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L’intelligence artificielle en Belgique : entre progrès et dangers pour les droits des femmes

L’essor de l’intelligence artificielle en Belgique La généralisation de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en Belgique est en pleine expansion. Selon les statistiques, d’ici 2025, six Belges sur dix auront déjà utilisé un chatbot doté d’IA, et 95% des jeunes belges utilisent des outils d’IA, bien que 70% d’entre eux

FL Publié le 3 min de lecture
l’intelligence artificielle en belgique : entre progrès et dangers pour les droits des femmes

L’essor de l’intelligence artificielle en Belgique

La généralisation de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en Belgique est en pleine expansion. Selon les statistiques, d’ici 2025, six Belges sur dix auront déjà utilisé un chatbot doté d’IA, et 95% des jeunes belges utilisent des outils d’IA, bien que 70% d’entre eux expriment leur méfiance face à la prise de décisions importantes par ces technologies. Par ailleurs, une entreprise belge sur trois dispose déjà d’au moins une technologie d’IA, ce qui place la Belgique en quatrième position en Europe dans ce domaine, avec une croissance de 150% en deux ans et une augmentation de 40% par rapport à l’année précédente. Ces chiffres mettent en lumière une adoption rapide de l’IA sur le lieu de travail, avec une utilisation plus fréquente chez les hommes (42%) que chez les femmes (24%), ceux-ci percevant principalement l’IA comme un outil pour améliorer leur productivité et leur bien-être mental, d’après des études publiées par PwC et SD Worx.

Les risques et préoccupations liés à l’IA

Cependant, cette explosion de l’usage de l’IA soulève de graves questions, notamment en ce qui concerne la protection des droits des femmes. L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) a alerté, lors de la Journée internationale des droits des femmes, sur un « accélérateur » de violences numériques. Les deepfakes et deepnudes, images hyperréalistes et pornographiques fabriquées à partir d’IA, ciblent principalement les femmes, en particulier celles actives dans la sphère publique, telles que les responsables politiques ou journalistes. Ces pratiques ont été mises en évidence début 2026, lorsqu’Elon Musk, à travers son outil IA Grok, a été accusé de générer des millions de contenus illégaux.

Face à ces dangers, la Commission européenne a lancé une enquête et envisage d’interdire ces images non consenties, une initiative également soutenue par le Parlement européen, dans le cadre d’un amendement visant à encadrer ces technologies. Les risques ne s’arrêtent pas là : l’IEFH évoque également une hausse de 25% en 2024 et de 75% en 2025 des signalements de violences conjugales numériques, telles que la traque en ligne ou le revenge porn, soulignant la difficulté à lutter contre ces discriminations dues à la faiblesse des preuves et à la fuite des auteurs à l’étranger.

Les biais de genre et discriminations engendrés par l’IA

Une autre problématique majeure concerne le biais de genre dans la conception des outils d’IA. Des exemples concrets, comme le retard d’Apple à inclure le suivi du cycle menstruel dans son application Health Kit en 2014, illustrent un manque de représentation de la moitié de l’humanité. De plus, la majorité des intelligences artificielles génératives tendent à renforcer les stéréotypes : lorsqu’on leur demande de créer des images de PDG ou de personnels de ménage, elles reproduisent des caricatures de genre et de race, contribuant à la perpétuation des inégalités sociales, expliquent des experts tels que Mathilde Saliou, journaliste spécialisée dans le numérique.

Les enjeux législatifs et les propositions pour un futur responsable

Les responsables politiques belges réagissent également à ces défis. La ministre fédérale du Numérique, Vanessa Matz, a évoqué la possibilité de suspendre l’outil Grok et a saisi l’IBPT pour faire appliquer le Digital Services Act, qui impose la modération des contenus dangereux ou discriminatoires. Des organisations comme DéFI et l’IEFH appellent à renforcer la réglementation, notamment en développant des lois nationales et des mesures concrètes telles que des audits des biais algorithmiques, la création de labels d’IA éthiques, et des centres spécialisés pour accompagner les victimes de cyberviolences. Selon Sophie Rohonyi, il est essentiel de sortir d’un modèle développemental masculin et performantïsant, en favorisant la création de systèmes d’IA plus inclusifs et respectueux des droits humains. La coordination entre gouvernements, associations et entreprises est donc indispensable pour orienter le développement de l’IA vers une voie plus éthique et égalitaire, en Belgique comme dans l’UE.