comment concevoir ces machins. Alors le traitement du cancer...
Mais il reste vrai que certaines pistes sont prometteuses, même s'il ne faut pas s'emballer (souvenons-nous de la supra HT, par exemple). Et il est encore plus vrai que la France ne se donne vraiment pas les moyens d'explorer ces pistes. La faute à nos "élites" issues des écoles d'ingénieurs et qui ne comprennent que pouic à la science, et tiennent la recherche fondamentale pour un hobby de farfelus?
Bien cordialement,
EL
par EL le 16 février 2006 à 13:52
El, j'ai donné des exemples bien vulgaire à Stef. Mais, en te lisant je pense l'on peut parler le même langage.
Tu dis, je cite :"Pour l'instant, les nanosciences en sont encore très largement au stade de la recherche (très) fondamentale." Je pense que c'est exact. Mais pour l'homme de la rue il y a une confusion entre nanosciences & nanotechnologies.
Pour moi, les nanosciences se trouvent au point de rencontre des sciences et des techniques traditionnelles, de la mécanique quantique et des processus fondamentaux. Les nanotechnologies quant à elles, exploitent exploitent les connaissances tirées des nanosciences pour créer des matériaux, des machines et des dispositifs qui vont modifier notre manière de vivre & de travailler.
Je vais te donner quelques exemples concret sur ce que j'avançais que l'on sait faire ailleurs.Avec par exemple une classe de matériaux que l'on nomme "intelligent" (je sais pas si je le traduis bien en français) on sait faire des structures autoréparatives (pneu d'automobile, ingenierie plastique). On envisage également une combinaison de l'auto-assemblage & de la reconnaissance moleculaire pour des traitement de cancer (scripps institut). Au niveau de la séparation il existe un matériau intelligent nommé Gore-Tex à base de feuilles qui fait du trie dans les dialyses. Même encore plus loin des F117 sont recouvert de polymères intelligents et dynamique qui changent de couleur et de signature électromagnétique en fonction des conditions extérieur et des instructions du pilotes. Sans parler des zéolites dans le domaines de la catalyse (Mobil Corporation) dans le domaine du traitement des sous produit du petrole. Dans les vêtement Nano Tex commerciale des structures nanométriques qui modifient les propriétés du tissu: c'est le Nano-Dry. Je pourrais aller plus loin avce les "nez electronique" (les detecteurs).
Signalons que les nanotechnologies utilisent deux approches : top down (que l'on sait faire depuis le debut des annes 60) mais également la methode bottom-up qui est rescente. On a toujours fait de la nano depuis les vitraux des églises etc.
Tu dis : "Et il est encore plus vrai que la France ne se donne vraiment pas les moyens d'explorer ces pistes. La faute à nos "élites" issues des écoles d'ingénieurs et qui ne comprennent que pouic à la science, et tiennent la recherche fondamentale pour un hobby de farfelus?". ça c'est sûr, 100 Millions d'euros de financement en France contre plus de $3 Milliards chez certains pour le domaines des nanotechnologies. Le fossé est immense! sans compter la mise en place du personnel pluridisciplinaire, multiraciale, nationalités et l'etroitesse de la collaboration industrielle & universitaires (véritable complicité).
Etant nanotechnonologue d'1 pays lointain et ayant eu la chance de comparer (seminaires, publis, et "patents" desolé je trouve pas le mot français), je sais ce que je dis.
Je te comprends bien, El, j'ai traduis mots pour mots en français et mes exemples n'étaient pas destinés a l'homme de la rue. Mais sache qu'ailleurs on sait faire des choses appliquées. Si ce n'est pas le cas chez vous c'est dommage! Et que la recherche fondamentale (nanosciences) a ses moyens. Et tous les jours, fondamentaliste et "applicatifs" (ça se dit?) travaillent ensemble mains dans la mains chez nous.
Bien cordialement,
FranK
par Frank le 17 février 2006 à 17:24
@Frank :
je pense que lorsque les scientifiques et leurs financiers cesseront de négliger des études démontrant certains risques associés à certains composants issus des nanotech, de prendre le grand public pour une masse de cons, et se décideront à s'imposer une certaine auto-discipline alors peut-être que les nanotechs auront moins "mauvaise presse".
