Fin
Comme vous avez pu le constater, cela fait plusieurs mois que ce blog n'est plus mis à jour et vous êtes nombreux à vous en inquiéter. Rassurez-vous, tout va bien, merci ! Je crois juste qu'il est temps pour moi de tourner une page.
En fait, je me suis rendu compte qu'il est difficile, sur un blog, de reprendre là où l'on s'était arrêté. On commence par une petite pause estivale, et puis on se laisse déborder par la vie (des choses à gérer, des boulots prenants, de nouvelles passions, de petits ennuis de santé...). On fait d'autres choses, on s'éloigne peu à peu de l'univers des blogs. Les mois passent, et avec eux l'envie de bloguer.
Aujourd'hui, j'avoue ne plus avoir ni le temps, ni l'énergie, ni la motivation de bloguer. Bien sûr, de temps à autre, notamment quand resurgissent les fantômes du passé ou apparaissent des sujets importants qui méritent qu'on se batte pour eux, l'envie de bloguer me démange à nouveau. Mais pas au point de repartir "à fond". A mon sens, bloguer doit avant tout être un plaisir et mon blog ne m'en procure plus, ou plus autant qu'avant.
J'arrête ce (nano)blog, donc. Cela ne veut pas dire que je ne bloguerai plus jamais, mais si je le fais, ce sera ailleurs ou sous une autre forme.
En tout cas, merci à toutes et tous de votre soutien et du temps que vous avez bien voulu accorder à mon modeste blog. Vous m'avez apporté beaucoup, vraiment beaucoup. Je conserve de cette expérience de nombreux souvenirs, bons et mauvais, marqués par de fréquents éclats de rire, beaucoup d'opinions et de débats passionnés, et quelques larmes. Via ou dans la blogosphère, j'ai rencontré d'innombrables talents, beaucoup de gens formidables, pas mal d'emmerdeurs et d'imbéciles, quelques amis, et un bel enfoiré. Tout cela fût assurément enrichissant ou, à tout le moins, instructif.
Merci encore. Ici s'achève ce blog. Et la vie continue ;-)
(ce site sera fermé dans les jours qui viennent)
7 février 2007 à 18:57 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (0)
- trackbacks (4)
Des nouvelles de... moi
Ce n'est pas parce qu'on tient un blog personnel qu'on doit passer à temps à parler de soi, ni à publier toutes les 5 minutes des photos de soi ou à s'épancher sur sa vie privée. Mais vous êtes plusieurs à me demander "ce que je deviens" ou "ce que je fais maintenant"... Voici quelques nouvelles.
D'abord, je vais bien, merci (même si je me pose pas mal de questions sur ce que j'ai envie de faire ou pas, sans avoir encore trouvé toutes les réponses).
Au plan boulot, j'ai décliné quelques invitations à participer à des start-ups. Malgré l'intérêt que présentaient ces projets, je ne suis pas très motivé pour m'y investir pleinement. Au fond, le rôle d'observateur me convient bien et je continue donc dans la voie journalistique. Je pige régulièrement pour ZDNet (derniers articles parus : sur la pub et sur xFruits), et je vais publier prochainement dans Stuff, ainsi que dans le numéro spécial "Technologies" d'un grand hebdomadaire français (j'en reparlerai). Je suis toujours chef de rubrique pour Le Monde de l'intelligence et j'y publie un dossier (en général sur la robotique) presque dans chaque numéro.
J'ai passé aussi pas mal de temps ces dernières semaines sur la promo de mon dernier livre, Robots extraordinaires. Le livre semble plaire et je me réjouis que plusieurs médias s'intéressent (enfin) au thème des robots : articles dans Les Echos ou Science et Vie, longue interview sur Radio Campus (avec Christophe Jacquemin et Philippe Bultez-Adams, ici en MP3), mais aussi chez Jean-Michel Billaut, sur Public Sénat et sur France 5 (Ubik). J'ai aussi répondu récemment aux questions de NextModernity (un site qui gagne à être connu, composé exclusivement d'interviews).
Enfin, pour ceux qui s'inquiètent de l'avenir de Netizen, je ne peux que répéter ce que je dis habituellement : Netizen n'est pas mort, il est suspendu. L'éditeur du magazine et moi sommes en train d'étudier les possibilités de relancer le titre, peut-être sous une autre forme. C'est long et compliqué, mais on y travaille.
Je suis régulièrement sollicité pour des interventions, notamment au sujet des blogs, mais il m'est impossible de répondre favorablement à tout (sans compter que je n'aime toujours pas ça). J'interviens toutefois la semaine prochaine à Aix-en-Provence, dans le cadre de l'Université de Printemps de la FING (beau programme, mais je ne suis pas sûr qu'il reste des places).
Pour ce qui est de l'avenir, je travaille comme toujours sur plusieurs projets de livres, pour 2007. J'ai également quelques velléités en matière de radio ou TV, mais rien de sérieux pour l'instant. Suis donc ouvert à toutes propositions :)
4 juin 2006 à 09:53 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (2)
- trackbacks (2)
Retour à la normale
J'ai décidé ce matin d'en finir avec le blocage que j'avais été contraint de provoquer il y a trois jours : le site pointblog.com a été rétabli (il pointe vers pointblog.info).
Pourtant, rien n'a changé dans la situation dont soufrent les collaborateurs de la société Pointblog. A ma connaissance, rien n'a été fait, et personne n'a bougé un petit doigt pour procéder au règlement de ces collaborateurs, dont je rappelle que certains attendent d'être payés depuis plus de six mois, et tous depuis plusieurs mois.
