Blogueurs vs. journalistes, again
La justice californienne a tranché dans l'affaire qui opposait Apple à deux magazines en ligne, accusés d'avoir divulgué des informations confidentielles relatives à des produits à venir : les auteurs des sites Web sont protégés, ainsi que leurs sources, au même titre que les journalistes.
L'affaire avait déjà fait grand bruit, mais cette décision est quasi historique. Pour l'EFF, c'est "une énorme victoire pour la protection des journalistes en ligne".
Bien que l'affaire soit complexe, et le texte (PDF) de la décision de justice long et un peu difficile à lire, j'y retiens que toute publication régulière d'informations en ligne assimile son auteur à un journaliste, protégé - en Californie au moins - comme s'il s'agissait d'un journaliste professionnel. Evidemment, la question intéresse les blogueurs, et beaucoup avaient tenté de transformer l'affaire en un symbole, sur le thème de la liberté d'expression dans la blogosphère.
Les juges n'ont toutefois pas semblé très à l'aise avec le concept de blog, et expliquent même qu'ils ont préféré éviter d'utiliser le terme, car "son sens évolue rapidement et paraît ambigu". Mais il me paraît certain que, compte tenu de la frontière ténue entre un blog et un webzine dont les articles sont commentables (ce qui est le cas de AppleInsider, l'un des sites Web mis en cause par Apple), la décision va s'appliquer aussi aux blogs.
C'est ce qui permet à Robert Cox, Président de la Media Bloggers Association, de dire :
"Nous sommes ravis du fait que la cour de Californie, en prenant cette décision, ait rejeté la notion obsolète selon laquelle la pratique du journalisme résulterait d'une logique 'sociologique ou économique'. Les blogueurs qui pratiquent le journalisme sont des journalistes. Point final."
De quoi relancer un vieux débat...
(Au passage, j'avais oublié de mentionner la parution le mois dernier d'un numéro de Transversales entièrement consacré à la problématique du "journalisme citoyen", auquel j'avais contribué).
29 mai 2006 à 13:49 - par Cyril Fievet - dans
internet / medias
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One Thousand Paintings
One Thousand Paintings est le projet d'un artiste suisse, qui peint et commercialise des numéros sur toile. Mille numéros, de 1 à 1000, sont proposés, toutes les peintures étant similaires mais leurs prix différents : plus le numéro est petit, plus le tableau est cher. En outre, plus le temps passe, et plus le prix des tableaux qui restent augmente.
Comme l'explique l'auteur, le projet se veut à la croisée de l'expérience artistique et des mathématiques. Il me semble également que le jeu sur la valeur de l'oeuvre d'art (et de sa rareté), ainsi que le buzz en ligne généré par des démarches originales, font aussi partie inhérente du projet.
Bref, j'aime bien cette idée, qui rappelle un peu, en plus sophistiquée, les "Million Dollars pages". Ces dernières ont d'ailleurs donné naissance à d'autres tentatives plus abouties, comme "Million Crystal Body" (trouvé via W3sh), une démarche commerciale dont le but est de vendre un million de cristaux qui recouvrent le corps d'une jeune femme. Les acheteurs reçoivent les cristaux, peuvent afficher leur bannière, et auront le plaisir (!) de voir petit à petit se dévêtir le mannequin...
Dans tous les cas, ces expériences n'ont pas grand intérêt en soi, mais il est troublant de constater qu'elles fonctionnent : plus de 3.000 cristaux ont été achetés, et 80 tableaux vendus dans le cas de One Thousand Paintings.
28 mai 2006 à 17:37 - par Cyril Fievet - dans
internet
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Nanovrac
Scoop. "Pour la grande majorité des femmes, l'homme idéal doit être un peu poilu (67%), mais pas trop." Un sondage essentiel, qui nous apprend aussi que 12% des femmes s'épilent les bras.
Diabolique. Le numéro de téléphone "666 66 66" s'est vendu 2,8 millions de $ au Qatar. Emily publie aussi une liste d'autres numéros bizarres, revendus très chers par leurs propriétaires.
Amnistié. Guy Drut, nouvelle star de la blogosphère.
Titanesque. Neo vs. Robocop (avec Charles Bronson en prime).
