Le podcast de Marine Le Pen

Devant le tourbillon blogosphérique entraîné par le podcast de Marine le Pen (produit par BuzzBazar), et sa suppression par Podemus (fondé par Bertrand Lenotre, un de mes amis, pour qui j'ai la plus grande estime), il me semble utile de rappeler quelques réalités :

1. Malgré ce que tentent de démontrer bon nombre d'imbéciles ou de salopards, il ne s'agit pas d'une censure, pour la bonne et simple raison que ce podcast a toujours été disponible en ligne. Il est accessible sur le site officiel du Front National, librement, gratuitement, et depuis toujours. Sachant que n'importe quel internaute peut accéder à ce podcast depuis qu'il a été réalisé, je vois mal comment on pourrait parler de censure.

2. Podemus a choisi de ne pas héberger ce podcast. C'est leur choix et en leur qualité de partenaire de BuzzBazar, il leur appartient de décider s'ils souhaitent associer leur marque et leur logo à une vidéo donnée. Au passage, certains arguent que Podemus ne se prive pas pour héberger les podcasts de la LCR. Même si c'était le cas, cela relèverait également de leur choix. Mais c'est faux, me semble-t-il. Les podcasts de la LCR sont référencés par Podemus (au même titre qu'ils le sont par Google), mais pas hébergés par Podemus. Ce dernier est à la fois un annuaire de podcasts et un hébergeur, les deux n'ont rien à voir et n'impliquent pas les mêmes responsabilités.

3. Qui est BuzzBazar ? Pour ma part, je l'ignore totalement. Et pour cause, le site est purement anonyme et l'identité de ceux qui le produisent n'est indiquée nulle part. Le nom de domaine BuzzBazar.com est lui-même déposé de façon anonyme (par une entreprise qui ne semble pas exister et dont on ignore même l'adresse postale). Je n'ai rien contre cette initiative, mais je trouve surprenant, pour ne pas dire troublant, qu'un site entièrement consacré au débat politique puisse ne fournir aucune information sur les personnes qui l'éditent. Et je trouve encore plus étrange que des dizaines d'individus, blogueurs ou commentateurs, croient subitement utile de prendre la défense de BuzzBazar, sans rien savoir sur ce site, au seul motif que le partenaire qui leur fournissait l'hébergement gratuit ne souhaite pas associer son nom au FN.

Bref, tout cela est très étonnant. Et même si je trouve que la suppression du podcast par Podemus est un peu maladroite, elle ne vaut certainement pas ces cris d'orfraie.

Sur le fond, il va aussi falloir qu'on comprenne qu'il ne suffit pas de doter des individus de quelques outils high-tech (une caméra DV et un blog) pour forcément révolutionner la vie politique française. Le podcast de Marine Le Pen m'a globalement paru sans intérêt et, en tout cas, très en deçà d'une autre interview, réalisée il y a quelques semaines par Thierry Ardisson. Vouloir participer au débat public, c'est bien. Mais à trop vouloir jouer les apprentis sorcier, les "blogueurs" (j'utilise les guillemets pour bien marquer que le mot ne veut décidément rien dire) risquent de sombrer dans l'un des deux excès prévisibles : 1/ produire du contenu sans aucune valeur ajouté et déjà amplement traité par les médias traditionnels ; 2/ devenir de simples instruments, servant la soupe à des personnalités politiques qui, elles, savent parfaitement communiquer et sauront utiliser à leur bénéfice ce nouveau vecteur potentiel que sont les blogs.

Un mot, pour finir, sur le billet de Ginisty relatif à cette affaire. En parfait "justicier", prompt à combattre toutes les censures, Ginisty se déclare "scandalisé". Bizarrement, il ne l'était pas dans l'affaire de la (vraie) censure des caricatures danoises qui, elles, avait pourtant d'autres conséquences. Pourquoi ce soudain intérêt pour une censure qui n'en est pas une ? La raison en est toute simple : Ginisty déteste Bertrand Lenotre. Bertrand est d'ailleurs l'une des seules personnes à n'avoir toujours pas été réglée pour ses prestations sur pointblog.com (ses règlement sont en attente depuis février dernier, ce qui donne lieu à quelques échanges assez tendus, comme on l'imagine). Le billet de Ginisty, d'une mauvaise foi dramatique, n'est donc qu'un vil règlement de compte. Il y a même une triple ambition dans ce tir sur ambulance : écorner l'image (jusque là excellente) de Podemus, se "faire" Bertrand Lenotre, et égratigner au passage Loïc Le Meur, dont on sait qu'il soutient Podemus depuis l'origine (et dont je suis bien placé pour savoir combien il attise la jalousie de Ginisty). Tout cela est pitoyable et méprisable.

Comme quoi, cette (toute petite) affaire aura eu l'intérêt de montrer que la blogosphère française manque, encore et toujours, de mesure, d'intelligence et d'honnêteté.

5 juillet 2006 à 20:39 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / internet
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Orange, ô désespoir

Client Orange depuis quelques années, j'ai résilié mon abonnement récemment et basculé sur un autre opérateur, SFR. Il n'est pas inintéressant de détailler la manière - pas du tout indolore - dont s'est effectué ce transfert de ligne.

. Pour tenter de conserver mon numéro de mobile Orange, j'ai suivi la démarche ad hoc, prévue par la loi : j'ai envoyé en novembre à l'opérateur une lettre (recommandée avec accusé de réception) indiquant ma décision de résilier, et demandant un "bon de portage". Ce document est nécessaire pour conserver son numéro de mobile en changeant d'opérateur.

. Une semaine après avoir envoyé ma lettre, je reçois sur mon mobile un SMS émanant d'Orange, puis un deuxième, identique :

"URGENT. Afin de traiter votre résiliation, des informations me sont nécessaires. Merci de me contacter au xxx"

Fichtre. C'est "URGENT", ça paraît émaner d'une personne et non d'un robot... Quelle erreur majeure ai-je donc commis dans ma demande de résiliation ?

. J'appelle le numéro indiqué. Ou plutôt, j'essaie. Une, deux, dix fois, à toute heure du jour. Impossible d'obtenir quelqu'un, ni même d'être mis en attente : un message laconique m'explique que ce n'est même pas la peine de m'entêter : il n'y a pas de conseillers disponibles. Le message enjoint à se rendre sur le site Web de l'opérateur, sur lequel je dispose d'un accès personnalisé, comme tout client. Je rentre dans mon espace privé, mais rien : pas de message, pas d'explication.

. Cette première étape est édifiante. Si on résume : en réponse à un courrier papier, on m'envoie un SMS sur mon mobile, m'invitant à appeler un téléphone fixe, sur lequel c'est un répondeur qui m'envoie vers un site Web. Le tout ayant pour résultat de ne pas faire progresser mon affaire d'un iota. Etonnant.

. Le lendemain, je persiste à tenter de joindre le fameux numéro, en rappelant incessamment jusqu'à ce qu'un humain décroche. Au bout de quelques heures, j'y parviens. Je tombe alors sur une commerciale d'Orange, qui m'explique, en substance, qu'elle a besoin de savoir pour quelles raisons je veux résilier mon abonnement... Aucune véritable urgence, donc, ni aucun problème avec ma demande. Juste une commerciale, qui cherche à me convaincre de rester, me détaille les nouveaux forfaits et m'annonce qu'elle peut doubler mes points fidélité si je reste. Hallucinant.

