Un milliard de chansons

C'est le niveau atteint par la boutique en ligne iTunes, sur laquelle, donc, un milliard de chansons (vendues 0,99$ aux Etats-Unis et 0,99 euro en France) ont été achetées.

Cela représente, à vue de nez, l'équivalent d'environ 100 millions de CD. Ce n'est pas énorme si l'on considère que cela s'est fait sur une période de près de trois ans.

Mais c'est considérable si on tient compte du rythme de progression, comme je le soutenais l'année dernière : il aura fallu deux ans à iTunes pour franchir la barre des 250 millions de chansons vendues, mais le passage au milliard n'aura pris qu'un an. Dit autrement, ce sont désormais plus de 700 millions de chansons qui sont vendues chaque année via Apple. Le rythme va d'ailleurs probablement s'accélérer encore, Apple annonçant que plus de 3 millions de chansons sont vendues chaque jour.

N'en déplaise à ceux pour qui les offres légales sont toujours insignifiantes, ça commence à ne plus du tout être négligeable, ni pour Apple, ni pour le marché de la musique.

23 février 2006 à 16:05 - par Cyril Fievet - dans apple / musique
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Les Téléchargements.com

Je n'ai pas pu assister au lancement du site "Les Téléchargements.com", créé à l'initiative du Ministère de la culture, avec le soutien de la SACEM et de la SACD. Le site a pour but d'expliquer le projet de loi DADVSI en laissant la parole à divers représentants, sous la forme d'un blog assorti de podcasts vidéo. L'opération a pour but de pallier la mauvaise communication qui avait entourée la présentation du projet de loi en fin d'année dernière. Pas forcément une mauvaise idée, donc.

Je constate pourtant, quelques heures à peine après l'ouverture du site, que les critiques vont bon train. Tristan constate avec gourmandise que plusieurs sites fustigeant le projet de loi ont été montés, et n'hésite pas à écrire :

"Attendons tout de même de voir avant de porter un jugement, mais le fait est que les organisateurs soient tellement pour DADVSI laisse peu d'espoir quant à liberté d'expression dans cet espace à venir."

Evidemment, tous les commentaires des lecteurs de Tristan s'accordent à penser que ce site est sans intérêt et/ou pas objectif.

Troublant. Pour ma part, en allant sur ce site, je constate que le premier billet-podcast émane de Guillaume Champeau, fortement opposé au projet DADVSI. Il défend sa position avec des arguments d'une naïveté confondante, à mon avis, mais c'est son droit et c'est très bien qu'il puisse le faire en se voyant offrir une telle tribune. Du reste, quand bien même ce site ne présenterait que des avis favorables à ce projet de loi, en quoi cela serait-il choquant ?

Il me semble donc un peu curieux de critiquer "l'esprit d'ouverture" dont font preuve les initiateurs de ce site à peine né (et qui, par parenthèse, a déjà recueilli plus de 400 commentaires d'internautes en quelques heures).

Etonnant combien la mauvaise foi est omniprésente dès qu'on aborde le sujet de la musique sur Internet...

22 février 2006 à 22:46 - par Cyril Fievet - dans internet / musique
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Musique et Internet : débat à l'Assemblée Nationale

Mardi prochain (28/2) aura lieu dans les locaux du Palais Bourbon un vaste débat-colloque sur le thème "Comment concilier la liberté des internautes et le droit des auteurs ?". Organisé à l'initiative du député UMP Nicolas Dupont-Aignan, chef de file du mouvement "Debout la République", le débat a pour but d'éclairer le sujet, notamment dans la perspective du réexamen du texte de loi DADVSI début mars.

A peu près tous les points de vue seront (en principe) représentés, à commencer par ceux des ayants-droits (SACEM, SACD, ADAMI, SPEDIDAM, SNEP), des consommateurs (UFC-Que Choisir, Audionautes) et des industriels (Vivendi Universal). La liste des participants est consultable ici (mais peut encore changer). Le but est en particulier de comparer les points de vue, d'expliquer les enjeux et, éventuellement, de faire émerger des solutions concrètes, qu'il s'agisse d'une licence globale ou d'autres solutions.

Je suis chargé d'animer ce débat ("animateur", pas "organisateur" : merci d'éviter de m'agonir d'injures quant au choix des participants ; merci aussi d'éviter de gloser sur mon éventuelle "instrumentalisation par l'appareil politique" et autre "démonstration de mon engagement politique" : le sujet m'intéresse et je considère par principe que tout débat est potentiellement bénéfique, ça s'arrête là).

Ce débat est public, l'accès est libre et ouvert à tous (y compris aux podcasteurs, qu'on se le dise...). Il faut simplement s'enregistrer au préalable.

- par Cyril Fievet - dans musique / perso
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Le commentaire de Fabrice

Fabrice était l'un des invités au "fameux" déjeuner ministériel évoqué précédemment. Il vient de m'envoyer par email un commentaire qu'il n'est pas parvenu à poster sur nanoblog (j'ignore pourquoi), répondant à certaines réactions postées sur mon blog. S'agissant je crois du seul invité qui ne s'est pas encore exprimé, il me semble naturel de lui accorder un billet, d'autant qu'il ne dispose pas de blog. Je reproduis ci-dessous l'intégralité de son commentaire :

Bonjour tout le monde!

Je suis l'un des participants à ce fameux déjeuner et j'ai très envie, après la célèbre tache de vin de Loïc (j'avoue que ça m'a bien fait rire), de venir faire tache d'huile sur ce blog.

Pour être franc avec vous je découvre l'univers des blogs depuis peu, étant à la fois dj/ producteur/ label manager/ éditeur/ animateur d'émissions radio et plein d'autres choses encore liées à la musique... bref pas trop le temps de bloguer!

Autant vous le dire tout d'entrée, j'ai été très surpris d'avoir été invité à ce déjeuner. Pourquoi l'ais-je été? Je n'en sais rien. A part m'être exprimé sur le sujet sur mon site, qui est certes bien référençé, et avoir invité les internautes à participer au débat, je n'ai rien fait de plus que la plupart d'entre vous n'ont déjà fait. Alors considérons que j'ai simplement gagné à la loterie ministérielle. En tout cas Julie saches que je n'ai couché avec personne (je n'ai pas les mêmes penchants sexuels que le ministre!), il n'y a pas eu de copinage ni de promotion canapé.

Je n'avais visiblement pas non plus les mêmes préoccupations que mes voisins (je regrette l'absence de voisines): Je n'étais pas là pour inciter le ministre à consulter plus souvent les éditeurs de logiciels libres (qui d'ailleurs pour certains comme "Firefox" vont encore jeter un pavé dans la mare avec l'arrivée de la fonction "All Peers" qui va concurrencer le P2P), ni même pour défendre les MP3 blogs avec la vision utopique qu'on peut balancer des titres entiers sur le net sans l'avis de leurs propriétaires parce qu'on estime que ça leur fait de la promo! Je n'étais pas là non plus pour défendre le monde informatique en général, à coups de grandes envolées verbales et interminables puisque privé de mon clavier à table!

