L’univers culturel québécois face à l’essor de l’intelligence artificielle : appel à la réglementation
Un cri d’alarme du milieu artistique québécois face à l’intelligence artificielle Les six principaux syndicats de l’industrie culturelle au Québec ont lancé un appel pressant aux gouvernements du Québec et du Canada pour qu’ils interviennent rapidement dans le encadrement de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). Présenté lors du symposium Face
Un cri d’alarme du milieu artistique québécois face à l’intelligence artificielle
Les six principaux syndicats de l’industrie culturelle au Québec ont lancé un appel pressant aux gouvernements du Québec et du Canada pour qu’ils interviennent rapidement dans le encadrement de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). Présenté lors du symposium Face à l’IA : Agir pour l’avenir de nos métiers, un manifeste intitulé « L’art est humain » souligne l’urgence de protéger la création authentique et le respect des droits des artistes.
Les enjeux vitaux pour la culture et les artistes
Selon Tania Kontoyanni, présidente de l’Union des artistes, le véritable problème réside dans le pillage des œuvres par des grandes compagnies sans respect du droit d’auteur, ce qui constitue une menace directe à la souveraineté culturelle. La création artistique se voit ainsi exploitée pour générer des profits, sans rémunération ni autorisation des créateurs, ce qui contribue à une perte de contrôle et de reconnaissance de leur travail.
Une demande claire pour une législation encadrante
Les syndicats réclament que les principes d’Autorisation, Rétribution et Transparence (A.R.T.) soient respectés dans l’utilisation des œuvres à des fins d’entraînement de l’IA. Laurent Dubois, codirecteur général de la SARTEC, insiste sur la nécessité pour les œuvres d’être utilisées seulement avec l’accord des artistes, et avec une compensation adéquate. Il s’agit également pour eux de préserver leur souveraineté culturelle face aux risques que l’IA pourrait faire peser sur leur capacité à se définir artistiquement.
Le positionnement encourageant du gouvernement québécois
De son côté, le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a exprimé son accord avec ces préoccupations. Tout en soulignant l’importance d’un développement responsable de l’IA, il a mentionné que des mesures législatives seront nécessaires, même si leur élaboration pourrait prendre du temps, précisant également que le développement de lois spécifiques s’ajoutera à un cadre réglementaire déjà en cours, notamment avec un projet portant sur la découvrabilité des œuvres.
Vers une protection renforcée par la communauté internationale
Les propositions incluent aussi l’adoption d’un protocole additionnel à la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la diversité culturelle, permettant à l’État de mieux encadrer la culture face à l’expansion de l’IA. La présidente de l’UDAP souligne que ces mesures sont essentielles pour éviter que la culture ne devienne une simple marchandise, et pour garantir que la créativité et l’originalité des artistes soient protégées dans un environnement numérique en rapide mutation.
Une complémentarité entre technologie et création
Tania Kontoyanni a toutefois évoqué la possibilité que l’IA puisse devenir un outil intéressant pour le milieu culturel, à condition qu’il soit utilisé de façon respectueuse et encadrée, afin de stimuler la créativité plutôt que de la réduire. Laurent Dubois a également insisté sur une utilisation raisonnable, pour éviter que les outils de l’IA ne deviennent une simple stratégie de réduction des coûts, mais plutôt un levier pour l’innovation artistique.
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Ce front commun du secteur culturel indique clairement que face aux avancées rapides de l’intelligence artificielle, la vigilance et l’action réglementaire sont impératives pour préserver l’authenticité, la diversité, et la souveraineté culturelle. La scène québécoise, à l’instar des autres régions du monde, se mobilise pour garantir que la technologie serve la création et non l’appauvrissement de l’art.