Le podcast de Marine Le Pen

Devant le tourbillon blogosphérique entraîné par le podcast de Marine le Pen (produit par BuzzBazar), et sa suppression par Podemus (fondé par Bertrand Lenotre, un de mes amis, pour qui j'ai la plus grande estime), il me semble utile de rappeler quelques réalités :

1. Malgré ce que tentent de démontrer bon nombre d'imbéciles ou de salopards, il ne s'agit pas d'une censure, pour la bonne et simple raison que ce podcast a toujours été disponible en ligne. Il est accessible sur le site officiel du Front National, librement, gratuitement, et depuis toujours. Sachant que n'importe quel internaute peut accéder à ce podcast depuis qu'il a été réalisé, je vois mal comment on pourrait parler de censure.

2. Podemus a choisi de ne pas héberger ce podcast. C'est leur choix et en leur qualité de partenaire de BuzzBazar, il leur appartient de décider s'ils souhaitent associer leur marque et leur logo à une vidéo donnée. Au passage, certains arguent que Podemus ne se prive pas pour héberger les podcasts de la LCR. Même si c'était le cas, cela relèverait également de leur choix. Mais c'est faux, me semble-t-il. Les podcasts de la LCR sont référencés par Podemus (au même titre qu'ils le sont par Google), mais pas hébergés par Podemus. Ce dernier est à la fois un annuaire de podcasts et un hébergeur, les deux n'ont rien à voir et n'impliquent pas les mêmes responsabilités.

3. Qui est BuzzBazar ? Pour ma part, je l'ignore totalement. Et pour cause, le site est purement anonyme et l'identité de ceux qui le produisent n'est indiquée nulle part. Le nom de domaine BuzzBazar.com est lui-même déposé de façon anonyme (par une entreprise qui ne semble pas exister et dont on ignore même l'adresse postale). Je n'ai rien contre cette initiative, mais je trouve surprenant, pour ne pas dire troublant, qu'un site entièrement consacré au débat politique puisse ne fournir aucune information sur les personnes qui l'éditent. Et je trouve encore plus étrange que des dizaines d'individus, blogueurs ou commentateurs, croient subitement utile de prendre la défense de BuzzBazar, sans rien savoir sur ce site, au seul motif que le partenaire qui leur fournissait l'hébergement gratuit ne souhaite pas associer son nom au FN.

Bref, tout cela est très étonnant. Et même si je trouve que la suppression du podcast par Podemus est un peu maladroite, elle ne vaut certainement pas ces cris d'orfraie.

Sur le fond, il va aussi falloir qu'on comprenne qu'il ne suffit pas de doter des individus de quelques outils high-tech (une caméra DV et un blog) pour forcément révolutionner la vie politique française. Le podcast de Marine Le Pen m'a globalement paru sans intérêt et, en tout cas, très en deçà d'une autre interview, réalisée il y a quelques semaines par Thierry Ardisson. Vouloir participer au débat public, c'est bien. Mais à trop vouloir jouer les apprentis sorcier, les "blogueurs" (j'utilise les guillemets pour bien marquer que le mot ne veut décidément rien dire) risquent de sombrer dans l'un des deux excès prévisibles : 1/ produire du contenu sans aucune valeur ajouté et déjà amplement traité par les médias traditionnels ; 2/ devenir de simples instruments, servant la soupe à des personnalités politiques qui, elles, savent parfaitement communiquer et sauront utiliser à leur bénéfice ce nouveau vecteur potentiel que sont les blogs.

Un mot, pour finir, sur le billet de Ginisty relatif à cette affaire. En parfait "justicier", prompt à combattre toutes les censures, Ginisty se déclare "scandalisé". Bizarrement, il ne l'était pas dans l'affaire de la (vraie) censure des caricatures danoises qui, elles, avait pourtant d'autres conséquences. Pourquoi ce soudain intérêt pour une censure qui n'en est pas une ? La raison en est toute simple : Ginisty déteste Bertrand Lenotre. Bertrand est d'ailleurs l'une des seules personnes à n'avoir toujours pas été réglée pour ses prestations sur pointblog.com (ses règlement sont en attente depuis février dernier, ce qui donne lieu à quelques échanges assez tendus, comme on l'imagine). Le billet de Ginisty, d'une mauvaise foi dramatique, n'est donc qu'un vil règlement de compte. Il y a même une triple ambition dans ce tir sur ambulance : écorner l'image (jusque là excellente) de Podemus, se "faire" Bertrand Lenotre, et égratigner au passage Loïc Le Meur, dont on sait qu'il soutient Podemus depuis l'origine (et dont je suis bien placé pour savoir combien il attise la jalousie de Ginisty). Tout cela est pitoyable et méprisable.

Comme quoi, cette (toute petite) affaire aura eu l'intérêt de montrer que la blogosphère française manque, encore et toujours, de mesure, d'intelligence et d'honnêteté.

5 juillet 2006 à 20:39 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / internet
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We are talented

WAT, pour "We are talented", est le nom définitif du nouveau service de TF1, anciennement nommé "Le buzz".

Officiellement ouvert aujourd'hui, le service est pour le moins ambitieux : service de blogs, hébergement de vidéos, de musique, réseau social, publication à partir d'un téléphone mobile...