Je n'ai pas non plus rétabli la situation par "crise de culpabilité". Comme je l'ai déjà dit, j'avais choisi une méthode brutale et pas très élégante, mais je ne regrette rien, d'autant que je ne suis la cause de rien dans cette histoire. Au passage, je précise que je n'ai rien "volé", ni "piraté". Le nom de domaine appartient à la société Pointblog (dont je suis associé-fondateur). En vertu du contrat qui me lie à mon associé, la société devait entreprendre il y a un an les démarches nécessaires pour effectuer la modification nécessaire en terme de propriété. Rien n'a jamais été fait dans ce sens. Je ne me suis donc jamais opposé au transfert du nom à la société Pointblog, et je ne m'y opposerai jamais. Mais, en tant qu'associé de l'entreprise, je vois mal ce qui m'interdirait de demeurer gestionnaire du nom. Par ailleurs, je n'ai piraté aucune adresse email. Seul un débutant sur Internet peut ignorer que lorsque un nom de domaine est globalement redirigé vers une autre URL, les adresses email qui y sont attachées cessent de fonctionner...
Pour en revenir à ma décision, si j'ai débloqué la situation, c'est parce que cette "mini-affaire" s'est désormais portée sur un terrain de jeu sur lequel je n'ai pas envie de jouer. Quand je lis les billets de certains de mes (anciens) proches collaborateurs, dont certains que je considérais jusque là comme des "amis", je me dis que je ne suis pas de taille à lutter.
Quand on sait ce que je sais, quand on a lu ce que j'ai lu, ou entendu ce que j'ai entendu, on trouve tout ça tellement dégueulasse qu'on n'a pas très envie d'aller sur cette voie puante. Pour continuer à tenir ma place dans ce jeu où le mensonge le dispute à la mauvaise foi, où le chantage affectif fleurte avec la déraison, il me faudrait tout déballer. Sortir des centaines de mails, raconter des dizaines de conversations privées, montrer le vrai visage de quelques "innocents les mains pleines" et autres "irréprochables" salauds qui m'ont accompagné dans cette aventure.
Et je n'ai pas, ou plus, envie de ça.
Que celles et ceux qui m'ont toujours soutenu, sans faille, comme de vrais amis, se rassurent : je vais bien. Je ne suis ni aigri, ni fatigué, ni déprimé, comme certains tentent de le faire croire avec insistance auprès de mon entourage. J'ai simplement très envie de passer à autre chose. Et je n'ai d'ailleurs pas vraiment le choix. Depuis le 1er janvier 2006, l'aventure Pointblog/Netizen m'aura rapporté au total 1.822 euros, pour environ six mois de travail à plein temps. Je ne cherche pas à jouer les victimes, d'autant que d'autres ont beaucoup plus de talent que moi pour ça et, surtout, que j'ai vraiment été le dernier des cons dans cette aventure. C'est sûr, on apprend à tout âge. Mais il est temps pour moi d'arrêter ces conneries et de trouver un "vrai" travail, avec de vrais professionnels - et un vrai salaire. Je m'y emploie.
Je tiens à m'excuser auprès de celles et ceux que j'ai entraîné avec moi dans cette galère. J'espère que vous serez payés pour votre travail. Un jour, sans doute, lorsque "sa majesté de la blogo" en aura décidé ainsi, vous serez sans doute payés. Mais battez-vous, tout de même !
Voila, la vie continue. Les vertus de cette minuscule "affaire" auront été bien réelles pour moi, malgré tout. J'ai découvert que je pouvais encore beaucoup me tromper sur les gens. J'ai procédé à un bon tri dans le cercle de mes amis (qui s'est élargi au passage, malgré tout). Et j'ai rencontré quelques très beaux spécimens de salopards, ce qui est toujours instructif - à défaut d'être plaisant.
Messieurs, je vous rend votre joujou, "votre" pointblog.com. Bonne continuation.
3 mai 2006 à 21:47 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (11)
- trackbacks (2)
Lavage de linge sale
Pour ceux que cela intéresse, quelques explications sur la situation chez Pointblog :
. Sur la redirection
Oui, j'ai décidé de rediriger le nom de domaine pointblog.com, dont je suis techniquement propriétaire, afin de faire pression sur Christophe Ginisty pour obtenir le règlement des collaborateurs de la société. J'ai décidé ça tout seul, comme un grand, et je ne le regrette nullement. J'admets volontiers que cette décision n'est pas élégante. Au moins a-t-elle le mérite d'être clair.
. Sur la surprise
Je n'ai nullement agi par surprise, bien au contraire. J'avais prévenu, plusieurs fois (par email et de vive voix), Christophe Ginisty et Gilles Klein, que j'agirai "à la fin du mois" si tout le monde n'avait pas été payé. Il se trouve que la fin du mois tombait ce week-end.
. Sur les retards de paiement
Lire Ginisty assurer que "tout le monde a été payé régulièrement" ne manque pas de sel. Toute l'année 2005, l'ensemble des collaborateurs de Pointblog ont dû se battre pour être payés, moi compris. Des dizaines de mails en attestent. En moyenne, les collaborateurs de la société ont été payés avec 2 à 3 mois de retard, quand ils ont été payés (cf. ci-dessous). Personnellement, n'ayant pas beaucoup d'autres sources de revenus, j'ai été plusieurs fois dans une situation proche de la merde noire, et c'est évidemment encore bien pire aujourd'hui.
. Sur l'ambiance
L'ambiance de travail s'en est évidemment ressentie et la société s'est plusieurs fois trouvée dans une situation de blocage, certains ayant même proposé plusieurs fois de faire "grève" (cela aurait toutefois supposé que des contrats de travail aient été établis, or la société Pointblog n'a jamais établi le moindre contrat de travail en 2005...). Pour l'anecdote, il faut savoir que début décembre, une réunion "officieuse" s'est tenue au domicile de Gilles Klein, avec 4 des cinq collaborateurs principaux de pointblog.com, tout le monde souhaitant le départ de Ginisty des commandes de la société, notamment en raison des difficultés éprouvées pour être payé. Bêtement, j'avais une fois de plus défendu Ginisty, espérant que les choses s'amélioreraient.
