L’intelligence artificielle révolutionne l’industrie audiovisuelle québécoise
Une nouvelle ère pour la production culturelle au Québec Selon un rapport récemment publié par l’Institut national de l’image et du son (INIS), l’intelligence artificielle (IA) apparaît comme une opportunité majeure pour l’industrie audiovisuelle québécoise. Contrairement à l’idée répandue selon laquelle l’IA serait une menace, le rapport souligne son potentiel
Une nouvelle ère pour la production culturelle au Québec
Selon un rapport récemment publié par l’Institut national de l’image et du son (INIS), l’intelligence artificielle (IA) apparaît comme une opportunité majeure pour l’industrie audiovisuelle québécoise. Contrairement à l’idée répandue selon laquelle l’IA serait une menace, le rapport souligne son potentiel à renforcer la compétitivité du patrimoine culturel québécois sur la scène internationale. La chercheuse Louise-Hélène Paquette insiste d’ailleurs sur la nécessité de former les créateurs aux outils de l’IA pour éviter de rester à la traîne, précisant que cette technologie offre aujourd’hui des leviers accessibles et compétitifs, même face aux grands studios américains.
Une transformation concrète dans la création de contenus
Le réalisateur Jean-François Pouliot travaille actuellement sur une série d’époque adaptée de la trilogie de Chrystine Brouillet, avec l’appui de l’IA. Son projet, encore embryonnaire, pourrait devenir une véritable série à succès produite avec un budget justifié par l’utilisation innovante des technologies numériques. Pouliot envisage la possibilité de créer un « Game of Thrones québécois » à la fois ambitieux et réalisable grâce à l’IA, notamment pour la création de décors et d’effets visuels coûteux.
De plus, cette technologie pourrait permettre de produire des séries destinées à l’exportation à moindre coût. L’IA pourrait aussi, dans certains cas, générer des acteurs virtuels pour les scènes en plans larges, tout en maintenant la présence des comédiens réels pour plus d’authenticité, comme l’explique Pouliot. Ces innovations pourraient changer la donne pour une industrie souvent limitée par des coûts de production élevés et un marché principalement national. La capacité à conquérir un public international pourrait ainsi redéfinir l’avenir du cinéma et de la télévision québécoise, qui a historiquement été soutenue par la visibilité locale.
Les enjeux éthiques et la valorisation du talent
Malgré ces perspectives enthousiasmantes, le rapport rappelle que l’IA doit être encadrée éthiquement et dans le respect du talent créatif. Jean-François Pouliot souligne que l’IA ne remplacera jamais les acteurs ou scénaristes, mais sera plutôt un outil d’aide à la recherche et à l’inspiration. La directrice du développement des programmes de formation à l’INIS, Stéphanie Verrier, insiste également sur le fait que l’IA ne doit pas substituer le talent, mais accompagner les créateurs dans leur démarche. La véritable crainte réside dans la nécessité de revaloriser et d’adapter les compétences des professionnels pour tirer parti de cette nouvelle technologie.
Enfin, la chercheuse Louise-Hélène Paquette insiste sur le fait qu’il est urgent pour l’industrie québécoise de ne pas manquer le train de l’IA, sous peine de voir évoluer un marché culturel et télévisuel qui, jusqu’ici, était protégé par ses marchés locaux. La formation et l’adaptation seront clés pour maintenir la place du Québec dans cette révolution technologique, qui pourrait transformer les plateaux de tournage et les étapes de postproduction, rendant certains métiers plus efficaces et moins coûteux.