Porno-pub
Reçu hier par email, un étonnant communiqué de presse, annonçant le lancement de la toute "première campagne de prêt-à-porter 100 % pornographique".
Et le pire, c'est que c'est vrai : le site Web en témoigne (NB : ce lien se destine à un public adulte et il est, clairement, "Not Safe For Work").
On y trouve trois films publicitaires totalement pornographique, pour tous les goûts (hétéro, gay, lesbienne). Chaque film débute avec des personnages habillés, qui se livrent ensuite aux ébats classiques du genre, mais c'est néanmoins de publicité dont il s'agit : à chaque fois que des vêtements apparaissent à l'image, une pastille verte conduit, lorsqu'on passe la souris dessus, à des informations détaillées sur le produit.
Indépendamment du style, c'est "techniquement" très bien fait (je parle bien sûr de la qualité des vidéos...). Et les vidéos peuvent d'ailleurs être chargées en plusieurs formats, y compris pour un iPod.
Sur le fond, la démarche m'interpelle. La plupart des gens y verront seulement une intolérable et racoleuse provocation, franchissant un cran supplémentaire en matière de publicité (et de marketing, viral ou non). D'autres y verront la preuve d'une époque dissolue où l'on ne respecte plus rien. Pour ma part, je m'interroge sur l'impact. Certes, la campagne va faire parler de la marque. Mais est-ce en bien ? Certes aussi, beaucoup de gens vont regarder ces vidéos, mettant en scène de véritables stars du X. Mais combien le feront pour les vêtements dont il s'agit ? Combien de gens retiendront le nom de la marque, ou achèteront les vêtements correspondants ? L'idée est-elle seulement de générer du buzz (positif ou négatif) ou de compter sur une appropriation du concept par le consommateur qui, via la marque concernée, afficherait son goût pour une sexualité débridée ? Et puis, comme l'avance le communiqué, s'agit-il d'une "nouvelle forme de publicité", déclinable à l'infini ?
En somme, on a coutume de dire que "le cul fait vendre", mais cette approche jusqu'au-boutiste pourrait nous éclairer sur la véracité du principe.
30 mars 2006 à 23:48 - par Cyril Fievet - dans
société
permalien
- réactions (5)
- trackbacks (4)
Au Futuroscope
J'étais hier au Futuroscope de Poitiers, pour l'inauguration de plusieurs nouvelles attractions liées à la robotique, notamment "Danse avec les robots". Cette dernière prend la forme de 10 bras robotisés industriels géants, qui embarquent deux personnes et dansent au rythme de la musique, le tout étant chorégraphié par Kamel Ouali. J'ai testé l'attraction et j'avoue que les sensations sont étonnantes (surtout au plus "violent" des trois niveaux de vitesse disponibles). Un peu court tout de même (j'aurais bien rejoué, mais pas eu le temps).
Sinon, cette inauguration était aussi une expérience nouvelle pour moi, en matière de marketing "star-systémisé". Un étonnant télescopage entre le monde du divertissement, d'éminents scientifiques et roboticiens, quelques "huiles" locales et quelques "people" bien choisis. N'étant pas familier de ce dernier univers, le tout, bien que très sympathique, m'a paru assez curieux (oserais-je avouer que je n'avais jamais entendu parler de Kamel Ouali il y a deux mois, ou que j'ignorais jusqu'à hier le prénom de la Miss France 2006, au demeurant charmante ?).
Impression bizarre de comprendre que les "people" ne sont pas tant là pour se montrer que pour aider d'autres à vendre quelque chose, du seul fait de leur présence à un endroit où ils n'ont en principe pas grand chose à faire...
Mais ne crachons pas dans la soupe. J'admet le côté "vendeur" de la chose et, même, que tout cela a du sens (si, si), surtout quand on s'adresse au "grand public". Et puis, après tout, ce n'est que le reflet de l'époque dans laquelle nous vivons. Pour la sortie de mon prochain livre, je veux Miss Monde.
Merci à toute l'équipe du Futuroscope pour leur accueil, leur gentillesse et le caractère impeccable de l'organisation.