Frappé. Un concert de percussions improvisé dans un appart. Une merveille, à voir absolument (ne serait-ce que pour les visages des protagonistes). (Via Waxy)
27 mai 2006 à 09:35 - par Cyril Fievet - dans
divers
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L'espion qui bloguait
Pas banale, l'histoire de Richard Tomlinson : il s'agit d'un ancien espion qui, après avoir très actif au MI6 (les services secrets britanniques), s'en est vu viré, apparemment sans explication. Pas content (et sévèrement burné, si on me passe l'expression), le bonhomme a tenté de porter plainte contre son ancien employeur, avec pour effet de se voir jeter en prison. Tenace, il a ensuite décidé d'écrire un livre, publié en 2001, relatant ses missions secrètes et critiquant le MI6. Toujours pas très content, le barbouze a décidé d'ouvrir un blog il y a quelques semaines, sur lequel il n'y va pas de main morte, rapportant des faits confidentiels et détaillant les pressions émanant de son ancien employeur. Les médias anglais ont découvert le blog il y a quelques jours, et ça fait un peu jaser.
J'aime bien ce passage d'un billet publié en début de semaine, où l'espion résume l'intérêt du blog :
Soudainement, ma longue dispute avec le MI6 est redevenue publique. MI6 est le seul fautif de la création de ce blog. Je leur ai écrit de façon privée de nombreuses fois pour essayer d'établir un dialogue et trouver une issue acceptable à cette dispute. Ils n'ont jamais daigné répondre. Ce n'est qu'après 10 ans de tentatives et d'échecs que j'ai décidé de changer de tactique et de démarrer ce blog.
Et aussi dans sa bio :
Si seulement le blogging avait existé plus tôt, tout aurait été plus beaucoup simple. Si j'avais pu bloguer, nous n'aurions pas connu une telle escalade.
Voilà qui pourrait donner des idées à d'autres...
(Via Gapingvoid)
25 mai 2006 à 10:08 - par Cyril Fievet - dans
internet
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Elephants Dream
Elephants Dream, un court-métrage d'animation 3D, n'est pas une oeuvre tout à fait comme les autres. Selon ses auteurs, il s'agit du premier "film en Open Source", c'est-à-dire produit exclusivement avec des logiciels libres (notamment l'outil de création 3D Blender). En outre, après avoir été diffusé en DVD, le film est désormais téléchargeable librement sur le Web (en P2P, avec BitTorrent), l'ensemble étant produit sous la licence libre Creative Commons.

La production, qui a duré un an et s'est déroulée à Amsterdam, était financée via des pré-ventes du DVD (qui s'apparentaient donc fortement à des donations, de la part de gens qui voulaient voir le projet se réaliser).
Pour ce qui est du film en lui-même, j'ai été un peu déçu, malgré certaines scènes (et les visages) magnifiques. Mais c'est la démarche que je trouve intéressante. L'un des principaux artisans du projet explique dans cette interview que le but principal était de promouvoir le développement Open Source, mais qu'il serait toutefois très difficile d'appliquer ce modèle à des films plus longs.
24 mai 2006 à 18:13 - par Cyril Fievet - dans
cinema / technologie
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Nanovrac
Suivant l'exemple de quelques-uns de mes maîtres ès blog, j'ai envie moi aussi de m'essayer à des billets "en vrac", relevant brièvement de petites choses qui m'ont frappé dans l'actu...
Surréaliste. Une publicité télévisée contre les attentats suicides en Irak (sic) est en cours de tournage aux Etats-Unis.
Collaboratif. J'avais loupé le lancement du prometteur GameInnovation, sorte de Wikipedia dédié aux jeux vidéo et à l'innovation informatique.
Cocorico. Contrairement à ce que je croyais (et à la version "officielle" de l'histoire), le MP3 n'a pas été entièrement inventé en Allemagne, mais principalement en France, comme le révèle cette enquête de Philippe Astor.
Crétin. Suis-je le seul à trouver totalement stupide cette idée d'une bataille d'oreillers entre blogueurs, en pleine rue ?
20 mai 2006 à 10:37 - par Cyril Fievet - dans
divers
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Base Jump parisien
Dans la série "les histoires belges" qu'on aime, Johan Vervoort, un flamand de 34 ans, a sauté hier en parachute depuis le haut de la Tour Eiffel. Le saut, effectué pour le compte d'une émission télévisée belge, s'est parfaitement déroulé. Le lien vers la vidéo est en bas de cette page (la photo ci-dessous est prise juste avant le saut).

Le bonhomme n'en est pas à son coup d'essai, et assure avoir déjà effectué plus de 900 (!) base jumps (sauts depuis un endroit fixé au sol, c'est-à-dire falaise, tour, immeuble, etc.). Sur son site perso, on trouve d'ailleurs quelques vidéos étonnantes, notamment un incroyable saut depuis le haut de l'église Notre-Dame de Paris.
