Lulu
J'étais invité hier, en compagnie de quelques autres "influenceurs" (lui, lui ou lui, notamment), à rencontrer Bob Young, fondateur du service Lulu. Ce dernier ouvre en France aujourd'hui, deux ans après avoir été créé aux Etats-Unis.
Le service, et la démarche qu'il sous-tend, me semble vraiment intéressants : il s'agit de permettre à tous ceux qui le souhaitent de publier leurs propres livres (de vrais livres, imprimés sur du papier). Les ouvrages sont imprimés à la demande lorsque quelqu'un les achète via le Web. Le système a beaucoup d'avantages, notamment l'absence de stocks et surtout la rémunération des auteurs, qui fixent eux-mêmes le prix de vente et récoltent près de 80% du montant des ventes.
Ayant moi-même publié plusieurs livres auprès de maisons d'édition traditionnelles, je ne peux que souscrire au discours de Bob Young, selon lequel le fonctionnement de l'industrie de l'édition est sinon caduque du moins absurde - et franchement peu motivant quand on ne figure pas dans le gotha de la littérature. Certains de mes livres m'ont rapporté péniblement quelques centaines d'euros et, comme je le disais il y a quelques mois, le fait d'avoir été traduit en plusieurs langues étrangères ne change rien à l'équation.
Le processus d'édition traditionnelle se caractérise par une déperdition de valeur à tous les niveaux d'une chaîne complexe dont l'auteur semble toujours être - et c'est un comble - le maillon faible. Du reste, le principe de Lulu s'inscrit logiquement dans l'évolution à laquelle nous assistons, qui replace l'individu au coeur de la production de contenu - et même d'une nouvelle forme d'économie.
Bref, et même si j'ai plusieurs projets de livres avec des éditeurs classiques, j'avoue avoir très envie de me laisser tenter, et d'expérimenter la publication chez Lulu...
21 juin 2006 à 09:44 - par Cyril Fievet - dans
internet / livres
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Robots extraordinaires
Voilà, c'est le titre de mon prochain livre, qui sort ces jours-ci :

Enfin, quand je dis "mon" livre, c'est un peu exagéré. Le projet a été mené par Philippe Bultez-Adams, responsable éditorial de FYP Editions (un petit éditeur qui monte, qui monte...) en coédition avec le Futuroscope de Poitiers. J'en suis l'auteur principal mais c'est avant tout un ouvrage collectif, qui réunit une bonne douzaine de collaborateurs, parmi lesquels Frédéric Kaplan (dont je parle régulièrement, notamment là), Christophe Jacquemin et Jean-Paul Baquiast (Automates Intelligents) ou Jacques Malaterre (réalisateur de L'Odyssée de l'espèce), pour n'en citer que quelques-uns. Le tout est préfacé par Axel Kahn.
Ce n'est pas à moi de juger, mais le résultat me semble intéressant. L'idée était de faire un livre attractif, illustré et facile à lire par un public large, sans faire quelque chose de trop superficiel. L'ouvrage est structuré autour d'une chronologie inversée et prospective (de 2050 à 1950), décrivant les principaux robots et roboticiens qui ont marqué leur temps. Cette chronologie est entrecoupée de textes de spécialistes, abordant plus en détail des problématiques données, notamment éthiques ou culturelles.
Bref, l'ambition était de réaliser un livre assez complet sur les robots, sans en faire une encyclopédie, pour montrer comment les robots s'intègrent petit à petit dans notre société, avec le questionnement que cela soulève.
L'ouvrage sera présenté demain au Futuroscope de Poitiers, dans le cadre de "l'année des robots" fêtée par le parc de loisir, qui ouvre aussi une nouvelle attraction, "Danse avec les robots".
Je ne crois pas que le livre soit disponible sur Amazon, mais il le sera sans doute chez Robopolis.
28 mars 2006 à 15:56 - par Cyril Fievet - dans
livres / robots
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Chinese Blog Story
Etonnant, j'ai reçu hier des exemplaires de mon dernier livre, Blog Story, en chinois.
Etonnant, d'une part car j'ignorais totalement qu'il avait été envisagé de le traduire, et d'autre part parce que je ne suis pas certain de l'intérêt d'une traduction, s'agissant d'un livre qui parle très peu de la blogosphère chinoise.