(Pour ceux que ça intéresse, quelques photos :)
- par Cyril Fievet - dans
perso / robots
permalien
- réactions (5)
- trackbacks (1)
Robots extraordinaires
Voilà, c'est le titre de mon prochain livre, qui sort ces jours-ci :

Enfin, quand je dis "mon" livre, c'est un peu exagéré. Le projet a été mené par Philippe Bultez-Adams, responsable éditorial de FYP Editions (un petit éditeur qui monte, qui monte...) en coédition avec le Futuroscope de Poitiers. J'en suis l'auteur principal mais c'est avant tout un ouvrage collectif, qui réunit une bonne douzaine de collaborateurs, parmi lesquels Frédéric Kaplan (dont je parle régulièrement, notamment là), Christophe Jacquemin et Jean-Paul Baquiast (Automates Intelligents) ou Jacques Malaterre (réalisateur de L'Odyssée de l'espèce), pour n'en citer que quelques-uns. Le tout est préfacé par Axel Kahn.
Ce n'est pas à moi de juger, mais le résultat me semble intéressant. L'idée était de faire un livre attractif, illustré et facile à lire par un public large, sans faire quelque chose de trop superficiel. L'ouvrage est structuré autour d'une chronologie inversée et prospective (de 2050 à 1950), décrivant les principaux robots et roboticiens qui ont marqué leur temps. Cette chronologie est entrecoupée de textes de spécialistes, abordant plus en détail des problématiques données, notamment éthiques ou culturelles.
Bref, l'ambition était de réaliser un livre assez complet sur les robots, sans en faire une encyclopédie, pour montrer comment les robots s'intègrent petit à petit dans notre société, avec le questionnement que cela soulève.
L'ouvrage sera présenté demain au Futuroscope de Poitiers, dans le cadre de "l'année des robots" fêtée par le parc de loisir, qui ouvre aussi une nouvelle attraction, "Danse avec les robots".
Je ne crois pas que le livre soit disponible sur Amazon, mais il le sera sans doute chez Robopolis.
28 mars 2006 à 15:56 - par Cyril Fievet - dans
livres / robots
permalien
- réactions (5)
- trackbacks (1)
Pointblog : quelques explications
Vous êtes nombreux à m'avoir posé des tas de questions sur mon "départ" de Pointblog. Même si je n'ai rien à cacher, je n'aime pas étaler mon linge sale en public, et les blogs ne sont pas forcément l'endroit où tout doit se dire et se régler.
Pour les curieux, et pour faire court, disons simplement que Christophe et moi n'avons plus, depuis longtemps, la même vision des choses sur la façon dé gérer et de développer la société Pointblog. Plusieurs crises sont survenues ces derniers mois, notamment en décembre dernier, puis il y a une dizaine de jours.
Ces différends, bien que fondamentaux, ne sont pas très graves. Simplement, quand on croit avoir dit tout ce qu'on pouvait dire et qu'aucun changement - d'attitude, de décision, d'action - ne se produit, il vaut mieux se séparer. Et j'ai toujours eu du mal avec les gens qui changent tout le temps d'avis, on ne se refait pas.
Je précise que j'ai pas de rancoeur, ni d'aigreur et encore moins de haine en moi. Christophe est une personne très sympathique, dotée de beaucoup de qualités. Nous n'étions pas fait pour mener ensemble une telle aventure, et il fallait l'admettre plutôt que s'entêter, voilà tout.
Il est vrai que tout cela s'est fait sur fond de crispation. J'ai mal vécu le fait que la plupart des collaborateurs de Pointblog soient payés avec deux ou trois mois de retard depuis le début. Ou de n'avoir été que simple pigiste sur Netizen et, à ce jour, de ne jamais avoir été payé pour mon travail sur ce magazine, auquel je consacre beaucoup de temps depuis novembre 2005. Ce n'est pas très agréable pour l'ambiance générale d'une entreprise et, à titre personnel, cela n'a pas arrangé la qualité de mes relations avec mon banquier ou avec le propriétaire de mon appartement (un malotru qui a le toupet de me réclamer son loyer tous les mois). Mais ce ne sont que des détails, dont je suis certain qu'ils vont s'arranger dans les semaines qui viennent.
Maintenant, la vie continue. Le magazine Netizen ne sera plus produit par la société Pointblog, mais je continuerai à en assurer la rédaction en chef. De son côté, le site pointblog.com existe toujours et c'est tant mieux. Même Chryde, qui n'y écrivait presque plus depuis six mois, s'est remis à y publier régulièrement. Bonne nouvelle.
