TikTok au cœur de la désinformation : une plateforme à surveiller de près
Une proportion inquiétante de contenus trompeurs sur TikTok Selon un rapport d’une organisation de la société civile représentant des scientifiques, transmis à Euractiv, TikTok serait la plateforme où la désinformation est la plus prévalente par rapport aux autres grands réseaux sociaux. L’étude menée par Science Feedback a analysé les contenus
Une proportion inquiétante de contenus trompeurs sur TikTok
Selon un rapport d’une organisation de la société civile représentant des scientifiques, transmis à Euractiv, TikTok serait la plateforme où la désinformation est la plus prévalente par rapport aux autres grands réseaux sociaux. L’étude menée par Science Feedback a analysé les contenus de six plateformes—Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok, X et YouTube— dans quatre pays de l’UE : la France, la Pologne, la Slovaquie et l’Espagne. Elle révèle qu’un quart des publications échantillonnées sur TikTok comportait du contenu trompeur, une proportion supérieure à celles relevées sur les autres réseaux.
Une désinformation persistante et structurée
Le rapport met en garde contre la recrudescence des contenus trompeurs, qualifiant la désinformation non pas d’accidentelle mais comme une caractéristique structurelle de la conception et du fonctionnement des plateformes. Il souligne que Facebook, YouTube et X hébergent également davantage de fausses informations qu’auparavant. Les thèmes dominants concernés par la désinformation incluent la guerre en Ukraine, la santé, le changement climatique, les migrations et la politique nationale, la santé étant en tête de liste. Cela montre combien la plateforme est vulnérable à la diffusion de contenus trompeurs, notamment dans le domaine de la santé.
Impact accru de la désinformation générée par l’IA
Une autre conclusion majeure concerne l’augmentation de la désinformation produite par l’intelligence artificielle (IA). Sur TikTok, environ un quart (24 %) de la désinformation identifiée était générée par l’IA, selon le rapport, tandis que cette proportion était d’environ 19 % sur YouTube. Bien que plusieurs plateformes aient mis en place des politiques pour signaler les contenus générés par l’IA, la majorité des vidéos synthétiques examinées ne portaient pas encore d’étiquettes, ce qui suscite des inquiétudes, notamment en contexte électoral. Emmanuel Vincent, fondateur de Science Feedback, critique notamment les plateformes pour ne pas avoir suffisamment étiqueté ces contenus et pour avoir monétisé certains comptes.
Les enjeux réglementaires et les défis à venir
Actuellement, le cadre réglementaire de l’UE, notamment le DSA, n’impose pas encore aux plateformes telles que TikTok d’étiqueter systématiquement les contenus générés par l’IA. Ce vide réglementaire soulève des préoccupations croissantes, particulièrement à l’approche des élections nationales. Le Code de conduite contre la désinformation de l’UE, intégré au DSA en février 2025, reste toutefois volontaire et n’est pas toujours respecté, certaines grandes entreprises, comme X, ayant choisi de se retirer de ce dispositif. Emmanuel Vincent souligne également la réduction des efforts de vérification par de nombreuses entreprises technologiques basées aux États-Unis, alors que la désinformation continue de s’intensifier.