. La brave dame, à qui j'explique rapidement que ma décision de quitter Orange est bel et bien prise, m'assure que je vais recevoir mon bon de portage, "dans les jours qui viennent". J'attend, donc. Trop, sans doute.

. Environ deux mois après l'envoi de ma lettre (donc plus de six semaines après ma conversation avec la commerciale d'Orange), toujours rien reçu. Et puis, un beau jour, ma ligne est coupée. Cela, bien sûr, sans en avoir été prévenu le moins du monde au préalable : pas de SMS, pas d'email, pas de courrier. Juste un mobile devenu inutilisable, du jour au lendemain. Désagréable.

. Le jour même, j'appelle à nouveau le service d'assistance de l'opérateur. Mon correspondant m'explique que la procédure est "normale" et, quand je lui demande s'il est également "normal" de ne pas avoir reçu mon bon de portage, m'explique qu'il ne sait pas, que la personne qui s'occupe des bons de portage "n'est pas disponible" et qu'il faudra rappeler le lendemain. Confondant.

. Le résultat : après être resté une semaine sans mobile, j'ai changé d'opérateur sans bon de portage, et j'ai donc perdu mon numéro de mobile.

Dans un monde idéal, les choses seraient simples. Pour résilier un abonnement, j'irais sur le site Web de l'opérateur et via mon accès par identifiant personnel, je demanderais en deux clics (et sans aller à la Poste) ma résiliation et un bon de portage. A l'occasion, on me demanderait de remplir un formulaire court expliquant les raisons de mon départ. Un bon de portage me serait envoyé quelques jours plus tard. Le tout m'aurait pris 10 minutes et l'affaire aurait été réglée en 72 heures.

Au lieu de ça, j'ai perdu du temps, de l'argent et je suis encore plus mécontent d'Orange que jamais. La façon dont j'ai été traité, en tant que client, me semble s'apparenter à un véritable foutage de gueule. J'y vois une parfaite illustration de la manière dont certaines grandes entreprises, qui disposent des outils les plus modernes qui soient pour gérer (mal, si mal) leurs relations clients, ont totalement perdu le sens du service commercial, au profit du marketing et, parfois, au détriment de la loi.

Ceci dit, mon agacement est tout de même tempéré par le plaisir que j'éprouve à ne plus être client d'Orange. J'ignore encore si SFR sera très différent, mais j'en suis pour l'instant satisfait, depuis une dizaine de jours que j'utilise le service : pas reçu de spam SMS (devenus fréquents chez Orange), bien meilleure réception depuis mon domicile, meilleure couverture dans le métro parisien et, pour l'instant, moins de coupures de ligne. Pourvu que ça dure. Seule certitude : je ne serai plus jamais client d'Orange.

4 mars 2006 à 09:44 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / technologie
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Ecoeurement

Consterné de lire dans cette dépêche AFP :

"Les criminels (auteurs des caricatures) n'échapperont pas à la punition des peuples musulmans, qui sont prêts à se sacrifier pour notre prophète", a tonné, en haranguant la foule, Yasser Mansour, un cadre du Hamas qui vient d'être élu député lors des législatives, remportées haut la main par le groupe islamiste palestinien.

Scandalisé d'y lire encore, quelques lignes plus loin :

"Nous n'acceptons pas les +regrets+ exprimés par le Danemark. Ceux qui ont publié ces caricatures doivent avoir la tête tranchée, nous n'accepterons pas moins que cela", a lancé le prédicateur de la Grande mosquée de Gaza lors de son prêche.

Abasourdi de lire ce billet de Koz, qui croit bon d'exprimer des excuses aux musulmans (S'excuser de quoi au juste ? D'avoir le droit de vivre dans des démocraties républicaines et laïques ?) :

Alors, je comprends ces musulmans qui se dressent, et je comprends les excès auxquels ils en viennent, puisque ce serait cela, l’Occident. L’Occident qui fait corps dans cette ridicule célébration de sa liberté d’expression. Quelle belle initiative que cette campagne pour assurer le choc des civilisations. Alors, en tant qu’occidental, et même si ma personne est bien dérisoire, je les présente, moi, mes excuses à nos frères musulmans.

Mortifié d'apprendre qu'un rédacteur en chef musulman a eu le courage de publier dans un hebdomadaire jordanien trois des caricatures incriminées, accompagnées d'un texte non moins courageux :

"Qu'est-ce qui insulte le plus l'Islam ? Un étranger qui dessine le prophète ou bien un musulman qui s'accroche une ceinture d'explosifs à la taille et se suicide au milieu d'une cérémonie de mariage à Amman où n'importe où ailleurs ?"

... et d'apprendre le jour même que le journaliste en question vient d'être limogé, son journal étant instantanément retiré de le vente.

Atterré de lire les déclarations mielleuses et outrageusement diplomates de nos dirigeants, Chirac et Villepin en tête :

Certes, a souligné Jacques Chirac, «le principe de la liberté d'expression constitue un des fondements de la République». Mais, comme l'avait estimé un peu plus tôt, le Premier ministre Dominique de Villepin, il faut savoir «concilier l'exigence de liberté et l'exigence de respect», en évitant «tout ce qui blesse inutilement et en particulier dans le domaine des convictions religieuses».

Tout cela est déraisonnable, hallucinant, scandaleux, déprimant. Quel est ce monde de dingues dans lequel nous vivons ?

3 février 2006 à 20:37 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / société
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"Oui, on a le droit de caricaturer Dieu"

caricature_dieu.jpg

Je suis pour la liberté d'expression et pour la liberté de la presse. Et je trouve aussi surprenant que scandaleux qu'en 2006 et en France, un Directeur de publication d'un grand quotidien français puisse être limogé pour avoir re-publié des dessins humoristiques dans son journal.

(Dessin : © France-Soir)

2 février 2006 à 09:10 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / société
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Catalogue FNAC : pas de sciences à Noël

Reçu cette semaine le catalogue de Noël de la FNAC. Beau catalogue de 100 pages, passant en revue une multitude de cadeaux possibles, qu'il s'agisse de livres, CD ou produits électroniques.

Mais dans le cas des livres, la sélection du catalogue pour la rubrique intitulée "Science & Vie" me fait frémir. Seule et unique page consacrée aux sciences, sur les 20 pages dévolues aux livres, on pourrait s'attendre à une brillante sélection, pour grands et petits. On aurait pu espérer une liste démonstrative, instructive, mettant en lumière des sujets phares pour l'avenir, développant le goût pour l'innovation, célébrant les plus belles réalisations scientifiques, soulignant l'importance des enjeux de société qui s'annoncent... Que nenni.

Cette sélection est toute autre et se limite à sept ouvrages :
. Un livre illustré sur les chats *et* le Larousse des félins
. Un livre consacré aux cochons, un autre dédié aux arbres
. Un hommage aux écuyers du Cadre Noir de Saumur
. Deux livres érotiques, l'un dédié au pénis, l'autre aux fleurs érotiques

Et c'est tout. Voilà donc la liste des meilleurs ouvrages de l'année dans le domaine de la science, recommandés par le plus grand libraire de France à ses clients. Consternant.