Je n'ai testé que rapidement mais la première impression est plutôt bonne (même si on se perd un peu parfois) : beaucoup de possibilités, bonne intégration des différents services, relative simplicité de l'interface. J'aime bien le look global, même s'il persiste quelques bugs d'affichage (chevauchements) sur Safari. Autres bons points : des conseils, sous la forme de didacticiels vidéo expliquant comment filmer, enregistrer... On notera aussi la possibilité de communiquer entre membres de la communauté, via Skype, ainsi que la multiplicité des flux RSS disponibles (pour un blog donné, possibilité de s'abonner aux articles, aux vidéos, à l'agenda de l'auteur...). Tout cela confirme ce que je crois de plus en plus : le blog en tant qu'outil se fond dans des outils d'expression et de communication plus vastes.

En tout cas, WAT est un service intéressant, dont l'évolution est à suivre, surtout quand les contenus publiés seront diffusés sur une chaîne TV qui devrait voir le jour prochainement.

28 juin 2006 à 13:14 - par Cyril Fievet - dans internet
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Trendio

Cela fait plus d'un mois que je suis inscrit sur Trendio et je trouve ce jeu service excellent. Le principe est de permettre à tout internaute de spéculer sur les mots les plus cités dans l'actualité. Chacun dispose au départ d'un capital fictif de 10.000 $ et achète ou vend des mots, dont la cote fluctue en fonction du nombre de fois qu'ils apparaissent sur Yahoo Actualités.

Il n'y a pas grand chose gagner (les dollars sont virtuels), si ce n'est quelques objets high tech récompensant chaque mois les meilleurs joueurs, mais l'utilisation quotidienne du service s'avère très amusante. Il est assez facile d'augmenter son capital, mais pas évident de se hisser parmi les meilleurs joueurs (parti de 10.000 $, mon portefeuille vaut désormais plus de 300.000 $, ce qui me permet d'être à peine dans les 600 premiers, sur plus de 10.000 joueurs tout de même...).

Bien sûr, Trendio a ses détracteurs, qui considèrent la chose sans intérêt, voire malsaine. Mais je ne partage pas cet avis. Je pense au contraire que c'est un outil plus pertinent qu'il n'y paraît, tant pour suivre l'actualité (ou la lire différemment) que pour prendre la mesure du fonctionnement des médias.

Par exemple, les mots les plus cotés sur la version française sont "France, Paris, Etats-Unis, Allemagne, Coupe du monde et Football" (ces jours-ci, le mot "Football" est cité environ 270 fois par jour, contre 180 fois pour "Guerre" et 120 fois pour "Paix"). La version en anglais est souvent très différente : les mots actuellement les plus cotés sont "Internet, Washington, New York, World Cup, War et Iraq".

L'outil permet aussi de visualiser les "bulles médiatiques" entourant un événement ou une personnalité. L'expression "Da Vinci Code" a par exemple été cotée plus de 800 $, quand quasiment tous les médias se sont sentis obligés d'en parler au moment du festival du Cannes, mais "vaut" aujourd'hui moins de 3 $...

Bref, Trendio est un service à la fois ludique et intéressant. Il est aussi original, même si des choses similaires ont existé auparavant et, pour une fois, ce n'est pas la simple transposition en français d'un service américain. D'ailleurs, le site a été remarqué récemment par Time et par le Wall Street Journal ; pas mal pour un site créé par un étudiant franco-suédois de 21 ans. Je ne le connais pas, mais je lui prédis un bel avenir.

(si cela vous tente d'essayer, vous pouvez utiliser ce lien, qui ajoutera plein de dollars virtuels à mon compte :)

27 juin 2006 à 12:31 - par Cyril Fievet - dans internet / medias
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Lulu

J'étais invité hier, en compagnie de quelques autres "influenceurs" (lui, lui ou lui, notamment), à rencontrer Bob Young, fondateur du service Lulu. Ce dernier ouvre en France aujourd'hui, deux ans après avoir été créé aux Etats-Unis.

Le service, et la démarche qu'il sous-tend, me semble vraiment intéressants : il s'agit de permettre à tous ceux qui le souhaitent de publier leurs propres livres (de vrais livres, imprimés sur du papier). Les ouvrages sont imprimés à la demande lorsque quelqu'un les achète via le Web. Le système a beaucoup d'avantages, notamment l'absence de stocks et surtout la rémunération des auteurs, qui fixent eux-mêmes le prix de vente et récoltent près de 80% du montant des ventes.

Ayant moi-même publié plusieurs livres auprès de maisons d'édition traditionnelles, je ne peux que souscrire au discours de Bob Young, selon lequel le fonctionnement de l'industrie de l'édition est sinon caduque du moins absurde - et franchement peu motivant quand on ne figure pas dans le gotha de la littérature. Certains de mes livres m'ont rapporté péniblement quelques centaines d'euros et, comme je le disais il y a quelques mois, le fait d'avoir été traduit en plusieurs langues étrangères ne change rien à l'équation.

Le processus d'édition traditionnelle se caractérise par une déperdition de valeur à tous les niveaux d'une chaîne complexe dont l'auteur semble toujours être - et c'est un comble - le maillon faible. Du reste, le principe de Lulu s'inscrit logiquement dans l'évolution à laquelle nous assistons, qui replace l'individu au coeur de la production de contenu - et même d'une nouvelle forme d'économie.

Bref, et même si j'ai plusieurs projets de livres avec des éditeurs classiques, j'avoue avoir très envie de me laisser tenter, et d'expérimenter la publication chez Lulu...

21 juin 2006 à 09:44 - par Cyril Fievet - dans internet / livres
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Blogolitique

L'UMP a fini par ouvrir son blog officiel (ainsi qu'un annuaire de blogs et une plate-forme à venir), quelques jours après le lancement effectif de la plate-forme de blogs du PS (qui dispose également de son annuaire).