NB : je décommande fortement d'essayer ce genre de choses qui, outre le fait qu'elles sont parfaitement illégales, sont extrêmement dangereuses (la plupart des tentatives de sauts depuis la Tour Eiffel se sont terminées à la morgue...).
18 mai 2006 à 12:23 - par Cyril Fievet - dans
parachutisme
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47% de croissance
Une édifiante étude de Nielsen/NetRatings (PDF) établit que les 10 principaux "réseaux sociaux" en ligne ont connu une croissance annuelle moyenne de 47% (en nombre de visiteurs).
Au delà du classement, qui met surtout en lumière la phénoménale progression de MySpace (+367%) et de MSN Spaces (+286%), on peut relever deux points essentiels, à mon avis :
1. Le total des 10 premiers services dépasse 100 millions de visiteurs uniques par mois (un peu moins de 70 millions de personnes en dédupliquant). Et comme ce Top 10 ne comprend pas d'autres services pourtant très populaires (Friendster, LinkedIn, etc.), on peut penser que le total est largement supérieur. Comme le note un responsable de Nielsen/NetRatings, ces sites sont devenus "la TV réalité de l'Internet" et le public est massivement attiré par ce contenu.
2. Les blogs sont mélangés au reste. Cela pourra choquer les puristes, mais ça me paraît très logique. Je pense depuis longtemps que le blog en tant que tel (et surtout en tant que format) va progressivement disparaître, ou plus exactement se fondre dans des services plus vastes. Plutôt que de "blogs" (trop précis), ou de "réseaux sociaux" (trop vague), il convient à mon avis de parler "d'espaces personnels", mélangeant pèle-mêle des sites dans lesquels s'expriment - et socialisent - des individus, par le biais d'outils divers incluant des textes, des vidéos, des photos, etc.
(Via Social Software Blog)
- par Cyril Fievet - dans
internet
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Zazon
Elle est jeune, jolie et... complètement déjantée. C'est Zazon, la vidéoblogueuse dont tout le monde parle (découverte pour ma part via Etolane). Quelque part entre Baffie et Lafesse, une nouvelle (blogo) star semble être née...

16 mai 2006 à 19:10 - par Cyril Fievet - dans
internet
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Blogs policiers et militaire
Via Blogonautes, je découvre ces trois blogs tenus par des policiers français en activité. Bon, cela relève probablement davantage d'une opération de communication (dans le cadre du recrutement de la Police Nationale) que d'initiatives spontanées, mais ça pourrait tout de même être intéressant.
Exemple, sur le blog de Willy, capitaine de police à la BAC, racontant le match OM/PSG :
Un inconscient traverse les groupes de supporters adverses : très vite, il s'écroule sous les coups. Action ! Nous chargeons et le soustrayons au lynchage. Les projectiles nous atteignent : premier interpellé.
Ca sent le "vécu"... Les commentaires sont probablement filtrés, mais on ressent une volonté de répondre aux questions des internautes, ce qui est déjà pas mal.
A noter aussi l'existence d'une sorte de forum, animé par un technicien de la police qui répond aux questions des internautes sur la série TV Les experts.
(Un peu) dans le même genre, je lis depuis plusieurs semaines le blog d'Emmanuel de Richoufftz, à ma connaissance le seul militaire français qui tienne un blog. S'agissant en outre d'un Général, doté d'un certain franc-parler, le blog est loin d'être fade. Extrait du dernier billet :
Ligne 6, en soirée, assis dans un wagon au milieu d’autres voyageurs, perdu dans ses pensées, il écoute son MP3. Cinq "jeunes" embarquent bruyamment. Je les imagine, sans titre de transport, sautant le portillon d’accès de la station sous le regard fuyant du guichetier de la RATP. Et pour quelles raisons aurait-il fait une remarque ? La resquille, qui grève le budget de la société, ce n’est pas son problème ! Le MP3 change de main, sous la menace. Personne ne bronche et évite les regards : cela fait plus de vingt ans, que de petits renoncements en lâchetés successives, nous laissons le champ libre à la voyoucratie…
Il faut reconnaître que tout cela tranche un peu avec ce qu'on lit le plus souvent dans la blogosphère. Et, quoi qu'on en pense, cela confirme que les blogs sont à la disposition de tous et de toutes et qu'ils permettent à des gens que l'on n'entendait pas jusque là de s'exprimer...