Je ne critique bien sûr par les ouvrages en question, probablement tous formidables. Mais je vois hélas dans cette sélection une illustration tragique de l'idée que l'on se fait des sciences, de la technologie et de l'innovation dans ce pays.

27 novembre 2005 à 10:20 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / science
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Sur France 5

J'étais hier sur le tournage de l'émission "La planète des autres", qui sera diffusée dimanche soir sur France 5. C'est une émission mensuelle présentée par Yves Calvi, par ailleurs animateur de "C dans l'air".

L'émission de dimanche, accessible uniquement sur le câble, le satellite et la TNT, est consacrée à Internet. Mais attention, c'est du lourd.

Le sujet peut se résumer aux "dangers d'Internet" et il me semble qu'on a fait très fort en la matière. Je dois même avouer avoir hésité à quitter le plateau (n'étant pas versé dans les mélodrames télévisuels, je me suis abstenu, mais j'ai beaucoup souffert pendant tout le tournage, effectué dans les conditions du direct).

Les dangers d'Internet, donc. Un talk-show, avec six intervenants spécialistes de différents sujets, dont moi en "spécialiste" des blogs (étiquette qui me déplaît de plus en plus, sans parler du côté absurde de l'expression) et, surtout, Dominique Wolton en grand inquisiteur des dérives internetesques qui nous menacent. Le tout entrecoupé de reportages relativement longs sur des points particuliers.

Entendons-nous bien : faire ce genre d'émission est louable et sans doute nécessaire. J'aime Internet, dont je suis un observateur attentif - et l'un des modestes acteurs - depuis 10 ans, mais je suis aussi le premier à reconnaître qu'il présente des risques ou favorise des déviances qui ne sauraient être occultés. Du reste, les intervenants étaient tous de qualité et l'ensemble de facture très professionnelle.

Mais le résultat me semble terriblement - et inutilement - effrayant. Por-no-graphie, pé-do-philie, misère s-ex-uelle et sociale, internautes asociaux, rejet de la vie réelle, addiction aux jeux vidéo... tout y est passé, en un vaste amalgame qui, je le crains, conduira les téléspectateurs les moins avertis à penser que Internet, décidément, est un lieu de perdition, dangereux par essence, pour nos enfants comme pour nos sociétés qui vont mal.

Constater qu'on en est encore là en France, en 2005, me pétrifie. Par biens des aspects, j'ai eu pendant toute la durée du tournage (1h30) l'impression désagréable d'avoir été téléporté dans le passé, quelque part entre 1995 et 1999. Mêmes discours diabolisants, mêmes images choc, mêmes sujets, même incompréhension. Paul Virilio, jadis grand pourfendeur d'Internet, remplacé ici par Dominique Wolton, utilisant à peu près les mêmes termes pour souligner les dangers du virtuel, la nécessité de contrôler Internet et les multiples risques qu'il fait porter sur notre monde et nos chères têtes blondes. On a même eu droit à un reportage - lourd, moqueur et pourtant peu pertinent - sur les Otakus japonais, le même en version ratée que le très bon documentaire réalisé en 1994 par Jean-Jacques Beinex.

Bref, j'ai du mal à me rendre compte de ce que pourra retenir un téléspectateur de ce fatras. Mais je crains d'en avoir une petite idée, et que celle-ci soit très éloignée de la réalité d'Internet. Ce que j'écrivais il y a quelques semaines sur la fracture bien réelle entre Internet et les médias traditionnels, à commencer par la télévision, me semble plus que jamais d'actualité, hélas. A défaut de chercher à comprendre, on incrimine. A défaut de connaître le sujet, on en trace des contours grossiers à grands coups de dramatisation. Et au lieu de se poser les bonnes questions, en cherchant par exemple à savoir ce qui pousse trois millions d'adolescents à tenir un journal en ligne, ou à lire ce qu'il s'y dit, on répond de façon catégorique qu'il faut enrayer cette mécanique diabolique, s'inquiéter, censurer, contrôler, interdire.

Le clou final, si je puis dire, est peut-être la dernière intervention de Dominique Wolton, annonçant en fin d'émission que nous étions en train de vivre "une 2e bulle Internet" et que celle-ci allait exploser dès l'année prochaine. Le brave homme m'a semblé tellement à côté de la plaque dans quasiment tous ses propos que je n'ai pas trop insisté, mais comme je l'ai dit plusieurs fois ces derniers mois, je ne crois pas du tout à une 2e bulle, et je me réjouis au contraire de voir qu'un vent de renouveau potentiellement salutaire souffle sur le Web, en particulier en France. Mais, évidemment, parler de création de valeur, d'innovation, de dynamiques entrepreneuriales et de tout ce que pourraient apporter les technologies de l'information à ce pays s'il était moins con, tout cela était bien sûr hors sujet.

Le seul point positif dans tout cela était peut-être Yves Calvi, à qui je demandais hors antenne s'il serait prêt à faire la même émission, mais mettant cette fois en valeur les aspects positifs d'Internet, me répondant que oui. Et m'assurant qu'il s'intéressait beaucoup aux blogs et que ceux-ci présentaient sans doute des vertus. Ca fait toujours plaisir à entendre.

Mais malgré l'estime et la sympathie que j'éprouve pour Yves Calvi et son équipe, ou d'autres de mes confrères des grands médias, je crois bien ne plus du tout avoir envie de parler des blogs sur un plateau de télévision. Je préfère concentrer mon énergie sur d'autres choses, en résistant à la tentation de fuir à toutes jambes ce pays de crétins de voguer vers d'autres horizons.

15 octobre 2005 à 16:49 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / medias / perso
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Microcosmique

Etonnant combien je me félicite de ne pas avoir été à la grande réunion du microcosme bloguique parisien hier soir. J'ai beau chercher dans les différents compte-rendus de la soirée, ici, ou , je ne trouve qu'un savant mélange de vacuité et de fatuité.

La prime en la matière revient sans doute à cette admirable "prez", joyau parmi les joyaux, qui résume "l'avenir des blogs" tel que le voit le célébrissime "Dark Planneur", publicitaire-blogueur. Sur la forme, c'est terrible : la moitié des noms et/ou adresses cités comportent des erreurs (on appréciera l'expression "Gloagen VS Genesty", trois fautes sur deux noms de blogueurs, un joli score). Sur le fond, c'est pire : cette soupe, dont je crois pouvoir dire qu'elle est la plus mauvaise prose que j'ai lu dans les six derniers mois, conclut au bout de 12 pages que "le blog peut devenir un média alternatif". Sic.

Certes, n'ayant pas assisté à la "prez" orale qui accompagnait cette "prez" écrite, je ne peux juger que ce que je lis. Mais je ne suis pas certain d'avoir manqué grand chose.

J'en profite au passage pour informer mes collègues journalistes et autres organisateurs d'événements relatifs au monde des blogs que je ne souhaite plus accorder d'interviews ou intervenir à ce sujet. Ayant donné une bonne quarantaine d'interviews et une bonne douzaine de conférences sur ce thème dans les 12 derniers mois, je pense avoir fait mon comptant. Désormais, quand j'aurais des choses à dire au sujet des blogs, je le ferai ici ou sur pointblog.com.

