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L’intelligence artificielle : une révolution encore en marche dans le monde du travail

Perceptions et usages de l’IA en entreprise : un tournant encore fragile Selon François Backman, codirecteur de l’Observatoire de la tech et du numérique de la Fondation Jean-Jaurès, l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le milieu professionnel suscite à la fois des attentes et des craintes. Près de trois ans

FL Publié le 2 min de lecture
l’intelligence artificielle : une révolution encore en marche dans le monde du travail

Perceptions et usages de l’IA en entreprise : un tournant encore fragile

Selon François Backman, codirecteur de l’Observatoire de la tech et du numérique de la Fondation Jean-Jaurès, l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le milieu professionnel suscite à la fois des attentes et des craintes. Près de trois ans après l’émergence de l’IA générative, les salariés français restent plus frileux que leurs homologues occidentaux. Des études internationales, comme celles du Pew Research Center ou McKinsey, révèlent que l’utilisation de l’IA se limite essentiellement à des tâches basiques telles que la rédaction d’e-mails ou la traduction, avec un usage plus élaboré encore peu répandu dans les PME françaises. La méfiance est d’autant plus grande que près de la moitié des employés ne disposerait pas de règles claires encadrant ces usages au sein de leur entreprise, et beaucoup pratiqueraient l’« shadow AI », c’est-à-dire une utilisation clandestine des outils d’intelligence artificielle, sans contrôle ni réglementation précise, comme le souligne La Tribune.

De leur côté, les entreprises françaises en sont encore à un stade d’adoption modeste, avec seulement 26% d’entre elles utilisant des solutions d’IA, principalement pour générer du contenu visuel ou sonore, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès. La majorité des TPE restent hésitantes, et sous-investissent dans la formation de leurs salariés, ce qui fragilise leur capacité à exploiter tout le potentiel de ces nouvelles technologies. Par ailleurs, la France accuse un retard dans la formation, se classant 44e sur 47 pays selon l’enquête TALIS 2024 de l’OCDE, avec seulement une minorité de professeurs et de formateurs intégrant l’IA dans leurs pratiques professionnelles.

Une évolution technologique aux impacts ambivalents

Le développement rapide de l’IA génère des interrogations quant à ses effets sur la qualité et le sens du travail. Des experts, comme Nataliya Kosmyna, mettent en lumière que l’usage répété de l’IA pourrait réduire la charge cognitive mais aussi provoquer une dépendance, voire une érosion des compétences professionnelles. La crainte d’un « travail zombie » où l’humain ne resterait qu’un simple exécutant face à une machine augmente, et soulève la question du renouveau du sens dans le travail. Par ailleurs, la montée en puissance des agents conversationnels comme ChatGPT, utilisé actuellement par près de 800 millions de personnes, illustre l’intégration croissante de l’IA dans la vie quotidienne, avec des usages personnels en forte croissance, notamment en santé, éducation ou création d’images, selon une étude d’OpenAI.

Ce contenu numérique plus personnel, mais aussi plus sophistiqué, pourrait transformer concrètement le marché du travail, en modifiant notamment les identités professionnelles. La crainte d’un déclin des métiers d’autonomie ou d’un hyperautomatisation inquiète autant qu’elle alimente les débats politiques et sociaux. Il apparaît donc urgent de mettre en place des régulations adaptées et d’accroître la formation pour éviter une fracture numérique et sociale accrue, d’autant que, en dépit de quelques progrès, la France reste à la traîne en matière de politique d’équipement et de formation à l’IA.