L’intelligence artificielle révolutionne l’orientation scolaire au Cameroun avec OSIA
Une innovation camerounaise pour l’orientation scolaire Au Cameroun, l’intelligence artificielle (IA) est en train de transformer le secteur de l’éducation, notamment par le biais du projet OSIA (Orientation scolaire via l’intelligence artificielle), une solution 100% locale développée par Frédéric Ngaba, chercheur en IA de l’Université de Yaoundé I. Selon SciDev.Net,
Une innovation camerounaise pour l’orientation scolaire
Au Cameroun, l’intelligence artificielle (IA) est en train de transformer le secteur de l’éducation, notamment par le biais du projet OSIA (Orientation scolaire via l’intelligence artificielle), une solution 100% locale développée par Frédéric Ngaba, chercheur en IA de l’Université de Yaoundé I. Selon SciDev.Net, cette IA vise à faciliter la tâche des conseillers d’orientation en proposant des services tels qu’un répétiteur virtuel, un banco de tests et un verdict d’orientation prévisionnelle (VPO). Ces outils permettent d’analyser le profil psycho-intellectuel des élèves, en intégrant notamment leurs notes, aspirations, et tests psychotechniques pour déceler leur talent et leur proposer des orientations adaptées. Par exemple, le VPO propose deux ou trois pistes d’orientation alignées avec les aptitudes de chaque élève, ce qui représente une avancée significative dans un contexte où le taux de réussite au Baccalauréat demeure faible, autour de 50% en 2025, contre 37,26% en 2024.
Le projet OSIA, déjà adopté par des responsables de l’éducation privée laïque, se distingue également par son accessibilité : à seulement 3000 FCFA par an au Cameroun ou 10 euros à l’étranger, il compte aujourd’hui 13 500 souscripteurs répartis dans 23 écoles des régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest et de l’Adamaoua, selon la plateforme. Financé par des prix de la Banque mondiale, Orange Cameroun et Awiti au Maroc, il ambitionne de multiplier par dix son nombre d’utilisateurs d’ici 2025, dans le but d’améliorer la réussite scolaire à l’échelle nationale. La plateforme propose aussi une banque de plus de 400 épreuves d’examen, une ressource précieuse pour les élèves préparant le baccalauréat.
Impacts, limites et perspectives
Si l’IA OSIA offre des gains en efficacité pour les établissements et une personnalisation accrue des conseils, ses créateurs précisent qu’elle ne remplace pas les conseillers d’orientation. Ces derniers insistent sur la nécessité d’une relation humaine pour considérer la personnalité de l’élève, sa situation familiale et le contexte socio-professionnel. Maïmouna Moussa, conseillère d’orientation au lycée d’Oyack, souligne que l’IA facilite considérablement leur travail, mais ne peut pas reproduire la relation émotionnelle ni analyser en profondeur l’histoire de chaque élève. Par ailleurs, l’utilisation de cette technologie soulève aussi des défis, notamment liés au manque de personnel qualifié en IA et à la stabilité de la connexion internet, comme l’avoue Frédéric Ngaba. Enfin, le cadre juridique encadrant cette innovation reste encore à définir puisque l’absence de texte spécifique limite pour l’instant son déploiement à l’expérimentation au sein de certains établissements.
Le gouvernement camerounais, par la voix du Secrétariat à l’éducation privée laïque du centre (SEDUC), a donné son accord pour l’expérimentation de cette IA dans 446 collèges. Des concertations nationales ont également abouti à l’élaboration d’un document de stratégie nationale pour l’IA, en vue d’une réglementation future. Avec cette initiative, le Cameroun aspire à faire de l’IA un levier majeur pour la croissance éducative et socio-économique, dans un contexte où l’amélioration du système éducatif reste un défi majeur au sein d’un pays où plus de 8 millions d’élèves peinent à réussir leur baccalauréat. Le futur promet d’être innovant et prometteur pour l’éducation camerounaise avec l’intégration progressive de l’intelligence artificielle.