. Sur la réalité des paiements
A ce jour, à ma connaissance :
Marc-Olivier Peyer n'a jamais été payé (collaboration pendant plus de 6 mois sur pointblog.com + piges Netizen ; bien sûr, officiellement, le problème vient du fait qu'il est suisse ; comme chacun sait, il est très difficile pour une entreprise française de payer un collaborateur suisse ; Pour Pointblog, c'est impossible, même avec cinq mois de retard)
Chryde n'a jamais été payé, comme il le rappelle lui-même
Maxence Layet n'a jamais été payé (collaboration pointblog.com en décembre 2005/janvier 2006)
Colloborateurs de Netizen : les pigistes du numéro 1 ont été payés en avril (au lieu de février) ; la graphiste du numéro 1 n'a pas été payée ; les autres collaborations (numéros 2 et 3) n'ont pas été payées.
(Gilles Klein se plaint auprès de moi depuis plusieurs semaines de ne pas avoir été payé depuis des mois, mais j'ignore où cela en est)
. Sur le montage Netizen
Netizen est édité par Astrolabe et produit par Pointblog. Les collaborateurs du magazine travaillent donc pour Pointblog. Comme le savent tous les pigistes qui ont collaboré au magazine, un contrat a été signé entre eux et la société Pointblog qui est seule habilitée à les rémunérer, après leur avoir commandé les piges. Ce contrat, validé par Ginisty, prévoit que les pigistes soient payés "le mois suivant parution". Le schéma est dont très simple, et il n'y pas à tergiverser pendant des heures : Pointblog a commandé des articles qui ont été livrés et publiés - mais pas payés. Tout le reste n'est que bavardages.
Voilà. Tout ce qui précède, ce sont des faits, pas des délires d'innocents les mains pleines qui jurent, comme à leur habitude, qu'ils sont des patrons-modèles. On notera que je n'en profite pas pour "déballer" tout ce que j'ai à dire (car il y aurait beaucoup d'autres choses à dire). Je m'en tiens à ce qui a causé ce blocage.
Maintenant, sur la forme. Oui, ce que j'ai fait est critiquable. Non, je n'ai pris personne en otage ni commis d'acte "terroriste", ni agi contre les "employés de la société". Après avoir tout essayé, envoyé des dizaines de mails, essayé de raisonner qui de droit, je n'ai pas vu d'autre solution. J'ai utilisé le seul "levier" dont je disposais, pour que toutes les personnes qui ont travaillé pour Pointblog, et qui m'ont fait confiance dans cette aventure, soient payées pour leur travail.
Encore une fois, je ne regrette rien. J'estime qu'une société commerciale qui n'a pas plus de considération que ça pour les personnes qu'elles emploie ne mérite pas de vivre, ou en tout cas pas de se développer sereinement, comme si de rien n'était.
Un dernier mot pour les donneurs de leçons : je me moque foncièrement de ce qu'on pense de moi dans cette affaire. A toutes fins utiles, je rappelle juste que je suis le fondateur de pointblog.com, associé de la société Pointblog et donc co-propriétaire du site, auquel j'ai consacré trois ans de ma vie. Cela ne m'amuse pas qu'on en soit là aujourd'hui et croyez-bien que si j'avais pu faire autrement, je l'aurais fait. Alors merci de garder vos conseils fielleux pour vous.
En revanche, un grand merci à celles et ceux qui m'ont apporté leur témoignage de soutien tout au long de ce week-end. Ca fait toujours plaisir de voir qu'il y en a qui comprennent la réalité des choses.
1 mai 2006 à 19:17 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (31)
- trackbacks (18)
Break

Quelques jours de vacances, sans blog ni mail. A bientôt.
6 avril 2006 à 10:39 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (10)
- trackbacks (1)
Rural Show
J'anime tout à l'heure, à 14h30, un événement un peu particulier : un "Rural Show" consacré aux blogs. Il s'agit d'une sorte de talk show réalisé en vidéoconférence, et retransmis en semi direct (en vidéo) sur le Web, ainsi qu'en audio sur une radio de la bande FM. Les "spectateurs" peuvent aussi interagir, par téléphone, via un chat ou en visioconférence.
Le tout est plutôt original, donc, et il s'agit de parler des "blogs ruraux", au travers de l'expérience de blogueurs confirmés (Xavier de Mazenod, Thomas Gee, par exemple) ou débutants.
L'expérimentation est menée par la FING avec Vidéon et utilise un produit de vidéoconférence encore en phase beta, FlashMeeting.
5 avril 2006 à 10:37 - par Cyril Fievet - dans
internet / perso
permalien
- réactions (1)
- trackbacks (1)
Au Futuroscope
J'étais hier au Futuroscope de Poitiers, pour l'inauguration de plusieurs nouvelles attractions liées à la robotique, notamment "Danse avec les robots". Cette dernière prend la forme de 10 bras robotisés industriels géants, qui embarquent deux personnes et dansent au rythme de la musique, le tout étant chorégraphié par Kamel Ouali. J'ai testé l'attraction et j'avoue que les sensations sont étonnantes (surtout au plus "violent" des trois niveaux de vitesse disponibles). Un peu court tout de même (j'aurais bien rejoué, mais pas eu le temps).
Sinon, cette inauguration était aussi une expérience nouvelle pour moi, en matière de marketing "star-systémisé". Un étonnant télescopage entre le monde du divertissement, d'éminents scientifiques et roboticiens, quelques "huiles" locales et quelques "people" bien choisis. N'étant pas familier de ce dernier univers, le tout, bien que très sympathique, m'a paru assez curieux (oserais-je avouer que je n'avais jamais entendu parler de Kamel Ouali il y a deux mois, ou que j'ignorais jusqu'à hier le prénom de la Miss France 2006, au demeurant charmante ?).
Impression bizarre de comprendre que les "people" ne sont pas tant là pour se montrer que pour aider d'autres à vendre quelque chose, du seul fait de leur présence à un endroit où ils n'ont en principe pas grand chose à faire...