J'ignore d'ailleurs si l'éditeur est chinois ou taïwanais, mais il semble avoir un blog qui en parle.
C'est toujours amusant de voir ses livres avec une autre couverture et dans d'autres langues, a fortiori quand il s'agit d'une langue dont on ne sait pas le lire moindre caractère. Mais en tant qu'auteur, ça reste une "gloire" très relative : trois de mes précédents livres ont été traduits en langues étrangères (dont deux en chinois et un en japonais), mais cela ne m'a jamais rapporté le moindre centime.
En tout cas, autant que je puisse en juger, cette version est très fidèle et comporte même la sélection de blogs francophones qui figuraient à la fin de l'ouvrage en français :

18 mars 2006 à 15:58 - par Cyril Fievet - dans
livres / perso
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Blogs, couvertures et graphisme
Hubert a raison de relever ce billet de Jean-Christophe Courte, qui explique en détail comment il a conçu la couverture du livre de François Nonnenmacher consacré aux blogs. Jean-Christophe est un ami, mais aussi, probablement, la seule personne au monde à avoir produit trois couvertures pour trois livres consacrés aux blogs, chez deux éditeurs différents (c'est aussi à lui que l'on doit la couverture du livre de Loïc, Blogs pour les pros, et celle de Blog Story).
En plus, je trouve ça très intéressant de pouvoir voir les différentes étapes, y compris pour des titres qui n'ont pas été conservés au long du projet. Les éditeurs ne montrent jamais les étapes intermédiaires de ce travail et c'est bien dommage.
19 décembre 2005 à 14:49 - par Cyril Fievet - dans
livres
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Robots, genèse d'un peuple artificiel
Le moins que l'on puisse dire de "Robots, genèse d'un peuple artificiel" est qu'il s'agit d'un livre imposant. Près de deux kg pour 544 pages, entièrement dédiées à toutes les formes de robots présents ou ayant marqué leur époque. Une somme comme il n'en existait aucune sur le thème des robots.
Deux ou trois choses m'ont déplu dans le livre. L'organisation des chapitres est parfois confuse et le lecteur pourra se sentir noyé sous l'avalanche de textes et d'images qui s'accumulent sur les pages. Le texte est inégal et aurait mérité par endroits de délaisser la simple énumération pour approfondir certains points clés, notamment dans les rapports humains/robots, qui ne sont parfois que superficiellement traités.
Mais ce ne sont là que des points de détail, au regard du travail accompli pour mener à bien cet ouvrage colossal, qui s'impose de fait comme livre de référence sur le sujet. Le livre comporte plus de mille images, dont certaines rares (voire inédites). Cette profusion d'images, hors norme, place d'emblée le livre dans la catégorie incontournable : s'il existe une image d'un robot intéressant, pour une raison ou pour une autre, il y a de grandes chances qu'elle soit dans le livre. De même, tous les aspects du sujet sont traités (y compris l'art robotique, ce qui est rare dans les livres consacrés aux robots), et ce avec force références, explications et détails, et dans un style très accessible.
En outre, l'ouvrage, qui s'apparente autant à une encyclopédie qu'à un beau livre, comporte également de nombreuses interviews de personnalités (roboticiens ou personnalités diverses), souvent passionnantes et contribuant à la richesse de l'ensemble.
Bref, je recommande fortement ce livre qui, malgré un prix élevé (45 euros en France), mérite vraiment qu'on s'y plonge, et peut d'ailleurs faire un bon cadeau de Noël, instructif, original et beau.
Robots, genèse d'un peuple artificiel
Daniel Ichbiah
Ed. Minerva
(NB : je connais personnellement plusieurs des personnes ayant mené à bien cet ouvrage)
20 novembre 2005 à 17:33 - par Cyril Fievet - dans
livres / robots
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Les machines apprivoisées
Je n'avais pas pris le temps de chroniquer le dernier livre de Frédéric Kaplan, Les machines apprivoisées, et c'est un tort, d'autant que je l'avais dévoré il y a quelques semaines.
Frédéric Kaplan est chercheur au Sony Computer Science Laboratory de Paris, le seul laboratoire de recherche de Sony hors du Japon. Il y travaille, notamment, sur la robotique, les langages propres aux robots, l'apprentissage des machines ou l'interaction hommes-machines.
