On Intelligence

li_onintelligence.jpgOn Intelligence n'est pas tout à fait un livre comme les autres. D'abord en raison de la personnalité de son auteur, Jeff Hawkins. Peu connu du grand public, ce dernier est pourtant une figure et un pionnier de la révolution du numérique : fondateur de Palm Computing et de Handspring, il est considéré comme l'inventeur du Palm Pilot et du Tréo. Mais il est aussi le créateur en 2002 d'un institut de recherche consacré aux neurosciences et, sans que cela ne soit très connu ou médiatisé, il partage son temps entre ses deux passions : les PDA d'un côté, le fonctionnement du cerveau de l'autre.

Ensuite, ce livre n'est pas banal du fait de l'ambition qu'il affiche : poser et expliquer une "théorie de l'intelligence humaine", et proposer une démarche qui pourrait nous conduire à fabriquer une intelligence artificielle comparable à celle de l'homme.

Autant le dire tout de suite, le livre est inégal en terme de facilité de lecture : certains chapitres sont très accessibles, d'autres vraiment ardus. Compte tenu du sujet, il est difficile de lui reprocher sa complexité, quand il s'agit d'exposer en quelques pages le fonctionnement détaillé du cortex humain. En tout état de cause, On Intelligence n'est pas un livre de plage.

Mais l'ouvrage n'en est pas moins admirable. L'auteur, à force d'exemples et d'explications dont certaines sont néanmoins très compréhensibles par le commun des mortels, est parfois très convaincant. Il parvient à nous interpeller sur le fonctionnement de notre cerveau et à nous convaincre que ce fonctionnement sera, pour une bonne part, reproductible dans une machine.

L'une des découvertes - pour moi - exposées dans ce livre est tout à fait fondamentale :

"Toutes les informations qui entrent dans votre cerveau sont représentées par des schémas spatiaux-temporels au niveau des neurones"

C'est un point clé, qui signifie que, contrairement à une idée reçue, les informations provenant de nos différents sens ne sont pas réellement différentes pour le cerveau. Ce que nous voyons ou entendons finit par être codé et ne plus être véritablement dissociable quand ces informations parviennent au cortex. Ce qui permet à Hawkins de conclure :

"Le principe de schémas est la donnée de base de l'intelligence"

En résumant (grossièrement), cela voudrait dire que l'humain peut être considéré comme un ensemble de capteurs (les organes de sens), qui codent les informations qu'ils perçoivent selon des schémas identiques. Ces schémas parviennent au cortex, qui les organise et les traite selon un "algorithme" qui lui permet d'établir la représentation que nous nous faisons du monde. (cela ne signifie pas que le cerveau est un "ordinateur", comme l'explique Hawkins, qui le décrit plutôt comme un "système de mémoire").

En conclusion, l'auteur ne doute pas de la faisabilité de machines intelligentes, mais tord néanmoins le cou aux idées reçues en matière d'intelligence artificielle :

"Il n'y a aucune raison pour laquelle une machine intelligente devraient ressembler à, agir ou ressentir comme un humain. Ce qui fait qu'elle est intelligente est sa capacité à comprendre le monde et à interagir avec lui, via un système de mémoire hiérarchisé, lui permettant de penser le monde comme vous et moi. Mais même si ses pensées et ses actions pourront être complètement différentes de tout ce que fait un humain, cette machine sera néanmoins intelligente. L'intelligence se mesure à la capacité de prédiction d'une mémoire hiérarchique, pas par des similitudes avec un comportement humain"

Un livre passionnant. Important, même.

On Intelligence
Jeff Hawkins (avec Sandra Blakeslee)
Ed. Times Books

UPDATE : Merci à Ylan de me signaler que le livre est paru mi-juin en français (Intelligence, CampusPress), ce que j'ignorais ; c'est une bonne nouvelle)

26 juin 2005 à 18:02 - par Cyril Fievet - dans critique / livres
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Expedia.fr, peut mieux faire

Le récit d'une petite anecdote, qui démontre que même les leaders ont des progrès à faire en matière de relation client...

Dans le cadre d'un voyage à l'étranger que je m'apprête à effectuer, j'ai voulu réserver plusieurs séjour dans plusieurs hôtels, dans des villes différentes.

. J'ai commencé par réserver un hôtel dans une ville, en passant par Expedia.fr. Rien à dire, tout s'est bien passé, le prix était compétitif (promo) et malgré des formulaires un peu longs, j'avais ma confirmation par email au bout d'une quinzaine de minutes.

. Deux jours plus tard, j'ai voulu effectuer une autre réservation d'hôtel, dans une autre ville, toujours via Expedia.

. Premier constat : mon identifiant personnel, utilisable sur Expedia.fr, ne fonctionne pas sur Expedia.com. Il ne semble pas y avoir de base de données commune pour tous les clients Expedia. Curieux.