En conclusion, il était normal pour moi d'expliquer que je n'ai plus aucun rôle opérationnel ou décisionnel dans l'entreprise Pointblog (d'autant que je n'étais plus informé de quoi que ce soit qui s'y passe depuis plusieurs semaines). Bien sûr, je suis toujours associé, à hauteur de 49%, de la SARL Pointblog. J'aurais préféré en sortir vraiment et complètement, mais cela ne semble pas possible. Christophe, qui souhaitait acquérir mes parts du capital, m'expliquait hier qu'elles ne valent "rien", la valorisation de la société Pointblog étant "nulle". Bizarre. Moi qui croyais bêtement que le 2e blog le plus populaire de la blogosphère francophone avait un peu de valeur... Tant pis pour moi. Mais dans ce cas je préfère conserver mes parts et vais donc demeurer associé "dormant" de l'entreprise, probablement pour quelques années encore. Là non plus, ce n'est pas très grave.
Voilà ce que je pouvais dire. Il faut désormais passer à autre chose. Car tout cela n'est, finalement, ni très intéressant ni très important, a fortiori au regard de ce qui se passe par ailleurs sur les blogs ou dans le monde.
Je tiens encore à vous remercier pour vos nombreux messages de soutien et autres propositions de travail me concernant. Globalement, je me sens très soulagé et j'ai beaucoup de projets, soyez-en sûrs ! J'envisage d'ailleurs de me lancer prochainement dans l'ascension de la Montagne Sainte-Geneviève mais, promis-juré, je ne le bloguerai pas.
- par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (20)
- trackbacks (2)
Petite annonce
Cause départ, vend 49% des parts de capital d'une start-up prometteuse dans l'univers du blog.
Etudie toutes propositions.
Pas sérieux s'abstenir (on a déjà donné).
24 mars 2006 à 10:13 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (27)
- trackbacks (3)
Sur Direct 8
J'ai été invité par la chaîne TV Direct 8 (accessible en TNT et sur le Web) à participer à un débat dans l'émission "8-Fi", consacré à la problématique "presse vs. presse en ligne". L'émission a été enregistrée jeudi soir dans les conditions du direct et sera diffusée aujourd'hui dimanche à 18h.
Autour de Dominique Delport sont réunis Bruno Patino, Président du Monde Interactif, ancien Directeur de publication de Télérama et auteur de Une presse sans Gutenberg, Julien Jacob (Directeur Général de CNET Networks France), Gilles Klein (en tant que journaliste et Rédacteur en chef de pointblog.com) et moi-même.
C'est très difficile de se faire une idée, mais j'ai l'impression que le débat était un peu mou, la plupart des gens autour de la table partageant sensiblement la même opinion sur l'avenir de la presse. J'ai toutefois particulièrement apprécié le discours de Bruno Patino, dont il faut décidément que je lise le livre (même s'il me semble assez proche de celui de Dan Gillmor).
C'était la 2e fois que j'avais la chance d'être invité dans cette émission, dont il faut rappeler que c'est la seule du genre en France - une heure hebdomadaire consacrée aux technologies de l'information et aux débats de société qu'elles entraînent.
(merci à Benjamin et Dominique pour leur accueil)
19 mars 2006 à 11:07 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (2)
- trackbacks (0)
Chinese Blog Story
Etonnant, j'ai reçu hier des exemplaires de mon dernier livre, Blog Story, en chinois.
Etonnant, d'une part car j'ignorais totalement qu'il avait été envisagé de le traduire, et d'autre part parce que je ne suis pas certain de l'intérêt d'une traduction, s'agissant d'un livre qui parle très peu de la blogosphère chinoise.
J'ignore d'ailleurs si l'éditeur est chinois ou taïwanais, mais il semble avoir un blog qui en parle.
C'est toujours amusant de voir ses livres avec une autre couverture et dans d'autres langues, a fortiori quand il s'agit d'une langue dont on ne sait pas le lire moindre caractère. Mais en tant qu'auteur, ça reste une "gloire" très relative : trois de mes précédents livres ont été traduits en langues étrangères (dont deux en chinois et un en japonais), mais cela ne m'a jamais rapporté le moindre centime.
En tout cas, autant que je puisse en juger, cette version est très fidèle et comporte même la sélection de blogs francophones qui figuraient à la fin de l'ouvrage en français :

18 mars 2006 à 15:58 - par Cyril Fievet - dans
livres / perso
permalien
- réactions (3)
- trackbacks (0)
Blorpion
Observant une recrudescence d'un usage particulier sur les blogs, je propose un néologisme : "blorpion".