Sous-titré "Comprendre les robots de loisir", son livre est à la fois simple à lire et passionnant. Il commence par une histoire de la robotique et de l'Intelligence Artificielle, décrivant en détail quelques moments phares de ces disciplines, avant d'aborder la question de machines capables d'interactions sociales avec des humains (de ce point de vue, le récit d'expériences confrontant des enfants avec des robots de loisir est passionnant). Le livre étudie aussi en profondeur les rapports entre notre perception actuelle des robots autonomes et divers récits mythologiques ou émanant de différentes époques de la littérature. Cet aspect, bien que peut-être un peu long par moments, est plutôt original et donne beaucoup de sens au livre.
Mais c'est surtout la démarche qui sous-tend la publication d'un tel livre qui me semble à relever : un chercheur qui explique, avec un langage accessible à tous, ses travaux, sa compréhension du sujet, les perspectives en la matière, ses doutes aussi... De ce point de vue, c'est admirable, et le résultat excellent : si vous connaissez mal le monde des robots, ou si vous vous posez des questions à ce sujet (ce qui est à mon sens légitime autant que nécessaire), ce livre vous passionnera.
Il me semble du reste que beaucoup de chercheurs devraient mener une démarche similaire, pour vulgariser, expliquer et montrer le sens profond de leurs travaux, à destination du "grand public".
Même si je ne partage pas tous les points de vue de Frédéric Kaplan (notamment quand il écrit que "il n'y aura probablement jamais symbiose entre l'homme et la machine car nous nous définissons toujours par opposition à la machine"), je souscris pleinement à la mission de son livre et de plusieurs de ses enseignements :
"La présence, dans notre habitat ou celui de nos voisins, de robots d'un nouveau type, risque fort de nous conduire à changer notre point de vue sur les limitations des machines et, par là même, sur nous-mêmes."
Les machines apprivoisées
Frédéric Kaplan
Ed. Vuibert - Coll. Automates Intelligents
(NB : je connais personnellement Frédéric Kaplan et le hasard fait que nous allons nous rencontrer régulièrement ces prochains mois, à commencer par ce soir, ce dont je me réjouis)
16 octobre 2005 à 17:49 - par Cyril Fievet - dans
livres / robots
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Le blog de Max
Neuf mois après la fermeture du "Journal de Max" (rouvert depuis hier), Le blog de Max est le roman qui en est inspiré. Si tout cela ne vous évoque rien, "Le Journal de Max", écrit par un auteur anonyme, chroniquait au quotidien la vie de bureau dans une petite entreprise, avec mordant et cynisme, et dans un style qui avait poussé certains observateurs à penser que derrière Max se cachait un auteur réputé. Certains adoraient, d'autres détestaient et, après pas mal de bruit dans la blogosphère, le blog avait été repéré par la presse avant de devenir l'un des blogs francophones les plus populaires du moment.
Le livre est très proche de ce qu'était le blog, mais ne se contente pas d'en reproduire les billets. On retrouve le même style, le même univers et les mêmes personnages, mais la narration et certaines des anecdotes sont différentes.
De ce point de vue, il est intéressant de comparer les deux versions. Par exemple, certains passages ont été réécrits, parfois avec plus de subtilité.
Ainsi, ce passage du blog d'origine, évoquant une discussion où chacun doit citer son film favori :
"Je joue le jeu : Titanic ! Beauté des paysages, tension dramatique, performance des acteurs. Gégé saisit l'ironie. A son tour, il évoque La Guerre des Etoiles comme une oeuvre majeure du vingtième siècle. Quelle rigolade ! La discussion devient carrément surréaliste quand Robert Houdin fait son envolée sur Taxi. Je le soupçonne de déconner mais dans son cas rien n'est sûr. Le staff retourne bosser super content. Pour une fois, moi aussi !"
devient dans le livre :
"Je joue le jeu : ces magnifiques histoires d'amour qui se déroulent sur des bateaux qui coulent. Beauté des paysages, tension dramatique, performance des acteurs. Saisissant l'ironie, Gégé évoque les films de science-fiction où pullulent les étoiles maléfiques et les princes de l'ombre en insuffisance respiratoire. A son tour, Robert Houdin nous fait une envolée surréaliste sur les héros vêtus en string panthère qui hurlent de liane en liane. Quelle tartufferie ! Le navire sombre mais chacun tient sagement son rôle. Chacun contemple sa vie de merde, ou plus exactement la projette... sur grand écran."