Mais ne crachons pas dans la soupe. J'admet le côté "vendeur" de la chose et, même, que tout cela a du sens (si, si), surtout quand on s'adresse au "grand public". Et puis, après tout, ce n'est que le reflet de l'époque dans laquelle nous vivons. Pour la sortie de mon prochain livre, je veux Miss Monde.
Merci à toute l'équipe du Futuroscope pour leur accueil, leur gentillesse et le caractère impeccable de l'organisation.
(Pour ceux que ça intéresse, quelques photos :)
30 mars 2006 à 15:33 - par Cyril Fievet - dans
perso / robots
permalien
- réactions (5)
- trackbacks (1)
Pointblog : quelques explications
Vous êtes nombreux à m'avoir posé des tas de questions sur mon "départ" de Pointblog. Même si je n'ai rien à cacher, je n'aime pas étaler mon linge sale en public, et les blogs ne sont pas forcément l'endroit où tout doit se dire et se régler.
Pour les curieux, et pour faire court, disons simplement que Christophe et moi n'avons plus, depuis longtemps, la même vision des choses sur la façon dé gérer et de développer la société Pointblog. Plusieurs crises sont survenues ces derniers mois, notamment en décembre dernier, puis il y a une dizaine de jours.
Ces différends, bien que fondamentaux, ne sont pas très graves. Simplement, quand on croit avoir dit tout ce qu'on pouvait dire et qu'aucun changement - d'attitude, de décision, d'action - ne se produit, il vaut mieux se séparer. Et j'ai toujours eu du mal avec les gens qui changent tout le temps d'avis, on ne se refait pas.
Je précise que j'ai pas de rancoeur, ni d'aigreur et encore moins de haine en moi. Christophe est une personne très sympathique, dotée de beaucoup de qualités. Nous n'étions pas fait pour mener ensemble une telle aventure, et il fallait l'admettre plutôt que s'entêter, voilà tout.
Il est vrai que tout cela s'est fait sur fond de crispation. J'ai mal vécu le fait que la plupart des collaborateurs de Pointblog soient payés avec deux ou trois mois de retard depuis le début. Ou de n'avoir été que simple pigiste sur Netizen et, à ce jour, de ne jamais avoir été payé pour mon travail sur ce magazine, auquel je consacre beaucoup de temps depuis novembre 2005. Ce n'est pas très agréable pour l'ambiance générale d'une entreprise et, à titre personnel, cela n'a pas arrangé la qualité de mes relations avec mon banquier ou avec le propriétaire de mon appartement (un malotru qui a le toupet de me réclamer son loyer tous les mois). Mais ce ne sont que des détails, dont je suis certain qu'ils vont s'arranger dans les semaines qui viennent.
Maintenant, la vie continue. Le magazine Netizen ne sera plus produit par la société Pointblog, mais je continuerai à en assurer la rédaction en chef. De son côté, le site pointblog.com existe toujours et c'est tant mieux. Même Chryde, qui n'y écrivait presque plus depuis six mois, s'est remis à y publier régulièrement. Bonne nouvelle.
En conclusion, il était normal pour moi d'expliquer que je n'ai plus aucun rôle opérationnel ou décisionnel dans l'entreprise Pointblog (d'autant que je n'étais plus informé de quoi que ce soit qui s'y passe depuis plusieurs semaines). Bien sûr, je suis toujours associé, à hauteur de 49%, de la SARL Pointblog. J'aurais préféré en sortir vraiment et complètement, mais cela ne semble pas possible. Christophe, qui souhaitait acquérir mes parts du capital, m'expliquait hier qu'elles ne valent "rien", la valorisation de la société Pointblog étant "nulle". Bizarre. Moi qui croyais bêtement que le 2e blog le plus populaire de la blogosphère francophone avait un peu de valeur... Tant pis pour moi. Mais dans ce cas je préfère conserver mes parts et vais donc demeurer associé "dormant" de l'entreprise, probablement pour quelques années encore. Là non plus, ce n'est pas très grave.
Voilà ce que je pouvais dire. Il faut désormais passer à autre chose. Car tout cela n'est, finalement, ni très intéressant ni très important, a fortiori au regard de ce qui se passe par ailleurs sur les blogs ou dans le monde.
Je tiens encore à vous remercier pour vos nombreux messages de soutien et autres propositions de travail me concernant. Globalement, je me sens très soulagé et j'ai beaucoup de projets, soyez-en sûrs ! J'envisage d'ailleurs de me lancer prochainement dans l'ascension de la Montagne Sainte-Geneviève mais, promis-juré, je ne le bloguerai pas.
28 mars 2006 à 09:20 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (20)
- trackbacks (2)
Petite annonce
Cause départ, vend 49% des parts de capital d'une start-up prometteuse dans l'univers du blog.
Etudie toutes propositions.
Pas sérieux s'abstenir (on a déjà donné).
24 mars 2006 à 10:13 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (27)
- trackbacks (3)
Sur Direct 8
J'ai été invité par la chaîne TV Direct 8 (accessible en TNT et sur le Web) à participer à un débat dans l'émission "8-Fi", consacré à la problématique "presse vs. presse en ligne". L'émission a été enregistrée jeudi soir dans les conditions du direct et sera diffusée aujourd'hui dimanche à 18h.
Autour de Dominique Delport sont réunis Bruno Patino, Président du Monde Interactif, ancien Directeur de publication de Télérama et auteur de Une presse sans Gutenberg, Julien Jacob (Directeur Général de CNET Networks France), Gilles Klein (en tant que journaliste et Rédacteur en chef de pointblog.com) et moi-même.
C'est très difficile de se faire une idée, mais j'ai l'impression que le débat était un peu mou, la plupart des gens autour de la table partageant sensiblement la même opinion sur l'avenir de la presse. J'ai toutefois particulièrement apprécié le discours de Bruno Patino, dont il faut décidément que je lise le livre (même s'il me semble assez proche de celui de Dan Gillmor).