Contraction de "blog" et de "morpion", le terme me semble bien caractériser les comportements de certains blogueurs. A l'instar de son équivalent pubien, le "blorpion" s'accroche à vos basques et ne vous lâche pas. En général, il vous déteste et consacre une énergie démesurée à vous le faire savoir. Pourtant, le blorpion est souvent l'un de vos plus fidèles lecteurs. Non seulement lit-il votre blog avec avidité mais il est souvent le premier à y laisser des commentaires, désobligeants bien sûr. Du reste, il traque aussi vos autres contributions sur d'autres blogs, comme s'il comptait boire chacune de vos paroles pour mieux s'y opposer.
En première analyse, le comportement du blorpion semble gravement puéril ou simplement paradoxal (s'il vous déteste, pourquoi vous lit-il ?). Mais en réalité, il relève très probablement de la pathologie. Le blorpion adulte semble avoir fait du précepte "on se crée en s'opposant" son mot-ordre et sa raison d'être. Notez que la démarche peut avoir du sens, pour gagner en notoriété en fustigeant systématiquement un blogueur plus connu, attirant au moins un peu de curiosité de la part de lecteurs peu au fait de la démarche. Mais c'est hélas souvent une jalousie maladive qui caractérise le mieux les agissements du blorpion qui, s'ils sont parfois amusants, finissent toujours par être casse-couilles.
Toujours est-il que la présence de blorpions sur un blog finit par démanger. J'en ai chopé deux récemment, je sais de quoi je parle. Le pire est qu'on ne sait pas vraiment où on les attrape. Ca peut être en ayant de mauvaises fréquentations sur d'autres blogs, tout autant qu'en ne faisant rien de spécial - à part exister et tenir un blog.
Si vous aussi, vous avez attrapé des blorpions, mon conseil : ne faites rien (même pas un rasage de près). Car seule l'indifférence, même si elle suppose une volonté de fer de votre part, viendra à bout du blorpion (parfois appelé, plus communément, "gros con").
15 mars 2006 à 22:47 - par Cyril Fievet - dans
internet
permalien
- réactions (21)
- trackbacks (1)
Intel inside
Ayant changé d'ordinateur, j'utilise depuis une dizaine de jours un nouvel iMac, le tout premier dans l'histoire d'Apple à être équipé d'un processeur Intel (Intel Core Duo).
Globalement, il s'avère être une excellente machine : l'écran (20") est magnifique, l'ensemble est parfaitement intégré (gros disque, webcam, Wi-Fi, Bluetooth...) et quelques gadgets très bien faits apportent de petits plus à "l'expérience produit" (PhotoBooth, un petit utilitaire transformant l'ordinateur en cabine de photomaton domestique, ou Front Row, permettant d'accéder aux données multimédia avec une jolie interface, via une petite télécommande...).
Le transfert des données (et de l'ensemble des applications installées, y compris les jeux) de mon ancien Mac vers celui-ci s'est fait de façon parfaitement indolore, via une procédure simple en un câble Firewire. C'est impressionnant, car il n'y a rien à installer et on retrouve l'intégralité de son environnement initial.
Côté vitesse, c'est plus mitigé : les applications Apple sont vraiment beaucoup plus rapides (je compare par rapport à mon précédent iMac G4). C'est très spectaculaire, en particulier sur Mail ou Safari. Mais les autres applications, qui n'ont pas encore été réécrites pour ce processeur sont seulement "un peu plus rapides".
J'en suis donc globalement très content.
Mais j'ai aussi deux bonnes raisons d'être insatisfait. D'abord la mémoire : la machine est livrée de façon standard avec 512 Mo. Non seulement c'est faible dans l'absolu mais, avec la toute dernière version du système Mac OS, c'est franchement insuffisant. Pour tout dire, je ne suis pas loin de penser que l'ordinateur ne peut pas réellement fonctionner avec si peu de mémoire (ou alors uniquement pour des utilisateurs qui ne lancent jamais plus d'une ou deux applications simultanément). Au demeurant, je trouve limite scandaleux de commercialiser une machine dont il est flagrant que sa mémoire initiale est à ce point insuffisante, et je recommande vivement d'acheter une barrette complémentaire en même temps que l'ordinateur.