La réécriture n'est pas inintéressante, je trouve. Mais en devenant plus "littéraire", les aventures de Max ont aussi perdu en spontanéité. Le blog était plus mordant, plus cru, plus trash. Le livre est plus soigné au plan de l'écriture, mais il est aussi plus "édulcoré".
C'est du reste ma principale critique. Ironiquement, le jeu des titres est trompeur : le blog s'appelait "Journal", tandis que le livre s'appelle "Blog", alors que le contraire eut été plus logique et surtout plus proche de la réalité. Je regrette d'ailleurs que le blog d'origine, sur lequel l'auteur évoquait l'animation qu'il suscitait dans la blogosphère ou dans la presse, et les nombreux commentaires (délicieusement appelés "prouts") qu'il générait, n'aient pas été davantage utilisés pour le livre, qui n'a donc plus rien d'un blog.
En dépit de ces remarques, le livre est plaisant. Si vous aimiez le blog, vous aimerez le livre. Et si vous ignoriez tout du blog, vous découvrirez un style original et alerte, offrant une vision peu conformiste de la vie de bureau, dont certains passages sont franchement drôles. Le blog de Max est un bon roman, parfois léger, parfois plus profond qu'on ne pourrait l'imaginer, et globalement agréable à lire. Il ne mérite peut-être pas toute la médiatisation qu'il a - et qu'il va - susciter, mais l'histoire de Max, si elle est véritable (un "monsieur tout-le-monde" qui se fait éditer après avoir été découvert par son blog...) est malgré tout peu banale.
Le blog de Max
Ed. Robert Laffont
(le livre a été envoyé à plusieurs blogueurs influents, dont certains en publient la critique. Lire par exemple celle de Tristan Nitot ou l'interview avec Loïc Le Meur)
7 septembre 2005 à 09:52 - par Cyril Fievet - dans
livres
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On Intelligence
On Intelligence n'est pas tout à fait un livre comme les autres. D'abord en raison de la personnalité de son auteur, Jeff Hawkins. Peu connu du grand public, ce dernier est pourtant une figure et un pionnier de la révolution du numérique : fondateur de Palm Computing et de Handspring, il est considéré comme l'inventeur du Palm Pilot et du Tréo. Mais il est aussi le créateur en 2002 d'un institut de recherche consacré aux neurosciences et, sans que cela ne soit très connu ou médiatisé, il partage son temps entre ses deux passions : les PDA d'un côté, le fonctionnement du cerveau de l'autre.
Ensuite, ce livre n'est pas banal du fait de l'ambition qu'il affiche : poser et expliquer une "théorie de l'intelligence humaine", et proposer une démarche qui pourrait nous conduire à fabriquer une intelligence artificielle comparable à celle de l'homme.
Autant le dire tout de suite, le livre est inégal en terme de facilité de lecture : certains chapitres sont très accessibles, d'autres vraiment ardus. Compte tenu du sujet, il est difficile de lui reprocher sa complexité, quand il s'agit d'exposer en quelques pages le fonctionnement détaillé du cortex humain. En tout état de cause, On Intelligence n'est pas un livre de plage.
Mais l'ouvrage n'en est pas moins admirable. L'auteur, à force d'exemples et d'explications dont certaines sont néanmoins très compréhensibles par le commun des mortels, est parfois très convaincant. Il parvient à nous interpeller sur le fonctionnement de notre cerveau et à nous convaincre que ce fonctionnement sera, pour une bonne part, reproductible dans une machine.