Non, j'espérai simplement pouvoir rentrer dans un débat plus approfondi sur la license globale à laquelle comme Cyril je suis opposé (pour l'instant en tout cas), je souhaitai que l'on parle des DRMs et DRMs ouverts (libres), de l'interopérabilité, des mesures d'audience sur le net... bref j'esperai trouver des réponses à mes interrogations et inquiétudes concernant la juste rémunération des artistes et la survie des producteurs/ éditeurs indépendants face au P2P, qui pour moi, n'est rien d'autre que du pillage organisé de répertoire et une entrave grave au développement des modèles existants.

Et lorsque j'ai vu que le débat tournait finalement à la camaraderie, je me suis résigné, après que le ministre m'ait répondu très rapidement concernant la license globale: "ca va être vite balayé...", à me réconforter sur mon foie gras et sur cet excellent Saint-Emilion.

Ceci dit je tiens rapidement à apporter quelques réponses, en vrac, à ce que je viens de lire: Il n'y a pas eu de copinage, ni de coucheries, personne n'avait la prétention de représenter la "blogosphère", il n'y avait aucune tension entre les participants (beaucoup de cartes de visites se sont échangées très spontanément), et le ministre était sincère dans sa démarche, qui n'était certes rien d'autres qu'une opération de reconquête et de séduction non pas auprès d'"élus" (que certains redescendent sur terre), mais auprès de représentants d'un monde qu'il affectionne tout particulièrement , celui très sympathique mais néanmoins influant des blogueurs, ayant été lui même un blogueur acharné dans le passé.

Je tiens cependant à souligner que l'équipe de ses conseillers était présente au grand complet, très attentive et visiblement calée sur le sujet, et ces conseillers n'ont pas hésité à nous laisser leurs cartes de visite et incité la plupart d'entre nous à mûrir la réflexion en leur faisant remonter des idées, des critiques. Je leur ai d'ailleurs conseillé de mettre en place un forum sur le site du ministère afin que que toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés puissent être entendu. On m'a dit que ce serait mis en place.

Dernière chose pour revenir sur un sujet évoqué plus haut: Oui le téléchargement est moins cher que le prix du CD, sauf evidemment pour certains produits comme les compilations de titres issus de back catalogues qui ont déjà été exploités. Un CD album coûte en moyenne 15 à 20 €, il comporte rarement 15 à 20 titres.

Bonne année et à bientôt j'espère.
Fafa Monteco
Hypnotic Music - fafamonteco [AT] hypnoticmusic [POINT] com


Remarques :

. l'encadré qui précède n'est pas un texte de Cyril Fiévet, mais de Fabrice Monteco ;

. je ne le publie pas parce que je suis d'accord avec tout ce qu'il dit, mais parce qu'il est légitime et naturel de lui laisser la parole, et parce que cela me fait plaisir de le faire ;

. Fabrice exprime un avis et en tant que tel, il se respecte ; merci de rester courtois dans vos commentaires.

11 janvier 2006 à 19:56 - par Cyril Fievet - dans internet / musique
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Au Ministère de la Culture

J'étais tout à l'heure invité à déjeuner au Ministère de la Culture, à l'initiative du ministre Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) qui accueillait une dizaine de blogueurs pour discuter du texte de loi sur les droits d'auteurs (DADVSI).

Une initiative pour le moins originale, voire inédite en France, qui fait suite à la déferlante (souvent négative) soulevée par le texte de loi dans la blogosphère.

rddv_1.jpg

Etaient présents à ce déjeuner, notamment, Thomas Clément, Loïc Le Meur, Tristan Nitot, Vincent Glad, Bertrand Lemaire (journaliste qui tient un blog sur le site du Monde Informatique), Fabrice (DJ), ainsi que le ministre et ses conseillers (désolé, pas noté tous les noms).

Petit résumé de ce mini-événement.

L'ambiance
Conviviale, simple et agréable. Le ton était franc et direct et pas le moins du monde "langue de bois". RDDV m'a semblé bien connaître Internet et le sujet en question (ses conseillers aussi, a fortiori), et défendre ses convictions avec passion et sincérité.

Ce que j'ai retenu, côté Ministère
On reconnaissant volontiers avoir "sous-estimé l'ampleur du débat, l'un des premiers sur Internet, suscité par le texte de loi". Le ministre a déploré "avoir eu du mal à se faire comprendre" et soulignait qu'il était "très paradoxal qu'on le prenne pour un liberticide" sur un texte qui vise avant tout à rester "totalement respectueux des libertés individuelles" et "réconcilier les internautes et les créateurs". Il insistait aussi sur la mauvaise presse, pavée de procès d'intervention et de caricatures, dont il a fait l'objet.

Ce que j'ai retenu, côté blogueurs
Vincent Glad a je crois marqué des points en défendant le rôle positif joué par les MP3Blogs, devenus "les nouveaux petits disquaires de proximité". Le ministre ne semblait pas contraire au principe de cette nouvelle forme de promotion des artistes, même si elle inclut la reprise d'extraits musicaux, et lançait : "plus il y aura de nouveaux blogs, mieux se portera la création".
Tristan Nitot, ravi d'apprendre que les 14.000 employés du Ministère utilisent le navigateur libre Firefox, soulevait avec justesse le risque de mainmise des grands éditeurs dans un monde de musique DRMisée.
Fabrice, opposé (comme moi) au principe de licence globale, rappelait qu'il serait intéressant d'étudier la possibilité d'un DRM libre, comme celui élaboré par Sun.
Bertrand Lemaire insistait sur le fait que le piratage n'est pas lié à la recherche de gratuité et soulevait le problème de pérennité posé par la musique protégée par DRM (un Bertrand qui ne m'avait pas convaincu sur son blog et m'a, là, un peu gonflé, soit dit au passage de façon très amicale).
Loïc, trop occupé à renverser ses verres de vin sur la belle nappe blanche de la somptueuse salle à manger ministérielle, tentait d'expliquer, de façon un peu confuse, qu'il aimerait pouvoir utiliser de la musique dans ses podcasts (ce à quoi on peut lui recommander de visiter, par exemple, Musique-Libre.org, qui s'y prête bien).