Deuxième inquiétude, et non des moindres : j'ai depuis le début un problème de clavier et de souris, qui se figent de façon intempestive et apparemment aléatoire. Il suffit de débrancher et de rebrancher ces périphériques pour que le souci disparaisse, mais c'est tout de même très gonflant, comme on l'imagine. Du reste, il apparaît que de nombreux utilisateurs de la même machine ont exactement le même problème. Il semble que Apple procède au remplacement du clavier, mais cela ne résout pas forcément le problème, dont il est fort possible qu'il soit de nature logicielle et/ou lié aux ports USB. En tout état de cause, c'est assez inadmissible, même si c'est la première fois que je rencontre de tels ennuis sur un Mac.
Que Apple s'associe à son ennemi d'antan, Intel, passe encore. Mais la voir renouer avec de vieux démons, avec pour effet une baisse de qualité et d'exigence sur ses nouvelles machines, cela me paraît inquiétant.
10 mars 2006 à 09:07 - par Cyril Fievet - dans
apple
permalien
- réactions (8)
- trackbacks (0)
Orange, ô désespoir
Client Orange depuis quelques années, j'ai résilié mon abonnement récemment et basculé sur un autre opérateur, SFR. Il n'est pas inintéressant de détailler la manière - pas du tout indolore - dont s'est effectué ce transfert de ligne.
. Pour tenter de conserver mon numéro de mobile Orange, j'ai suivi la démarche ad hoc, prévue par la loi : j'ai envoyé en novembre à l'opérateur une lettre (recommandée avec accusé de réception) indiquant ma décision de résilier, et demandant un "bon de portage". Ce document est nécessaire pour conserver son numéro de mobile en changeant d'opérateur.
. Une semaine après avoir envoyé ma lettre, je reçois sur mon mobile un SMS émanant d'Orange, puis un deuxième, identique :
"URGENT. Afin de traiter votre résiliation, des informations me sont nécessaires. Merci de me contacter au xxx"
Fichtre. C'est "URGENT", ça paraît émaner d'une personne et non d'un robot... Quelle erreur majeure ai-je donc commis dans ma demande de résiliation ?
. J'appelle le numéro indiqué. Ou plutôt, j'essaie. Une, deux, dix fois, à toute heure du jour. Impossible d'obtenir quelqu'un, ni même d'être mis en attente : un message laconique m'explique que ce n'est même pas la peine de m'entêter : il n'y a pas de conseillers disponibles. Le message enjoint à se rendre sur le site Web de l'opérateur, sur lequel je dispose d'un accès personnalisé, comme tout client. Je rentre dans mon espace privé, mais rien : pas de message, pas d'explication.
. Cette première étape est édifiante. Si on résume : en réponse à un courrier papier, on m'envoie un SMS sur mon mobile, m'invitant à appeler un téléphone fixe, sur lequel c'est un répondeur qui m'envoie vers un site Web. Le tout ayant pour résultat de ne pas faire progresser mon affaire d'un iota. Etonnant.
. Le lendemain, je persiste à tenter de joindre le fameux numéro, en rappelant incessamment jusqu'à ce qu'un humain décroche. Au bout de quelques heures, j'y parviens. Je tombe alors sur une commerciale d'Orange, qui m'explique, en substance, qu'elle a besoin de savoir pour quelles raisons je veux résilier mon abonnement... Aucune véritable urgence, donc, ni aucun problème avec ma demande. Juste une commerciale, qui cherche à me convaincre de rester, me détaille les nouveaux forfaits et m'annonce qu'elle peut doubler mes points fidélité si je reste. Hallucinant.
. La brave dame, à qui j'explique rapidement que ma décision de quitter Orange est bel et bien prise, m'assure que je vais recevoir mon bon de portage, "dans les jours qui viennent". J'attend, donc. Trop, sans doute.
. Environ deux mois après l'envoi de ma lettre (donc plus de six semaines après ma conversation avec la commerciale d'Orange), toujours rien reçu. Et puis, un beau jour, ma ligne est coupée. Cela, bien sûr, sans en avoir été prévenu le moins du monde au préalable : pas de SMS, pas d'email, pas de courrier. Juste un mobile devenu inutilisable, du jour au lendemain. Désagréable.