- par Cyril Fievet - dans
internet
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Google Trends
Via Waxy, je découvre un nouvel outil proposé par Google, Google Trends, qui permet de visualiser l'évolution dans le temps des recherches sur un mot clé quelconque à partir du moteur. L'outil est simple, mais présente un défaut majeur : les graphes ne comportent aucun élément quantitatif. Des courbes sans chiffre, donc, ce qui est vraiment curieux. Tout au plus cela permet-il de mesurer des tendances, mais de façon forcément très relative.
Malgré tout, on constate des évolutions intéressantes, par exemple en comparant l'évolution des recherches portant sur quelques termes en vogue sur le Web d'aujourd'hui :
Recherches portant sur le mot "blog" :

Recherches portant sur le mot "podcasting" :

Recherches portant sur le mot "wiki" :

L'évolution des tendances sur ces trois mots ne correspond pas forcément à l'idée qu'on pouvait s'en faire...
11 mai 2006 à 09:14 - par Cyril Fievet - dans
internet
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Feedback 2.0
J'ai (rapidement) testé la version beta de Feedback 2.0, un nouveau service français, créé notamment par le pétulant Stéphane Lee. Il s'agit d'une plate-forme logicielle, destinée aux entreprises et leur permettant de recueillir les commentaires/souhaits/suggestions de leurs clients. Chaque entreprise crée ainsi son propre espace, qui s'alimente des contributions des internautes.
Chaque site se présente comme un gros blog ouvert à tous (chacun publie ses impressions, elles-mêmes commentables par d'autres), assorti d'un "digg-like" permettant de noter les idées soumises. Côté navigation, tout y est : tags, classement par popularité, par votes, etc. A mon avis, le service pourrait sans doute être un peu simplifié, pour mieux faire ressortir certaines choses, mais l'ensemble est bien réalisé.
En dehors du fait que le côté "2.0" devient un peu gavant (et aura de moins en moins de sens, à l'instar du "N" de NTIC), Feedback 2.0 me paraît un très bon projet. On peut arguer que tout cela s'apparente fortement à des forums, mais ceux-ci sont tout de même réinventés en profondeur. On pourrait aussi penser qu'une entreprise peut créer elle-même un blog destiné à faire s'exprimer ses clients ou prospects, mais l'expérience montre que ce n'est pas si simple. Et puis, pour une fois, il y a un vrai modèle économique derrière ce projet : une entreprise paie pour une plate-forme "clé en main" lui permettant de recueillir et d'analyser les témoignages des consommateurs (et j'imagine que les initiateurs du projet ont prévu des services complémentaires, facturés en sus).
Sur le fond, l'outil s'inscrit dans une forte tendance, qui consiste à demander leur avis aux internautes. C'est plus nouveau que ça en a l'air. Je rapprocherais ça du nouveau blog de Libération, ouvert aujourd'hui et qui, en vertu d'une démarche qui semble se généraliser, propose à ses lecteurs de publier leur ressenti sur "la fin de l'ère Chirac". Certaines des contributions sont publiées sur ce blog collaboratif, qui peut aussi s'enrichir des commentaires des internautes.
Des entreprises et des médias davantage à l'écoute des consommateurs et des citoyens, c'est peut-être tout simplement ça, la "révolution 2.0".
9 mai 2006 à 19:10 - par Cyril Fievet - dans
internet
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IndieKarma
IndieKarma est un nouvel outil de micropaiement destiné prioritairement aux blogs, qui me semble particulièrement intéressant. Son principe de fonctionnement est simple : le blogueur installe gratuitement un script sur son blog, tandis que les internautes (ou blogueurs) créent un compte sur IndieKarma qu'ils alimentent à leur guise. A partir de là, chaque fois qu'un membre IndieKarma visite un blog, il verse un cent au blogueur concerné.
L'outil vise donc à créer un mode de rémunération (et de soutien) simple et fonctionnel, permettant aux blogueurs d'être "dédommagés", sans que cela ne représente des montants dissuasifs pour les visiteurs du blog.
Jason Kottke a publié une très bonne analyse du potentiel (et des faiblesses) de l'outil. Je la partage globalement, avec quelques différences.
Les points positifs
. Pour le blogueur, les montants générés peuvent être significatifs et sans doute plus intéressants que les autres méthodes existantes pour générer quelques revenus (Google Ads, par exemple). A titre d'exemple, si tous mes visiteurs utilisaient ce dispositif, je serais presque riche : mon blog génère environ 3.000 visites/jour, soit 30$/jour ; de cela se déduiraient les cents que je verse moi-même aux blogs que je visite, mais il est probable que, en net, je sois bénéficiaire de près de 10$/jour, soit 300$/mois).