Mes interventions
J'ai pour ma part résumé le problème du DADVSI à un problème de communication : texte peu lisible, voire incompréhensible, qui prêtait le flanc à la critique, même caricaturale et injustifiée. Le ministre et son équipe m'ont eu l'air très conscients de cela.
J'ai également mis sur le tapis l'épisode de la présence à l'Assemblée Nationale de sociétés commerciales faisant la démonstration de plates-formes de téléchargement légal. Ma question semble avoir énervé le ministre (et ce n'était pas le but), qui parlait de la "saloperie politique" dont il fût victime dans cette affaire. Vu que je ne cherchais pas à provoquer, et que cet épisode m'avait paru, là aussi, outrancièrement gonflé, cela m'a conforté dans l'idée qu'il s'agissait juste d'une maladresse, ou à tout le moins d'une mauvaise communication.
J'ai également abordé le prix de la musique, dont je reste persuadé qu'il est beaucoup trop élevé et explique une bonne part de l'intérêt des internautes pour le piratage. Je crois avoir marqué un point, car RDDV semble parfaitement d'accord et confirmait que, selon lui, "le prix de la musique doit baisser". Il rappelait d'ailleurs que c'est déjà le cas sur les plates-formes légales (contrairement à des idées reçues et tenaces, la musique téléchargée *est* moins chère que sur CD, c'est un fait, je le repète). Mais ce n'est pas suffisant et le ministre soulignait que "nous ne sommes pas encore parvenus à un point d'équilibre dans ce domaine". Tant mieux.
Enfin, en matière de cinéma, j'ai soutenu la thèse selon laquelle la chronologie des médias ne pouvait pas être maintenue, et que le seul moyen de lutter contre le piratage était d'avoir une sortie des films simultanée et multi-support (en salles, en téléchargement, en DVD). Là par contre, je me suis un peu fait ramassé. Possible que je me sois mal exprimé, passant (bêtement) pour un ultra du P2P sauvage et libre. Mais je reste persuadé que le piratage de musique et de films résultent de motivations distinctes et que ce problème de temporalité est un aspect clé, expliquant une bonne part du piratage de films. La chronologie des médias est un carcan qui empêchera toujours d'apporter des solutions à ce problème.

Ce que je retiens de tout ça :

. L'initiative de ce déjeuner est vraiment à saluer, et j'en remercie vivement celles et ceux qui l'ont rendu possible. Bien sûr, certains y verront une simple opération de séduction et de communication à destination des blogueurs et des internautes. Mais, eu égard au caractère louable de la démarche, ce serait bien dommage de bouder ce qu'elle pourrait apporter de bénéfique (il est question de nouvelles rencontres similaires).

. Le texte du DADVSI - et certains de ses amendements - ne constituent pas une si mauvaise option qu'on a bien voulu le dire, ce qui confirme en grande partie ce que j'en pense depuis le début.

. Il n'a jamais été dans les intentions de RDDV "d'interdire le logiciel libre" ou de "remettre en cause le principe de copie privée", comme on l'a parfois lu. Rien, ou presque, ne justifiait les cris d'orfraie poussés par certains, comme je le regrettais moi-même sur ce blog il y a 15 jours.

. La licence globale, adoptée à la va-vite ce soir de 23 décembre, va être remise en cause (et c'est tant mieux), en principe début février.

Pour ceux que cela intéresse, je me permets de lister mes autres billets sur le sujet :
. En finir avec la chronologie des médias
. P2P : l'Adami a encore frappé
. Les blogs sont-ils solubles dans le DADVSI ?
. La cacophonie DADVSI
. Licence globale, la mauvaise idée

A suivre aussi, le billet de Tristan, en cours de rédaction.

(Nota Bene. Comme le reste de mon blog, ce billet ne relève pas d'un travail de journaliste : j'ai assisté - à titre individuel - à un déjeuner et j'en relate certains points qui m'ont frappé, de façon rapide, informelle et personnelle ; merci de le considérer comme tel, en particulier pour ce qui concerne les citations que je retranscris, de façon plus ou moins précise)

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Avant, après... Merci Loïc ;-)

6 janvier 2006 à 17:38 - par Cyril Fievet - dans internet / musique / perso
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Licence globale, la mauvaise idée

Brillante tribune de Denis Olivennes, PDG de la FNAC, dans Libération, qui s'en prend avec virulence au principe de licence globale pour la musique, adopté fin décembre (et susceptible d'être remis en cause ce mois-ci) :

Au nom de quoi faudrait-il autoriser pour la seule musique une consommation illimitée mais un paiement forfaitaire, puisque telle est votre proposition ? Les auteurs-compositeurs n'auraient-ils pas le droit, comme les boulangers, les journalistes, les médecins, les électriciens, les joueurs de football, etc., etc., bref, tous les producteurs de biens ou services matériels ou immatériels, à une rémunération juste et individuelle pour leur travail ?

Même si certains de ses propos sont un peu outranciers et font peu de cas de la dimension sociale (bien réelle) du P2P, il résume plutôt bien ce que je pense de cette gigantesque connerie drôle d'idée que constitue ce principe de licence globale. Pour rappel, ce principe va reposer sur l'augmentation du prix de l'accès à Internet afin de rémunérer forfaitairement les artistes et autres ayants-droits.

Les arguments de bon sens à l'encontre d'un tel principe sont si nombreux qu'on ne sait pas par où commencer (Olivennes les résume bien pour la plupart)...

Pour faire bref, je me contenterais de quelques questions :

1. Créer une taxe supplémentaire, a fortiori si elle porte sur le coût d'accès à Internet, est-elle une bonne chose pour la démocratisation du réseau dans notre pays ?

2. Pour ceux qui achètent leur musique sur des plates-formes de téléchargement légales, ce qui est mon cas, cela ne reviendra-t-il pas à payer deux fois sa musique ?

3. Sur quelle base la somme forfaitaire accumulée va-t-elle être répartie entre les ayants-droits ?

4. Si cette répartition est fonction du nombre de fichiers téléchargés par les internautes (ce qui semblerait naturel), cela n'impose-t-il pas la mise en place d'un dispositif de surveillance très précis, sur le micro-ordinateur de chaque internaute ?

5. En toute logique, une telle mesure appliquée aux fichiers musicaux devrait l'être à tous les autres fichiers, en particulier aux films. Est-ce bien raisonnable ?


Je ne défend pas ici les marchands, les défenseurs obtus du copyright ou les grandes majors qui se sont engraissées avec les CD des années durant. Mais en même temps, le concept de licence globale me paraît être une aberration, qui fleure bon la démagogie politique et/ou l'incompréhension de la part des députés sur le sujet.

Le problème est pourtant simple. Le seul moyen de lutter contre le piratage est de développer des offres attractives qui lui feront concurrence. Il n'y a que deux choses à faire :

1. Baisser le prix de la musique au format téléchargé (si une chanson coûtait 5 à 10 centimes d'euros, qui prendrait la peine d'aller la chercher sur des réseaux P2P ?)

2. Améliorer l'accès, l'ergonomie et la souplesse des plates-formes légales

4 janvier 2006 à 01:23 - par Cyril Fievet - dans musique
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La cacophonie DADVSI

Le projet de loi DADVSI a été discuté à l'Assemblée Nationale ces derniers jours.