Quand je constate le pitoyable traitement médiatique du phénomène des blogs, j'ai mal. Et quand j'assiste, pétrifié, au combat sans merci qui se livre entre superficialité et imbécillité, dans le but (vaguement) avoué de désigner le grand empereur du "royaume du blog", je me dis que j'ai de moins en moins envie de participer à ça.

Mon conseil du jour : les blogs, arrêtez d'en parler, lisez-les et ouvrez-en.

22 septembre 2005 à 11:53 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule
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Globat sucks

Pour en finir avec ces questions de migration serveur, un mot de la société chez laquelle nanoblog était hébergé auparavant, Globat. Cet hébergeur, considéré parmi les meilleurs, est l'un des plus connus aux Etats-Unis. Pourtant, le "service" qu'il "assure" se situe quelque part entre le mauvais et le catastrophique.

Le pire est peut-être la prestation d'hébergement mutualisé, quand il s'agit d'un blog sous Movable Type. Plusieurs fonctions de base de mon blog ne marchaient pas, à commencer par la mise à jour (!) et le postage de commentaires. Explications du service technique de Globat : MT est un logiciel qui consomme trop de mémoire serveur et lui en attribuer davantage risque de compromettre la qualité de service de l'ensemble du serveur, sur lequel, comme il se doit, de nombreux autres sites tiers sont abrités. J'ai tenté plusieurs fois de négocier, et de leur expliquer que le fait de ne pas pouvoir héberger chez eux un simple blog sous Movable Type n'était pas forcément dans leur intérêt, mais rien à faire. En gros, leur message était le suivant : changez d'outil de blog, ou bien changez d'hébergeur. J'ai choisi la seconde solution et suis désormais hébergé chez LivingDot, hébergeur plus ou moins spécialisé dans les blogs, notamment sous MT (pour l'instant, ça se passe bien ; pourvu que ça dure).

J'ai par ailleurs eu beaucoup d'autres problèmes avec Globat (encore d'autres hébergements chez eux, à commencer, hélas, par celui de mon adresse email principale) : maintenance serveur censée durer quelques heures et qui se prolonge plusieurs semaines (durant lesquelles le service n'est plus assuré près de la moitié du temps - plus de mails pendant des heures chaque jour) ; multiples spams commerciaux incitant à acheter de nouveaux produits et services chez eux ; coupure du service d'hébergement, jusqu'à plusieurs jours par mois, sans avertissement ni excuses à posteriori ; hotline en chat impossible à joindre une fois sur deux...

Pour être honnête, la qualité des service dépend fortement de la machine physique sur laquelle vous tombez : certaines sont quasiment vides, d'autres pleines à ras bord... Mais, globalement, c'est vraiment mauvais. Je ne recommanderais Globat à personne, pas même à mon pire ennemi (en fait si, je le recommanderais bien à mon pire ennemi, mais à lui seul).

D'une façon générale, et après avoir testé des dizaines d'hébergeurs au cours des 10 dernières années, je ne comprend pas qu'il soit si difficile d'en trouver de bons.

(à noter que Laurent a posté récemment un billet similaire ; en apparence, je lui ai piqué son titre, mais c'est le seul titre qui s'impose...)

28 août 2005 à 11:31 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule
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P2P : l'Adami a encore frappé

Une nouvelle fois, l'Adami nous gratifie des résultats d'une étude dont elle a le secret, sensée démontrer que la seule solution économiquement viable pour contrer le piratage de musique réside dans l'instauration d'une taxe payée par tous les internautes, en plus de leur forfait d'accès à Internet.

Cette fois-ci, l'étude est un sondage (ici en PDF), réalisé par Ipsos auprès de 1.000 internautes. A première vue, les résultats sont extrêmement clairs : "83% des internautes plébiscitent la proposition d'une redevance sur l'abonnement aux fournisseurs d'accès".

Mais il faut y regarder de plus près, pour constater qu'une fois de plus, l'Adami prend ses désirs pour une réalité.

La question principale du sondage est formulée ainsi :

"Le développement du téléchargement gratuit, entre autres via le peer-to-peer, représente une perte de rémunération pour les artistes-interprètes, les auteurs et les producteurs. Face à cette situation deux types d'actions sont envisageables, avec laquelle de ces deux propositions êtes vous le plus d'accord ? 1. Empêcher les internautes d'effectuer des échanges gratuits, y compris en les poursuivant en justice 2. Autoriser ces échanges en contrepartie d'une redevance sur l'abonnement aux fournisseurs d'accès"

Les bras m'en tombent, et je pense être poli en disant que l'Adami nous prend vraiment pour des cons.

Avec une telle question, fermée et ne proposant que deux choix - dont l'un est la prison - comment s'étonner que la majorité des répondants choisissent l'option 2 ? Et comment, après cela, parler de "plébiscite" pour cette option 2 ?

C'est un peu comme si on demandait aux internautes s'ils préfèrent qu'on leur crève un oeil ou qu'on leur coupe les deux jambes. Probable que la majorité choisirait de garder un oeil. Et l'on pourrait en conclure que "la majorité des internautes plébiscitent le fait de n'avoir qu'un seul oeil" ?

Soyons sérieux.

Le minimum syndical, en termes d'honnêteté intellectuelle, aurait été de rajouter une 3e réponse possible:
soit : "Ne sait pas",
soit, ce qui semblait plus logique : "Acheter sa musique en la téléchargeant au format électronique"

La 2e question du sondage n'est pas tellement mieux. On demande aux internautes quel prix ils seraient prêts à payer si l'on instaurait cette taxe. Le premier choix proposé, "0 euro", contredit la question posée et n'a pas, en toute logique, recueilli beaucoup de suffrages. Sans surprise, la majorité des internautes ont fait le 2e choix, c'est-à-dire la gamme de prix la moins chère dans les choix proposés ("1 à 5 euros").

Un peu comme si on demandait aux gens "On va créer un nouvel impôt. Combien êtes vous prêts à payer ? 100 euros, 1000 euros, 10.000 euros". Je crois avoir une idée, à vue de nez, de la répartition des réponses pour les trois choix. Mais, en l'occurrence, la méthode employée n'empêche pas l'Adami d'effectuer une moyenne des réponses, pour conclure que les internautes "sont prêts à payer 5,20 euros" pour télécharger leur musique, sans que l'on précise de quelle musique il s'agit, dans quelles conditions, etc.

L'existence de plates-formes de téléchargement légales n'est évoqué que succinctement dans ce sondage. On y apprend que près de la moitié des internautes ont déjà visité des sites de téléchargement payants, et que 50% d'entre eux ont trouvé ce qu'ils y cherchaient. Bien d'autres questions plus intéressantes auraient pu être posées, mais j'en retiens pour ma part que le seul problème des plates-formes légales, selon ce sondage, réside dans l'ampleur de leur catalogue - problème qui se résoudra forcément avec le temps.

Si j'étais artiste-interprète, je me soucierais donc davantage du fait qu'un organisme chargé de représenter mes droits fait tout pour que ma musique soit disponible sur les plates-formes de téléchargement légal existantes. Et je m'inquiéterais du fait que ce même organisme continue à essayer de démontrer, avec mauvaise foi, qu'une nouvelle taxe est la solution à tous les problèmes.