D'accord avec Versac pour dire que l'UMP communique mieux sur l'opération. L'expression "La blogosphère de l'UMP" est d'ailleurs bien trouvée. Car le plus intéressant dans la démarche ne me semble pas (ou plus) être le fait que des responsables politiques tiennent des blogs, mais qu'on incite les militants - ou de simples citoyens - à ouvrir le leur. Comme le résumait un confrère aujourd'hui, le militant politique d'hier collait des affiches la nuit ou distribuait des tracts sur les marchés. Ce n'était qu'une "petite main" qui se contentait de diffuser et de distribuer la parole "officielle" d'un parti. Le militant d'aujourd'hui, même s'il n'est pas membre, peut marquer son soutien à un parti, en participant activement à la conversation globale qui se déroule sur le Web. On peut espérer que le discours y gagne en qualité et en diversité, même si rien n'est sûr en la matière.

A ma gauche, ou revendique déjà 250 blogs, contre 189 à ma droite. Reste à savoir comment on parviendra à rendre intelligible ce qui se dit dans ces centaines de blogs. Il me semble de plus en plus évident qu'il manque encore des outils sophistiqués pour appréhender, récolter, décrypter, analyser ce qui se dit dans les blogs de façon globale.

Plein de détails sur la stratégie UMP à lire chez Versac.

12 juin 2006 à 22:38 - par Cyril Fievet - dans internet / société
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UPFING 2006

J'ai passé la fin de cette semaine à Aix, à l'UPFING, consacrée cette année à l'EntreNet, que l'on peut résumer à l'ensemble des usages et pratiques qui se développent, notamment en marge du Web 2.0 et de ses outils.

Evénement étonnant, atypique, qui regroupe des intervenants de profils et d'horizons très divers et se veut un moment de réflexion et de travail, à la recherche du sens sur les mutations auxquels nous assistons.

Ci-dessous quelques impressions personnelles, de façon probablement un peu confuse et surtout non représentative de la globalité de l'événement (pas encore digéré les quelques dizaines d'heures de conférences, d'ateliers, et d'échanges :).

Ce qui ressort le plus de ces trois jours me semble être la forte complexité. Collaboration, coopération (on ne sait plus très bien quels mots employer, comme le notait Rheingold ou d'autres), frontière public/privé (en clair-obcur, comme le soulignait Dominique Cardon), évolution perpétuelle (tant des outils que de la maturité des utilisateurs), ruptures technologiques et d'usage, modèles économiques incertains... les bouleversements entraînés par ces nouveaux usages sont de plus en plus difficiles à percevoir dans leur globalité. J'ai noté que revenait souvent, en tâche de fond, le fait que ce qui se passe sur le Web, y compris et surtout en matière d'appropriation du réseau par les internautes, commence à avoir des répercussions hors du réseau, dans la vraie vie. Depuis des années, l'opposition virtuel/réel a toujours été exagérément mise en avant et semble perdre, de plus en plus, sons sens. C'est un peu paradoxal, mais logique, en fait.

Deux ou trois choses qui m'ont frappé par ailleurs, en vrac :

. Selon Alban Peltier (Microsoft), 70% des MSN Spaces (plate-forme de blog Microsoft, la 2e plus grosse en France) sont fermés au public, c'est-à-dire produit par des individus qui s'expriment à destination d'un public choisi et limité. C'est un chiffre faramineux, qui me semble à lui seul imposer sinon la remise en cause de ce qui se dit habituellement au sujet des blogs, du moins atténuer fortement l'image du blog comme outil "égo-centré". Cela confirme en tout cas combien le phénomène des blogs est complexe et, surtout, multiple au plan des usages.

. Brillante démonstration de Fred Cavazza, qui passait en revue quelques uns des outils Web les plus innovants du moment. J'y ai découvert JumpCut, permettant le montage en ligne (!) de vidéos, susceptibles d'être partagées après avoir été facilement et rapidement "remixées". Très bluffant au plan technique, ébouriffant quant aux perspectives d'usages et terrifiant d'un point de vue juridique, en matière de respect du droit d'auteur.

. L'apparition d'outils avancés utilisables en ligne (dont Google Spreadsheet n'est qu'un représentant parmi d'autres) laisse d'ailleurs entrevoir la possibilité d'un monde où l'utilisateur n'aurait plus grand chose sur son ordinateur personnel (ni support de stockage, ni logiciels), mais accéderait à ses données et à des services applicatifs à distance, via le Net. Dans l'esprit, le principe n'est pas nouveau. Comme l'ont fait remarquer certains, cela rejoint la vision défendue par Sun à la fin des années 1990, avec le concept de "NC" (Network Computer, par opposition au PC). La différence, c'est qu'aujourd'hui c'est vraiment possible. Un intervenant du Ministère des Finances confirmait d'ailleurs le grand intérêt de l'Administration pour ce type de solution, permettant de remplacer - très avantageusement - les PC des utilisateurs par des machines très simples, qui s'allument instantanément et ne nécessitent quasiment aucune maintenance, se contentant d'accéder à des ressources en ligne. Ayant été moi-même un des supporters de la philosophie imaginée par Sun (visionnaire mais beaucoup trop prématurée), tout cela me réjouit, même si je partage l'inquiétude de beaucoup de gens quant à la sécurisation des données et de l'identité numérique de chacun. Au passage, cela confirme aussi l'idée que je défend depuis longtemps, selon laquelle le modèle que développe Google relève bien davantage du système d'exploitation que du moteur de recherche. A vrai dire, il faut être aveugle pour ne pas en être convaincu aujourd'hui : la fonction de recherche indexée proposée par Google sera dans quelques années marginale devant tout le reste. Pour le résumer brutalement, je crois bien que Google sera le prochain Windows.