Comme je l'ai signalé récemment, il suscite beaucoup (trop) de bruit dans la blogosphère, et c'est loin d'être fini.

Mais ce texte de loi, et les atermoiments qui l'accompagnent, sont à ce point ubuesques que l'ensemble paraît servir d'illustration à une nouvelle forme de la théorie du bordel ambiant.

Je tente de résumer ce qu'il faut bien appeler l'un des plus gigantesques merdiers juridiques de l'histoire de l'Internet français, ou au moins ce que j'en ai compris ou retenu :

. les amendements qui posaient problème aux défenseurs du logiciel libre n'ont pas été adoptés

. une majorité parlementaire s'est dégagée en faveur du principe de "licence globale" (j'y reviendrai)

. les débats sont ajournés et reprendront en janvier (à vrai dire, c'est la seule bonne nouvelle)

. beaucoup se réjouissent de tout cela et en déduisent que le P2P "vient d'être légalisé" - ce n'est pas vraiment le cas

. de fortes dissenssions sont apparues parmi les députés, y compris au sein de l'UMP dont une partie des représentannt se sont opposés au ministre de la Culture - ça fait désordre, mais au point où en est la vie politique française, c'est un détail

. les divergences entre les différents représentants des ayants-droits sont au plus haut - l'UPFI, par exemple, explique qu'on va "tuer la création française" et parle de "cataclysme économique", tandis que l'ADAMI ou d'autres se réjouissent, en parlant de "véritable avancée" (une avancée vers quoi et pour qui, telle est la question)

. certains, déplorant l'ajournement des débats parlementaires et une remise en cause du vote, crient au scandale - l'occasion pour quelques uns d'en conclure - bêtement - que notre pays est une "dictature" (cf. commentaires)


Difficile, donc, d'y voir clair dans cette cacophonie parfois pathétique. On ne dirait pas comme ça, mais le sujet en question est capital pour l'avenir et concerne chacun d'entre nous.

Pour tenter de suivre, malgré tout, le débat :

. Versac propose quelques liens, constate l'importance du sujet dans la blogosphère et se réjouit du rôle tenu par les blogs dans tout cela. Je ne partage pas cet optimisme, surtout quand je constate le caractère dérisoire du blog "spécial DADVSI" créé par le PS, en principe pour aider à suivre les débats : non alimenté depuis trois jours, le dernier billet pointe vers une image puérile et stupide, censée résumer les craintes de certains, mais s'ajoutant au bruit ambiant

. Fort heureusement, Maître Eolas, avec une finesse, une intelligence et un souci de précision admirables (mais hélas trop rares ailleurs), chronique les débats et conclut :

L'opposition a marqué un point politique, en torpillant l'économie du projet de loi DADVSI, et en s'assurant ainsi que le projet ne sera pas adopté tambour battant. Elle a infligé un camouflet au ministre et à la commission des lois.
Il demeure que cet amendement est en sursis et ne devrait pas survivre à la procédure législative.
Au moins, cet incident balayera je l'espère un leitmotiv beaucoup relayé sur la toile sur le caractère prétendument peu démocratique de cette discussion, qui n'a jamais été fondé.

. Mise à part Libération, ou les explications parfois curieuses du principe de P2P par Le Figaro, signalons aussi le remarquable travail de la journaliste Estelle Dumout sur ZDNet France (dernier article ici, mais beaucoup d'autres sont archivés)

23 décembre 2005 à 12:59 - par Cyril Fievet - dans internet / musique
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P2P, sondage et contradictions

Bonne initiative de UFC Que Choisir, qui vient de publier les résultats d'un sondage sur le Peer-to-peer (P2P), la copie de biens culturels et la distribution en ligne.

Portant sur un échantillon national de 4.000 personnes, le sondage est inédit, donc forcément intéressant.

Hélas, y apparaissent des contradictions qui me semblent de nature à faire douter quant à la pertinence de l'étude et des analyses qui en sont faites.

Par exemple, on lit au début de cette page :

"Il ressort de l'étude que, d'une manière générale, les achats de CD et de DVD ne sont pas affectés par l'intensité du copiage sur les réseaux P2P."

et à la fin de la même page :

"Pour autant, on ne peut pas conclure à ce stade, et sans prendre en considération d'autres variables, que les achats de CD et de DVD sont positivement ou négativement affectés par le copiage P2P."

Bon, finalement, affectés ou pas affectés ?

Autre souci dans cette étude (dont je n'ai toujours pas compris dans quel ordre il fallait la lire), sur une autre page :

"L'offre et les occasions de découverte d'artistes nouveaux sont perçues comme insuffisantes via les canaux traditionnels de distribution. Ce constat incite les individus à s'approvisionner en contenus en les téléchargeant sur les réseaux P2P."

Soit. Ce point étant considéré comme la 2e raison qui explique l'engouement des internautes pour le P2P, on s'attend à que le sondage ait démontré cela de façon flagrante.

Mais ce n'est pas vraiment le cas, car les résultats chiffrés sont les suivants, dans la tableau "Les raisons pour lesquelles un individu copie" :

Il n'y a pas assez de diversité dans les magasins ou sur les sites Internet à téléchargement payant :
Pas d'accord : 46,22%
Tout à fait d'accord : 20,70%
D'accord ou plutôt d'accord : 33,9%

Je ne sais pas vous, mais pour ma part, en lisant ces chiffres, j'en déduis que, grosso modo, seule une moitié des gens trouvent que l'offre en ligne est insuffisante, et une moitié s'en satisfait. Aucune majorité ne se dégageant, rien ne permet de dire en tous cas que c'est "l'insuffisance de l'offre" qui "incite" au P2P. Du reste, si tel était le cas, personne n'aurait de souci à se faire, car il suffirait aux majors d'accroître la diversité et les choix des offres légales (ce qui est le cas) pour endiguer le P2P.

Bref, pas très convaincu par tout ça.

L'un des points les plus intéressants de l'étude, même si ce n'est pas une grande surprise, est la réponse à la question : "le prix des originaux (CD/DVD) est-il trop élevé ?"

Là, pour le coup, c'est un vrai plébiscite :

Tout à fait d'accord : 72,51%
D'accord : 14,28%

Et l'étude UFC Que Choisir le relève, dans la 3e raison expliquant le P2P :

"Une baisse du prix des originaux ou une amélioration de la qualité perçue des originaux ou des services de distribution pourraient donc être un stimulant pour faire migrer les individus du copiage vers l'achat."

J'applaudis à cette idée, que je soutiens depuis plusieurs années. Chers industriels de la culture, si vous voulez lutter contre le piratage, commencez par baisser les prix. Ils ne reposent sur aucune réalité et sont désormais en opposition avec ce que souhaitent les consommateurs et les usages qu'ils ont développé en ligne. Le temps des vaches grasses et du CD audio à 20 euros, c'est fini !