24 mai 2005 à 10:16 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / musique
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Du néologisme à la bêtise

La Commission générale de terminologie et de néologie" se déchaîne ces jours-ci, et propose de remplacer plusieurs termes et expressions techniques par des équivalents francisés.

Deux directives, l'une publiée dans le "Journal Officiel de la République Française" du 5 mai, l'autre dans celui du 20 mai, entérinent le fait que :

. Wi-Fi devient "ASFL" (Accès Sans Fil à L'internet)
. Hotspot Wi-Fi devient "Zone ASFL"
. Spammeur devient "Arroseur"
. MMS devient "Message multimédia"

. Malware devient "Logiciel malveillant"
. Blog devient "Bloc-notes", abrégé en "Bloc"

Je ne comprendrais jamais l'intérêt de telles démarches, qui consistent à remplacer des termes très usités, employés partout dans le monde et depuis des années, par des adaptations plus ou moins heureuses qui font perdre aux expressions une bonne part de leur sens, notamment étymologique. Tout cela est inutile, absurde et même totalement crétin.

Le pire est que ce "sport national" franco-français dure depuis longtemps déjà, et produit à échéance régulière des perles parfois risibles, parfois affligeantes. En faisant quelques recherches dans le JO, on trouve ainsi quelques autres décisions similaires et récentes, dans d'autres domaines. Par exemple, depuis décembre ou janvier, :

. SMS devient "minimessage"
. sitcom devient "comédie de situation"
. talk-show devient "débat-spectacle"
. streaming devient "diffusion en flux"
. post-it devient "papillon"
. playback devient "préenregistrement"
. flashback devient "retour en arrière"

L'exception culturelle française, dans ce qu'elle a de plus stupide.

22 mai 2005 à 13:04 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / technologie
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Vaticaneries

J'avais été consterné frappé hier par l'annonce de la mise en berne des drapeaux français, en signe de deuil pour la mort du pape. Mais je lis aujourd'hui dans Libération que l'on demande également et très officiellement aux préfets de se rendre à la messe :

"Villepin, dans son télégramme, donne l'ordre aux préfets d''assister au service funèbre organisé dans (leur) département par l'autorité ecclésiastique à la mémoire de sa Sainteté'. Le représentant de l'Etat pourra, 's'il le juge opportun', pousser la politesse jusqu'à 'effectuer une visite de condoléances auprès de l'évêque'."

Alors là, les bras m'en tombent. Mais qu'est ce que c'est que ces conneries ?

5 avril 2005 à 11:05 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / société
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Sur TF1

Je suis intervenu (très) brièvement dans un sujet consacré aux blogs du journal télévisé de TF1 (lundi 28/3 20h).

Je dois dire que je regrette de l'avoir fait. Le sujet - dont il me semble que c'était l'un des premiers consacrés aux blogs par un "grand" JT du soir - m'a semblé plutôt mauvais. Non seulement superficiel (comme il se doit) mais engagé (insistant lourdement sur des injures racistes/antisémites trouvées "par hasard" sur un blog...).

Certes, pour le journaliste en charge du sujet, expliquer les blogs en deux minutes à un public qui n'en connaît rien est un exercice difficile. Ca l'est d'autant plus lorsqu'il faut préparer dans l'urgence un sujet sur un thème dont on ignore tout et dont a choisi, tant qu'à faire, de l'égratigner au passage pour en souligner le côté risqué, dangereux ou illicite.

Mais au final, j'ai peine à imaginer l'idée que se fait des blogs un téléspectateur moyen ayant vu ce sujet. Je crains que les blogs ne sortent pas grandis de cette bouillie (était-ce le but recherché ?). Mais l'information télévisuelle non plus. Et à chaque fois que je regarde un journal télévisé (ce qui est de plus en rare), j'ai bien le sentiment de voir se creuser le fossé qui sépare deux générations, deux approches des médias ou deux modes d'information.

(Ceci dit, Delphine était très bien dans sa mansarde :)

28 mars 2005 à 23:52 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / perso
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Google News et les nazis

Perturbant. Il apparaît que le service Google News, qui agrège les actualités de multiples sources d'information, a ajouté depuis peu le site National Vanguard.

Or ce site (pas de lien, vous trouverez facilement ce torchon électronique en le cherchant) est bien davantage un site de propagande nazie qu'un véritable site d'information.

L'affaire est bien partie pour alimenter une sérieuse polémique, et la blogosphère au passage. LGF et Instapundit, pourtant très conservateurs, se sont déjà offusqués de l'arrivée de National Vanguard sur Google New, tandis que Jeff Jarvis exige - avec raison - que soit publiée la charte éditoriale selon laquelle les éditeurs de Google News choisissent manuellement leurs sources d'information.

Certes, le problème est complexe, et pose immanquablement celui de la liberté d'expression, du libre arbitre des lecteurs face à l'information (dont Google News n'est ici que le "distributeur"), et du choix sans doute délicat des sources "idéales" ou au moins acceptables.

Mais il y a tout de même des limites à ne pas dépasser. Et placer au même niveau, sur un site d'actualité, le New York Times, le Washington Post et des brûlots racistes et antisémites est tout simplement inadmissible.

UPDATE 29/3 : le site incriminé a été exclu de l'index Google News. C'est une bonne chose. Certains en profitent pour établir une liste de toutes les sources d'information utilisées par Google News.

23 mars 2005 à 14:43 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / medias
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Publicité censurée ?!?

Je n'avais pas eu le temps la semaine dernière de réagir à la censure de l'affiche publicitaire de Marithé et François Girbaud, évoquant "La Cène" de Léonard de Vinci.

la_cene_mfg.jpg

Mais je m'étonne surtout du peu de réactions que suscite cette décision, notamment dans la blogosphère. J'ai eu beau chercher, je n'ai trouvé qu'un blog français qui en parle (avec justesse et en s'inquiétant de ce "retour à l'ordre moral").

Alors quoi, personne n'est choqué qu'une association d'évêques puisse faire interdire une image (plutôt réussie, au demeurant), au motif qu'elle constitue "une injure faite aux catholiques" ?

Moi si. Et, parfois, je me demande dans quel siècle je vis.

21 mars 2005 à 12:48 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / société
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Musique et P2P, le faux débat

Il faut reconnaître que le Nouvel Obs a réalisé un joli coup en se présentant subitement comme le porte-parole des adeptes du P2P en France. La pétition lancée il y a quelques jours a déjà recueilli 27.000 signatures. C'est un joli score, d'autant que le texte de "l'appel", intitulé "Libérez l@ musique", tient en quelques lignes :

"A l'heure où des dizaines d'internautes vont bientôt passer en jugement pour avoir téléchargé des fichiers musicaux sur des logiciels P2P, nous dénonçons cette politique répressive et disproportionnée, dont sont victimes quelques boucs émissaires. Comme huit millions de français, au moins, nous avons, nous aussi téléchargé un jour de la musique en ligne et sommes donc des délinquants en puissance. Nous demandons l'arrêt de ces poursuites absurdes. Nous proposons l'ouverture d'un large débat public, impliquant le gouvernement, tous les acteurs de l'industrie musicale, tous les artistes, afin de parvenir à une meilleure défense du droit d’auteur, mais aussi les consommateurs afin de trouver ensemble des réponses équitables et surtout adaptées à leur époque."