. Bel exposé aussi de Julien Jacob (ZDNet France, Groupe CNet, auquel je contribue en tant que journaliste), qui expliquait clairement son positionnement à venir. Les médias en ligne vont devoir évoluer en accordant de plus en plus d'importance au contenu généré par les utilisateurs. En 2009, seul un tiers du contenu des sites CNet sera produit par des journalistes (contre 45% aujourd'hui).

. Intéressante vision de Luc Legay, qui travaille sur le projet NewsMe, un site d'information produit par les utilisateurs et caractérisé notamment par un dispositif de micro-paiements entre individus. J'aurai l'occasion d'en reparler sans doute.

. Pour ce qui est de l'éventualité d'une 2e bulle Internet, la plupart des gens que j'ai interrogé paraissent confiants. Certains, comme Toufik (Tequila Rapido), estiment en fait qu'il y a probablement plusieurs bulles miniatures en train de gonfler, mais qu'il est peu probable qu'elles éclatent toutes en même temps. D'autres arguent que, finalement, le cycle bulle-éclatement n'est pas forcément une mauvaise chose, voire un mode de développement propre à cette industrie. Je demeure quand même un peu inquiet sur ce sujet (j'y reviendrai).

Au plan personnel, un vrai plaisir de rencontrer des gens que je lis ou suis depuis longtemps sans les avoir jamais vu (Laurent Haug, Nicolas Nova, Versac, par exemple), et aussi de revoir de nombreuses connaissances, mais frustration de n'avoir pas eu le temps d'échanger davantage avec d'autres (comme Fred Cavazza ou Xavier Moisant...). En tout cas, ce furent quelques jours très dynamisants ; merci à tous les participants - et aux organisateurs (notamment Renaud, Mickaël et Pierre) !

A lire ailleurs :
. Chez Luc Legay (avec une vidéo très printanière de l'un des ateliers)
. Sur le blog du Groupe Reflect
. Chez Versac
. Chez Nicolas Nova (en anglais)
. Sur le blog de l'UPFING
. Tag UPFING et photos Flickr

10 juin 2006 à 17:29 - par Cyril Fievet - dans internet
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Parlons Stats

L'étude Médiamétrie sur l'audience des blogs en France n'est pas inintéressante. On y retient que notre pays compterait environ 3,2 millions de blogueurs et que 7,3 millions d'internautes consultent des blogs chaque mois.

Plus intéressant encore, on constate l'énormité de l'audience de certains skyblogs. Alors qu'on a coutume de dire que ces blogs n'ont qu'une audience très limitée, l'étude Médiamétrie nous apprend que ce sont des skyblogs qui totalisent la plus grosses audiences de la blogosphère francophone. Par exemple, le blog Enyasims, mignon tout plein, peut se féliciter d'une audience quatre fois supérieure à celle de Loïc Le Meur, tandis que La-tribu-d-nanas, ou son homonyme masculin, La-tribu-d-gars, représente chacun plus du double du lectorat de Pointblog - et plus de 10 fois celle du blog de Fanny, ou encore 30 fois celle du blog de Jean-Luc Romero. Etonnant, non ? Car si c'est chiffres sont avérés, il y a de quoi relativiser quant à la puissance du blog dans le débat public...

D'autres aspects me semblent étranges dans cette étude. Comment se fait-il qu'on n'y retrouve quasiment aucun des blogueurs dont on sait qu'ils sont les plus populaires de la blogosphère francophone ? Où sont les Embruns, Padawan, Standblog ? Je n'ai rien contre Guillaume, mais pourquoi figure-t-il parmi les trois seuls blogs sous Typepad pris en compte par l'étude ? Il me semblerait naturel - et utile - de mesurer l'audience des blogs "populaires" (au sens du classement que nous établissions dans Netizen, sur la base des données fournies par Technorati), afin de distinguer influence et audience...

Enfin, l'étude précise que le "Top des blogs" est basé sur la "fréquentation des blogs souscripteurs de Mediametrie-eStat". Peut-être conviendrait-il de préciser que, si je ne m'abuse, ce dernier est un service payant, auquel doivent s'abonner les blogs qui le souhaitent ?

Bref, je m'interroge sur la représentativité globale de ces résultats, même s'ils ont le mérite d'exister et de fournir quelques indicateurs précieux.

(L'occasion aussi de consulter les stats de nanoblog, fournies par AWStat : en mai, près de 42.000 visiteurs uniques et plus de 250.000 pages vues ; Wow ; bien sûr, il ne s'agit pas de statistiques "officielles", juste de chiffres fournis par mon hébergeur, qui sont probablement pollués par pas mal de robots et autres spammeurs ; mais merci quand même à toutes et à tous de votre confiance !)

2 juin 2006 à 10:19 - par Cyril Fievet - dans internet
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L'ère des microformats

Technorati vient d'annoncer le lancement de deux nouveaux services à mon avis très importants : un outil de recherche dans la blogosphère par les microformats, et un outil de ping, Pingerati, permettant à tous les sites Web de partager leurs microformats.

Les microformats sont des balises spécifiques qui, par exemple dans le cas du blog, permettent de décrire la nature d'un billet. Plutôt que de considérer que tous les billets publiés sur un blog sont équivalents, il est possible de décrire de quel type ils sont : il peut s'agir de la description d'un événement, d'une critique de films ou de livres, d'un billet d'opinion, etc.

