Nano-expat

Un lecteur anonyme a posté hier ce commentaire, sur un billet que j'avais publié il y a longtemps et dans lequel je m'inquiétais du devenir des nanotechnologies en France :

Je suis bien d'accord que l'âge des nanotechnologies ne se fera pas en Europe, encore moins en France.
Pour ma part, titulaire d'un des trois DESS de nanotechnologies qui existe en France, je n'ai rien trouvé. Pourtant, j'ai épuisé les 4 "grands pôles" de Nano du pays mais rien.
Deux courriers aux USA & deux réponses positives.
Actuellement, je prépare mon départ. Bon courage à vous les nanotechnologues du pays !

Pas très surprenant. Juste attristant.

12 février 2006 à 09:04 - par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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Nanotechnologies : le risque de l'indifférence

Laurent me signale avec gentillesse un article dans Libération relatif aux nanotechnologies. Plus précisément, l'article, intitulé "Dans le «nanomonde», tout est petit sauf les risques", traite des risques inhérents à la généralisation des nanoparticules, en matière de santé publique.

L'article est juste, bien documenté et intéressant. Il est aussi très légitime et rappelle, en vertu du principe de précaution, que les applications industrielles des nanotechnologies ne sauraient faire l'impasse d'études approfondies démontrant leur innocuité.

Toutefois, l'article de Libé appelle quelques remarques.

D'abord, il me paraît très dommage, dans un article portant sur les nanoparticules et en particulier les nanotubes de carbone, cités six fois, de ne pas évoquer certaines de leurs applications. Notamment, a contrario des risques soulignés par Libé, leurs applications dans le domaine médical. Pas plus tard qu'il y a trois jours, Wired se faisait ainsi l'écho de recherches menées à L'Université du Delaware, et basées sur des nanotubes de carbone pour traiter des cellules cancéreuses, de façon particulièrement innovante. Comme le souligne Wired, d'autres laboratoires américains travaillent d'ailleurs depuis plusieurs années sur différentes formes de traitement du cancer, également basées sur des nanotubes. On peut donc souligner, comme le fait Libération, que l'inhalation fortuite de nanotubes pourrait causer des dégâts dans les poumons, mais il aurait été légitime de mentionner que ces mêmes nanotubes constituent peut-être l'une des voies les plus prometteuses en matière de lutte contre le cancer.

Par ailleurs, plus globalement, le moteur de recherche du site de Libération nous apprend que le mot "nanotechnologie" n'a été cité par le journal que trois fois depuis le début de l'année 2005. S'agissant de la principale révolution industrielle des prochaines décennies, ce "score" est pour le moins effarant. Et il l'est bien davantage lorsqu'on constate que l'article sus-cité est en réalité le premier article "de fond" consacré aux nanotechnologies par Libération en 2005. Un article qui comporte huit fois le mot "risque", au moins une fois par paragraphe...

Je vois pour ma part un autre risque dans tout cela : celui de passer complètement à côté de cette révolution scientifique, économique et industrielle que constituent les nanotechnologies.

Ceci étant dit en toute amitié pour mes confrères de Libération, journal que je lis et apprécie par ailleurs.

11 novembre 2005 à 14:01 - par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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Nano Lego

Un joli film d'animation, qui explique comment des machines moléculaires pourraient un jour servir à fabriquer ex nihilo de nouveaux produits, molécule par molécule, au sein de "nano-usines".

nanofactory.jpg

Le film présente une vision sans doute très romantique, ou au moins très très futuriste, du concept de nanomachines, mais il est néanmoins bien fait et plaisant à regarder.

(Via Responsible Nanotechnology)

13 juillet 2005 à 09:47 - par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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Nanotechnologie et développement

Une étude du Centre de Bioéthique de l'Université de Toronto se penche - pour la première fois - sur l'apport potentiel des nanotechnologies pour les pays en voie de développement.

Une soixantaine d'experts internationaux ont ainsi classé par ordre d'importance décroissante les applications les plus prometteuses pour ces pays :

1. Production, stockage et transformation d'énergie
2. Amélioration de la productivité agricole
3. Traitement de l'eau
4. Diagnostic médical
5. Systèmes de distribution de médicaments
6. Production et stockage de la nourriture
7. Traitement de la pollution de l'air
8. Construction
9. Suivi médical
10. Désinsectisation

(intuitivement, on aurait pu penser que les apports des technologies en matière d'eau et de nourriture sont plus essentiels, mais le résumé des résultats de l'étude explique plus précisément les enjeux et le potentiel de différentes technologies).

L'étude souligne par ailleurs que plusieurs pays émergents ont entrepris des recherches en matière de nanotechnologie, notamment l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, la Thaïlande ou les Philippines. Le rapport estime qu'une initiative globale et internationale pour soutenir et développer la nanotechnologie dans les pays émergents serait nécessaire.

Il rappelle également qu'en nombre de brevets (relatifs à la nanotechnologie) déposés, la Chine se classe en 3e position, derrière les Etats-Unis et le Japon.