Mais je me pose beaucoup de questions sur ce texte, la première étant de savoir de quel "débat" on nous parle.

S'il s'agit d'un débat du type de celui organisé par le même Nouvel Obs hier, sous la forme d'un chat entre les gentils internautes d'un côté et le méchant Hervé Rony, Directeur général du SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique), de l'autre, j'ai peur que nous n'avancions pas beaucoup.

La lecture de la retranscription de ce "débat", dont je me suis tapé l'intégralité, est en effet tout simplement consternante. Sur la forme, et sans être particulièrement vieux jeu, il me semble étonnant de lire sur le site d'un grand magazine autant de fautes de frappes et de français. Je veux bien qu'il s'agisse d'Internet, d'un chat, etc, mais à une faute par ligne, voire plus, il me semble qu'on est assez proche du "foutage de gueule" (ou à tout le moins, assez éloigné de l'idée que je me fais de la presse en ligne). Mais le plus grave est le fond : les questions des internautes sont quasiment toutes les mêmes, et frappent, c'est selon, par leur fausse naïveté, leur agressivité ou leur bêtise. Les arguments ressortis sont toujours les mêmes (en gros, les CD sont trop chers et les méchantes majors sont méchantes). Au passage, on note l'habituelle mauvaise foi, qui tente de convaincre sur le fait que la musique sur les plates-formes de téléchargement légales est "horriblement chère" ou que les albums y sont "plus chers qu'un CD acheté en grande surface" (ce qui est faux, comme je le disais précédemment).

Mais le pire est sans doute l'absence de proposition et de solution concrète. Et c'est bien ce qui m'inquiète dans le "large débat public" que nous promet le Nouvel Obs et ses signataires. Pour avoir assisté à pas mal de débats sur le sujet, j'ai pu constater qu'il n'y en avait jamais (de débat). Les ayants droits sont campés sur leurs positions et rappellent qu'ils ont la loi pour eux (ce qui est le cas). Les adeptes du P2P, eux, expliquent que la musique gratuite, c'est génial (ce en quoi on ne peut les contredire). Les deux clans sont tellement hermétiques que l'on a l'impression d'assister aux pires moments de politique politicienne (la question du P2P semble d'ailleurs s'être largement politisée ces derniers temps - c'est sans doute un autre problème).

Mais ce que je ne comprend pas, par dessus tout, c'est la difficulté qu'ont les différents acteurs impliqués, qu'il s'agisse d'opposants ou de partisans du P2P, à admettre quelques réalités :

A. La musique ne sera jamais gratuite
. Le P2P est un phénomène passionnant, mais il n'est pas généralisable tel quel, sans quoi il n'y a plus d'industrie musicale, donc plus de musique.
. Le P2P fonctionne parce qu'il constitue une alternative gratuite à quelque chose de payant. Le reste n'est que foutaises. (certes, il m'est arrivé de télécharger illégalement quelques titres parce que je ne les trouvais pas au format CD en magasin, mais ce n'est pas la majorité des cas qui concerne, elles, des titres que j'ai téléchargé pour ne pas avoir à les payer - prétendre le contraire est absurde)
. Les rares propositions (un peu) constructives qui visent à établir des taxes forfaitaires, prélevées par exemple auprès des fournisseurs d'accès, constituent autant de solutions aberrantes. Il me semble d'ailleurs urgent d'arrêter de penser dans ce pays qu'on peut résoudre tous les problèmes avec de nouvelles taxes.

B. Personne n'éradiquera le P2P
. Essayer de le faire est, de surcroît, une erreur majeure.
. Le P2P est une technologie, ayant entraîné différents usages, parmi lesquels seuls certains sont répréhensibles. Le P2P est d'ailleurs devenu un phénomène essentiel de l'Internet d'aujourd'hui, qui dépasse très largement la diffusion musicale.
. La condamnation de quelques internautes, et même la fermeture de sites proposant du téléchargement illégal, n'ont aucun intérêt. Au mieux, le seul effet que cette démarche (dite du "bâton") peut produire est le renforcement des solutions de P2P existantes, vers davantage d'anonymat et de non traçabilité des échanges.

C. L'alternative au P2P existe
. Les plates-formes de téléchargement légales sont l'unique alternative. Et qu'on arrête de diaboliser le DRM ; il n'y a aucune autre solution viable et le DRM est lui aussi, simplement, une technologie, avec laquelle on peut faire de très bonnes choses.
. Ces plates-formes fonctionnent, et fonctionnent même de mieux en mieux. Elles fonctionnent avant tout parce qu'elles offrent un service incomparablement meilleur - plus simple, plus rapide, plus ergonomique et de meilleure qualité - que ne le fait le P2P. C'est ce que soutient Steve Jobs depuis longtemps, et il a raison.


Pour autant, ces plates-formes peuvent être améliorées et doivent l'être très rapidement. Le principe est simple : il faut proposer une meilleur alternative aux internautes que le P2P, ce qui est déjà le cas, sauf sur deux aspects : l'étendue du catalogue et le prix (l'intéropérabilité est également un faux-problème). Ce prix ne sera jamais nul, mais peut être faible car ce mode distribution s'affranchit d'une grande partie des coûts traditionnels (liés aux supports physiques).

Les ayants droits et l'industrie du disque n'ont donc à mon avis que trois choses à faire :

1. Elargir les catalogues disponibles sur les plates-formes légales. Elles peuvent le faire car ça ne coûtera pas grand chose, même et surtout si elles enrichissent les offres actuelles avec des titres qui ne sont plus disponibles au format CD.

2. Baisser le prix de la musique au format fichier. Le prix de 0,99 euro la chanson est un bon prix de départ, mais il doit encore baisser très largement. L'équivalent d'un CD téléchargé ne doit pas excéder 3 à 5 euros dans les deux ans qui viennent.
(Je n'ai pas vraiment d'opinion sur le modèle de la musique en quantité illimitée en échange d'un abonnement mensuel forfaitaire - lui aussi illimité dans le temps -, mais j'ai l'intuition que ce modèle est commercialement voué à l'échec).

3. Soutenir les initiatives qui visent à faire connaître la musique sur le Web. Cela suppose, messieurs les censeurs, de ne pas se tromper de cible. Par exemple, la plupart des MP3 blogs font un travail remarquable et constituent même une nouvelle forme de diffusion (et de marketing) de la musique qui ne saurait être ignorée (et surtout pas interdite).

En faisant cela, l'industrie du disque n'éradiquera pas le P2P (ce qui n'a aucun sens, ni n'est souhaitable), mais elle fera perdre tout son attrait au piratage de musique (pour les films, c'est un autre problème). Et aucun (faux) débat ne sera nécessaire.

8 février 2005 à 18:45 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / musique
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Tsunami Spam

Reçu ce matin, ce spam calqué sur le modèle des email "nigériens", promettant des millions de dollars à qui répondra :

My name is FRANK HOOPMAN ; I am a victim of the recent Earthquake followed by the Tsunami that wrecked our whole society of Banda Aceh Province in Indonesia resulting in painful death of my Parents. [...] My Father and Mother owned a tourist resort and grocery store at No 71 Panglima Polim Street, Banda Aceh in Indonesia, it was visited by numerous tourists from different countries on Holidays each year but this tragic and devastating Tsunamis took the lives of my parents and many others. [...] I contacted my Parents Lawyer in Hague and he has confirmed to me that my Parents has the sum of 9Million Dollars deposited in savings in The Netherlands. [...] We have recovered the corpses of my Late Parents [...] I am hereby soliciting for your assistance in clearing my Late father's money...