Près de 9 français sur 10 estiment que CD et DVD sont trop chers. Ne pas entendre ça, quand on est dans l'industrie du disque ou du cinéma aujourd'hui, relève de la pure inconscience.

21 décembre 2005 à 17:46 - par Cyril Fievet - dans internet / musique
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Moby en concert à Bercy

J'ai assisté hier au concert de Moby à Bercy. Ne l'ayant jamais vu en concert, mais aimant bien ses premiers albums (sans être un fan invétéré), j'étais un peu curieux, voire inquiet, de découvrir ce que cela pouvait donner en live.

Je n'ai pas été déçu, loin de là. Concert long et survitaminé, musiciens hors pair, éclairages simples mais magnifiques... Un réjouissant moment, plein d'énergie et de créativité et dont on sort les oreilles pleines d'une musique profondément revisitée, plus volontiers en mode rock que façon techno/synthé.

Curieusement, en cherchant a posteriori des opinions sur le concert, je suis tombé sur un article du Monde, suite au passage de Moby à Lille lors de la même tournée, et l'opinion de la journaliste est toute autre :

Un spectacle à l'américaine. C'est là que le bât blesse. Déjà pompeuse, mais gentiment passe-partout sur disque, sa musique devient en concert un monstre de boursouflure. Une vieille habitude. Lors de sa tournée "Play", Moby avait déjà ajouté de lourdes nappes synthétiques à un album plutôt simple. Ce soir, le principe reste le même : la surenchère. Et les montées en puissance (sonores ou lumineuses) de s'enchaîner, mécaniquement. Hyper-actif, Moby parcourt la scène de long en large, comme pour combler un vide, tandis que sa choriste, qui assure l'essentiel des voix, s'époumone toujours plus fort.

Outre le fait que la choriste en question, incroyable, assure une partie importante du spectacle, j'ai franchement l'impression de ne pas avoir assisté au même concert que celui décrit ici. Aucune surenchère, ni de grand "show à l'américaine" façon U2, mais plutôt une formation minimale de cinq musiciens, habités par leur musique. Bref, tous les goûts sont dans la nature...

Les photos étaient (en principe et hélas) interdites à Bercy, mais les amateurs apprécieront celles, très belles, faites par Isabelle lors du passage de Moby à Montréal il y a quelques mois.

22 novembre 2005 à 13:04 - par Cyril Fievet - dans musique
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Pandora, musique sur mesure

Le service Pandora vient d'ouvrir et je vous le recommande vivement. J'avais lu la critique dithyrambique de Scoble sur la version beta, mais j'étais un peu sceptique au début. Après quelques temps d'essai, je dois dire que ce service est assez fabuleux, en termes d'innovation et d'usages.

Pandora propose un dispositif de radio personnalisée. Vous créez vous-mêmes vos chaînes radio, en indiquant vos artistes ou vos morceaux favoris. Chaque chaîne peut se limiter à un artiste, ou mélanger plusieurs artistes et styles. A partir de là, le système, via une gigantesque base de données, propose une programmation qui est susceptible de vous plaire, ou plus exactement qui présente des similitudes avec les artistes choisis. Ces similitudes, qui sont expliquées au fur et à mesure d'un nouveau morceau, peuvent être multiples et sont parfois très fines (mêmes types de phrases mélodiques, même tempo, etc.).

J'ai fait pas mal de tests avec des artistes variés (Paul Van Dyk, The Cure, Laurent Garnier...) et, même si les résultats sont inégaux, ils sont globalement bluffants. Ca ne marche pas avec tout (curieusement, le choix "Beethoven" produit des morceaux de Jazz...) mais c'est globalement bien, et idéal pour découvrir de nouveaux artistes, ou simplement égayer ses journées d'une musique variée mais cohérente avec un style donné.

En outre, le service s'accompagne de fonctionnalités très utiles, comme la possibilité d'effectuer une avance rapide (si un morceau ne vous plaît pas, hop, vous le zappez et passez au suivant - un rêve, en matière de radio) ou de partager vos chaînes personnalisées avec d'autres utilisateurs.

Pandora est gratuit pour 10 heures d'écoutes, puis nécessite un abonnement payant de 36$/an. J'avoue être sur le point de me laisser tenter, voire d'abandonner l'excellent DI.fm que j'écoute habituellement...

31 août 2005 à 15:27 - par Cyril Fievet - dans musique
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Live 8 Video

Une liste quasi exhaustive des vidéos, en Quicktime de bonne qualité, de tous les concerts Live 8 organisés à Paris, Londres, Berlin, Rome ou Philadelphie... Robert Smith a grossi mais n'a pas changé de coiffure, les Pink Floyd ont tous les cheveux blancs, Claudia Schiffer parle très bien allemand et Ashcroft est top cool. Que du bonheur.

(Via Waxy)

8 juillet 2005 à 09:47 - par Cyril Fievet - dans musique
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iPod Royal

D'après le Sun, la reine d'Angleterre Elisabeth II s'est offert un iPod il y a quelques jours. Elle a choisi un iPod mini de 6Go, couleur argentée. Vu que George W Bush en a également un, on devrait suggérer à Jacques Chirac de s'y mettre, et d'organiser des Fightpods avec ses homologues.

(Via The Raw Feed)

18 juin 2005 à 09:54 - par Cyril Fievet - dans musique
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P2P : l'Adami a encore frappé

Une nouvelle fois, l'Adami nous gratifie des résultats d'une étude dont elle a le secret, sensée démontrer que la seule solution économiquement viable pour contrer le piratage de musique réside dans l'instauration d'une taxe payée par tous les internautes, en plus de leur forfait d'accès à Internet.

Cette fois-ci, l'étude est un sondage (ici en PDF), réalisé par Ipsos auprès de 1.000 internautes. A première vue, les résultats sont extrêmement clairs : "83% des internautes plébiscitent la proposition d'une redevance sur l'abonnement aux fournisseurs d'accès".

Mais il faut y regarder de plus près, pour constater qu'une fois de plus, l'Adami prend ses désirs pour une réalité.

La question principale du sondage est formulée ainsi :

"Le développement du téléchargement gratuit, entre autres via le peer-to-peer, représente une perte de rémunération pour les artistes-interprètes, les auteurs et les producteurs. Face à cette situation deux types d'actions sont envisageables, avec laquelle de ces deux propositions êtes vous le plus d'accord ? 1. Empêcher les internautes d'effectuer des échanges gratuits, y compris en les poursuivant en justice 2. Autoriser ces échanges en contrepartie d'une redevance sur l'abonnement aux fournisseurs d'accès"

Les bras m'en tombent, et je pense être poli en disant que l'Adami nous prend vraiment pour des cons.

Avec une telle question, fermée et ne proposant que deux choix - dont l'un est la prison - comment s'étonner que la majorité des répondants choisissent l'option 2 ? Et comment, après cela, parler de "plébiscite" pour cette option 2 ?