. Deuxième constat : l'hôtel que je cherche est disponible et les prix me conviennent, mais après avoir rempli un formulaire (un peu simplifié) pour l'hôtel en question sur Expedia.fr, ce dernier m'indique que ma réservation n'a pas pu être effectuée. Aucune raison ne m'est donnée. Est-ce un problème avec ma carte bancaire ? Quelqu'un m'aurait-il soufflé la dernière chambre disponible sous le nez ? Je n'en sais rien, mais le service m'invite, au choix, à appeler un numéro surtaxé ou à envoyer un mail au service client.

. Devant l'urgence, j'opte pour l'appel à 0,34 euro/minute. Au bout de 3 ou 4 minutes d'attente, accompagnée des traditionnels messages en boucle et autres borborygmes habituels, je parviens au répondeur automatique de Voyages-Sncf.fr, qui m'explique "que toutes les lignes sont occupées" et qu'il vaut mieux rappeler "ultérieurement", avant de me raccrocher au nez sans autre forme de procès.

. Qu'à cela ne tienne, j'envoie un email à Expedia.fr. En attendant la réponse, je réessaye de valider ma réservation, avec la carte bancaire précédemment utilisée, puis avec une autre carte. Rien à faire, toujours le même message indiquant un problème.

. Quelques heures après l'envoi de mon mail - bon point - je reçois une réponse. Hélas, le message est bien décevant et se résume à une phrase : "Monsieur, Je vous invite a rentrer en contact avec le service reservation au 08... Cordialement". Il s'agit bien sûr du numéro que j'ai déjà tenté d'appeler précédemment (et qui m'a coûté quelques euros sans m'apporter le moindre service). On boucle.

. C'est à ce moment là que le client lambda que je suis commence à perdre patience, et à sérieusement maudire le leader mondial du voyages sur Internet. Mais Expedia n'est pas le seul service du genre, loin s'en faut. Deux clics plus tard, je parviens via Google sur la page permettant la réservation de l'hôtel en question, sur un autre service dont j'ignorais l'existence cinq minutes auparavant, EZtrip.

. Le formulaire de réservation est simple, tient en une page, et s'auto-remplit avec mes coordonnées personnelles stockées sur mon ordinateur (contrairement aux formulaires d'Expedia). Mais surtout, à peine deux minutes plus tard, je reçois la confirmation par email : l'hôtel est bien réservé. C'est bien l'hôtel que je voulais et le prix des chambres est exactement le même que celui proposé sur Expedia. Au total, une réservation qui n'avait pas abouti après une bonne heure de tentative et plus d'une journée d'attente via Expedia.fr, a pu en être effectuée en moins de 5 minutes chrono sur EZtrip.

Cette petite expérience n'est sans doute qu'un cas particulier et je connais du reste des tas de gens qui sont pleinement satisfaits des services d'Expedia (je l'étais moi-même lors de ma première réservation).

Mais elle me semble néanmoins éclairante. Je ne comprend pas qu'une entreprise puisse aussi mal traiter l'un de ses clients, qui vient de lui acheter un produit et souhaite ardemment lui en acheter un second. Je ne comprend pas la non-réponse du service-client, qui a bien fait l'effort de me répondre, mais sans m'apporter la moindre solution. Et dans cette histoire, si j'ai perdu un peu de mon temps, Expedia.fr a, quant à elle, perdu de l'argent - et sans doute un client.

3 mai 2005 à 08:52 - par Cyril Fievet - dans critique / internet
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We the media

li_wethemedia.jpg"We the media" est un livre formidable. Ecrit par le journaliste Dan Gillmor, l'un des pionniers en matière de journalisme sur Internet, il tente de cerner la révolution médiatique entraînée par l'apparition des nouveaux outils de communication. Blogs, mais aussi SMS, caméraphones, wikis ou peer-to-peer, l'auteur passe en revue tous ces outils, et souligne l'importance et l'ampleur des nouveaux usages qu'ils permettent et des mutations qu'ils induisent dans notre rapport à l'information.

"Quand quiconque peut devenir un auteur, dans le sens le plus large et à destination d'une audience globale, la plupart d'entre nous le seront. Internet chamboule tellement des choses que nous présumons vraies au sujet des médias et des modèles économiques qu'il est difficile de suivre toutes ces transformations ; il est difficile de suivre le fil de cette évolution depuis un système hiérarchique de haut en bas vers quelque chose de largement plus démocratique mais aussi, c'est vrai, de plus fouillis." [...]

"Les blogs et les autres médias modernes sont des systèmes basés sur le feedback. Ils fonctionnent quasiment en temps réel et rendent compte de la multitude des idées et des réalités que chacun d'entre nous peut offrir. Sur Internet, nous nous définissons par ce que nous savons et ce que nous partageons. Maintenant, pour la première fois dans l'histoire, le feedback peut être global et quasiment instantané."