Ces enfoirés de spammeurs n'ont-ils donc aucune pudeur ?

22 janvier 2005 à 15:56 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / internet
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Les robots au pilon

Je viens d'apprendre par l'un de mes éditeur - Presses Universitaire de France - que mon livre "Les robots" est un cuisant échec commercial. Comme l'écrit l'une des responsables de la collection "Que sais-je ?", dans laquelle l'ouvrage a été publié :

"le public curieux que nous avons sur d'autres titres de la collection n'a pas été attiré par ce thème"

Concrètement, à peine un peu plus d'un quart du tirage initial a été vendu. Soit moins de 1.500 exemplaires vendus, en deux ans.

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Et pour la première fois, je sens s'abattre sur moi le spectre terrifiant du "pilon". Pour ceux qui l'ignorent, le contrat d'édition qui lie un auteur à son éditeur prévoit qu'en cas de mévente (c'est-à-dire si le total des exemplaires vendus au delà d'une certaine date n'atteint pas un seuil donné), le stock est "pilonné". Un terme curieux - ô combien traumatisant pour un auteur - et qui signifie, plus simplement, qu'on détruit des centaines ou des milliers de livres.

Certes, je ne m'attendais pas - même en publiant dans une prestigieuse collection comme "Que sais-je ?", à faire d'un ouvrage généraliste sur les robots un best-seller. L'ambition - présenter un panorama synthétique de l'univers des robots à un public néophyte - était modeste. Et même si tout le tirage était épuisé, cela ne correspondrait qu'à un public limité.

Mais ce résultat est troublant, notamment dans les conclusions que l'on peut en tirer, selon des points de vue différents.

Pour un éditeur, il revient à considérer qu'il n'y a pas de public en France pour des ouvrages consacrés à la robotique ou aux robots. La France présente d'ailleurs, de longue date, une incongruité dans ce domaine, et cela ne risque pas de changer. Partout dans le monde, la littérature consacrée aux robots est vaste et diversifiée. Sauf en France. Quelques chiffres témoignent bien de cela. Une recherche portant sur le mot "robotique" sur Amazon France (livres en français) conduit à 77 résultats. Le mot "robot" conduit à 172 résultats. Les mêmes recherches sur la version américaine de Amazon conduisent à... 15.320 résultats pour "robotics" et 28.787 pour "robot" (!). Et plus de 2.000 de ces livres en anglais sont commercialisés sur Amazon France.

Pour un auteur, ou un simple observateur du marché de la robotique, ce constat conduit à admettre que le public français ne s'intéresse pas à l'émergence de machines de nouvelle génération, qui vont pourtant se répandre au sein des foyers. Et plus généralement, à admettre que le public français ne s'intéresse pas à l'innovation, quelle qu'elle soit. Qu'il s'agisse d'Internet, des blogs, de robots ou de nanotechnologie, la France est toujours en retard d'un train. Au mieux, la France est un pays de suiveurs. Au pire, et c'est ce qui va très probablement se passer pour les deux prochaines révolutions industrielles - robotique et nanotechnologie - la France manquera les trains qui pourraient la conduire à une nouvelle prospérité.

Beaucoup de gens tentent d'alerter l'opinion publique - ou les élites gouvernantes - de ce qui risque de nous arriver si nous continuons à craindre la technologie, à négliger de colossaux marchés émergents, et à ignorer que seule l'innovation crée de la valeur. Jean-Michel Billaut, qui fustige le dramatique "esprit français" à longueur de blog, Jean-Paul Baquiast ou d'autres (dont moi-même, plus modestement), tentent en vain depuis de nombreuses années d'éclairer sur des sujets essentiels et largement sous-estimés, incompris ou ignorés.

Mais jouer les cassandres est fatiguant, à la longue. Et au bout du compte, on finit par se demander si le jeu en vaut bien la chandelle.

9 novembre 2004 à 15:12 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / robots
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Le grand retour du petit merdeux de la blogosphère

En parlant de diffamation, je viens d'être informé par Hubert (que je remercie) d'un mail me concernant, et dont la nature est parfaitement abominable.

Le mail semble avoir été envoyé à plusieurs personnes que je connais (mais pas à moi, bien sûr) et émane d'un blogueur français avec qui j'ai déjà eu maille à partir. Ce personnage minable, dont le nom est devenu un sujet de moquerie dans la blogosphère, semble depuis longtemps me vouer une haine farouche (sans que je comprenne bien pourquoi, mais sans doute par jalousie).

Ce petit merdeux, donc, annonce fièrement que je suis "un menteur", mais également que j'appartiens à "une secte".

Ce type d'affabulation ne m'aurait pas forcément gêné en soi. J'ai un peu l'habitude des gens qui disent n'importe quoi, et je crois avoir suffisament le sens de l'humour pour apprécier les plaisanteries, fussent-elles de mauvais goût.

En l'occurence, cette "plaisanterie" n'en est pas une. Les sectes sont un sujet grave, qu'on ne peut traiter à la légère, et qui pour ma part ne prête jamais à rire. Utiliser l'appartenance - hypothétique et imaginaire - de quelqu'un à une secte pour le calomnier et le discréditer est ignoble.

Et le procédé qui consiste à balancer des horreurs sur le dos de quelqu'un sans l'en informer, à fortiori quand on dispose d'un blog, est également ignoble en soi. Pas idiot, remarquez. Si c'était fait sur un blog, cela tomberait plus facilement sous le coup de la diffamation. Juste ignoble.

Je reviendrais plus longuement sur le cas du petit merdeux, que j'avais choisi jusqu'à présent de ne gratifier que de ma profonde indifférence (teintée de mépris, tout de même).

Sur le fond - si toutefois il y en avait un -, je ne pense pas avoir à me justifier. Ceux qui me connaissent savent combien il est absurde de m'imaginer dans une secte, alors même que j'ai passé ma vie à combattre toute croyance, toute idéologie, voire tout corporatisme.

Pour ceux qui me connaissent moins, je peux facilement préciser deux ou trois choses :

. Je n'ai jamais été affilié à aucun parti politique ni à aucun mouvement d'aucun ordre. Je suis athée et ne pratique aucun culte religieux. Je ne suis même pas membre de l'association des anciens élèves de mon école, tant je déteste être "membre de quelque chose". En fait, les deux seules associations dont je suis membre sont la FING (Fondation Internet nouvelle génération) et Club 14, une association de motards. Mais peut-être qu'aux yeux du petit merdeux qui pense me connaître s'agit-il aussi de sectes ?

. Pour ce qui est du transhumanisme, dont il est (un peu) question ici, je crois en avoir expliqué la substance précédemment. A toutes fins utiles, je peux préciser à nouveau...