L'une des découvertes - pour moi - exposées dans ce livre est tout à fait fondamentale :
"Toutes les informations qui entrent dans votre cerveau sont représentées par des schémas spatiaux-temporels au niveau des neurones"
C'est un point clé, qui signifie que, contrairement à une idée reçue, les informations provenant de nos différents sens ne sont pas réellement différentes pour le cerveau. Ce que nous voyons ou entendons finit par être codé et ne plus être véritablement dissociable quand ces informations parviennent au cortex. Ce qui permet à Hawkins de conclure :
"Le principe de schémas est la donnée de base de l'intelligence"
En résumant (grossièrement), cela voudrait dire que l'humain peut être considéré comme un ensemble de capteurs (les organes de sens), qui codent les informations qu'ils perçoivent selon des schémas identiques. Ces schémas parviennent au cortex, qui les organise et les traite selon un "algorithme" qui lui permet d'établir la représentation que nous nous faisons du monde. (cela ne signifie pas que le cerveau est un "ordinateur", comme l'explique Hawkins, qui le décrit plutôt comme un "système de mémoire").
En conclusion, l'auteur ne doute pas de la faisabilité de machines intelligentes, mais tord néanmoins le cou aux idées reçues en matière d'intelligence artificielle :
"Il n'y a aucune raison pour laquelle une machine intelligente devraient ressembler à, agir ou ressentir comme un humain. Ce qui fait qu'elle est intelligente est sa capacité à comprendre le monde et à interagir avec lui, via un système de mémoire hiérarchisé, lui permettant de penser le monde comme vous et moi. Mais même si ses pensées et ses actions pourront être complètement différentes de tout ce que fait un humain, cette machine sera néanmoins intelligente. L'intelligence se mesure à la capacité de prédiction d'une mémoire hiérarchique, pas par des similitudes avec un comportement humain"
Un livre passionnant. Important, même.
On Intelligence
Jeff Hawkins (avec Sandra Blakeslee)
Ed. Times Books
UPDATE : Merci à Ylan de me signaler que le livre est paru mi-juin en français (Intelligence, CampusPress), ce que j'ignorais ; c'est une bonne nouvelle)
26 juin 2005 à 18:02 - par Cyril Fievet - dans
livres
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Trop de livres
Lu chez Sébastien :
"En tout, exactement 52.231 en 2004... Il s'agit juste du nombre de livres édités dans l'année. Un toutes les dix minutes, tout de même... Ca me donne un peu le tournis."
En effet. Pour lire ne serait-ce qu'un dixième de la production française, il faudrait lire plus d'un livre par jour... Et je parviens péniblement à en lire un ou deux par mois.
En tant qu'auteur, les chiffres ne sont pas tellement plus rassurants : mon éditeur publie chaque année 550 livres. En en publiant deux l'année dernière, ce qui est beaucoup, j'ai contribué à hauteur de 1/275e de sa production. On se sent peu de choses.
9 février 2005 à 09:24 - par Cyril Fievet - dans
livres
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Livres en cours
Je profite des billets de deux blogueurs émérites pour faire un petit point livres...
D'abord Marc-o qui "vend la mèche", via la Fnac : en effet, un livre sur les blogs et l'entreprise est en cours. Je ne fais qu'y participer, mais l'auteur principal est François (plus connu sous le pseudo Padawan).
A part ça, Jean-Michel décrit le prochain livre de Daniel Ichbiah, un ouvrage fleuve sur les robots. Je connais Daniel de longue date, et j'attend ce livre avec impatience depuis quelques mois, même si je dois bien avouer que j'en suis déjà jaloux (d'autant que j'avais moi-même présenté à un éditeur un projet similaire l'année dernière...). Mais c'est une bonne chose que plus de livres consacrés aux robots sortent en France.
Pour ce qui est de Blog Story, l'aventure se poursuit, et consomme pas mal d'énergie. Le livre continue à être régulièrement cité et je suis encore très sollicité pour des interviews (au moins deux par semaine ; NRJ vendredi dernier, France 2 tout à l'heure, notamment). Je n'ai pas encore de chiffres de ventes, mais j'ai l'impression que le sujet demeure très nouveau - et même abscons - pour la majorité du public français. C'est sans doute pour ça que le libraire en ligne Alapage a classé le livre dans la catégorie "Science Fiction" (ne changez rien, je suis très fier d'avoir un de mes livres dans cette catégorie !).
Enfin, j'ai commencé la rédaction de mon prochain livre en novembre. Je ne veux pas encore en déflorer le sujet, mais celui-ci est franchement passionnant, voire troublant (rien à voir avec les blogs, cependant). Je vais tâcher de m'y consacrer davantage à partir de maintenant. La sortie est prévue en octobre.
