Nanoblog
Infos

Le premier maloya créé avec l’intelligence artificielle: Kawabonga et Ryusaki Labs redéfinissent la culture réunionnaise

Contexte et enjeux À La Réunion, l’association Ryusaki Labs a publié le premier maloya créé avec de l’intelligence artificielle. Le morceau, intitulé Persé Met Sek, est présenté sous le nom du groupe virtuel Kawabonga – une référence au Tortues Ninja. L’expérience intervient au moment où les avancées en IA offrent

FL Publié le 3 min de lecture
2025 08 09t065823 1950200

Contexte et enjeux

À La Réunion, l’association Ryusaki Labs a publié le premier maloya créé avec de l’intelligence artificielle. Le morceau, intitulé Persé Met Sek, est présenté sous le nom du groupe virtuel Kawabonga – une référence au Tortues Ninja. L’expérience intervient au moment où les avancées en IA offrent de nouvelles possibilités de création musicale et de diffusion culturelle, et où Suno AI a intégré le maloya dans sa base de données pour la première fois, permettant une génération plus longue que les simples extraits des versions précédentes.

Genèse et méthode

Selon le président de Ryusaki Labs, l’équipe a contacté l’équipée Wikipéi pour lancer le projet et tester si le modèle pouvait produire un maloya. L’objectif était d’éprouver les capacités des IA récentes et de démontrer ce qui peut être accompli en associant IA et patrimoine musical local. Le clip du morceau est désormais accessible dans la base de données de l’IA et, pour la première fois, l’œuvre ne se limite plus à quelques dizaines de secondes de musique générée.

Paroles et approche créative

Les paroles de Persé Met Sek ont été écrites avec une composante « intelligence humaine » selon les organisateurs, soulignant que l’essentiel du texte est conçu par des auteurs humains plutôt que par l’algorithme seul. Le titre et une partie des éléments symboliques reflètent une démarche de réinventer le maloya tout en restant ancrés dans son esprit historique. Le nom du morceau et son ambiance évoquent les racines culturelles tout en explorant les potentialités offertes par l’IA.

Contexte culturel et réponses autour de l’IA

Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de « digitaliser la culture », avec des projets qui mêlent IA, musique et image. Ryusaki Labs a déjà réalisé d’autres créations associant IA et culture, notamment une image générée par IA sur la révolte des esclaves à Saint-Leu, montrant ainsi la volonté de mettre en lumière des épisodes historiques par des supports numériques. En 2023, ils avaient suscité la controverse en reprenant une chanson de Davy Sicard avec la voix d’Alain Peters, une action qui avait déclenché des vives réactions et débats autour du respect des artistes et des droits moraux.

Collaboration et réseau

Le collectif travaille en collaboration avec des partenaires comme Wikipei, Mister Mahaveli (web design) et Gayar (sciences et nature), et peut s’appuyer sur des échanges avec des experts et des artistes locaux. L’objectif affiché est d’être à l’affût des dernières technologies et d’explorer différentes façons de diffuser la culture locale via les outils numériques.

Réactions et enjeux éthiques

Des voix du milieu culturel soulignent à la fois les potentialités et les risques de ce type d’expérimentation. Pour certains, l’IA peut offrir une nouvelle vitrine et aider des créateurs émergents à accéder à des publics plus vastes; pour d’autres, elle soulève des questions sur l’authenticité, le droit d’auteur et la rémunération des artistes, ainsi que sur la manière dont la culture locale est représentée et valorisée à travers les algorithmes. L’équipe rappelle que l’expérimentation est aussi un moyen d’alimenter le débat autour de l’avenir numérique de la culture réunionnaise.

Avenir et perspectives

Cette expérience marque une étape dans l’exploration continue du croisement entre tradition et technologie. Si elle peut ouvrir des discussions sur la manière de préserver et de moderniser le patrimoine culturel, elle invite aussi à réfléchir à des cadres éthiques et juridiques pour l’utilisation de l’IA dans la création musicale locale et dans la diffusion culturelle.

Sources: Le Devoir et le reportage de La1ère France Info Réunion sur le premier maloya créé avec l’intelligence artificielle.