. Pour les lecteurs, les montants restent faibles. Un internaute qui visiterait chaque jour une dizaine de blogs (ce qui est déjà beaucoup) leur verserait au total 10 cents, soit 3$ par mois, c'est-à-dire moins que le prix qu'il paie pour un magazine mensuel.
. Le système présente principalement la vertu d'une logique en forme de récompense : plus je visite un blog (donc plus j'y trouve de l'intérêt), et plus je participe à son financement. A l'inverse, un tel système dissuade d'aller voir les blogs que l'on n'aime pas (mais qu'on se force parfois à lire...).
. J'ignore dans quelle mesure c'est vrai, mais on peut penser que le dispositif pourrait constituer un frein au spam, dissuadant les robots qui visitent les blogs en grand nombre pour y laisser des commentaires pourris.
Les points négatifs
. Le principal problème de IndieKarma provient pourtant de sa logique. Comme on le sait, ce n'est pas l'appât du gain qui motive la plupart des blogueurs, et l'immense majorité d'entre eux ne tirent aucun revenu de cette activité. On peut craindre que la généralisation d'un dispositif "d'intéressement" ne change un peu cela.
. Le système manque un peu de souplesse, comme le relève Kottke qui préférerait pouvoir choisir lui-même les montants versés par ses visiteurs, mais cela ne me semble pas être un vrai problème.
. IndieKarma est malgré tout un nouvel intermédiaire dans tout cela. L'entreprise prélève 25% des sommes versées aux blogueurs. Outre le fait que, généralisé à un très grand nombre de blogs, il pourrait s'agir au total de sommes considérables, cela présente toujours un risque de confidentialité et de sécurité des bases de données ainsi créées. Après tout, le système permet à IndieKarma de savoir avec précision quel internaute visite quel blog et à quelle fréquence...
Au total, je ne suis pas sûr des effets bénéfiques, à long terme, de la généralisation du dispositif. Il est certain que pour porter des résultats significatifs, un grand nombre de blogueurs et d'internautes doivent l'utiliser, donc se pose un problème d'oeuf et de poule.
Mais le modèle défendu par IndieKarma a malgré tout du sens. En fait, il poursuit la logique des Google Ads et autres réseaux de publicités par mots-clés, en la poussant jusqu'au bout, mais aussi en la rendant plus juste et plus équitable. Le système donne également davantage de pouvoir aux utilisateurs (je verse des petites sommes aux blogs que j'apprécie et, en tant que blogueur, ce sont mes visiteurs qui m'encouragent).
On peut d'ailleurs imaginer que des choses similaires soient transposées à d'autres domaines. La musique par exemple : plutôt que de payer pour ce que je télécharge ou possède, pourquoi ne pas verser des micro-montants, directement aux artistes dont j'écoute la musique, à chaque fois que je l'écoute ?
Même s'il paraît déplaisant de sortir ainsi du modèle "tout gratuit" qui a prédominé dans la blogosphère, le modèle me semble malgré tout pertinent. Et je ne serais d'ailleurs pas étonné de voir un jour de gros acteurs d'Internet proposer des dispositifs similaires.
8 mai 2006 à 15:14 - par Cyril Fievet - dans
internet
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Grand Challenge en ville
J'ai parlé plusieurs fois du "Grand Challenge", une compétition organisée par la DARPA dont l'objet était de développer des véhicules robotisés autonomes, capables de parcourir sans intervention humaine une grande distance dans le désert. Le "défi" avait été remporté l'année dernière.
La DARPA a annoncé cette semaine son prochain "Grand Challenge", qui aura lieu en 2007. Il s'agit cette fois pour les équipes en compétition de réaliser des voitures capables d'effectuer un parcours urbain. Les véhicules robotisés devront parcourir un peu moins de 100 km, en moins de 6 heures, dans une ville. D'après cet article de MSNBC, les véhicules seront en situation réelle et devront respecter la signalisation, s'insérer dans le flux des autres véhicules, éviter les obstacles, et même savoir effectuer un créneau. Le gagnant remportera 2 millions de $. Ca promet d'être fun.
6 mai 2006 à 13:17 - par Cyril Fievet - dans
robots
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Tous fichés
Un remarquable article dans le Guardian, décrivant les risques inhérents au fichage des individus et à la multiplication des bases de données contenant des informations personnelles.