1 février 2005 à 13:46 - par Cyril Fievet - dans
livres
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Le pilon dans Libé
Bon article dans Libération sur le thème du "pilon" (que j'évoquais ici) :
"110 millions de livres finissent chaque année déchiquetés au pilon. Un cinquième de la production française."
(Via Sébastien)
19 janvier 2005 à 16:10 - par Cyril Fievet - dans
livres
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We the media
"We the media" est un livre formidable. Ecrit par le journaliste Dan Gillmor, l'un des pionniers en matière de journalisme sur Internet, il tente de cerner la révolution médiatique entraînée par l'apparition des nouveaux outils de communication. Blogs, mais aussi SMS, caméraphones, wikis ou peer-to-peer, l'auteur passe en revue tous ces outils, et souligne l'importance et l'ampleur des nouveaux usages qu'ils permettent et des mutations qu'ils induisent dans notre rapport à l'information.
"Quand quiconque peut devenir un auteur, dans le sens le plus large et à destination d'une audience globale, la plupart d'entre nous le seront. Internet chamboule tellement des choses que nous présumons vraies au sujet des médias et des modèles économiques qu'il est difficile de suivre toutes ces transformations ; il est difficile de suivre le fil de cette évolution depuis un système hiérarchique de haut en bas vers quelque chose de largement plus démocratique mais aussi, c'est vrai, de plus fouillis." [...]
"Les blogs et les autres médias modernes sont des systèmes basés sur le feedback. Ils fonctionnent quasiment en temps réel et rendent compte de la multitude des idées et des réalités que chacun d'entre nous peut offrir. Sur Internet, nous nous définissons par ce que nous savons et ce que nous partageons. Maintenant, pour la première fois dans l'histoire, le feedback peut être global et quasiment instantané."
Bourré d'anecdotes, percutant, écrit avec un style vif et direct, l'ouvrage est admirable de concision. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'adresse pas uniquement aux journalistes mais à tous les constituants de la chaîne traditionnelle de l'information : ceux qui la font, ceux qui en vivent et ceux qui la consomme.
Mais le livre est surtout vraiment porteur de sens. C'est même un ouvrage essentiel. Oui, nous - et nos médias - sommes en train de vivre une révolution de grande ampleur. Oui les journalistes et les grands médias sont en train de perdre leur monopole, et doivent apprendre à écouter et à s'adapter, en oubliant au passage l'arrogance qui les caractérise souvent. Et, oui, ces transformations sont profondes.
Dan Gillmor, dont je partage tous les points de vue, n'en est pas moins lucide. Tout ce qui ce qui se passe en ce moment ne conduit sûrement pas à considérer que tous les blogueurs sont des journalistes, ni que les médias traditionnels vont disparaître. Et il rappelle souvent qu'il faut demeurer vigilants, et que la mutation que nous vivons est autant profonde que complexe. Nul ne sait où cela conduira, mais comme le souligne Gillmor, "cela vaut le coup d'essayer".
Bref, si vous lisez l'anglais, et s'il vous importe de comprendre ce qui va se passer dans les prochaines années dans la sphère médiatique, je ne saurai trop recommander la lecture de "We the media".
A noter que le livre est disponible gratuitement en version électronique (sous licence Creative Commons), et qu'un blog a été créé spécialement autour du sujet. A Noter également que Dan Gillmor, que je ne connais pas personnellement, a écris l'une des postfaces de "Blog Story", que l'on peut lire ici (en français), et qui résume bien son discours.
We the media - Grassroots journalism, by the people, for the people
Dan Gillmor
Ed. O'Reilly
3 décembre 2004 à 20:06 - par Cyril Fievet - dans
livres
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La proie
L'avant dernier roman de Michael Crichton, "La proie" ("Prey"), a fait couler beaucoup d'encre, notamment outre atlantique. Dans une certaine mesure, c'est même ce livre qui a déclenché un débat, et même un début de polémique, à l'encontre des nanotechnologies, et des risques qu'elles pourraient présenter.
Le roman décrit la perte de contrôle par des scientifiques d'un nuage de nanoparticules. Celles-ci deviennent autonomes, méchantes, et mêmes fatales.