@EL : je partage ton avis.
par tao le 18 février 2006 à 18:09
@sr3 :
http://ehp.niehs.nih.gov/docs/2004/7021/abstract.html
http://www.swissre.com/INTERNET/pwswpspr.nsf/fmBookMarkFrameSet?ReadForm&BM=../vwAllbyIDKeyLu/ULUR-5YAFFS?OpenDocument
http://www.oecd.org/dataoecd/4/38/35081968.pdf
par tao le 18 février 2006 à 19:58
Bonsoir,
il est vrai que les nanotechnologies peuvent présenter un large problème éthique mais ceux qui le reproche en arguant que le sgens qui font ça n'y connaissent rien sont certainement ceux qui n'y comprennent encore moins que rien.
J em'explique. Les grandes annoncent faites par les détracteurs de snanotechnologies se basent sur des visions futuristes qui relèvent de la science fiction et surtout de très grosses lacunes en physique. On nous parle de nano-caméra, de nanotoxines, de nano-micros... et j'en passe.
Mais il y a une limite qui elle est non-négligeable et qui est directement dictée par notre modèle physique. Quand j'entends dire des "olala on va nous fabriquer des caméras avec seulement quelques milliers d'atome..." je me retiens d'exploser (de rire ?) face au problème physique que cela incombe. En effet, je veux bien qu'on sache produire des photons uniques, et même détecter des photons uniques mais ça a ses limites ! si on est capable de détecter un photon, on ne peut pas tout savoir dessus; Pour faire une image, de quoi a t on besoin ? de l'intensité lumineuse et aussi de la "couleur" soit la longueur d'onde. Le principe d'ntensité lumineuse en lui même est très explicite. Il faut plusieurs photons (au moins un rouge un vert et un bleu) pour reproduire une couleur réelle et je voudrai bien qu'on m'explique comment on fera pour passer outre entre autre le principe d'Heisenberg qui nous indique que si on récupère une information avec exactitude sur une particule, on perd nécessairement toute autre information, car l'incertitude sur la détection devenant infinie...
Bref, je ne vais pas vous faire un cours de physique non plus... mais pour acqu"rir une image exploitable il faudra notament établir une autre physique qui devrai aller au delà de smodèles imposés par l'optique et la mécanique quantique... et croyez moi, c'est pas demain la veille.
Ceci dit, il est vai qu'il y a triop souvent amalgame entre microélectronique et nanotechnologie. L'un s'inspire de l'autre. La microélec pioche dans les nanotechnologies mais sans pourtant descendre à la même échelle bien que le sprocédés ont tendance à rduire de plus en plus les dimensions (canaux de 90 nanomètres dans le sdernier processeurs).
En ce qui concerne le marché de l'emli, la France et le spays industrialisés traversent une crise important car devant supporter la concurrence des pays en voie de développement mais ces choses là sont cycliques. Je ne comprends pas vraiment pourquoi avoir une réaction agressive face à un jeune ingénieur de recherche et développement qui préfère s'expatrier et s'offrir la possiblité de faire de recherches novatrices plutôt que de stagner dans son pays où ses compétences ne seront pas exploitées à leur juste valeur. Au contraire, s'est fair epreuve de lucidité et de courage de partir de la sorte et il n'appartient qu'au Gouvernement français de faire l'effort nécessaire sur la recherche et le développement des nouvelles tehnologies pour garder ses cerveaux. Sans parler d el'industrie, pour info, un ATER (un poste d'assistant enseignant-chercheur) est pays au SMIC ! qui avec un bac+8 (un doctorat) voudrait travailler pour cette somme après les années sacrifiées à ses études ? Pourtant il y en a mais ces gens ont d'autres objectifs qui peuvent selon les cas sembler plus ou moins noble (en gros, préférer la science à l'argent pour simplifier) mais ne nous voilons pas la face, il faut bien vivre et de nos jours, le SMIC ne permets que de survire quand on a une famille et d'un point de vue personnel, attendre ses trente ans passés pour avoir des enfants n'est pas très réjouissant.
Plutôt que de jeter la pierre à ceux qui partent, je pense qu'il faut plutôt essayer de les comprendre. Une fois sorti avec on diplôme, le jeune ingénieur/chercheur entre sur un véritable ring !
Désolé si j'ai été un peu long...
A bientôt
Tom
par Tom le 21 février 2006 à 21:50
Bonsoir,
Juste un merci à ta synthèse Tom. En te lisant ça me rassure i.e. nous sommes encore dans un pays où il y a un minimum de personne pourvu du bon sens. En effet, j'ai longtemps pensé comme Descartes que le bon sens est la mieux partagée au monde, mais c'est plutot la betise qui est la chose la mieux partagé. C'est fou que l'ignorance crée certaines réactions!