C'est un peu comme si on demandait aux internautes s'ils préfèrent qu'on leur crève un oeil ou qu'on leur coupe les deux jambes. Probable que la majorité choisirait de garder un oeil. Et l'on pourrait en conclure que "la majorité des internautes plébiscitent le fait de n'avoir qu'un seul oeil" ?

Soyons sérieux.

Le minimum syndical, en termes d'honnêteté intellectuelle, aurait été de rajouter une 3e réponse possible:
soit : "Ne sait pas",
soit, ce qui semblait plus logique : "Acheter sa musique en la téléchargeant au format électronique"

La 2e question du sondage n'est pas tellement mieux. On demande aux internautes quel prix ils seraient prêts à payer si l'on instaurait cette taxe. Le premier choix proposé, "0 euro", contredit la question posée et n'a pas, en toute logique, recueilli beaucoup de suffrages. Sans surprise, la majorité des internautes ont fait le 2e choix, c'est-à-dire la gamme de prix la moins chère dans les choix proposés ("1 à 5 euros").

Un peu comme si on demandait aux gens "On va créer un nouvel impôt. Combien êtes vous prêts à payer ? 100 euros, 1000 euros, 10.000 euros". Je crois avoir une idée, à vue de nez, de la répartition des réponses pour les trois choix. Mais, en l'occurrence, la méthode employée n'empêche pas l'Adami d'effectuer une moyenne des réponses, pour conclure que les internautes "sont prêts à payer 5,20 euros" pour télécharger leur musique, sans que l'on précise de quelle musique il s'agit, dans quelles conditions, etc.

L'existence de plates-formes de téléchargement légales n'est évoqué que succinctement dans ce sondage. On y apprend que près de la moitié des internautes ont déjà visité des sites de téléchargement payants, et que 50% d'entre eux ont trouvé ce qu'ils y cherchaient. Bien d'autres questions plus intéressantes auraient pu être posées, mais j'en retiens pour ma part que le seul problème des plates-formes légales, selon ce sondage, réside dans l'ampleur de leur catalogue - problème qui se résoudra forcément avec le temps.

Si j'étais artiste-interprète, je me soucierais donc davantage du fait qu'un organisme chargé de représenter mes droits fait tout pour que ma musique soit disponible sur les plates-formes de téléchargement légal existantes. Et je m'inquiéterais du fait que ce même organisme continue à essayer de démontrer, avec mauvaise foi, qu'une nouvelle taxe est la solution à tous les problèmes.

24 mai 2005 à 10:16 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / musique
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Presidential iPod

Etonnant, cet article du New York Times explique que George W. Bush possède un iPod et en détaille le contenu. On apprend que la playlist du président ne comporte que 250 chansons, achetées pour lui par ses conseillers sur iTunes.

(Via iPodLounge)

11 avril 2005 à 11:58 - par Cyril Fievet - dans musique
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La machine à trouver des "hits"

Quelques semaines après le Guardian, Le Monde a publié un article consacré à "Hit Song Science", un logiciel destiné à détecter si un extrait musical peut devenir un "hit" :

"ce programme informatique permet de déterminer le potentiel d'une chanson à se transformer en succès commercial. Des majors du disque (Universal et Sony), mais aussi des labels indépendants s'en sont équipés. Pour l'industrie musicale, ce serait la fin des incertitudes, la garantie mathématique d'un retour sur investissement."

Troublant, d'autant que le logiciel semble avoir fait ses preuves, en annonçant plusieurs succès "à venir", notamment celui de Norah Jones. D'après la société qui le commercialise, le procédé est basé sur des principes d'intelligence artificielle développés depuis une dizaine d'années, qui ont permis d'analyser et de reconnaître des schémas communs parmi les "hits" musicaux, depuis l'origine de la musique (ou presque) à nos jours (une vingtaine de critères relatifs à la musique - mais pas aux paroles - sont pris en compte).

La généralisation - et le potentiel marketing - de telles techniques peuvent paraître effrayantes, mais leur bien-fondé me semble crédible. De quoi nous interroger sur le caractère réel de notre liberté de choix...

11 février 2005 à 15:16 - par Cyril Fievet - dans musique
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Musique et P2P, le faux débat

Il faut reconnaître que le Nouvel Obs a réalisé un joli coup en se présentant subitement comme le porte-parole des adeptes du P2P en France. La pétition lancée il y a quelques jours a déjà recueilli 27.000 signatures. C'est un joli score, d'autant que le texte de "l'appel", intitulé "Libérez l@ musique", tient en quelques lignes :

"A l'heure où des dizaines d'internautes vont bientôt passer en jugement pour avoir téléchargé des fichiers musicaux sur des logiciels P2P, nous dénonçons cette politique répressive et disproportionnée, dont sont victimes quelques boucs émissaires. Comme huit millions de français, au moins, nous avons, nous aussi téléchargé un jour de la musique en ligne et sommes donc des délinquants en puissance. Nous demandons l'arrêt de ces poursuites absurdes. Nous proposons l'ouverture d'un large débat public, impliquant le gouvernement, tous les acteurs de l'industrie musicale, tous les artistes, afin de parvenir à une meilleure défense du droit d’auteur, mais aussi les consommateurs afin de trouver ensemble des réponses équitables et surtout adaptées à leur époque."

Mais je me pose beaucoup de questions sur ce texte, la première étant de savoir de quel "débat" on nous parle.

S'il s'agit d'un débat du type de celui organisé par le même Nouvel Obs hier, sous la forme d'un chat entre les gentils internautes d'un côté et le méchant Hervé Rony, Directeur général du SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique), de l'autre, j'ai peur que nous n'avancions pas beaucoup.

La lecture de la retranscription de ce "débat", dont je me suis tapé l'intégralité, est en effet tout simplement consternante. Sur la forme, et sans être particulièrement vieux jeu, il me semble étonnant de lire sur le site d'un grand magazine autant de fautes de frappes et de français. Je veux bien qu'il s'agisse d'Internet, d'un chat, etc, mais à une faute par ligne, voire plus, il me semble qu'on est assez proche du "foutage de gueule" (ou à tout le moins, assez éloigné de l'idée que je me fais de la presse en ligne). Mais le plus grave est le fond : les questions des internautes sont quasiment toutes les mêmes, et frappent, c'est selon, par leur fausse naïveté, leur agressivité ou leur bêtise. Les arguments ressortis sont toujours les mêmes (en gros, les CD sont trop chers et les méchantes majors sont méchantes). Au passage, on note l'habituelle mauvaise foi, qui tente de convaincre sur le fait que la musique sur les plates-formes de téléchargement légales est "horriblement chère" ou que les albums y sont "plus chers qu'un CD acheté en grande surface" (ce qui est faux, comme je le disais précédemment).