. Le jour même, j'appelle à nouveau le service d'assistance de l'opérateur. Mon correspondant m'explique que la procédure est "normale" et, quand je lui demande s'il est également "normal" de ne pas avoir reçu mon bon de portage, m'explique qu'il ne sait pas, que la personne qui s'occupe des bons de portage "n'est pas disponible" et qu'il faudra rappeler le lendemain. Confondant.
. Le résultat : après être resté une semaine sans mobile, j'ai changé d'opérateur sans bon de portage, et j'ai donc perdu mon numéro de mobile.
Dans un monde idéal, les choses seraient simples. Pour résilier un abonnement, j'irais sur le site Web de l'opérateur et via mon accès par identifiant personnel, je demanderais en deux clics (et sans aller à la Poste) ma résiliation et un bon de portage. A l'occasion, on me demanderait de remplir un formulaire court expliquant les raisons de mon départ. Un bon de portage me serait envoyé quelques jours plus tard. Le tout m'aurait pris 10 minutes et l'affaire aurait été réglée en 72 heures.
Au lieu de ça, j'ai perdu du temps, de l'argent et je suis encore plus mécontent d'Orange que jamais. La façon dont j'ai été traité, en tant que client, me semble s'apparenter à un véritable foutage de gueule. J'y vois une parfaite illustration de la manière dont certaines grandes entreprises, qui disposent des outils les plus modernes qui soient pour gérer (mal, si mal) leurs relations clients, ont totalement perdu le sens du service commercial, au profit du marketing et, parfois, au détriment de la loi.
Ceci dit, mon agacement est tout de même tempéré par le plaisir que j'éprouve à ne plus être client d'Orange. J'ignore encore si SFR sera très différent, mais j'en suis pour l'instant satisfait, depuis une dizaine de jours que j'utilise le service : pas reçu de spam SMS (devenus fréquents chez Orange), bien meilleure réception depuis mon domicile, meilleure couverture dans le métro parisien et, pour l'instant, moins de coupures de ligne. Pourvu que ça dure. Seule certitude : je ne serai plus jamais client d'Orange.
4 mars 2006 à 09:44 - par Cyril Fievet - dans
coup de gueule / technologie
permalien
- réactions (33)
- trackbacks (1)
Interview de Pierre Bellanger
Comme je l'avais expliqué, nous n'avons pas pu intégrer à temps dans Netizen #2 l'une des interviews prévues. Il s'agit de l'interview de Pierre Bellanger, patron de Skyrock et Skyblog, première plate-forme de blogs française. En fait, j'ai réalisé l'interview par email, et nous avons pu en mettre une partie dans le magazine (qui sort aujourd'hui en kiosques), mais pas la totalité.
Je trouverais dommage de ne pas la publier dans son intégralité. C'est tout l'intérêt du blog dans la pratique du journalisme que de permettre de publier des choses qui n'ont pu l'être pour cause de contraintes techniques inhérentes aux médias. Voici donc l'interview intégrale, en "exclusivité mondiale" (comme on dit désormais, de façon un peu dérisoire) :
Comment expliquez-vous l'engouement des adolescents pour votre plate-forme ?
Pierre Bellanger : Skyrock est la première radio de la nouvelle génération. C’est la radio de la reconnaissance d’une génération dans sa parole, sa musique et sa diversité. Skyrock est un forum de libre expression en symbiose avec ses auditeurs. Cette relation authentique, cet état d’esprit de liberté se sont retrouvés naturellement sur notre plateforme Internet. Ce capital unique a été ensuite « netamorphosé » par le remarquable travail de notre équipe interactive pour développer en code informatique tout ce qui faisait le sens de notre code culturel. Nous avons fondé la première plateforme interactive de la nouvelle génération, radio, Internet et mobile en conjuguant nos atouts.
Quel est le niveau de connexité entre l'audience de la radio et les Skyblogs ? Autrement dit, avez-vous le sentiment que la majorité des skyblogueurs ont toujours été auditeurs de Skyrock, ou bien que la plate-forme de blogs a attiré des gens qui n'étaient pas auditeurs au préalable mais le sont devenus ?
Pierre Bellanger : Ecouter Skyrock est un choix culturel, et c’est le premier de la nouvelle génération ; créer un skyblog est le premier choix de service des jeunes pour se faire des amis et retrouver leur génération. Les deux choix se recoupent en partie, et la découverte de l’un favorise la découverte de l’autre.
Au plan financier, le service Skyblog est-il rentable en lui-même ?