. Le transhumanisme est un terme générique, correspondant à un mouvement de pensée. Il s'agit simplement de réfléchir à l'avenir de la technologie, et comment elle peut influer sur l'avenir de l'homme. En somme, tous ceux qui écrivent sur les implications de la technologies parlent de transhumanisme.

. Comme toujours, le terme est vaste et regroupe beaucoup de choses différentes. Il existe plusieurs associations dites "transhumanistes". La principale est la WTA, qui consiste essentiellement en un site Web publiant ou agrégeant des actualités relatives aux percées scientifiques frappantes. A ma connaissance, aucune association transhumaniste, et surtout pas la WTA, qui regroupe d'éminents chercheurs et philosophes, n'est une secte.

. Il est possible qu'il existe des "sectes transhumanistes", de même qu'il doit sans doute exister des "sectes socialistes" ou des "sectes avant-gardistes". Contrairement à d'autres, je ne suis pas un spécialiste des sectes. Mais je sais que pour écrire que "le transhumanisme est une secte", il faut soit être sous-informé, soit être un crétin, soit être un crétin sous-informé. Je crains que notre petit merdeux de service n'entre dans cette dernière catégorie.

. Je ne suis pas membre de la WTA. J'ai écrit il y a quelques temps - et à titre bénévole - trois chroniques publiées sur leur site (et archivées sur le mien). Je ne renie nullement ces articles (j'ai même l'impression, avec un peu d'auto-indulgence, que ce sont les meilleurs papiers que j'ai écrit en anglais, mais c'est un autre problème). Et si j'avais plus de temps, j'écrirais volontiers à nouveau pour la WTA.

. Je me considère donc bien comme un "transhumaniste", dans le sens où je crois que la science et la technologie, dans les décennies qui viennent, vont profondément "transformer" - et j'espère, "améliorer" l'humain. C'est déjà le cas du reste (si vous portez des lunettes ou des verres de contact, vous voyez ce que je veux dire...). Difficile de m'étendre ici sur ce vaste sujet mais, comme je l'ai déjà dit, l'objet de ce blog est de souligner ce constat et, accessoirement, d'y réfléchir. J'ai d'ailleurs créé une rubrique pour ça.
(Au passage, pour ceux que ça intéresse, la problématique de "modification de l'humain" n'est pas du tout un sujet farfelu. Il a donné lieu aux US à un rapport officiel très sérieux en 2002 (commandité par le gouvernement), au sujet duquel j'avais d'ailleurs publié un article dans "Le Monde")


Bref. S'il paraît facile de balancer des ignominies sur quelqu'un, en mentant honteusement et avec une bassesse sans limite, on peut se demander pourquoi. Simple amusement d'adolescent mal fini dégrossi ? Crise de jalousie à l'annonce de la parution de mon prochain livre ? Je laisse celles et ceux qui connaissent bien le personnage en juger, et formuler des hypothèses.

Pour ma part, je m'occupe à contenir mon envie de vomir pour appeler mon avocat.

8 septembre 2004 à 13:09 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / transhumanisme
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Nano et transhumanisme dans ZDNet

C'est toujours une bonne nouvelle quand un média français s'intéresse aux nanotechnologies. Donc cette interview de Jean-Charles Guibert, du CEA-Leti, est la bienvenue.

Mais sur le fond, elle me semble un peu curieuse, et commence par :

"Contrairement à ce que l'on peut parfois entendre, nous sommes aussi avancés dans le domaine des nanotechnologies en Europe qu'aux États-Unis ou en Asie."

J'aimerais en être certain. Et surtout, j'ai l'impression d'avoir déjà vécu ça. En fait, je me demande s'il n'est pas simplement question, pour les officiels français, de nous refaire le coup du "non-retard" français, à l'instar de la grande époque du démarrage d'Internet (genre : "Mais non on est pas en retard, d'ailleurs regardez, le Minitel...").

Mais le plus choquant dans cette interview est probablement cette question de Christophe Guillemin :

"La portée des nanotechnologies semble si importante que certains leur confèrent un caractère religieux. Citons ainsi la secte américaine des 'transhumanistes' qui veut améliorer les capacités humaines au-delà de la nature grâce aux nanos, et tenterait d'infiltrer la communauté scientifique. Pourquoi ces technologies nourrissent autant de phantasmes ?"

Ridicule.

Pour ceux qui l'ignore, le transhumanisme est un terme générique désignant plusieurs mouvements qui réfléchissent à l'avenir des technologies, et à leurs conséquences pour l'homme et la société. Certes, on trouve dans ces différents mouvements quelques farfelus (et sans doute quelques imbéciles aussi). Mais de nombreux scientifiques et philosophes de renom se considèrent aussi comme "transhumanistes". Cela n'a rien d'une démarche religieuse, et encore moins sectaire. C'est tout le contraire !

Je laisse le soin à chacun de faire sa propre opinion, en consultant quelques documents définissant le transhumanisme :
. Définition Wikipedia (on y relevera, notamment, que "la plupart des transhumanistes sont soit agnostiques, soit athées").
. La Déclaration Transhumaniste de l'Association Mondiale de Transhumanisme, co-fondée par Nick Bostrom, enseignant et chercheur en philosophie des sciences à l'Université d'Oxford.
. Betterhumans, très bon site de référence en la matière.

Associer le transhumanisme à une "secte" qui "tenterait d'infiltrer" la communauté scientifique est absurde.

J'aimerais bien savoir ce qui justifie un tel dénigrement de principe. Et j'aime à croire qu'il s'agit plus d'une maladresse que d'une véritable tentative de désinformation.

(NB : je n'appartiens à aucun mouvement transhumaniste - mais ce dernier est à mon sens le courant de pensée et de réflexion le plus intéressant de ces 10 dernières années. C'est d'ailleurs l'un des sujets qui a justifié ce blog)

6 septembre 2004 à 11:41 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / transhumanisme
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CyberCafé amer

Je viens d'apprendre que l'émission CyberCafé, diffusée de longue date sur la télévision belge RTBF, vient de s'arrêter.

C'est plus que dommage. Cette émission hebdomadaire consacrée à la cyberculture était assurément un modèle du genre : dynamique, intéressante, couvrant tous les aspects du sujet et, de surcroît, retransmise intégralement sur le Web.
Il se trouve que j'ai eu la chance d'intervenir il y a quelques mois dans l'émission et j'ai été impressionné par l'équipe de CyberCafé. Jeune, dynamique, passionnée. De la TV comme on aimerait qu'il y en ait beaucoup plus, surtout en France.

Pire, la décision d'arrêter l'émission semble être motivée en grande partie par une décision du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel en fin d'année dernière, qui reprochait aux présentateurs de l'émission d'utiliser des ordinateurs Apple, dont le logo apparaissait (comment pouvait-il en être autrement ?) à l'écran :

"L'utilisation exclusive d’ordinateurs de la marque 'Apple' par les animateurs d’un programme destiné à présenter au public des matériels et programmes informatiques et la présence récurrente du logo de cette marque sur l’écran risquent d’induire le public en erreur sur la nature de leur présentation."

Ridicule. Scandaleux. Déprimant.

Bon courage et toutes mes amitiés à Laurent, Brice, Renaud et toute l'équipe.

(Via MacBidouille)

13 août 2004 à 13:30 - par Cyril Fievet - dans apple / coup de gueule
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