Mais le pire est sans doute l'absence de proposition et de solution concrète. Et c'est bien ce qui m'inquiète dans le "large débat public" que nous promet le Nouvel Obs et ses signataires. Pour avoir assisté à pas mal de débats sur le sujet, j'ai pu constater qu'il n'y en avait jamais (de débat). Les ayants droits sont campés sur leurs positions et rappellent qu'ils ont la loi pour eux (ce qui est le cas). Les adeptes du P2P, eux, expliquent que la musique gratuite, c'est génial (ce en quoi on ne peut les contredire). Les deux clans sont tellement hermétiques que l'on a l'impression d'assister aux pires moments de politique politicienne (la question du P2P semble d'ailleurs s'être largement politisée ces derniers temps - c'est sans doute un autre problème).

Mais ce que je ne comprend pas, par dessus tout, c'est la difficulté qu'ont les différents acteurs impliqués, qu'il s'agisse d'opposants ou de partisans du P2P, à admettre quelques réalités :

A. La musique ne sera jamais gratuite
. Le P2P est un phénomène passionnant, mais il n'est pas généralisable tel quel, sans quoi il n'y a plus d'industrie musicale, donc plus de musique.
. Le P2P fonctionne parce qu'il constitue une alternative gratuite à quelque chose de payant. Le reste n'est que foutaises. (certes, il m'est arrivé de télécharger illégalement quelques titres parce que je ne les trouvais pas au format CD en magasin, mais ce n'est pas la majorité des cas qui concerne, elles, des titres que j'ai téléchargé pour ne pas avoir à les payer - prétendre le contraire est absurde)
. Les rares propositions (un peu) constructives qui visent à établir des taxes forfaitaires, prélevées par exemple auprès des fournisseurs d'accès, constituent autant de solutions aberrantes. Il me semble d'ailleurs urgent d'arrêter de penser dans ce pays qu'on peut résoudre tous les problèmes avec de nouvelles taxes.

B. Personne n'éradiquera le P2P
. Essayer de le faire est, de surcroît, une erreur majeure.
. Le P2P est une technologie, ayant entraîné différents usages, parmi lesquels seuls certains sont répréhensibles. Le P2P est d'ailleurs devenu un phénomène essentiel de l'Internet d'aujourd'hui, qui dépasse très largement la diffusion musicale.
. La condamnation de quelques internautes, et même la fermeture de sites proposant du téléchargement illégal, n'ont aucun intérêt. Au mieux, le seul effet que cette démarche (dite du "bâton") peut produire est le renforcement des solutions de P2P existantes, vers davantage d'anonymat et de non traçabilité des échanges.

C. L'alternative au P2P existe
. Les plates-formes de téléchargement légales sont l'unique alternative. Et qu'on arrête de diaboliser le DRM ; il n'y a aucune autre solution viable et le DRM est lui aussi, simplement, une technologie, avec laquelle on peut faire de très bonnes choses.
. Ces plates-formes fonctionnent, et fonctionnent même de mieux en mieux. Elles fonctionnent avant tout parce qu'elles offrent un service incomparablement meilleur - plus simple, plus rapide, plus ergonomique et de meilleure qualité - que ne le fait le P2P. C'est ce que soutient Steve Jobs depuis longtemps, et il a raison.


Pour autant, ces plates-formes peuvent être améliorées et doivent l'être très rapidement. Le principe est simple : il faut proposer une meilleur alternative aux internautes que le P2P, ce qui est déjà le cas, sauf sur deux aspects : l'étendue du catalogue et le prix (l'intéropérabilité est également un faux-problème). Ce prix ne sera jamais nul, mais peut être faible car ce mode distribution s'affranchit d'une grande partie des coûts traditionnels (liés aux supports physiques).

Les ayants droits et l'industrie du disque n'ont donc à mon avis que trois choses à faire :

1. Elargir les catalogues disponibles sur les plates-formes légales. Elles peuvent le faire car ça ne coûtera pas grand chose, même et surtout si elles enrichissent les offres actuelles avec des titres qui ne sont plus disponibles au format CD.

2. Baisser le prix de la musique au format fichier. Le prix de 0,99 euro la chanson est un bon prix de départ, mais il doit encore baisser très largement. L'équivalent d'un CD téléchargé ne doit pas excéder 3 à 5 euros dans les deux ans qui viennent.
(Je n'ai pas vraiment d'opinion sur le modèle de la musique en quantité illimitée en échange d'un abonnement mensuel forfaitaire - lui aussi illimité dans le temps -, mais j'ai l'intuition que ce modèle est commercialement voué à l'échec).

3. Soutenir les initiatives qui visent à faire connaître la musique sur le Web. Cela suppose, messieurs les censeurs, de ne pas se tromper de cible. Par exemple, la plupart des MP3 blogs font un travail remarquable et constituent même une nouvelle forme de diffusion (et de marketing) de la musique qui ne saurait être ignorée (et surtout pas interdite).

En faisant cela, l'industrie du disque n'éradiquera pas le P2P (ce qui n'a aucun sens, ni n'est souhaitable), mais elle fera perdre tout son attrait au piratage de musique (pour les films, c'est un autre problème). Et aucun (faux) débat ne sera nécessaire.

8 février 2005 à 18:45 - par Cyril Fievet - dans coup de gueule / musique
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Le succès iTunes

Curieusement, la progression de iTunes sur le marché de la musique téléchargée est assez peu commentée. Le succès considérable remporté par le iPod, qui a eu du mal à être accepté par certains, est désormais admis. Mais la plupart des commentateurs continuent à ne voir en Apple qu'un fabricant de matériel, et il semble établi que sa boutique de musique en ligne n'est qu'un prétexte, et n'a d'autre objectif que de vendre des baladeurs.

Depuis plus d'un an, je soutiens que les résultats enregistrés par iTunes sont significatifs, tant pour Apple que sur le marché global de la musique. Certes, il est facile de considérer que les chiffres avancés par Apple demeurent négligeables, à la fois par rapport au marché mondial du disque et par rapport au téléchargement de fichiers en P2P.

Pourtant, je continue à penser que tout cela ne continuera pas à être aussi négligeable qu'on ne veut bien le dire. Apple a annoncé hier avoir franchi le cap des 250 millions de chansons téléchargées sur iTunes, et je me suis amusé à produire le graphique suivant, qui établit la chronologie des seuils atteints par la boutique, depuis son lancement le 28 avril 2003 :

itunes_recap.jpg

Ce graphique fait clairement apparaître une augmentation très significative du rythme de progression. Il a fallu près d'un an à iTunes pour atteindre 50 millions de chansons vendues, mais on est passé de 200 à 250 millions en moins de deux mois.

En outre, Apple indique que 1.250.000 chansons sont désormais téléchargées chaque jour. En avril 2004, le rythme de téléchargement était d'environ 400.000 fichiers par jour, trois fois moins.