C'était la 2e fois que j'avais la chance d'être invité dans cette émission, dont il faut rappeler que c'est la seule du genre en France - une heure hebdomadaire consacrée aux technologies de l'information et aux débats de société qu'elles entraînent.
(merci à Benjamin et Dominique pour leur accueil)
19 mars 2006 à 11:07 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (2)
- trackbacks (0)
Chinese Blog Story
Etonnant, j'ai reçu hier des exemplaires de mon dernier livre, Blog Story, en chinois.
Etonnant, d'une part car j'ignorais totalement qu'il avait été envisagé de le traduire, et d'autre part parce que je ne suis pas certain de l'intérêt d'une traduction, s'agissant d'un livre qui parle très peu de la blogosphère chinoise.
J'ignore d'ailleurs si l'éditeur est chinois ou taïwanais, mais il semble avoir un blog qui en parle.
C'est toujours amusant de voir ses livres avec une autre couverture et dans d'autres langues, a fortiori quand il s'agit d'une langue dont on ne sait pas le lire moindre caractère. Mais en tant qu'auteur, ça reste une "gloire" très relative : trois de mes précédents livres ont été traduits en langues étrangères (dont deux en chinois et un en japonais), mais cela ne m'a jamais rapporté le moindre centime.
En tout cas, autant que je puisse en juger, cette version est très fidèle et comporte même la sélection de blogs francophones qui figuraient à la fin de l'ouvrage en français :

18 mars 2006 à 15:58 - par Cyril Fievet - dans
livres / perso
permalien
- réactions (3)
- trackbacks (0)
Musique et Internet : débat à l'Assemblée Nationale
Mardi prochain (28/2) aura lieu dans les locaux du Palais Bourbon un vaste débat-colloque sur le thème "Comment concilier la liberté des internautes et le droit des auteurs ?". Organisé à l'initiative du député UMP Nicolas Dupont-Aignan, chef de file du mouvement "Debout la République", le débat a pour but d'éclairer le sujet, notamment dans la perspective du réexamen du texte de loi DADVSI début mars.
A peu près tous les points de vue seront (en principe) représentés, à commencer par ceux des ayants-droits (SACEM, SACD, ADAMI, SPEDIDAM, SNEP), des consommateurs (UFC-Que Choisir, Audionautes) et des industriels (Vivendi Universal). La liste des participants est consultable ici (mais peut encore changer). Le but est en particulier de comparer les points de vue, d'expliquer les enjeux et, éventuellement, de faire émerger des solutions concrètes, qu'il s'agisse d'une licence globale ou d'autres solutions.
Je suis chargé d'animer ce débat ("animateur", pas "organisateur" : merci d'éviter de m'agonir d'injures quant au choix des participants ; merci aussi d'éviter de gloser sur mon éventuelle "instrumentalisation par l'appareil politique" et autre "démonstration de mon engagement politique" : le sujet m'intéresse et je considère par principe que tout débat est potentiellement bénéfique, ça s'arrête là).
Ce débat est public, l'accès est libre et ouvert à tous (y compris aux podcasteurs, qu'on se le dise...). Il faut simplement s'enregistrer au préalable.
22 février 2006 à 22:20 - par Cyril Fievet - dans
musique / perso
permalien
- réactions (1)
- trackbacks (0)
A la FNAC Digitale
J'interviens demain à la FNAC Digitale, dans le cadre d'un débat sur le thème "Les blogs et leurs conséquences". Les autres intervenants seront (en principe) Audrey Demontrond (Psychologies.com), Christophe et Eric Glover (Courrier International).
Si le coeur vous en dit...
(jeudi 23 février à 18h, FNAC Digitale, 77-81, Bd Saint-Germain, Paris)
- par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (2)
- trackbacks (0)
Fin de charrettes
Enfin sorti d'une intense période de bouclages, qui m'ont pas mal occupé ces derniers temps. Semaines de 70-80 heures de boulot, quelques centaines de milliers de signes écrits au cours des derniers mois, problèmes en tous genres... Pas fâché d'en être sorti, lessivé mais vivant.
En particulier, je finissais mon prochain livre. C'est un ouvrage collaboratif consacré aux robots, produit et réalisé par FYP Editions dans le cadre de "l'année des robots" qui est célébrée en 2006 au Futuroscope de Poitiers. Le résultat devrait être sympa. J'en reparlerai plus tard (le livre sera présenté à la presse fin mars).
Comme je l'ai dit ailleurs, le 2e numéro de Netizen est également bouclé et sera en kiosques avant la fin du mois. Je pense qu'il sera mieux que le premier. Il est encore trop tôt pour juger de la réussite globale du projet, mais les premières estimations de vente semblent indiquer que nous atteindrons les 15.000 exemplaires. Ce n'est pas vraiment mauvais, mais je suis tout de même un peu déçu. Mon objectif personnel se situait au-dessus de 20.000 exemplaires vendus. Et j'ai un peu de mal à admettre que l'un des seuls magazines en français consacrés au Net - et aux changements qu'il est susceptible d'apporter - n'intéresse pas plus de gens que ça. On verra comment les ventes évoluent avec le #2 et le #3... (je suis d'ailleurs déjà en retard sur la production du #3, cool).
A part ça, pointblog.com a fêté ses trois ans d'existence jeudi dernier. Pas mal. Le trafic qu'il génère est impressionnant, les revenus qui en découlent le sont nettement moins. Pas sûr de voir où cela nous mène.
Sinon, beaucoup de choses à bloguer ces derniers temps. Je vais m'y remettre. Dès que j'aurai repris mon souffle.
19 février 2006 à 20:50 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (3)
- trackbacks (0)
Message de service
Mon téléphone mobile est en panne. Merci de ne pas tenter de me joindre par ce biais, ni n'y laisser des messages.
