TikTok sous la Loupe : Un Risque Croissant pour la Santé Mentale des Jeunes
Une plateforme accusée de favoriser le mal-être chez les adolescents Selon un rapport de la commission d’enquête parlementaire publié le jeudi 11 septembre, TikTok, l’application chinoise de vidéos courtes qui revendique près de 28 millions d’utilisateurs, serait une « fabrique du mal-être » pour la jeunesse. Les députés n’hésitent pas
Une plateforme accusée de favoriser le mal-être chez les adolescents
Selon un rapport de la commission d’enquête parlementaire publié le jeudi 11 septembre, TikTok, l’application chinoise de vidéos courtes qui revendique près de 28 millions d’utilisateurs, serait une « fabrique du mal-être » pour la jeunesse. Les députés n’hésitent pas à évoquer une « poison lent » ou un « engrenage mortel », en soulignant que l’application expose en toute connaissance de cause les enfants et jeunes à des contenus toxiques, dangereux et addictifs. La plateforme est pointée du doigt pour son rôle dans l’émergence de troubles psychiques, accentués par son effet addictif qui pourrait même « précipiter le passage à l’acte », selon les conclusions de l’enquête.
Les contenus racistes, antisémites, sexistes ou masculinistes pullulent sur TikTok, aggravant le danger pour la santé mentale des utilisateurs, qui est également menacée par de fausses informations circulant sur la plateforme. Si TikTok est remporté pour ses effets délétères, d’autres réseaux sociaux tels qu’Instagram, Snapchat ou X sont également critiqués, leur modèle économique reposant sur une logique similaire : capter l’attention pour collecter un maximum de données personnelles. Amnesty International qualifie ce modèle d’« intrinsèquement abusif ».
Une réponse réglementaire en suspens face à la menace
Face à ces enjeux, la nécessité d’agir devient pressante, estimant que laisser les jeunes sans protection dans cette « jungle numérique » est socialement suicidaire. Les députés proposent notamment une sensibilisation massive des jeunes et de leurs parents pour leur faire connaître les risques, ainsi que la discussion d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ou encore la mise en place d’un « couvre-feu numérique » entre 22 heures et 8 heures. Ces mesures seraient discutées par la convention citoyenne sur les temps de l’enfant et pourraient faire l’objet d’une concertation européenne.
Cependant, la mise en œuvre de ces règles dépend fortement de l’application rigoureuse du Digital Services Act de l’Union européenne, qui vise à renforcer la transparence des algorithmes, à encadrer la modération des contenus et à responsabiliser les plateformes. La récente opposition de Donald Trump face à ces mesures montre à quel point le sujet divise, tout en soulignant l’impact potentiel de telles régulations. La protection des jeunes Européens passe donc aussi par la défense de leur souveraineté numérique face aux pressions extérieures.