Globalement, les microformats sont donc une tentative pour rendre le Web "sémantique". Au lien de n'être qu'un ensemble de page comportant des mots, le Web devient, selon cette logique, plus structuré, et organisé par types de documents. Concrètement, cela veut dire par exemple qu'il devient facile de trouver toutes les critiques publiées par des blogueurs et relatives à un restaurant donné.

Des microformats avaient été définis depuis longtemps, et la démarche était déjà supportée par de nombreux acteurs d'Internet. Mais le fait de pouvoir effectuer des recherches en spécifiant la nature des documents que l'on cherche est une grande première.

Tout cela est encore en beta, et pour l'instant peu de blogueurs utilisent des microformats. Mais je ne doute pas que d'autres acteurs du Web vont suivre de près les traces de Technorati. Et, en attendant, il me semble que cette annonce marque déjà une étape clé de l'histoire du Web, et du rôle que vont y jouer les individus qui y publient des informations.

1 juin 2006 à 10:32 - par Cyril Fievet - dans internet
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Blogueurs vs. journalistes, again

La justice californienne a tranché dans l'affaire qui opposait Apple à deux magazines en ligne, accusés d'avoir divulgué des informations confidentielles relatives à des produits à venir : les auteurs des sites Web sont protégés, ainsi que leurs sources, au même titre que les journalistes.

L'affaire avait déjà fait grand bruit, mais cette décision est quasi historique. Pour l'EFF, c'est "une énorme victoire pour la protection des journalistes en ligne".

Bien que l'affaire soit complexe, et le texte (PDF) de la décision de justice long et un peu difficile à lire, j'y retiens que toute publication régulière d'informations en ligne assimile son auteur à un journaliste, protégé - en Californie au moins - comme s'il s'agissait d'un journaliste professionnel. Evidemment, la question intéresse les blogueurs, et beaucoup avaient tenté de transformer l'affaire en un symbole, sur le thème de la liberté d'expression dans la blogosphère.

Les juges n'ont toutefois pas semblé très à l'aise avec le concept de blog, et expliquent même qu'ils ont préféré éviter d'utiliser le terme, car "son sens évolue rapidement et paraît ambigu". Mais il me paraît certain que, compte tenu de la frontière ténue entre un blog et un webzine dont les articles sont commentables (ce qui est le cas de AppleInsider, l'un des sites Web mis en cause par Apple), la décision va s'appliquer aussi aux blogs.

C'est ce qui permet à Robert Cox, Président de la Media Bloggers Association, de dire :

"Nous sommes ravis du fait que la cour de Californie, en prenant cette décision, ait rejeté la notion obsolète selon laquelle la pratique du journalisme résulterait d'une logique 'sociologique ou économique'. Les blogueurs qui pratiquent le journalisme sont des journalistes. Point final."

De quoi relancer un vieux débat...

(Au passage, j'avais oublié de mentionner la parution le mois dernier d'un numéro de Transversales entièrement consacré à la problématique du "journalisme citoyen", auquel j'avais contribué).

29 mai 2006 à 13:49 - par Cyril Fievet - dans internet / medias
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One Thousand Paintings

One Thousand Paintings est le projet d'un artiste suisse, qui peint et commercialise des numéros sur toile. Mille numéros, de 1 à 1000, sont proposés, toutes les peintures étant similaires mais leurs prix différents : plus le numéro est petit, plus le tableau est cher. En outre, plus le temps passe, et plus le prix des tableaux qui restent augmente.

Comme l'explique l'auteur, le projet se veut à la croisée de l'expérience artistique et des mathématiques. Il me semble également que le jeu sur la valeur de l'oeuvre d'art (et de sa rareté), ainsi que le buzz en ligne généré par des démarches originales, font aussi partie inhérente du projet.

Bref, j'aime bien cette idée, qui rappelle un peu, en plus sophistiquée, les "Million Dollars pages". Ces dernières ont d'ailleurs donné naissance à d'autres tentatives plus abouties, comme "Million Crystal Body" (trouvé via W3sh), une démarche commerciale dont le but est de vendre un million de cristaux qui recouvrent le corps d'une jeune femme. Les acheteurs reçoivent les cristaux, peuvent afficher leur bannière, et auront le plaisir (!) de voir petit à petit se dévêtir le mannequin...

Dans tous les cas, ces expériences n'ont pas grand intérêt en soi, mais il est troublant de constater qu'elles fonctionnent : plus de 3.000 cristaux ont été achetés, et 80 tableaux vendus dans le cas de One Thousand Paintings.

28 mai 2006 à 17:37 - par Cyril Fievet - dans internet
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L'espion qui bloguait

Pas banale, l'histoire de Richard Tomlinson : il s'agit d'un ancien espion qui, après avoir très actif au MI6 (les services secrets britanniques), s'en est vu viré, apparemment sans explication. Pas content (et sévèrement burné, si on me passe l'expression), le bonhomme a tenté de porter plainte contre son ancien employeur, avec pour effet de se voir jeter en prison. Tenace, il a ensuite décidé d'écrire un livre, publié en 2001, relatant ses missions secrètes et critiquant le MI6. Toujours pas très content, le barbouze a décidé d'ouvrir un blog il y a quelques semaines, sur lequel il n'y va pas de main morte, rapportant des faits confidentiels et détaillant les pressions émanant de son ancien employeur. Les médias anglais ont découvert le blog il y a quelques jours, et ça fait un peu jaser.