Quand on connaît un peu l'état d'avancement de la recherche en nanotechnologie, ce résumé peut faire sourire, et il convient d'insister sur le fait qu'il s'agit bien là de science-fiction (ou même de science-fiction-fiction). Mais la force de Crichton est de parvenir à faire de ce sujet un bon thriller, crédible et original, dont ces nanoparticules tueuses sont les héros anonymes.
Certains reprocheront sans doute à "La proie" de reproduire à l'infini les recettes de la "méthode Crichton". On prend un thème scientifique d'actualité, on se documente largement sur le sujet (on peut imaginer que l'auteur n'est pas seul à intervenir dans cette phase), et on imagine le prolongement (forcément inquiétant) des technologies concernées, en jouant sur les peurs et phobies - parfois légitimes - qui sommeillent en chacun de nous. C'est le principe de "Jurassic park", de "Timeline" ("Les prisonniers du temps"), et de "La proie".
Mais ça fonctionne. Crichton a un véritable talent. Tout s'enchaîne remarquablement bien. Les situations, les lieux et les personnages sont bien décrits, sans en faire trop, et en faisant monter le suspense. Les aspects scientifiques ou technologiques sur lesquels s'appuie le livre sont particulièrement bien traités. En quelques phrases, Crichton résume des pans entiers de recherches scientifiques complexes (et bien réelles), qui suffisent à crédibiliser l'histoire. On y entre facilement, et j'avoue avoir été tenu en haleine jusqu'à la dernière page.
De ce point de vue, "La proie" est probablement le meilleur livre de Crichton que j'ai lu (bien meilleur que "Timeline" en tout cas). Et au total, même si le débat qu'il a initié n'était pas totalement justifié, c'est un excellent roman, facile à lire et pas dénué de sens.
La proie (Prey, en anglais)
Michael Crichton
Ed. Robert Lafont
25 septembre 2004 à 14:15 - par Cyril Fievet - dans
livres
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Isolation
Dans un futur lointain, la planète est recouverte d'une bulle cosmique masquant les étoiles et isolant le monde du reste de l'univers. Un détective privé est chargé de retrouver une jeune fille, supposée déficiente mentale et mystérieusement disparue de la clinique où elle se trouvait.
"Isolation" est sans doute l'une des romans les plus connus de Greg Egan, auteur cyberpunk australien - et culte pour beaucoup de gens. Globalement, c'est un bon roman, mais néanmoins très inégal. Ce que j'y ai le plus apprécié est sans doute la description de "Mods cérébraux", des programmes que l'on achète, qu'on "charge en mémoire", et qui sont destinés à modifier le comportement et les capacités humaines, en agissant sur certaines zones du cerveau. L'analogie avec les logiciels informatiques est subtilement traitée, et paraît même réaliste : dans quelques décennies, on pourrait imaginer que notre maîtrise du fonctionnement du cerveau nous conduisent à le modifier à la demande.
Cet aspect du livre est tellement bien que j'ai regretté que cela ne soit pas traité plus à fond. L'auteur a préféré faire évoluer l'histoire dans la voie "quantique", en partant dans ce qui me semble être un gros délire, peu convaincant, basé sur ce que pourrait permettre la physique quantique si elle était maîtrisable mentalement par les individus.
Un peu décevant, mais à lire, quand même.
Isolation
Greg Egan
Le livre de poche - Science fiction
15 août 2004 à 15:03 - par Cyril Fievet - dans
livres
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Un crime contre l'espèce humaine ?
Philippe Descamps, philosophe et journaliste scientifique, se propose dans cet essai de commenter et d'analyser en détail les implications de la loi relative à la bioéthique, adoptée au Sénat en janvier 2003. Cette loi, notamment, fait du clonage reproductif humain un "crime contre l'espèce humaine".
Bien que parfois un peu verbeux, ce livre frappe par sa pertinence. Par delà les idées reçues, l'auteur montre avec force (et finesse) combien la loi sous sa forme actuelle est absurde, et même dangereuse. S'appuyant sur de multiples documents et textes, étudiés en profondeur, il relève page après page les incongruités de la loi bioéthique, et montre aussi comment le législateur s'est laissé abuser par une moralité bien-pensante, voire une idéologie "théocratique", au détriment de toute considération scientifique.
lire la suite... 1 août 2004 à 17:04 - par Cyril Fievet - dans
livres
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