Cette accélération importante aura des conséquences non négligeables, d'abord pour Apple. Si le rythme actuel se maintient (et il est probable qu'il augmente, comme on vient de le voir) les ventes sur iTunes représenteront un chiffre d'affaires annuel de près d'un demi milliard de dollars. On peut donc facilement imaginer, à horizon 2 ou 3 ans, que ce chiffre d'affaires ne soit plus du tout anodin pour l'entreprise. Et, plus globalement, il va aussi falloir commencer à admettre que le téléchargement payant, ça peut fonctionner.

25 janvier 2005 à 15:54 - par Cyril Fievet - dans musique
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P2P : le livre blanc de l'Adami

L'Adami, un organisme qui gère les droits des artistes et interprètes, a publié la semaine dernière un livre blanc (ici en PDF) consacré au P2P.

Ce document de travail a pour but de réfléchir au problème, et présente d'une part un panorama complet de la question (étendue du P2P, statistiques) et des pistes de réflexion pour y apporter des solutions.

Parmi tous les organismes représentant les ayants-droits, l'Adami est assurément l'un des plus mesurés à l'endroit du P2P, et ce document n'est pas inutile, là ou d'autres se contentent de répéter inlassablement - et bêtement - qu'il faut éradiquer le P2P.

Mais à l'inverse, il me semble que l'organisme, en s'opposant aux solutions de téléchargement légales de la musique, adopte une position délicate. Et surtout, plusieurs choses m'ont choquées dans ce livre blanc, qui me semble parfois être à la limite de la désinformation.

Page 14, le document dresse un panorama de quelques offres disponibles en matière de distribution de musique au format électronique, et présente un tableau exposant "les limites des offres payantes". Je ne cherche pas à défendre iTunes, mais il se trouve que j'en suis utilisateur depuis son introduction en France, et j'ai donc passé les arguments de l'Adami au filtre de ma propre expérience :

"L’hétérogénéité et la complexité de l’offre : pas de prix unique, formules d’abonnement complexes"

Pas vraiment. Sur iTunes, toutes les chansons sont au prix unitaire de 0,99 euro, et il n'existe pas de formule d'abonnement. Difficile de faire plus simple, d'autant qu'une fois l'identifiant de l'utilisateur stocké, on achète un morceau (ou un album complet) en un seul clic.

"Les problèmes d’interopérabilité : les technologies dites DRM (Digital Right Management) nuisent à la facile et libre utilisation des fichiers."

C'est sans doute un point délicat, source de débats nourris. Mais en l'occurrence, je n'ai aucun problème avec ça. Je peux copier la musique sur mes deux ordinateurs, la graver sur CD, ou la mettre sur mon iPod. A l'usage, aucune limite gênante.

"Des catalogues limités : 400 000 titres en moyenne contre 900 000 pour Kazaa."

Oui, et 700.000 sur iTunes.

"Des prix peu attractifs face à la gratuité : au prix unitaire de 0.99 €, un album de 15 titres revient à 15 € soit quasiment le même prix qu’en magasin."

Totalement faux. La majorité des albums vendus sur iTunes sont au prix de 9,90 euros pièce.
Prenons des exemples. Sur iTunes, on trouve 21 albums du groupe "The Cure". Sur les 21, presque tous sont à 9,90 euros. Un seul est à plus de 10 euros et trois sont à moins de 8 euros. Les mêmes albums, vendus au format CD, par exemple sur Amazon France, sont quasiment tous à plus de 20 euros pièce. C'est en particulier le cas des deux albums les plus connus du groupe, "Pornography" et "Faith", vendus chacun 7,92 euros sur iTunes, et 21 euros sur Amazon. Et ces CD sont encore plus chers à la Fnac (22,41 euros pièce), soit pas loin de trois fois leur prix au format électronique sur iTunes.
On peut reproduire les exemples à l'infini ("Geometry of Love", avant-dernier album de Jean-Michel Jarre, est vendu 7,92 euros sur iTunes contre 22,71 euros en CD sur la Fnac), et on constatera que la musique est quasiment toujours largement moins chère au format électronique qu'au format CD.

"Des moteurs de recherche peu pertinents : des artistes sont introuvables. Ex : les Beatles, J.J.Goldmann."

Le fait que certains artistes soient introuvables n'a rien à voir avec la qualité des moteurs de recherche (celui de iTunes, et des autres plates-formes, j'imagine, fonctionne très bien). Et tout le monde sait très bien, à commencer par l'Adami j'en suis sûr, que si les Beatles ne figurent pas au catalogue iTunes, c'est en raison d'un différend juridique qui les oppose à Apple.

Une page est par ailleurs consacrée à la non interopérabilité des plates-formes, jugée comme "un frein au développement". J'en ai déjà parlé, et je ne crois toujours pas que ce soit un réel problème.

Bref. Si je suis bien d'accord pour dire qu'il y a des choses à améliorer sur les plates-formes de distribution de musique au format électronique, y compris sur iTunes, il ne me semble pas nécessaire de faire preuve de mauvaise foi pour convaincre le public de leurs côtés négatifs.

14 décembre 2004 à 11:02 - par Cyril Fievet - dans musique
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PeerImpact

PeerImpact est un nouveau service de P2P qui démarrera au premier trimestre 2005. Contrairement aux autres services d'échanges de fichiers, il est parfaitement légal, et les trois principales majors, Sony-BMG, Universal et Warner ont d'ailleurs indiqué que leurs catalogues seraient disponibles sur cette plate-forme.
L'industrie du disque aurait-elle (enfin) compris que le P2P n'est pas une technologie nuisible et forcément illégale, mais une opportunité potentielle ?

(Via Indicare)

30 novembre 2004 à 14:24 - par Cyril Fievet - dans musique
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Weed France

Une initiative à saluer : l'ouverture du site Weed France. Le site est encore un peu artisanal (et améliorable en terme de look), mais il a le mérite d'exister et surtout d'essayer de faire connaître la technologie Weed en France.
Aux Etats-Unis, Weed défend un modèle de distribution de musique pour le moins original, puisqu'il mélange P2P et DRM.
Concrètement, les morceaux musicaux peuvent être joués gratuitement trois fois. Au bout de la quatrième, il faut acheter le morceau. La moitié du prix de vente est alors rétrocédé à l'artiste. Mais on peut ensuite diffuser ce morceau, par n'importe quel biais (y compris via les réseaux P2P habituels). Et à chaque fois que le morceau est acheté à nouveau, non seulement l'artiste touche toujours 50%, mais les autres intermédiaires (ceux qui l'ont téléchargé puis mis à disposition) touchent également une quote-part. Weed est donc un modèle dans lequel tout le monde, y compris les utilisateurs qui s'échangent des fichiers, est rémunéré. Et c'est donc l'un des seuls modèles de P2P qui repose sur une réalité économique n'excluant pas les artistes.

19 octobre 2004 à 08:44 - par Cyril Fievet - dans musique
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