J'aime bien ce passage d'un billet publié en début de semaine, où l'espion résume l'intérêt du blog :

Soudainement, ma longue dispute avec le MI6 est redevenue publique. MI6 est le seul fautif de la création de ce blog. Je leur ai écrit de façon privée de nombreuses fois pour essayer d'établir un dialogue et trouver une issue acceptable à cette dispute. Ils n'ont jamais daigné répondre. Ce n'est qu'après 10 ans de tentatives et d'échecs que j'ai décidé de changer de tactique et de démarrer ce blog.

Et aussi dans sa bio :

Si seulement le blogging avait existé plus tôt, tout aurait été plus beaucoup simple. Si j'avais pu bloguer, nous n'aurions pas connu une telle escalade.

Voilà qui pourrait donner des idées à d'autres...

(Via Gapingvoid)

25 mai 2006 à 10:08 - par Cyril Fievet - dans internet
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47% de croissance

Une édifiante étude de Nielsen/NetRatings (PDF) établit que les 10 principaux "réseaux sociaux" en ligne ont connu une croissance annuelle moyenne de 47% (en nombre de visiteurs).

Au delà du classement, qui met surtout en lumière la phénoménale progression de MySpace (+367%) et de MSN Spaces (+286%), on peut relever deux points essentiels, à mon avis :

1. Le total des 10 premiers services dépasse 100 millions de visiteurs uniques par mois (un peu moins de 70 millions de personnes en dédupliquant). Et comme ce Top 10 ne comprend pas d'autres services pourtant très populaires (Friendster, LinkedIn, etc.), on peut penser que le total est largement supérieur. Comme le note un responsable de Nielsen/NetRatings, ces sites sont devenus "la TV réalité de l'Internet" et le public est massivement attiré par ce contenu.

2. Les blogs sont mélangés au reste. Cela pourra choquer les puristes, mais ça me paraît très logique. Je pense depuis longtemps que le blog en tant que tel (et surtout en tant que format) va progressivement disparaître, ou plus exactement se fondre dans des services plus vastes. Plutôt que de "blogs" (trop précis), ou de "réseaux sociaux" (trop vague), il convient à mon avis de parler "d'espaces personnels", mélangeant pèle-mêle des sites dans lesquels s'expriment - et socialisent - des individus, par le biais d'outils divers incluant des textes, des vidéos, des photos, etc.

(Via Social Software Blog)

18 mai 2006 à 11:07 - par Cyril Fievet - dans internet
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Zazon

Elle est jeune, jolie et... complètement déjantée. C'est Zazon, la vidéoblogueuse dont tout le monde parle (découverte pour ma part via Etolane). Quelque part entre Baffie et Lafesse, une nouvelle (blogo) star semble être née...

zazon.jpg

16 mai 2006 à 19:10 - par Cyril Fievet - dans internet
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Blogs policiers et militaire

Via Blogonautes, je découvre ces trois blogs tenus par des policiers français en activité. Bon, cela relève probablement davantage d'une opération de communication (dans le cadre du recrutement de la Police Nationale) que d'initiatives spontanées, mais ça pourrait tout de même être intéressant.

Exemple, sur le blog de Willy, capitaine de police à la BAC, racontant le match OM/PSG :

Un inconscient traverse les groupes de supporters adverses : très vite, il s'écroule sous les coups. Action ! Nous chargeons et le soustrayons au lynchage. Les projectiles nous atteignent : premier interpellé.

Ca sent le "vécu"... Les commentaires sont probablement filtrés, mais on ressent une volonté de répondre aux questions des internautes, ce qui est déjà pas mal.

A noter aussi l'existence d'une sorte de forum, animé par un technicien de la police qui répond aux questions des internautes sur la série TV Les experts.

(Un peu) dans le même genre, je lis depuis plusieurs semaines le blog d'Emmanuel de Richoufftz, à ma connaissance le seul militaire français qui tienne un blog. S'agissant en outre d'un Général, doté d'un certain franc-parler, le blog est loin d'être fade. Extrait du dernier billet :

Ligne 6, en soirée, assis dans un wagon au milieu d’autres voyageurs, perdu dans ses pensées, il écoute son MP3. Cinq "jeunes" embarquent bruyamment. Je les imagine, sans titre de transport, sautant le portillon d’accès de la station sous le regard fuyant du guichetier de la RATP. Et pour quelles raisons aurait-il fait une remarque ? La resquille, qui grève le budget de la société, ce n’est pas son problème ! Le MP3 change de main, sous la menace. Personne ne bronche et évite les regards : cela fait plus de vingt ans, que de petits renoncements en lâchetés successives, nous laissons le champ libre à la voyoucratie…

Il faut reconnaître que tout cela tranche un peu avec ce qu'on lit le plus souvent dans la blogosphère. Et, quoi qu'on en pense, cela confirme que les blogs sont à la disposition de tous et de toutes et qu'ils permettent à des gens que l'on n'entendait pas jusque là de s'exprimer...

- par Cyril Fievet - dans internet
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Google Trends

Via Waxy, je découvre un nouvel outil proposé par Google, Google Trends, qui permet de visualiser l'évolution dans le temps des recherches sur un mot clé quelconque à partir du moteur. L'outil est simple, mais présente un défaut majeur : les graphes ne comportent aucun élément quantitatif. Des courbes sans chiffre, donc, ce qui est vraiment curieux. Tout au plus cela permet-il de mesurer des tendances, mais de façon forcément très relative.