Le point de départ de l'article est un morceau de carte d'embarquement : ce qui reste quand on a pris l'avion, un vulgaire bout de papier de quelques centimètres carrés auquel, une fois sorti de l'avion, on ne prête pas plus d'attention qu'à un ticket de métro usagé.
Pourtant, le journaliste du Guardian est parti d'un tel morceau de papier, trouvé dans une poubelle dans un aéroport, pour chercher des informations sur le possesseur de la carte d'embarquement. Le résultat est sidérant :
"En n'utilisant que des bases de données en accès public, nous étions capables - en 15 minutes - de savoir où il vivait, qui vivait avec lui, où il travaillait, dans quelles universités il avait fait ses études et même combien lui avait coûté la maison qu'il avait acheté deux ans auparavant".
Bon, il faut tout de même préciser que la recherche a été grandement facilitée par une faille de sécurité sur le site Web de la compagnie aérienne concernée, British Airways. A partir des seules informations de la carte d'embarquement (nom, prénom et numéro de "Frequent Flyer"), il était possible d'accéder à toutes les données de la personne (y compris son numéro de passeport), d'acheter des billets à son nom, et même de modifier toutes ses informations - le tout sans mot de passe. Incroyable. Bien évidemment, la faille a été corrigée avant publication de l'article, mais ça fait tout de même froid dans le dos.
Du reste, outre cette anecdote, l'article détaille les mesures destinées à lutter contre le terrorisme (et permettant de justifier les obligations faites aux compagnies aériennes de stocker de nombreuses données personnelles) et aborde aussi un peu les risques liés aux puces RFID qui vont très prochainement équiper les passeports dans plusieurs pays.
Sans sombrer dans une parano "Big Brother", tout cela est parfois inquiétant et mérite qu'on s'y intéresse...
- par Cyril Fievet - dans
technologie
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PoliticShow
Une bonne initiative, menée par trois blogueurs réputés : le PoliticShow se présente comme une "fenêtre d'expression politique citoyenne". Concrètement, il s'agira d'une émission vidéo mensuelle, diffusée en plusieurs formats (Web, podcast, etc.) et consacrée à la campagne présidentielle. L'émission présentera des "discussions 'à bâtons rompus' avec les candidats avérés ou pressentis à cette élection".
La démarche est intéressante, d'autant que cette campagne, dont on sait déjà qu'elle sera "très Web", pourrait marquer une forme de concurrence entre médias traditionnels et "médias citoyens", avec un détail notable : les podcasts ne seront pas comptabilisés dans les temps de parole des candidats respectifs.
Je me demande tout de même s'il n'y a pas un risque d'overdose médiatique, pour les candidats d'une part (qui, outre leur blog et podcast personnels, vont être très sollicités par des citoyens-blogueurs) et pour les citoyens d'autre part (qui, entre les médias, les blogs et les podcasts, et tout le bruit qui sera généré autour, risquent vite d'être submergés).
J'avais très peur de cette campagne électorale, que je craignais ennuyeuse, tendance pitoyable, mais elle pourrait en fait être plus amusante que prévu...
A suivre.
Bonne chance à Nicolas, Benito et Valerio pour le lancement de PoliticShow !
4 mai 2006 à 13:30 - par Cyril Fievet - dans
internet / société
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Retour à la normale
J'ai décidé ce matin d'en finir avec le blocage que j'avais été contraint de provoquer il y a trois jours : le site pointblog.com a été rétabli (il pointe vers pointblog.info).
Pourtant, rien n'a changé dans la situation dont soufrent les collaborateurs de la société Pointblog. A ma connaissance, rien n'a été fait, et personne n'a bougé un petit doigt pour procéder au règlement de ces collaborateurs, dont je rappelle que certains attendent d'être payés depuis plus de six mois, et tous depuis plusieurs mois.
Je n'ai pas non plus rétabli la situation par "crise de culpabilité". Comme je l'ai déjà dit, j'avais choisi une méthode brutale et pas très élégante, mais je ne regrette rien, d'autant que je ne suis la cause de rien dans cette histoire. Au passage, je précise que je n'ai rien "volé", ni "piraté". Le nom de domaine appartient à la société Pointblog (dont je suis associé-fondateur). En vertu du contrat qui me lie à mon associé, la société devait entreprendre il y a un an les démarches nécessaires pour effectuer la modification nécessaire en terme de propriété. Rien n'a jamais été fait dans ce sens. Je ne me suis donc jamais opposé au transfert du nom à la société Pointblog, et je ne m'y opposerai jamais. Mais, en tant qu'associé de l'entreprise, je vois mal ce qui m'interdirait de demeurer gestionnaire du nom. Par ailleurs, je n'ai piraté aucune adresse email. Seul un débutant sur Internet peut ignorer que lorsque un nom de domaine est globalement redirigé vers une autre URL, les adresses email qui y sont attachées cessent de fonctionner...