Bourré d'anecdotes, percutant, écrit avec un style vif et direct, l'ouvrage est admirable de concision. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'adresse pas uniquement aux journalistes mais à tous les constituants de la chaîne traditionnelle de l'information : ceux qui la font, ceux qui en vivent et ceux qui la consomme.

Mais le livre est surtout vraiment porteur de sens. C'est même un ouvrage essentiel. Oui, nous - et nos médias - sommes en train de vivre une révolution de grande ampleur. Oui les journalistes et les grands médias sont en train de perdre leur monopole, et doivent apprendre à écouter et à s'adapter, en oubliant au passage l'arrogance qui les caractérise souvent. Et, oui, ces transformations sont profondes.

Dan Gillmor, dont je partage tous les points de vue, n'en est pas moins lucide. Tout ce qui ce qui se passe en ce moment ne conduit sûrement pas à considérer que tous les blogueurs sont des journalistes, ni que les médias traditionnels vont disparaître. Et il rappelle souvent qu'il faut demeurer vigilants, et que la mutation que nous vivons est autant profonde que complexe. Nul ne sait où cela conduira, mais comme le souligne Gillmor, "cela vaut le coup d'essayer".

Bref, si vous lisez l'anglais, et s'il vous importe de comprendre ce qui va se passer dans les prochaines années dans la sphère médiatique, je ne saurai trop recommander la lecture de "We the media".

A noter que le livre est disponible gratuitement en version électronique (sous licence Creative Commons), et qu'un blog a été créé spécialement autour du sujet. A Noter également que Dan Gillmor, que je ne connais pas personnellement, a écris l'une des postfaces de "Blog Story", que l'on peut lire ici (en français), et qui résume bien son discours.

We the media - Grassroots journalism, by the people, for the people
Dan Gillmor
Ed. O'Reilly

3 décembre 2004 à 20:06 - par Cyril Fievet - dans critique / livres
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Comme une image

fi_comme_une_image_0Le dernier film de Agnès Jaoui s'inscrit dans la parfaite continuité des précédents. "Comme une image" décrit une tranche de vies, cette fois-ci dans l'univers de la littérature.

Jean-Pierre Bacri est un écrivain a succès, qui néglige sa fille (Marilou Berry), boulimique et obèse, et se prend d'amitié pour un autre écrivain, plus jeune (Laurent Grevill), au moment où ce dernier connaît son heure de gloire.

Comme d'habitude avec les films écrits par le tandem Jaoui/Bacri, l'histoire n'est que prétexte à décrire nos mille et un travers. En l'occurrence, il s'agit ici de jalousie (plus professionnelle qu'amoureuse), de reconnaissance, d'hypocrisie, de fidélité en amitié, et de tout le mal que l'on peut se faire, sans forcément nous en rendre compte...

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2 octobre 2004 à 12:44 - par Cyril Fievet - dans cinema / critique
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La proie

li_preyL'avant dernier roman de Michael Crichton, "La proie" ("Prey"), a fait couler beaucoup d'encre, notamment outre atlantique. Dans une certaine mesure, c'est même ce livre qui a déclenché un débat, et même un début de polémique, à l'encontre des nanotechnologies, et des risques qu'elles pourraient présenter.

Le roman décrit la perte de contrôle par des scientifiques d'un nuage de nanoparticules. Celles-ci deviennent autonomes, méchantes, et mêmes fatales.

Quand on connaît un peu l'état d'avancement de la recherche en nanotechnologie, ce résumé peut faire sourire, et il convient d'insister sur le fait qu'il s'agit bien là de science-fiction (ou même de science-fiction-fiction). Mais la force de Crichton est de parvenir à faire de ce sujet un bon thriller, crédible et original, dont ces nanoparticules tueuses sont les héros anonymes.

Certains reprocheront sans doute à "La proie" de reproduire à l'infini les recettes de la "méthode Crichton". On prend un thème scientifique d'actualité, on se documente largement sur le sujet (on peut imaginer que l'auteur n'est pas seul à intervenir dans cette phase), et on imagine le prolongement (forcément inquiétant) des technologies concernées, en jouant sur les peurs et phobies - parfois légitimes - qui sommeillent en chacun de nous. C'est le principe de "Jurassic park", de "Timeline" ("Les prisonniers du temps"), et de "La proie".

Mais ça fonctionne. Crichton a un véritable talent. Tout s'enchaîne remarquablement bien. Les situations, les lieux et les personnages sont bien décrits, sans en faire trop, et en faisant monter le suspense. Les aspects scientifiques ou technologiques sur lesquels s'appuie le livre sont particulièrement bien traités. En quelques phrases, Crichton résume des pans entiers de recherches scientifiques complexes (et bien réelles), qui suffisent à crédibiliser l'histoire. On y entre facilement, et j'avoue avoir été tenu en haleine jusqu'à la dernière page.