Malgré tout, on constate des évolutions intéressantes, par exemple en comparant l'évolution des recherches portant sur quelques termes en vogue sur le Web d'aujourd'hui :

Recherches portant sur le mot "blog" :

gt_blog.png

Recherches portant sur le mot "podcasting" :

gt_podcasting.png

Recherches portant sur le mot "wiki" :

gt_wiki.png

L'évolution des tendances sur ces trois mots ne correspond pas forcément à l'idée qu'on pouvait s'en faire...

11 mai 2006 à 09:14 - par Cyril Fievet - dans internet
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Feedback 2.0

J'ai (rapidement) testé la version beta de Feedback 2.0, un nouveau service français, créé notamment par le pétulant Stéphane Lee. Il s'agit d'une plate-forme logicielle, destinée aux entreprises et leur permettant de recueillir les commentaires/souhaits/suggestions de leurs clients. Chaque entreprise crée ainsi son propre espace, qui s'alimente des contributions des internautes.

Chaque site se présente comme un gros blog ouvert à tous (chacun publie ses impressions, elles-mêmes commentables par d'autres), assorti d'un "digg-like" permettant de noter les idées soumises. Côté navigation, tout y est : tags, classement par popularité, par votes, etc. A mon avis, le service pourrait sans doute être un peu simplifié, pour mieux faire ressortir certaines choses, mais l'ensemble est bien réalisé.

En dehors du fait que le côté "2.0" devient un peu gavant (et aura de moins en moins de sens, à l'instar du "N" de NTIC), Feedback 2.0 me paraît un très bon projet. On peut arguer que tout cela s'apparente fortement à des forums, mais ceux-ci sont tout de même réinventés en profondeur. On pourrait aussi penser qu'une entreprise peut créer elle-même un blog destiné à faire s'exprimer ses clients ou prospects, mais l'expérience montre que ce n'est pas si simple. Et puis, pour une fois, il y a un vrai modèle économique derrière ce projet : une entreprise paie pour une plate-forme "clé en main" lui permettant de recueillir et d'analyser les témoignages des consommateurs (et j'imagine que les initiateurs du projet ont prévu des services complémentaires, facturés en sus).

Sur le fond, l'outil s'inscrit dans une forte tendance, qui consiste à demander leur avis aux internautes. C'est plus nouveau que ça en a l'air. Je rapprocherais ça du nouveau blog de Libération, ouvert aujourd'hui et qui, en vertu d'une démarche qui semble se généraliser, propose à ses lecteurs de publier leur ressenti sur "la fin de l'ère Chirac". Certaines des contributions sont publiées sur ce blog collaboratif, qui peut aussi s'enrichir des commentaires des internautes.

Des entreprises et des médias davantage à l'écoute des consommateurs et des citoyens, c'est peut-être tout simplement ça, la "révolution 2.0".

9 mai 2006 à 19:10 - par Cyril Fievet - dans internet
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IndieKarma

IndieKarma est un nouvel outil de micropaiement destiné prioritairement aux blogs, qui me semble particulièrement intéressant. Son principe de fonctionnement est simple : le blogueur installe gratuitement un script sur son blog, tandis que les internautes (ou blogueurs) créent un compte sur IndieKarma qu'ils alimentent à leur guise. A partir de là, chaque fois qu'un membre IndieKarma visite un blog, il verse un cent au blogueur concerné.

L'outil vise donc à créer un mode de rémunération (et de soutien) simple et fonctionnel, permettant aux blogueurs d'être "dédommagés", sans que cela ne représente des montants dissuasifs pour les visiteurs du blog.

Jason Kottke a publié une très bonne analyse du potentiel (et des faiblesses) de l'outil. Je la partage globalement, avec quelques différences.

Les points positifs

. Pour le blogueur, les montants générés peuvent être significatifs et sans doute plus intéressants que les autres méthodes existantes pour générer quelques revenus (Google Ads, par exemple). A titre d'exemple, si tous mes visiteurs utilisaient ce dispositif, je serais presque riche : mon blog génère environ 3.000 visites/jour, soit 30$/jour ; de cela se déduiraient les cents que je verse moi-même aux blogs que je visite, mais il est probable que, en net, je sois bénéficiaire de près de 10$/jour, soit 300$/mois).

. Pour les lecteurs, les montants restent faibles. Un internaute qui visiterait chaque jour une dizaine de blogs (ce qui est déjà beaucoup) leur verserait au total 10 cents, soit 3$ par mois, c'est-à-dire moins que le prix qu'il paie pour un magazine mensuel.

. Le système présente principalement la vertu d'une logique en forme de récompense : plus je visite un blog (donc plus j'y trouve de l'intérêt), et plus je participe à son financement. A l'inverse, un tel système dissuade d'aller voir les blogs que l'on n'aime pas (mais qu'on se force parfois à lire...).

. J'ignore dans quelle mesure c'est vrai, mais on peut penser que le dispositif pourrait constituer un frein au spam, dissuadant les robots qui visitent les blogs en grand nombre pour y laisser des commentaires pourris.

Les points négatifs

. Le principal problème de IndieKarma provient pourtant de sa logique. Comme on le sait, ce n'est pas l'appât du gain qui motive la plupart des blogueurs, et l'immense majorité d'entre eux ne tirent aucun revenu de cette activité. On peut craindre que la généralisation d'un dispositif "d'intéressement" ne change un peu cela.

. Le système manque un peu de souplesse, comme le relève Kottke qui préférerait pouvoir choisir lui-même les montants versés par ses visiteurs, mais cela ne me semble pas être un vrai problème.