6 février 2006 à 10:00 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (0)
- trackbacks (0)
Dans La Croix
Curieux de voir ainsi mon portrait dans La Croix. J'avoue que je ne pensais pas que cela arriverait un jour. Compte tenu de mes positions sur la question religieuse, marquées d'un athéisme affiché, ça ne manque pas de sel de me voir dans ce quotidien catholique. Mais c'est tout à leur honneur.
J'aime bien le "Netizen Kane" dont on m'affuble (à prendre au 2e ou 3e degré...). J'imagine qu'il fallait s'y attendre. Mais je ne dirai rien sur Rosebud.
Merci à Stéphane.
3 février 2006 à 08:55 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (5)
- trackbacks (0)
Le calme avant la tempête
A partir de ce soir, Netizen sera distribué, d'abord à Paris lors de la soirée de lancement, puis dans toute la France, puis dans la plupart des pays francophones (Suisse, Belgique, Québec, Maghreb...). Le premier magazine consacré aux blogs et à la prise de parole des individus sur le Web sera né.
Deux éléments essentiels - et bien distincts - participeront à sceller l'avenir du projet : les réactions exprimées sur le Web d'un côté, les ventes en kiosques de l'autre.
Des dizaines de réactions, critiques, commentaires en tous genres vont sans doute fuser. A dire vrai, je m'attend à une avalanche de réactions, forcément contrastées. Certains vont probablement détester, d'autres, nombreux j'espère, vont adorer. Côté blogueurs, certains seront flattés de figurer dans ce premier numéro, d'autres seront furieux de ne pas y être. Beaucoup jugeront la forme et le fond, trouveront les articles trop courts ou trop longs, aimeront le style ou en conseilleront d'autres. Beaucoup de lecteurs y apprendront et y comprendront des choses, d'autres pas.
J'attend ces réactions, avec une gourmandise teintée d'impatience (et d'un peu angoisse, je l'avoue). Ces retours seront sans doute difficiles à suivre, à analyser, à synthétiser. Mais j'en serai un lecteur avide et passionné. Il est très difficile de porter un regard objectif sur son propre travail. Je peux juste dire qu'environ 10% du magazine ne me plaît pas et me paraît améliorable, sur le fond et/ou sur la forme. Le reste est conforme à l'idée que je m'en faisais, à ce que je voulais en faire. Le résultat global est même mieux que ce que j'imaginais, par la magie du travail d'équipe, une équipe - admirable - qui s'est constituée autour d'un projet un peu fou.
Sur le deuxième aspect (les ventes en kiosques), pour l'instant, tout est envisageable. Nous vivons ces derniers petits moments de flottement, terriblement excitants, où le champ des possibles est au plus vaste, dans l'attente des premiers sondages et retours des kiosquiers. On peut estimer que notre objectif de 15 à 20.000 ventes sera atteint, nous avons tout fait pour que ce soit le cas et c'est réaliste. Ou alors, on peut flipper en pensant que les ventes plafonneront à moins de 5.000 exemplaires. Ou joyeusement délirer en évoquant - pourquoi pas ? - la barre des 50.000 exemplaires. Tout est possible, comme dit l'autre. En tout cas pour l'instant.
Cette après-midi, je navigue entre satisfaction et inquiétude, entre plaisir et fatigue, entre doute et conviction. Et je savoure ces derniers moments d'incertitude et de silence.
25 janvier 2006 à 15:48 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (10)
- trackbacks (3)
Sur les sites de France Télévision
Merci à Anne pour le sujet et l'interview consacrés à Netizen et à mon parcours, qui viennent d'être publiés sur les sites de France 2 et de France 3.
23 janvier 2006 à 11:10 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (1)
- trackbacks (0)
Fatigue
Netizen #1 est quasiment bouclé. Ce ne fût pas de la tarte, comme on dit. Et vu que cela s'ajoute à la finalisation d'un livre sur lequel je suis terriblement à la bourre, et à deux ou trois autres activités, j'avoue en avoir un peu trop dans mon assiette.
Le plus fatigant n'est pas forcément le travail que ce type d'entreprises représente, mais tout ce que cela induit en marge, de façon indirecte. Je ne me plains pas, je suis très chanceux en fait. J'ai la chance inouïe de faire ce que j'aime faire, de participer à des projets innovants et ambitieux, de travailler avec des gens remarquables. Et je sais, a fortiori en France, que le simple fait de devenir un peu "visible" ou de faire des choses, d'entreprendre, expose à la critique, fondée ou non.
Mais, tout de même, il est pénible de devoir se coltiner à longueur de journées les abrutis, anonymes le plus souvent, qui semblent pouvoir consacrer une énergie démesurée à vous descendre, à vous mépriser, à vous injurier.
L'affaire du déjeuner chez le ministre est intéressante. Une soixantaine de commentaires à mon billet, la plupart me traînant dans la boue, simplement pour avoir "osé" prendre part à ce déjeuner et l'avoir raconté. Passé l'étonnement initial, je me réjouis de ces commentaires. L'absence de profondeur, d'intelligence, d'esprit d'analyse dont beaucoup d'entre eux témoignent sont en fait bénéfiques. Il me plaît d'avoir, sur mon blog, ces témoignages de la bêtise humaine. Je me gausse de lire dans quatre d'entre eux des références à un "dîner" chez le ministre, semblant démontrer que leurs auteurs n'ont pas pris la peine de lire la première ligne du billet qu'ils commentent. Et l'absence quasi totale de substance me confirme que le débat sur les droits d'auteur n'est ni technique ni économique, mais purement idéologique.
