Cinéma suisse et Netflix : la Lex Netflix injecte 15,9 millions et rénove le financement du secteur
La Lex Netflix, entrée en vigueur le 1er janvier 2024, est une loi suisse qui oblige les plateformes de streaming et les chaînes étrangères à investir dans la création cinématographique helvétique. Elles doivent consacrer au moins 4% de leurs recettes brutes réalisées en Suisse, ce qui vise à dynamiser la
La Lex Netflix, entrée en vigueur le 1er janvier 2024, est une loi suisse qui oblige les plateformes de streaming et les chaînes étrangères à investir dans la création cinématographique helvétique. Elles doivent consacrer au moins 4% de leurs recettes brutes réalisées en Suisse, ce qui vise à dynamiser la production locale et la diversité des contenus. Trois ans après son adoption, les premiers résultats commencent à se faire sentir, même si les défis restent importants pour l’écosystème du cinéma en Suisse.
Chiffres clés et premiers retours
Selon les données publiques, le cinéma et les médias en Suisse ont généré 752 millions de francs suisses de chiffre d’affaires en 2024. Dans le cadre du premier exercice de la Lex Netflix pour 2024, 30 millions de francs étaient attendus comme contribution des plateformes au financement du cinéma helvétique; à ce jour, 15,9 millions de francs ont déjà été attribués à des projets et producteurs locaux. Ces premiers versements témoignent d’un effet concret du dispositif sur le financement de la création cinématographique.
Qui est concerné et comment le fonds opère
Plus de 70 sociétés se sont enregistrées dans le cadre de la loi à fin mars 2024, dont 21 sont explicitement soumises à l’obligation de financement. Cette dynamique montre une adoption progressive du dispositif, tandis que les autres acteurs – plateformes et groupes étrangés – participent via les obligations de financement, qui s’ajoutent aux mécanismes de cofinancement et à la distribution de fonds dédiés. Le cadre législatif s’applique à des acteurs comme Netflix et Amazon, ainsi qu’à d’autres grandes chaînes étrangères.
Impact sur le cinéma suisse et enjeux pour l’écosystème
L’objectif est de renforcer la production suisse et d’assurer un vivier de contenus locaux. Les premiers fonds alloués démontrent que la relation entre streaming et cinéma européen peut devenir un levier financier important pour la filière. Toutefois, le système doit encore démontrer sa capacité à générer des projets véritablement durables et à répondre à des enjeux de transparence et d’évaluation des retombées culturelles et économiques.
Réactions et perspectives futures
Les autorités et les acteurs de l’industrie soulèvent que le financement par les services de streaming constitue une source nouvelle et majeure de financement, mais que le calibrage et le suivi des investissements restent cruciaux. L’évolution du cadre légal pourrait influencer les stratégies des plateformes et des producteurs, et les discussions publiques se poursuivent autour de l’efficacité du mécanisme, de son étendue et de son impact sur la compétitivité du cinéma suisse sur les marchés internationaux.
Enjeux pour les acteurs et le public
Pour les consommateurs et les spectateurs, l’enjeu est d’obtenir une programmation diversifiée et de qualité, soutenue par un financement stable. Pour les professionnels, il s’agit de sécuriser des fonds suffisants pour la production et d’assurer une distribution efficace des œuvres. La Lex Netflix peut aussi influencer l’image du cinéma suisse à l’étranger, en démontrant que les acteurs locaux savent attirer des investissements via le modèle du streaming.
En résumé, trois ans après son adoption, la Lex Netflix commence à matérialiser ses promesses: elle offre une source de financement additionnelle au secteur, favorise la production locale et pousse l’écosystème cinématographique helvétique à se réinventer face aux évolutions rapides de l’industrie du divertissement.
Source: analyses et chiffres publics relatifs à la loi sur le cinéma et au financement du cinéma suisse par les services de streaming, notamment autour de Netflix et de son cadre réglementaire.