. IndieKarma est malgré tout un nouvel intermédiaire dans tout cela. L'entreprise prélève 25% des sommes versées aux blogueurs. Outre le fait que, généralisé à un très grand nombre de blogs, il pourrait s'agir au total de sommes considérables, cela présente toujours un risque de confidentialité et de sécurité des bases de données ainsi créées. Après tout, le système permet à IndieKarma de savoir avec précision quel internaute visite quel blog et à quelle fréquence...


Au total, je ne suis pas sûr des effets bénéfiques, à long terme, de la généralisation du dispositif. Il est certain que pour porter des résultats significatifs, un grand nombre de blogueurs et d'internautes doivent l'utiliser, donc se pose un problème d'oeuf et de poule.

Mais le modèle défendu par IndieKarma a malgré tout du sens. En fait, il poursuit la logique des Google Ads et autres réseaux de publicités par mots-clés, en la poussant jusqu'au bout, mais aussi en la rendant plus juste et plus équitable. Le système donne également davantage de pouvoir aux utilisateurs (je verse des petites sommes aux blogs que j'apprécie et, en tant que blogueur, ce sont mes visiteurs qui m'encouragent).

On peut d'ailleurs imaginer que des choses similaires soient transposées à d'autres domaines. La musique par exemple : plutôt que de payer pour ce que je télécharge ou possède, pourquoi ne pas verser des micro-montants, directement aux artistes dont j'écoute la musique, à chaque fois que je l'écoute ?

Même s'il paraît déplaisant de sortir ainsi du modèle "tout gratuit" qui a prédominé dans la blogosphère, le modèle me semble malgré tout pertinent. Et je ne serais d'ailleurs pas étonné de voir un jour de gros acteurs d'Internet proposer des dispositifs similaires.

8 mai 2006 à 15:14 - par Cyril Fievet - dans internet
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PoliticShow

Une bonne initiative, menée par trois blogueurs réputés : le PoliticShow se présente comme une "fenêtre d'expression politique citoyenne". Concrètement, il s'agira d'une émission vidéo mensuelle, diffusée en plusieurs formats (Web, podcast, etc.) et consacrée à la campagne présidentielle. L'émission présentera des "discussions 'à bâtons rompus' avec les candidats avérés ou pressentis à cette élection".

La démarche est intéressante, d'autant que cette campagne, dont on sait déjà qu'elle sera "très Web", pourrait marquer une forme de concurrence entre médias traditionnels et "médias citoyens", avec un détail notable : les podcasts ne seront pas comptabilisés dans les temps de parole des candidats respectifs.

Je me demande tout de même s'il n'y a pas un risque d'overdose médiatique, pour les candidats d'une part (qui, outre leur blog et podcast personnels, vont être très sollicités par des citoyens-blogueurs) et pour les citoyens d'autre part (qui, entre les médias, les blogs et les podcasts, et tout le bruit qui sera généré autour, risquent vite d'être submergés).

J'avais très peur de cette campagne électorale, que je craignais ennuyeuse, tendance pitoyable, mais elle pourrait en fait être plus amusante que prévu...

A suivre.

Bonne chance à Nicolas, Benito et Valerio pour le lancement de PoliticShow !

4 mai 2006 à 13:30 - par Cyril Fievet - dans internet / société
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Rural Show

J'anime tout à l'heure, à 14h30, un événement un peu particulier : un "Rural Show" consacré aux blogs. Il s'agit d'une sorte de talk show réalisé en vidéoconférence, et retransmis en semi direct (en vidéo) sur le Web, ainsi qu'en audio sur une radio de la bande FM. Les "spectateurs" peuvent aussi interagir, par téléphone, via un chat ou en visioconférence.

Le tout est plutôt original, donc, et il s'agit de parler des "blogs ruraux", au travers de l'expérience de blogueurs confirmés (Xavier de Mazenod, Thomas Gee, par exemple) ou débutants.

L'expérimentation est menée par la FING avec Vidéon et utilise un produit de vidéoconférence encore en phase beta, FlashMeeting.

5 avril 2006 à 10:37 - par Cyril Fievet - dans internet / perso
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Wikio (beta)

J'ai rapidement testé ce week-end la première version beta de Wikio, le dernier projet de Pierre Chappaz. Très intéressant. Wikio est un "moteur de recherche d'actualités" d'un genre nouveau. En fait, il se présente comme un mélange de trois outils existants : Google News (de nombreuses sources d'actualités, y compris des blogs, sont indexées et classées de façon thématique), Digg (les utilisateurs votent pour sélectionner les articles les plus intéressants) et Agoravox (chacun peut contribuer en soumettant des articles). Le tout s'apparente, en termes de format, à une sorte de blog, chaque article pouvant être commenté (ou trackbacké).

Le résultat est donc assez complet. Même si le fonctionnement (sources indexées, bases retenues pour l'algorithme de classement par pertinence) mériterait peut-être d'être détaillé, le site est sobre, rapide et ergonomique. Il est facile de naviguer dans ce vaste contenu, soit par pertinence, soit par mot-clés (tags), soit en effectuant des recherches indexées. Cerise sur le gâteau : chaque page s'accompagne (de façon dynamique) d'un fil RSS, permettant d'être alerté à l'avenir de la publication d'articles comportant les mots de son choix.

Bref, un outil prometteur et très puissant.

Lire aussi le test chez d'autres blogueurs : Versac, Michel de Guilhermier ou Bertrand Soulier.

NB : je connais personnellement certains des créateurs de Wikio.

3 avril 2006 à 08:41 - par Cyril Fievet - dans internet / medias
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