18 avril 2005 à 08:27 - par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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Nanotechnologies en France

Il me semble que l'annonce de plusieurs dispositifs importants, notamment la création d'un nouveau réseau de recherche, R3N, entièrement consacré aux nanosciences et nanotechnologies (dont je parle ici) n'a pas été beaucoup relevé dans la presse.
C'est dommage, car outre le fait que le R3N est doté de 70 millions d'euros (soit le doublement des crédits incitatifs), la démarche s'accompagne de nombreuses initiatives destinées à promouvoir et développer les nanotechnologies en France.
On ne peut qu'applaudir.

27 décembre 2004 à 11:02 - par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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Nano & Figaro

Le Figaro a publié hier plusieurs articles consacrés à la nanotechnologie. D'abord celui-ci, qui explique les espoirs soulevés en matière de lutte contre le cancer, et relève :

"L'Institut national américain du cancer [...] s'est engagé lundi dernier à investir 144,3 millions de dollars sur cinq ans dans la recherche sur les nanotechnologies appliquée au cancer. Un budget presque équivalent aux fonds annuels consacrés à la recherche publique et privée contre le cancer en France."

Dans un autre article, plus court et intitulé "L'Europe à la traîne", on lit par ailleurs :

"En six ans, les dépenses mondiales de recherche en nanotechnologie ont été multipliées par sept, passant de 360 millions d'euros en 1997 à 2,5 milliards l'an passé. Actuellement en troisième position, derrière le Japon (720 millions d'euros en 2003) et les Etats-Unis (697), l'Europe (585 millions d'euros, en incluant la Suisse) pourrait être rapidement distancée par ses deux principaux concurrents."

C'est ce que je disais.

(Hubert fait par ailleurs bien de me rappeler l'existence de ce très bon site à vocation éducative, mis en place par France 5 il y a quelques mois, et décrivant le "nanomonde")

16 septembre 2004 à 15:45 - par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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Nanostockage : énorme

Décidément, c'est la saison des rapports relatifs au marché de la nanotechnologie. Celui-ci, de NanoMarkets, prévoit que le marché du nanostockage représentera près de 66 milliards de $ en 2011, soit 40% du marché total des disques durs et des puces mémoires. Dès 2008, ce marché représentera déjà près de 18 milliards de $, et on peut du reste supposer que les premiers produits vont se généraliser dès l'année prochaine ou en 2006.
Il va falloir s'habituer à de nouveaux acronymes, notamment MRAM et NRAM (j'en avais parlé ici), qui sont les principaux challengers des mémoires que nous utilisons actuellement. Mais surtout, comme le souligne NanoMarkets, ces nouveaux supports de stockage vont considérablement atténuer la frontière traditionnelle entre mémoire de masse et mémoire vive, ou entre disque durs et puces mémoires : le stockage basé sur la nanotechnologie est ultra-rapide et non volatile.

20 août 2004 à 10:01 - par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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Teraoctet

La société Colossal Storage estime que d'ici cinq ans, elle pourra produire des disques réinscriptibles, basés sur une technologie de stockage atomique holographique, d'une capacité de 10 To. Soit 10.000 Go. De quoi stocker 6.840 heures de vidéo non compressée, ou le contenu de 2.000 DVD. Sur *un* disque de 3,5".

17 août 2004 à 13:30 - par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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Nanotechnologie : bientôt l'âge d'or (mais pas en Europe)

Le cabinet d'investissement spécialisé en nanotechnologie Lux Capital a rendu public son rapport sur le marché de la nanotechnologie. Un remarquable travail de mise en perspective, dont on peut télécharger librement un large extrait.

J'en ai retenu les données suivantes :

. Au total dans le monde, 8,6 milliards de $ auront été consacrés à la nanotechnologie en 2004 (par les gouvernements, les entreprises et les investisseurs).
. Sur ce total, les Etats-Unis représentent environ 40%, l'Asie 35%, et l'Europe 22% (le reste du monde 3%, donc)
. Sur les 1.500 entreprises qui ont annoncé un programme de recherche et développement en matière de nanotechnologie, 1.200 sont des start-ups, et plus de la moitié de ces nouvelles entreprises sont américaines.
. Sur les 88.546 brevets déposés en matière de nanotechnologie aux Etats-Unis, 64% émanent d'entités américaines, 2% d'organisations françaises.
. Selon les auteurs, le Japon sera plus rapide que les Etats-Unis pour industrialiser les processus de production nanotechnologique.

La rapport souligne également le fait que la couverture médiatique de la nanotechnologie aux Etats-Unis connaît une croissance exponentielle, ce qui n'est hélas pas du tout le cas en France.

Loin d'être une "bulle", la nanotechnologie connaît donc bel et bien le formidable essor que l'on pouvait anticiper il y a quelques années. Pourtant, dans ce nouveau marché, ou même dans cette nouvelle industrie capable de profondément transformer toutes les autres, l'Europe et la France me semblent bien loin d'être dans une position dominante. Au contraire, ce dernier rapport confirme que le retard accumulé face aux Etats-Unis et à l'Asie se paiera très cher, et pendant longtemps.

Il me semble grand temps d'admettre que seule l'innovation crée des emplois, que la recherche scientifique est LE gisement de richesse de demain, et qu'il faut rapidement construire une Europe scientifique et technique.

- par Cyril Fievet - dans nanotechnologie
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