Pour en revenir à ma décision, si j'ai débloqué la situation, c'est parce que cette "mini-affaire" s'est désormais portée sur un terrain de jeu sur lequel je n'ai pas envie de jouer. Quand je lis les billets de certains de mes (anciens) proches collaborateurs, dont certains que je considérais jusque là comme des "amis", je me dis que je ne suis pas de taille à lutter.
Quand on sait ce que je sais, quand on a lu ce que j'ai lu, ou entendu ce que j'ai entendu, on trouve tout ça tellement dégueulasse qu'on n'a pas très envie d'aller sur cette voie puante. Pour continuer à tenir ma place dans ce jeu où le mensonge le dispute à la mauvaise foi, où le chantage affectif fleurte avec la déraison, il me faudrait tout déballer. Sortir des centaines de mails, raconter des dizaines de conversations privées, montrer le vrai visage de quelques "innocents les mains pleines" et autres "irréprochables" salauds qui m'ont accompagné dans cette aventure.
Et je n'ai pas, ou plus, envie de ça.
Que celles et ceux qui m'ont toujours soutenu, sans faille, comme de vrais amis, se rassurent : je vais bien. Je ne suis ni aigri, ni fatigué, ni déprimé, comme certains tentent de le faire croire avec insistance auprès de mon entourage. J'ai simplement très envie de passer à autre chose. Et je n'ai d'ailleurs pas vraiment le choix. Depuis le 1er janvier 2006, l'aventure Pointblog/Netizen m'aura rapporté au total 1.822 euros, pour environ six mois de travail à plein temps. Je ne cherche pas à jouer les victimes, d'autant que d'autres ont beaucoup plus de talent que moi pour ça et, surtout, que j'ai vraiment été le dernier des cons dans cette aventure. C'est sûr, on apprend à tout âge. Mais il est temps pour moi d'arrêter ces conneries et de trouver un "vrai" travail, avec de vrais professionnels - et un vrai salaire. Je m'y emploie.
Je tiens à m'excuser auprès de celles et ceux que j'ai entraîné avec moi dans cette galère. J'espère que vous serez payés pour votre travail. Un jour, sans doute, lorsque "sa majesté de la blogo" en aura décidé ainsi, vous serez sans doute payés. Mais battez-vous, tout de même !
Voila, la vie continue. Les vertus de cette minuscule "affaire" auront été bien réelles pour moi, malgré tout. J'ai découvert que je pouvais encore beaucoup me tromper sur les gens. J'ai procédé à un bon tri dans le cercle de mes amis (qui s'est élargi au passage, malgré tout). Et j'ai rencontré quelques très beaux spécimens de salopards, ce qui est toujours instructif - à défaut d'être plaisant.
Messieurs, je vous rend votre joujou, "votre" pointblog.com. Bonne continuation.
3 mai 2006 à 21:47 - par Cyril Fievet - dans
perso
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Lavage de linge sale
Pour ceux que cela intéresse, quelques explications sur la situation chez Pointblog :
. Sur la redirection
Oui, j'ai décidé de rediriger le nom de domaine pointblog.com, dont je suis techniquement propriétaire, afin de faire pression sur Christophe Ginisty pour obtenir le règlement des collaborateurs de la société. J'ai décidé ça tout seul, comme un grand, et je ne le regrette nullement. J'admets volontiers que cette décision n'est pas élégante. Au moins a-t-elle le mérite d'être clair.
. Sur la surprise
Je n'ai nullement agi par surprise, bien au contraire. J'avais prévenu, plusieurs fois (par email et de vive voix), Christophe Ginisty et Gilles Klein, que j'agirai "à la fin du mois" si tout le monde n'avait pas été payé. Il se trouve que la fin du mois tombait ce week-end.
. Sur les retards de paiement
Lire Ginisty assurer que "tout le monde a été payé régulièrement" ne manque pas de sel. Toute l'année 2005, l'ensemble des collaborateurs de Pointblog ont dû se battre pour être payés, moi compris. Des dizaines de mails en attestent. En moyenne, les collaborateurs de la société ont été payés avec 2 à 3 mois de retard, quand ils ont été payés (cf. ci-dessous). Personnellement, n'ayant pas beaucoup d'autres sources de revenus, j'ai été plusieurs fois dans une situation proche de la merde noire, et c'est évidemment encore bien pire aujourd'hui.
