Intelligence artificielle et marché libre : l’idée de remplacer la gouvernance par l’IA soulève le débat
De l’IA dans la gouvernance : une solution séduisante ou une menace ? Face aux défis de l’administration publique, certains experts proposent d’utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité et lutter contre la corruption. Ainsi, en Albanie, une IA nommée Diella a été nommée ministre des Marchés publics dans le but
De l’IA dans la gouvernance : une solution séduisante ou une menace ?
Face aux défis de l’administration publique, certains experts proposent d’utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité et lutter contre la corruption. Ainsi, en Albanie, une IA nommée Diella a été nommée ministre des Marchés publics dans le but de garantir l’impartialité des décisions et de détecter les conflits d’intérêts, selon LExpress. Par ailleurs, un rapport de l’OCDE évoque les « possibilités considérables » qu’offre l’IA pour automatiser et personnaliser les services publics, tout en améliorant la prise de décision et en détectant la fraude.
Le cabinet de consulting Roland Berger affirme que jusqu’à un tiers des emplois publics mondiaux pourraient subir des transformations majeures grâce à l’IA, avec une partie d’entre eux entièrement automatisés ou augmentés. Cependant, cette course à l’IA soulève des inquiétudes. La crainte principale est que l’IA, au lieu de servir l’intérêt des citoyens, ne devienne un outil au service de l’État et des fonctionnaires, compliquant davantage les procédures ou facilitant le contrôle accru, selon Contrepoints.
Les propositions radicales : remplacer le marché par l’IA
Certains chercheurs, comme Ted Parson, Spyridon Samothrakis et Leo Schlichter, envisagent même une refonte totale du système économique. Ils proposent l’utilisation d’IA pour neutraliser les externalités négatives, guider la coordination économique, ou encore réduire la production pour respecter l’environnement. Leur idée : faire de l’IA une alternative ou un remplacement du système des prix et du marché libre.
Pourtant, ces visions sont vivement contestées. Marian L. Tupy et Peter Boettke, économistes du Cato Institute, expliquent que la coordination économique ne peut se résumer à une optimisation algorithmique. « Les règles et institutions », rappellent-ils, « comme les droits de propriété, les prix et les profits », sont essentielles car elles permettent la découverte, l’innovation et la rétroaction dans un système décentralisé. L’IA, se nourrissant des données passées, ne pourra jamais anticiper l’innovation ou les goûts futurs, qui sont au cœur de la dynamique du marché.
Selon eux, tenter de remplacer la libre circulation des prix par de l’intelligence artificielle constitue une confiance excessive dans la capacité de l’IA à reproduire une complexité socio-économique qu’elle ne comprend pas. Hayek lui-même soulignait que la valeur de la liberté repose sur des opportunités imprévues, inaccessibles à toute planification centralisée ou à une intelligence artificielle prétendant tout réguler.
Conclusion : un équilibre à préserver face à l’IA
Si l’IA peut incontestablement contribuer à moderniser et simplifier l’administration, la remplacer totalement ou l’utiliser pour restructurer l’économie serait une erreur. La croissance et l’adaptabilité du marché libre reposent sur des mécanismes décentralisés, que l’IA ne peut pas totalement reproduire. La clé réside donc dans le renforcement des institutions et des règles fondamentales, plutôt que dans une vision utopique d’un marché géré par l’intelligence artificielle, estime l’analyse libérale relayée par Contrepoints.