Quand on fait ce que je fais (publier, beaucoup, entreprendre, un peu), les attaques fusent de tous côtés. Insidieuses souvent. Sur tel blog, un rigolo va prétendre que Pointblog le censure et qu'il lui est interdit depuis toujours d'y poster des commentaires. Alors qu'une recherche dans la base du site indique clairement que le personnage en question a déjà posté plusieurs commentaires, qui figurent sur le site en bonne place. Se justifier, veiller, surveiller, se défendre, démontrer.
Ailleurs, on vient de me reprocher de "déformer la réalité de la blogosphère". Fichtre. J'ignorais posséder un tel pouvoir. Serais-je un super-héros mutant qui s'ignore ?
Je pourrais aussi faire une longue liste des noms d'oiseau dont on m'a affublé ces derniers mois. Je ne relèverai que le "gros con" dont on m'a qualifié chez Tristan Nitot il y a quelques jours. Cela ne vient pas de Tristan, bien sûr, mais d'un anonyme, c'est tellement plus simple (et cela doit contribuer à faire progresser le débat, j'imagine). Me faire traiter de con passe encore. Mais de "gros", chez Nitot en plus, faut pas pousser.
Dans ce fatras pavés de mauvaises intentions, il me revient cette citation, de Guitry je crois, que je fais volontiers mienne en la paraphrasant :
"Si tous les imbéciles qui disent du mal de moi savaient ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage."
Bref, tout cela est à la fois étrange et terriblement prévisible. Encore une fois, je ne me plains pas et je reçois aussi, fort heureusement, suffisamment de marques d'estime et d'encouragements pour ne pas me formaliser outre mesure de ces attaques permanentes.
Malgré tout, en lisant cela, en constatant ce manque d'esprit d'analyse, cette absence de débat constructif, ces jalousies, ces petitesses, cette mauvaise foi quasi soviétique par endroits, un doute m'étreint. Et si, finalement, le blog conduisait à ne pas faire émerger le meilleur mais le pire ? Et si, contrairement à ce que j'ai toujours cru - ou voulu croire - le blog n'était-il qu'un puissant vecteur de la pensée unique ? Et si, au fond, il était déjà trop tard pour en faire l'outil bénéfique au débat démocratique et citoyen que beaucoup attendent ? Et si les blogs ne faisaient que reproduire les mêmes schémas, les mêmes systèmes, qu'ils sont en principe censés aider à combattre ? Mais non, il ne peut en être ainsi, ça n'est pas possible. Ce doit juste être la fatigue.
15 janvier 2006 à 14:52 - par Cyril Fievet - dans
perso
permalien
- réactions (17)
- trackbacks (0)
Au Ministère de la Culture
J'étais tout à l'heure invité à déjeuner au Ministère de la Culture, à l'initiative du ministre Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) qui accueillait une dizaine de blogueurs pour discuter du texte de loi sur les droits d'auteurs (DADVSI).
Une initiative pour le moins originale, voire inédite en France, qui fait suite à la déferlante (souvent négative) soulevée par le texte de loi dans la blogosphère.

Etaient présents à ce déjeuner, notamment, Thomas Clément, Loïc Le Meur, Tristan Nitot, Vincent Glad, Bertrand Lemaire (journaliste qui tient un blog sur le site du Monde Informatique), Fabrice (DJ), ainsi que le ministre et ses conseillers (désolé, pas noté tous les noms).
Petit résumé de ce mini-événement.
L'ambiance
Conviviale, simple et agréable. Le ton était franc et direct et pas le moins du monde "langue de bois". RDDV m'a semblé bien connaître Internet et le sujet en question (ses conseillers aussi, a fortiori), et défendre ses convictions avec passion et sincérité.
Ce que j'ai retenu, côté Ministère
On reconnaissant volontiers avoir "sous-estimé l'ampleur du débat, l'un des premiers sur Internet, suscité par le texte de loi". Le ministre a déploré "avoir eu du mal à se faire comprendre" et soulignait qu'il était "très paradoxal qu'on le prenne pour un liberticide" sur un texte qui vise avant tout à rester "totalement respectueux des libertés individuelles" et "réconcilier les internautes et les créateurs". Il insistait aussi sur la mauvaise presse, pavée de procès d'intervention et de caricatures, dont il a fait l'objet.
Ce que j'ai retenu, côté blogueurs
Vincent Glad a je crois marqué des points en défendant le rôle positif joué par les MP3Blogs, devenus "les nouveaux petits disquaires de proximité". Le ministre ne semblait pas contraire au principe de cette nouvelle forme de promotion des artistes, même si elle inclut la reprise d'extraits musicaux, et lançait : "plus il y aura de nouveaux blogs, mieux se portera la création".
Tristan Nitot, ravi d'apprendre que les 14.000 employés du Ministère utilisent le navigateur libre Firefox, soulevait avec justesse le risque de mainmise des grands éditeurs dans un monde de musique DRMisée.
Fabrice, opposé (comme moi) au principe de licence globale, rappelait qu'il serait intéressant d'étudier la possibilité d'un DRM libre, comme celui élaboré par Sun.
Bertrand Lemaire insistait sur le fait que le piratage n'est pas lié à la recherche de gratuité et soulevait le problème de pérennité posé par la musique protégée par DRM (un Bertrand qui ne m'avait pas convaincu sur son blog et m'a, là, un peu gonflé, soit dit au passage de façon très amicale).
Loïc, trop occupé à renverser ses verres de vin sur la belle nappe blanche de la somptueuse salle à manger ministérielle, tentait d'expliquer, de façon un peu confuse, qu'il aimerait pouvoir utiliser de la musique dans ses podcasts (ce à quoi on peut lui recommander de visiter, par exemple, Musique-Libre.org, qui s'y prête bien).
Mes interventions
J'ai pour ma part résumé le problème du DADVSI à un problème de communication : texte peu lisible, voire incompréhensible, qui prêtait le flanc à la critique, même caricaturale et injustifiée. Le ministre et son équipe m'ont eu l'air très conscients de cela.