. Sur l'ambiance
L'ambiance de travail s'en est évidemment ressentie et la société s'est plusieurs fois trouvée dans une situation de blocage, certains ayant même proposé plusieurs fois de faire "grève" (cela aurait toutefois supposé que des contrats de travail aient été établis, or la société Pointblog n'a jamais établi le moindre contrat de travail en 2005...). Pour l'anecdote, il faut savoir que début décembre, une réunion "officieuse" s'est tenue au domicile de Gilles Klein, avec 4 des cinq collaborateurs principaux de pointblog.com, tout le monde souhaitant le départ de Ginisty des commandes de la société, notamment en raison des difficultés éprouvées pour être payé. Bêtement, j'avais une fois de plus défendu Ginisty, espérant que les choses s'amélioreraient.
. Sur la réalité des paiements
A ce jour, à ma connaissance :
Marc-Olivier Peyer n'a jamais été payé (collaboration pendant plus de 6 mois sur pointblog.com + piges Netizen ; bien sûr, officiellement, le problème vient du fait qu'il est suisse ; comme chacun sait, il est très difficile pour une entreprise française de payer un collaborateur suisse ; Pour Pointblog, c'est impossible, même avec cinq mois de retard)
Chryde n'a jamais été payé, comme il le rappelle lui-même
Maxence Layet n'a jamais été payé (collaboration pointblog.com en décembre 2005/janvier 2006)
Colloborateurs de Netizen : les pigistes du numéro 1 ont été payés en avril (au lieu de février) ; la graphiste du numéro 1 n'a pas été payée ; les autres collaborations (numéros 2 et 3) n'ont pas été payées.
(Gilles Klein se plaint auprès de moi depuis plusieurs semaines de ne pas avoir été payé depuis des mois, mais j'ignore où cela en est)
. Sur le montage Netizen
Netizen est édité par Astrolabe et produit par Pointblog. Les collaborateurs du magazine travaillent donc pour Pointblog. Comme le savent tous les pigistes qui ont collaboré au magazine, un contrat a été signé entre eux et la société Pointblog qui est seule habilitée à les rémunérer, après leur avoir commandé les piges. Ce contrat, validé par Ginisty, prévoit que les pigistes soient payés "le mois suivant parution". Le schéma est dont très simple, et il n'y pas à tergiverser pendant des heures : Pointblog a commandé des articles qui ont été livrés et publiés - mais pas payés. Tout le reste n'est que bavardages.
Voilà. Tout ce qui précède, ce sont des faits, pas des délires d'innocents les mains pleines qui jurent, comme à leur habitude, qu'ils sont des patrons-modèles. On notera que je n'en profite pas pour "déballer" tout ce que j'ai à dire (car il y aurait beaucoup d'autres choses à dire). Je m'en tiens à ce qui a causé ce blocage.
Maintenant, sur la forme. Oui, ce que j'ai fait est critiquable. Non, je n'ai pris personne en otage ni commis d'acte "terroriste", ni agi contre les "employés de la société". Après avoir tout essayé, envoyé des dizaines de mails, essayé de raisonner qui de droit, je n'ai pas vu d'autre solution. J'ai utilisé le seul "levier" dont je disposais, pour que toutes les personnes qui ont travaillé pour Pointblog, et qui m'ont fait confiance dans cette aventure, soient payées pour leur travail.
Encore une fois, je ne regrette rien. J'estime qu'une société commerciale qui n'a pas plus de considération que ça pour les personnes qu'elles emploie ne mérite pas de vivre, ou en tout cas pas de se développer sereinement, comme si de rien n'était.
Un dernier mot pour les donneurs de leçons : je me moque foncièrement de ce qu'on pense de moi dans cette affaire. A toutes fins utiles, je rappelle juste que je suis le fondateur de pointblog.com, associé de la société Pointblog et donc co-propriétaire du site, auquel j'ai consacré trois ans de ma vie. Cela ne m'amuse pas qu'on en soit là aujourd'hui et croyez-bien que si j'avais pu faire autrement, je l'aurais fait. Alors merci de garder vos conseils fielleux pour vous.
En revanche, un grand merci à celles et ceux qui m'ont apporté leur témoignage de soutien tout au long de ce week-end. Ca fait toujours plaisir de voir qu'il y en a qui comprennent la réalité des choses.
1 mai 2006 à 19:17 - par Cyril Fievet - dans
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