Pierre Bellanger : Oui, bien sûr et avec de belles perspectives.
Au delà du volume, quels sont les aspects les plus frappants dans ces blogs, et dans l'usage qui en est fait par les jeunes ?
Pierre Bellanger : La nouvelle génération actuelle est la première qui a grandi avec l’Internet. Comme l’a écrit Marc Prensky, ce sont les « natifs du numérique » et ce sont eux qui, par leurs usages, donnent leur vrai sens aux nouveaux outils IP de communication et d’échange.
Justement, les skyblogs sont-ils davantage des outils de communication ou d'expression ? Sont-ils plutôt la prolongation du SMS et du chat, ou la transposition Web du principe de journal intime ?
Pierre Bellanger : Le skyblog est un moyen de se faire de nouveaux amis en se faisant connaître et en faisant connaissance. C’est donc une expression de soi (comme le journal intime), tournée vers les autres (comme les sms ou le chat).
Vous avez exprimé des réserves sur le concept de podcast tel qu'il est décliné par les radios nationales. Pensez-vous cependant que l'expression orale et vidéo jouera un rôle dans l'évolution du phénomène des blogs, en particulier les blogs d'adolescents ? Ce mode d'expression pourrait-il devenir prioritaire, au détriment du texte et des images fixes ?
Pierre Bellanger : Je crois que le podcast mérite des formats appropriés et, pour le moins, une adaptation lorsqu’ils proviennent de radios traditionnelles. Une radio de direct et d’interactivité se prête en général mal à ce format. Les blogs s’ouvrent au son et à la vidéo, et chaque blogueur emploiera ces moyens comme il le souhaite.
Les blogs ont souvent été montrés du doigt au sujet des émeutes de fin 2005. Selon vous, était-ce justifié ?
Pierre Bellanger : Chaque crise génère sa part de précautions légitimes mais aussi sa part de panique, de fantasme et de parano. Dans le cas des violences urbaines, c’est encore une fois au travers du prisme de la peur et de la suspicion que la génération skyblog a été caricaturée. La nouvelle génération est ainsi toujours mise en cause et les pratiques marginales, réelles ou supposées, qu’on lui attribue servent à condamner son expression et sa culture.
Pouvez-vous rappeler combien de skyblogs sont fermés chaque mois, en raison de leur non conformité à la charte du service ? Quels sont les principaux problèmes qui se posent ? Quelles actions sont menées pour faire remonter à qui de droit des problèmes graves (anorexie, propos suicidaires...) ?
Pierre Bellanger : Nous fermons chaque mois un peu plus de 2.500 skyblogs, soit moins d’un pour cent des skyblogs créés. Nous n’agissons pas ainsi de gaîté de cœur, mais pour préserver la liberté d’expression de la communauté skyblog en général. Nous fermons les blogs en contradiction avec la loi ou bien avec notre charte d’utilisation. Par ailleurs, un travail de prévention est effectué avec les interlocuteurs ad hoc lorsque des pathologies sont exprimées. Libre aux skyblogueurs concernés de réagir ou non.
Recommandez-vous aux parents de chercher à lire les skyblogs de leurs enfants, ou bien estimez-vous que ces blogs, bien que publics, ne s'adressent pas au monde adulte ?
Pierre Bellanger : Chaque famille est un cas particulier, je n’ai donc aucune recommandation à faire. Nous mettons à disposition de tous sur le site, des conseils et des recommandations générales, celles-ci visent à informer sur les droits, les devoirs et les risques de la communication en ligne.
Avez-vous le sentiment que les blogs, en général, remettent en question l'organisation ou la nature des médias traditionnels ?
Pierre Bellanger : Le modèle des médias de masse électroniques du XXe siècle est celui de la diffusion. Le modèle Internet émergeant se fonde sur le réseau social d’échange électronique: la force d’Internet c’est la conversation. Le XXe siècle a été l’âge de la diffusion, le XXIe est l’âge de la conversation. La conversation électronique devient un médiateur de sources. C’est par les réseaux sociaux et l’intelligence collective que se développe un nouvel accès à l’information. Le nouveau média c’est les gens.
(Merci à David pour son aide précieuse ; photo : courtoisie de P. Bellanger)
2 mars 2006 à 16:17 - par Cyril Fievet - dans
internet
permalien
- réactions (0)
- trackbacks (1)