De ce point de vue, "La proie" est probablement le meilleur livre de Crichton que j'ai lu (bien meilleur que "Timeline" en tout cas). Et au total, même si le débat qu'il a initié n'était pas totalement justifié, c'est un excellent roman, facile à lire et pas dénué de sens.

La proie (Prey, en anglais)
Michael Crichton
Ed. Robert Lafont

25 septembre 2004 à 14:15 - par Cyril Fievet - dans critique / livres
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Les chroniques de Riddick

fi_riddick_0Deux ans après "Pitch Black", Vin - Riddick - Diesel revient à l'affiche sous la houlette du même réalisateur, David Twohy. "Riddick" poursuit le scénario d'origine : Diesel y incarne le même personnage, un repris de justice en cavale, pourchassé aux confins de la galaxie, et doté de la capacité inédite de voir dans le noir...

"Pitch Black" n'était pas un grand film, mais le personnage principal (original malgré tout), son budget de production limité, et quelques bonnes trouvailles dans le scénario (quel bonheur de voir un film sans happy-end !) l'ont définitivement rangé dans la catégorie "film de série B sympathique au réalisateur prometteur".

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22 août 2004 à 14:27 - par Cyril Fievet - dans cinema / critique
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Isolation

li_isolationDans un futur lointain, la planète est recouverte d'une bulle cosmique masquant les étoiles et isolant le monde du reste de l'univers. Un détective privé est chargé de retrouver une jeune fille, supposée déficiente mentale et mystérieusement disparue de la clinique où elle se trouvait.

"Isolation" est sans doute l'une des romans les plus connus de Greg Egan, auteur cyberpunk australien - et culte pour beaucoup de gens. Globalement, c'est un bon roman, mais néanmoins très inégal. Ce que j'y ai le plus apprécié est sans doute la description de "Mods cérébraux", des programmes que l'on achète, qu'on "charge en mémoire", et qui sont destinés à modifier le comportement et les capacités humaines, en agissant sur certaines zones du cerveau. L'analogie avec les logiciels informatiques est subtilement traitée, et paraît même réaliste : dans quelques décennies, on pourrait imaginer que notre maîtrise du fonctionnement du cerveau nous conduisent à le modifier à la demande.

Cet aspect du livre est tellement bien que j'ai regretté que cela ne soit pas traité plus à fond. L'auteur a préféré faire évoluer l'histoire dans la voie "quantique", en partant dans ce qui me semble être un gros délire, peu convaincant, basé sur ce que pourrait permettre la physique quantique si elle était maîtrisable mentalement par les individus.

Un peu décevant, mais à lire, quand même.

Isolation
Greg Egan
Le livre de poche - Science fiction

15 août 2004 à 15:03 - par Cyril Fievet - dans critique / livres
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I, Robot

fi_irobot_0.jpg"I, Robot" était un film très attendu, au moins pour trois raisons. D'abord parce que c'est un film dont les robots sont les véritables héros (ce qui est assez rare malgré tout). Ensuite parce qu'il est censé être l'adaptation d'un livre éponyme (et culte) de Isaac Asimov. Et enfin parce que son réalisateur, Alex Proyas, a commis par le passé quelques films sinon brillants, du moins un peu "différents" et pas inintéressants ("The Crow", "Dark City").

Malgré - ou à cause de - tout cela, beaucoup s'inquiétaient par avance de la catastrophe potentielle pouvant résulter du pillage hollywoodien d'un très bon livre de science-fiction. Pourtant, le film est très loin d'être nul. Je pense même tout le contraire.

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5 août 2004 à 15:40 - par Cyril Fievet - dans cinema / critique
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Un crime contre l'espèce humaine ?

li_descamps_un_crime.jpgPhilippe Descamps, philosophe et journaliste scientifique, se propose dans cet essai de commenter et d'analyser en détail les implications de la loi relative à la bioéthique, adoptée au Sénat en janvier 2003. Cette loi, notamment, fait du clonage reproductif humain un "crime contre l'espèce humaine".

Bien que parfois un peu verbeux, ce livre frappe par sa pertinence. Par delà les idées reçues, l'auteur montre avec force (et finesse) combien la loi sous sa forme actuelle est absurde, et même dangereuse. S'appuyant sur de multiples documents et textes, étudiés en profondeur, il relève page après page les incongruités de la loi bioéthique, et montre aussi comment le législateur s'est laissé abuser par une moralité bien-pensante, voire une idéologie "théocratique", au détriment de toute considération scientifique.

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1 août 2004 à 17:04 - par Cyril Fievet - dans critique / livres
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