J'ai également mis sur le tapis l'épisode de la présence à l'Assemblée Nationale de sociétés commerciales faisant la démonstration de plates-formes de téléchargement légal. Ma question semble avoir énervé le ministre (et ce n'était pas le but), qui parlait de la "saloperie politique" dont il fût victime dans cette affaire. Vu que je ne cherchais pas à provoquer, et que cet épisode m'avait paru, là aussi, outrancièrement gonflé, cela m'a conforté dans l'idée qu'il s'agissait juste d'une maladresse, ou à tout le moins d'une mauvaise communication.
J'ai également abordé le prix de la musique, dont je reste persuadé qu'il est beaucoup trop élevé et explique une bonne part de l'intérêt des internautes pour le piratage. Je crois avoir marqué un point, car RDDV semble parfaitement d'accord et confirmait que, selon lui, "le prix de la musique doit baisser". Il rappelait d'ailleurs que c'est déjà le cas sur les plates-formes légales (contrairement à des idées reçues et tenaces, la musique téléchargée *est* moins chère que sur CD, c'est un fait, je le repète). Mais ce n'est pas suffisant et le ministre soulignait que "nous ne sommes pas encore parvenus à un point d'équilibre dans ce domaine". Tant mieux.
Enfin, en matière de cinéma, j'ai soutenu la thèse selon laquelle la chronologie des médias ne pouvait pas être maintenue, et que le seul moyen de lutter contre le piratage était d'avoir une sortie des films simultanée et multi-support (en salles, en téléchargement, en DVD). Là par contre, je me suis un peu fait ramassé. Possible que je me sois mal exprimé, passant (bêtement) pour un ultra du P2P sauvage et libre. Mais je reste persuadé que le piratage de musique et de films résultent de motivations distinctes et que ce problème de temporalité est un aspect clé, expliquant une bonne part du piratage de films. La chronologie des médias est un carcan qui empêchera toujours d'apporter des solutions à ce problème.
Ce que je retiens de tout ça :
. L'initiative de ce déjeuner est vraiment à saluer, et j'en remercie vivement celles et ceux qui l'ont rendu possible. Bien sûr, certains y verront une simple opération de séduction et de communication à destination des blogueurs et des internautes. Mais, eu égard au caractère louable de la démarche, ce serait bien dommage de bouder ce qu'elle pourrait apporter de bénéfique (il est question de nouvelles rencontres similaires).
. Le texte du DADVSI - et certains de ses amendements - ne constituent pas une si mauvaise option qu'on a bien voulu le dire, ce qui confirme en grande partie ce que j'en pense depuis le début.
. Il n'a jamais été dans les intentions de RDDV "d'interdire le logiciel libre" ou de "remettre en cause le principe de copie privée", comme on l'a parfois lu. Rien, ou presque, ne justifiait les cris d'orfraie poussés par certains, comme je le regrettais moi-même sur ce blog il y a 15 jours.
. La licence globale, adoptée à la va-vite ce soir de 23 décembre, va être remise en cause (et c'est tant mieux), en principe début février.
Pour ceux que cela intéresse, je me permets de lister mes autres billets sur le sujet :
. En finir avec la chronologie des médias
. P2P : l'Adami a encore frappé
. Les blogs sont-ils solubles dans le DADVSI ?
. La cacophonie DADVSI
. Licence globale, la mauvaise idée
A suivre aussi, le billet de Tristan, en cours de rédaction.
(Nota Bene. Comme le reste de mon blog, ce billet ne relève pas d'un travail de journaliste : j'ai assisté - à titre individuel - à un déjeuner et j'en relate certains points qui m'ont frappé, de façon rapide, informelle et personnelle ; merci de le considérer comme tel, en particulier pour ce qui concerne les citations que je retranscris, de façon plus ou moins précise)


6 janvier 2006 à 17:38 - par Cyril Fievet - dans
internet / musique / perso
permalien
- réactions (67)
- trackbacks (7)
Billets plus anciens dans cette rubrique :
. Bonne année - 1/01/2006. Sur le blog des Echos - 26/12/2005
. Péris, Christmas ! - 24/12/2005
. Sur France Culture - 21/12/2005
. Du blog au papier - 13/12/2005
. Statistiques de novembre - 3/12/2005
. Sur Europe 1 - 8/11/2005
. En Vacances - 19/10/2005
. Sur Direct 8 - 17/10/2005
. Sur France 5 - 15/10/2005
. Submergé - 7/10/2005
. Sur Europe 1 - 28/08/2005
. nanoblog v2 - 26/08/2005
. Retour - 3/08/2005
. En vacances (et en chute) - 21/07/2005
. Sur France Inter - 6/07/2005
. Sur France 2 - 24/06/2005
. Un peu de métaphysique du blog - 18/06/2005
. Mon prochain livre - 9/06/2005
. Aux Etats-Unis - 5/05/2005
. Sur la RSR - 26/04/2005
. Dans "Bien dans ma vie !" - 23/04/2005
. Sur TF1 - 28/03/2005
. De retour de Boulogne - 20/03/2005
. Pointblog 2, le retour - 14/03/2005
. 10 ans d'Internet - 13/03/2005
. Sur France 3 - 2/03/2005
. Innovons ! - 15/02/2005
. Sur France 5 - 4/02/2005
. Trophée de l'économie numérique - 25/01/2005
. Sur Public Sénat - 19/01/2005
. Back Home - 18/01/2005
. En vacances - 28/12/2004
. Cher Oldcola - 22/12/2004
. Apple Pixar Mania International - 2/12/2004
. A Toulouse - 19/11/2004
. Cher Karl - 14/11/2004
. Merci Matoo - 10/11/2004
. Back To Blogging - 9/11/2004
. Emu - 7/10/2004
. Comic (Blog) Story - 6/10/2004
. Chère Maïa - 4/10/2004
. Merci Laurent - 2/10/2004
. "Blog Story", bientôt chez les bons libraires - 13/09/2004