Moi, j'encourage ce qui peuvent s'expatrier pour faire de la recherche. D'abord parce que le voyage est une école également. Je ne parle pas d'aller en vacances d'une à deux semaines à l'étranger avec le club med pour dire je voyage. Mais de vivre à l'étranger, être étranger. je crois que l'on comprend mieux les autres après.
Mais aussi, travailler avec des personnes d'origine et de races différentes permet de confronter différents points de vue. Donc, d'une façon de rester compétitif. ce qui n'est pas le cas dans notre pays, où même les entreprises ne représentent pas la diversité de notre pays... Il y a du chemin à faire, c'est sur!
par Zo le 26 février 2006 à 12:49
Bonjour
C'est sûr qu'il y a encore du chemin à faire pour qu'on n'utilise plus le mot «race» pour parler d'êtres humains.
Cordialement.
par Stef le 3 mars 2006 à 04:51
@Stef: race : variété constante dans l'espèce humaine (micro robert).
Prière d'asseoir vos bases en physique quantique avant de parler dans le vide. Votre lien est plus du domaine de la science fiction!
Bien cordialement.
par zo le 14 mars 2006 à 11:13
Pour infos ;o) ouverture d'un centre en Isere
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20060602.OBS0114.html
par Guillaume le 3 juin 2006 à 14:23
Sympathique...
Le débat commence lol...
Dommage qu'il ne s'élargisse pas plus...
Pour l'instant...
En tout cas, bravo pour ces témoignages...
par pinch le 14 juin 2006 à 15:20
Salut tout le monde,
j'ai lu plus ou moins attentivement tout ce qui a été écrit et vais tacher de réagir de manière consise et constructive à tout ça.
Primo, je viens pour ma part de finir une thèse en nanotechnologie (chimie) et je dois dire que ça me botte bien tout ça. Je regarde les annonces en ce moment et je trouve que dans l'ensemble, il y a pas mal de perspectives pour un gars comme moi (c'est pas les states mais on se débrouille). Evidemment, c'est essentiellement des post docs mais moi c'est ce que je recherche. Pour ceux qui ont un DESS nano (dont je viens de découvrir l'existence), ça doit être bcp plus coton sachant qu'on en est plutot à du fondamentale pour l'instant, que les industries délèguene donc par des collaborations avec des labos publiques, qui cherchent donc des DEA, thésards, postdocs pour faire les manips. En gros, ce DESS arrive trop tot sur le marché. Reste peut-être les starts up pour l'embauche mais alors là...cotoyant l'une d'entre elle, je vois que ces boites vivotent et sont généralement dirigées par des profs qui ne recherchent pas forcément des DESS mais plutot des techniciens ou des thésards sous payés.
Secondo, arretons de confondre nanotechnologie et microélectronique qui ne représente que la partie miniaturisation des nanotechs qui soit dit en passant est la partie la moins intéressante de mon point de vue. L'approche botom up est bcp plus prometteuse notamment par ses applications en biologie par exemple(traitement maladie, imagerie, détection). Alors qu'on arrete de nous bourrer le mou avec des trucs comme la microélectronique (minatech)et les mini pupuces qu'on va nous mettre sous la peau(pour avoir suivi ce genre de débat organisé par la région), ça n'a rien a voir!!!
Enfin, faut il partir aux USA pour trouver du job dans la recherche en nanotechnologie: pas nécéssairement pour ceux qui ont une thèse ou un DEA, mais ça augmente largement les chances de trouver du job surtout pour des DESS.
par PJ le 7 septembre 2006 à 15:39
je viens de relire quelques réactions et notamment celle de Tom et je ne peux pas laisser passer ça sans réagir.
Dire qu'un ATER (qui soit dit en passant veut dire assistant temporaire d'enseignement et de recherche et non pas assistant de recherche)touche le SMIC, il faut arrêter de dire n'importe quoi. Je l'étais jusqu'à il y a peu sur un demi poste en chimie et touchais pas loin de 1200 euros net. Je ne connais pas le chiffre exact pour un temps plein mais je vous laisse imaginer. Et je ne pense pas être une exception. J'ajouterais à cela qu'en tant que thésard on est payé légèrement plus que le SMIC. Enfin pour aller ds le sene de tom, il est vrai que la recherche publique ne paie pas et que les salaires d'entrée sont ras les paquerettes et qu'il faudrait donc bien réévaluer tout ça pour attirer les meilleurs et les plus ambitieux (cequi ne va pas forcément de paire)
par PJ le 22 septembre 2006 à 16:21
